L’Écureuil t1&2 – Grolleau, Mialet, Bonelli

Je dois dire que depuis la sortie du tome 1 je lorgne sur L’Écureuil et sa belle couverture. Alors quand le tome 2 est sorti et que j’ai vu que c’était une histoire en deux tomes, je n’ai pas hésité plus d’un quart de seconde …

Paris, 14 juillet 1870, le règne de l’Empereur Napoléon III bat de l’aile, les Prussiens sont aux portes de la capitale et le peuple de Paris gronde… Mais qui est donc cet étrange gamin roux qui danse ou plutôt vole littéralement de toit en toit ? Quel est le mystère que cache sous sa cape ce drôle d’Écureuil ?

__________________

La première chose qui m’a attirée ce sont les illustrations, l’ambiance qui se dégageait de ces pages. Les auteurs ont su créer un vrai petit univers propre à L’Écureuil.

Les toits de Paris sont comme une ville en elle-même, avec son propre fonctionnement, l’Écureuil y côtoie des voleurs, un ramoneur, une jeune fille prisonnière dans une coupole … Une vraie mini-société se dessine et évolue sur ces toits avec la même aisance que sur la terre ferme. J’ai trouvé que ça créait d’entrée une certaine douceur qui m’a donné envie de dévorer ces deux tomes.

On découvre également Paris autrement : ces toits, c’est un peu le côté bohème et poétique de Paris, et ça donne l’occasion aux dessinateurs de nous proposer de très belles images de ciel que j’ai adorées (même si le fait qu’il fasse toujours beau à Paris dans L’Écureuil me paraît peu réaliste et très optimiste :D).

Cet univers au sommet des toits est tellement propre aux personnages qui y vivent que tout ce petit monde ne semble pas concerné dans un premier temps par le morceau d’Histoire qui se déroule dans les rues : fin du règne de Napoléon III, menace prussienne, Commune de Paris … Morceau d’Histoire qui devient plus présent dans le tome 2 où la rue et les toits s’entremêlent de plus en plus.

Je ne suis pas une adepte des fictions avec fond historique, ça a tendance à me perdre, ça me fait me sentir nulle parce que j’ai l’impression que si j’avais de meilleures bases en Histoire et une meilleure mémoire des dates, j’aurai une autre lecture de l’œuvre 😀
Mais ce fond historique est inséré d’une telle manière dans L’Écureuil que je n’ai pas eu toutes ces réticences. Au contraire, j’ai trouvé que ça apportait un vrai plus à l’histoire : un subtil message sous-jacent, un véritable souffle d’optimisme, un brin d’ambiance révolutionnaire

C’est dans tout ce contexte qu’on rencontre l’Écureuil, un enfant quasi-sauvage d’une dizaine d’années doté d’une chevelure rousse à rendre jalouse Morgana (en plus elle ne plane pas de toits en toits, double raison d’être jalouse !).

J’ai trouvé ce personnage d’une grande douceur, à la fois espiègle, naïf et un peu nostalgique, je m’y suis immédiatement attachée !

La grande question concerne son identité … Becoz’ c’est un peu dangereux pour un gamin de se balader sur les toits, les tuiles ça glisse, touça touça … et en plus avec le roi des voleurs qui veut sa peau, ça devient quasiment aussi dangereux que la Commune toute cette histoire …

J’ai beaucoup aimé les différentes révélations sur ce personnage au cours de ces deux tomes, elles m’ont paru intervenir aux bons moments, être bien dosées … C’est globalement l’avis que j’ai sur ce scénario, la forme courte de cette histoire est bien menée et bien développée, aussi bien sur l’identité de l’Écureuil, sur sa relation avec les différents personnages, sur l’implication de Victor Hugo dans tout ça, sur l’Histoire avec un grand H qui se déroule en parallèle … je n’ai pas eu de sensation de longueur, ni de précipitation. A part peut-être à la toute fin, j’aurai peut-être apprécié une petite page en plus, avant la toute dernière case du tome 2 (que j’adore), histoire qu’on quitte ces personnages un peu moins brutalement.

Mais sinon … que dire sur ces deux tomes si ce n’est que c’est une lecture qui m’a donné une sensation de joie et d’espoir … dans laquelle, à mon avis, petits et grands peuvent trouver leur compte !

 » Il faut croire aux anges, aux plumes rousses qui volent au-dessus de nos toits. Ce monde en a tellement besoin. »

Facebook
Facebook
YOUTUBE
Google+

Autopsie – Kerri Maniscalco

Je vous l’avais déjà avoué auparavant : je nourris depuis l’enfance une certaine fascination pour Jack L’éventreur. J’en avais déjà un peu parlé dans ma chronique sur Hantée, qui traitait déjà (plus ou moins bien) de ce personnage mythique. Dès que la sortie d’Autopsie a été annoncée, voici ce qui s’est passé dans ma tête : 1) un policier YA avec une ambiance un peu glauque. Moui. 2) Jack L’éventreur ? Y a Jack là-dedans ? I NEED IT. RIGHT NOW H$ùù§:;,mhhggkk;,, *___*

Je suis une personne extrêmement cohérente et sensée, vous l’avais-je déjà dit ?

Mais voyons plutôt le pitch :

1888, quartier Est de Londres. Depuis quelque temps, des meurtres sanglants et horribles touchent les femmes de petite vertu de Whitechapel. Une jeune femme, de bonne famille, en avance sur son temps, enquête au côté de son oncle, médecin légiste.

Audrey-Rose a 17 ans et le cœur bien accroché. Sa passion ? Faire des autopsies avec son oncle, tranquillou, au fond du labo de ce dernier. Autant vous dire que le père d’Audrey-Rose est râââvi que sa fille préfère les cadavres aux tea time.

J’ai lu les premières pages sans grandes attentes, plus préoccupée par ma faculté à choisir mes lectures pour des raisons douteuses que par le livre en lui-même. Et puis, avant que j’ai pu comprendre ce qui se passait, je me suis retrouvée à dévorer Autopsie.

Pourtant, j’ai plein de reproches à faire au livre : l’identité de Jack ? On peut la deviner avant même d’avoir lu 50 pages. La cohérence des actes de l’héroïne avec son époque ? Beaucoup de scènes paraissent très peu crédibles, étant donné l’époque et le fait que l’héroïne est censée être une jeune fille de bonne famille. Ce qui doit être encore pire pour ceux ayant une vraie connaissance de cette époque-là, ce qui n’est même pas mon cas. La fin ? Elle bascule dans quelque chose qui peut vite paraître tiré par les cheveux…

Sauf que j’ai adoré cette lecture.

J’ai aimé la modernité d’Audrey-Rose, son côté bien trop en avance sur son temps, dont elle a conscience. J’ai aimé Thomas, un autre élève de l’oncle médecin légiste. La relation entre les deux jeunes gens est pleine de piquant, leurs dialogues sont souvent très drôles. Les deux sont aussi décalés l’un que l’autre, et cela faisait longtemps que je n’avais pas autant apprécié suivre une romance dans un livre de YA. Ce couple-là a su m’amuser et m’attendrir (alors que ce sont juste deux graines de psychopathe en vrai, ces deux-là :D)(c’est peut-être pour ça que je les ai aimés…).

Ce qui est magique, c’est que malgré le suspens grillé très vite, j’ai quand même tourné les pages à toute vitesse. Même s’il n’y avait pas de doute concernant Jack, ses motivations restaient assez nébuleuses. En plus, l’auteure fait bien avancer son intrigue, – du moins j’ai été sensible aux nombreux rebondissements. Surtout, j’ai aimé l’ambiance bien sombre (et sanglante)(ne pas lire ce livre ET manger en même temps, si je peux me permettre un conseil). Bref, j’ai apprécié ces balades dans les rues de ce Londres fin XIXème (même si c’est un cadre que j’adore de manière générale).
Kerri Maniscalco intègre plutôt bien les faits historiques (nombres de meurtres commis par Jack, lettres reçus par la presse, etc.) à sa propre intrigue, pour un mélange plutôt sympathique. Même si la fin me laisse quand même sceptique 😀

La fin pourrait appeler un tome 2 (même si l’intrigue principale est bel et bien bouclée ici), et je retrouverais volontiers Audrey-Rose et Thomas dans une suite.

_____________

Autopsie a de sacrés défauts et je pense que ceux-ci auront terni la lecture de certains lecteurs. Pourtant, ce livre a fonctionné sur moi. Sans doute pas une lecture très marquante, mais un vrai bon moment de lecture !
A lire en pleine nuit, au fond de son lit, histoire de frissonner (si comme moi, vous avez une âme de chochotte :D) lors de ces balades dans les rues de Londres à la recherche de Jack L’éventreur !

Facebook
Facebook
YOUTUBE
Google+

Martha et Alan – Emmanuel Guibert

A l’image des précédents ouvrages sur les souvenirs d’Alan Ingram Cope, Martha et Alan relate une partie de la vie d’Alan, un ancien soldat américain envoyé en Europe pendant la Seconde Guerre Mondiale. C’est au tour d’une histoire précise d’être racontée : celle de l’histoire d’Alan avec Martha. Mais ça, comme vous êtes futés vous l’aurez deviné au titre, je n’en doute pas. 😉 Une histoire faite d’amitié, d’amour et de regrets.

Au départ je ne savais pas vraiment ce que je pouvais vous dire au sujet de cet album. J’ai passé un très bon moment de lecture, j’ai apprécié la douceur du récit et des illustrations mais je n’arrivais pas vraiment à identifier ce qui m’avait plu, car au final l’histoire est somme toute banale …

Le texte est dans un coin de l’image, quelques phrases à chaque fois, créant un rythme paisible, parfois un peu saccadé, incitant à prendre son temps à la lecture.

En fait, pour être plus concrète, j’ai trouvé que ce livre mettait vraiment dans l’ambiance d’un souvenir d’une personne âgée. Un souvenir raconté un peu sur le ton de la confidence, pendant qu’elle cherche puiser tous les détails dans sa mémoire.
Alors, c’est un peu lent, plein de délicatesse, parfois un peu banal. Mais ça donne l’impression d’écouter un grand-père, qui raconte la même chose pour la énième fois, qui radote un peu. On a envie de lui dire « c’est bon papi, on sait, t’as fait la guerre, tu étais amoureux de Martha … » Mais en même temps … on a envie de continuer d’écouter et de se plonger dans ce récit qui nous transporte tout droit dans une autre époque … Un récit plein de tendresse, on sent la nostalgie et les regrets du vieil homme qui se rappelle de cette amie qu’il avait enfant, Martha. Il s’était promis de se marier avec elle, mais la vie en a décidé autrement. L’émotion affleure à chaque page, sans vraiment exploser, on est vraiment dans quelque chose de sensible et de doux.

Les illustrations sont, elles, un peu particulières, mais tout à fait dans l’ambiance que je viens de décrire. Elles sont assez contrastées, les couleurs sont plutôt vives,les contours sont bien épais et bien noir. Le tout est très texturé. Je suis désolée si ce n’est pas très parlant et si les termes ne sont pas appropriés, je vous laisse regarder les images qui rendront plus précisément ce que je veux dire.

Au départ, ce côté très contrasté des textures m’a, si ce n’est gênée, au moins déstabilisée car je ne m’y attendais pas. Puis j’ai trouvé que ça donnait tout son charme au dessin, au fur et à mesure de ma lecture, j’ai eu l’impression de regarder de vieilles photographies qui sortaient tout droit du souvenir d’Alan. – mais en couleur, donc pour l’époque ça ne colle pas … disons que ce sont des vieilles photos recolorisées, et me cassez pas mon délire 😀 Et puis que ce soit logique ou pas, c’est au moins cohérent avec mon ressenti sur le récit :p

J’ai beaucoup aimé le parti pris de la mise en page : chaque dessin a droit à une plein double page, pas de case, pas de bulle. Le dessin a toute sa place, est bien mis en valeur. Ce qui accentue le côté vieilles photographies (ouais, je n’en démord pas :D) et nous plonge complétement dans le souvenir.


En quelques mots, je suis touchée de la manière dont l’auteur a su retranscrire et transmettre l’essence et l’ambiance d’un souvenir. Martha et Alan est un livre qui aurait pu être banal, mais qui m’a plongée dans un espèce d’état second très apaisé, et au final très proche de ces personnages. J’étais vraiment curieuse de ce que donnerai cet album, je ne regrette pas de l’avoir découvert, et il m’a donné envie de découvrir lire les précédents albums de la série pour en apprendre un peu plus sur ce fameux Alan 😉


lu dans le cadre de la BD fait son festival, de Price Minister, je donne une note de 16/20 à cet album.

Facebook
Facebook
YOUTUBE
Google+

Passenger – Alexandra Bracken

Laissez-moi juste une minute. Une minute pour admirer encore une fois cette couverture. Sérieusement, à chaque fois que je trouvais un moment pour lire Passenger, je devais passer systématiquement quelques secondes à… eh bien juste à kiffer le fait d’être en train de lire un si joli livre-objet (la couverture est douce, en plus…)(oui, je sais, je m’enfonce).

Mais le contenu est-il à la hauteur du contenant ?

À New York de nos jours, Etta s’apprête à jouer du violon pour un gala au Metropolitan Museum. En coulisses, elle tombe dans un couloir du temps qui la conduit sur un navire dans l’océan Atlantique en 1776. Elle y rencontre Nicholas […]

_____

Et c’est tout. Je coupe le résumé ici, car je trouve qu’il en dit un petit peu trop et cela pourrait desservir le livre pour une simple raison : celui-ci prend son temps. Donc si, vous, avant même de commencer, vous avez déjà des infos qui vont se produire page 150, lesdites 150 pages peuvent vous paraître très longues (quelle logique, Morgana, merci, tu peux sortir maintenant). Sachez donc qu’il s’agit de voyages dans le temps et que les héros viennent de deux époques très différentes.

Le livre démarre doucement : l’auteur se donne vraiment la peine de présenter Etta, sa vie, son entourage. C’est aussi l’occasion de semer des indices sur la suite des événements. Bref, si certains pourraient être découragés par ce début, moi, je l’ai énormément aimé. J’aimais l’écriture d’Alexandra Bracken, qui a le chic pour planter les ambiances et nous inviter dans les pensées de ses personnages. Je me suis donc laissée porter.

J’ai vraiment adoré toute la première moitié du livre.

Etta est une héroïne courageuse, qui essaye vraiment de comprendre ce qui lui arrive et est déterminée à remettre les choses en ordre, que cela convienne ou non aux méchants à ceux qui sont décidés à utiliser ses capacités de voyage dans le temps. Le duo qu’elle va former avec Nicholas m’a beaucoup plu au début : l’auteure nous fait bien comprendre dès les premières minutes que ça va faire des étincelles entre eux (un peu façon feux d’artifices du 14 juillet, ouais). Et elle s’en sort vraiment pas mal dans le registre coup de foudre.

Le problème, c’est que cette romance va prendre un petit peu trop de place.

Du moins, elle va un petit peu trop se la jouer drame shakespearien à mon goût. Qu’est-ce qu’on peut passer de temps à lire les pensées de nos personnages désespérés de ne pas pouvoir être ensemble (pourquoi exactement, je vous laisse le découvrir) ! Si des passages comme ça me paraissent tout à fait normaux, c’est leur récurrence et leur longueur qui plombe le rythme de l’intrigue.
D’ailleurs, puisqu’il est question de la narration, j’ai regretté qu’elle soit vraiment trèèèès (trèèèèèès) omnisciente : comme on connaissait dans les détails les pensées des deux héros, cela cassait un peu le suspense. L’auteure nous dévoilait certaines choses que je n’avais pas forcément envie de savoir. J’aurais aimé qu’elle me fasse un peu plus douter, en somme !

Et c’est dommage, car l’intrigue est très sympathique !

Vous aimeriez partir en vacances mais ce n’est pas possible ? Eh bien lisez Passenger, parce que du voyage, il y en a à revendre 😀

C’est un véritable petit tour du monde (et à différentes époques, s’il vous plaît) que nous offre l’auteure. Je n’ose imaginer le travail de recherches que ça a dû lui demander, mais en tout cas, ça donne un résultat très imagé et qui nous plonge dans des cadres que je trouve extrêmement réussis.

Et le paradoxe temporel ? Eh bien écoutez, pour ce que vaut mon avis sur la question vaut (instant confession : je suis vraiment nulle question réflexion sur les paradoxes temporels), je l’ai trouvé plutôt convaincant. A chaque objection que j’avais, l’auteure apportait une réponse plutôt satisfaisante.

____

Pour conclure, je dirais que ce roman young adult a de sérieux atouts : un univers bien développé, des changements de cadre très réussis et très bien plantés, une héroïne déterminée mais qui n’est pas non plus dépourvue de faiblesses… dommage que l’intrigue amoureuse et le suspense aient fait retomber mon intérêt dans la seconde moitié.
A voir comment la suite fait évoluer tout ça !

Facebook
Facebook
YOUTUBE
Google+