Défi Eté : Bonjour Tristesse – F.Sagan & l’adaptation d’O.Preminger

Pour ce nouveau défi que nous vous proposions de partager avec nous, le thème était l’Eté : découvrir une œuvre qui se passe en été, ou dont le mot « été » est dans le titre. Because on était en été, le thème nous a paru couler de source. A vrai dire on voulait que le thème soit « Les glaces au chocolat avec morceaux de noisettes et coulis de caramel », mais cela paraissait un peu restrictif … Du coup, nous avons opté pour l’Eté, tout court, et pour endormir notre peine de ne pouvoir parler de glaces, on a cherché une œuvre qui se passe en été … mais triste ! Voilà ! Et c’est tombé sur Bonjour Tristesse.

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La villa est magnifique, l’été brûlant, la Méditerranée toute proche. Cécile a dix-sept ans. Elle ne connaît de l’amour que des baisers, des rendez-vous, des lassitudes. Pas pour longtemps. Son père, veuf, est un adepte joyeux des liaisons passagères et sans importance. Ils s’amusent, ils n’ont besoin de personne, ils sont heureux.

La visite d’une femme de coeur, intelligente et calme, vient troubler ce délicieux désordre. Comment écarter la menace ? Dans la pinède embrasée, un jeu cruel se prépare.

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Notre défi Eté  sera donc un binôme Livre-adaptation : je vais laisser Morgana vous parler du livre de Françoise Sagan, et moi … j’ai vu l’adaptation d’Otto Preminger, qui me semblait très prometteuse, et vous en parle juste après, dans la partie en orange.

Le roman :
Bonjour Tristesse
, Françoise Sagan, 1954

Si j’aimais les blagues douteuses, je vous dirais que Bonjour tristesse est un peu comme le slogan des lessives Skip : « petit & puissant« . (je voudrais dire que je n’approuve pas la blague, mais ça me laisse tellement sans voix que je ne peux pas …)

Excellente idée d'illustration pour une future réédition du roman

Mais comme je suis une personne de goût, je n’oserais jamais écrire une telle chose et vous dirai plutôt que j’ai quelque peu la pression en ce début de rédaction d’article : j’ai l’impression qu’il y a à la fois tellement et si peu de choses à dire au sujet de Bonjour tristesse.Vous lirez plus bas la Luciole qui avoue également avoir du mal à écrire sa partie de l’article : comme ça, vous êtes avertis : Bonjour tristesse, en livre ou en film, nous aura donné du fil à retordre à toutes les deux, quoique pour des raisons différents 😀 (après vous vous étonnerez si j’en viens à faire des blagues vraiment douteuses sur une lessive… c’est la panique, que voulez-vous 0:) )

Sagan, je ne connaissais pas grand-chose d’elle jusqu’à il y a quelques années. Dans ma tête, je l’amalgamais un peu à Colette, peut-être un aussi à Marguerite Duras : bref, une forte figure d’écrivaine, autour de laquelle flotte un parfum de scandale, et avec « une gueule » ; d’ailleurs, en parlant de « gueule », je me suis aperçue que je connaissais très bien sa tête, sans avoir vraiment réalisé que c’était elle. Son côté garçonne, son regard m’avaient marquée. Je lui trouvais un je-ne-sais-quoi de fascinant.

C’est la vidéo de Lemon June, qui m’a persuadée cette année que je devais découvrir Bonjour tristesse. Moi aussi, je voulais ressentir toutes les émotions qu’avait suscité en elle ce court roman.

Je ressors avec la sensation assez paradoxale que ce livre est à la fois assez anodin et très marquant. Aujourd’hui, l’histoire a quelque chose d’assez anecdotique : une fille et son père célibataire partent en vacances au bord de la mer, en compagnie de la jeune maîtresse de ce dernier. Il invite une autre femme. Ça tourne mal. Manipulation et petits complots au programme.
Ok. Cool.
Alors pourquoi ce livre a-t-il autant choqué à sa sortie ? Dans une interview, Françoise Sagan exprimait sa surprise concernant ce que les gens avaient trouvé scandaleux à l’époque : « Pour les trois quarts des gens, le scandale de ce roman, c’était qu’une jeune femme puisse coucher avec un homme sans se retrouver enceinte, sans devoir se marier. » Effectivement, une soixantaine d’année plus tard, le côté scandaleux de la chose a « légèrement » diminué… ou alors les trois-quart des romans en librairie maintenant seraient d’un scandaleux tout bonnement insoutenable 😀 Au contraire, Françoise Sagan expliquait que le scandale résidait pour elle dans la dangereuse manipulation à laquelle se livre Cécile, et à son triste résultat – et je ne peux qu’être d’accord avec Sagan, pour le coup 😉

Bref, la Luciole parlera plus bas du côté daté du film, et je peux dire pour ma part que, d’une certaine manière, le livre peut aussi l’être un peu si l’on se concentre sur ce qui a suscité l’intérêt scandalisé des lecteurs de l’époque. Sauf que dans le cas du livre, le changement d’époque a simplement déplacé son intérêt ailleurs, il me semble.

Si une chose est frappante, c’est la finesse psychologique qui rend les personnages tellement vivants et vrais.
Cécile et son père sont dépeints comme des êtres libres, qui aiment profiter de la vie de manière légère, comme il leur plaît. La chaleur du cadre de l’histoire leur correspond particulièrement bien : ce sont des êtres chaleureux, mais terriblement inconstants. Elsa, la jeune maîtresse du père, qualifié par Cécile de « demi-mondaine », est exactement le genre de personne dont ils recherchent la compagnie, mais aussi dont ils se lassent si vite, exemple type des « relations jetables » qui semblent être leur spécialité. On sent bien qu’ils sont la représentation d’un type de personnes bien particulier de cette époque.
C’est pourquoi, s’ils sont « l’été », Anne – la seconde femme invitée par le père – est l’hiver. Femme cultivée, intelligente et qui semble entretenir une impeccable réputation. J’ai suivi son arrivée entre agacement et fascination. Parfois, je me sentais comme Cécile, tellement énervée par cette intruse, qui menaçait l’existence frivole mais heureuse menée par le père et la fille. Parfois, c’était l’admiration qui l’emportait : Anne en impose, elle a tout d’une grande dame qui inspire le respect. J’aimais son côté raisonnable, même si cela avait parfois quelque chose de glaçant, du moins de bien moins enthousiasmant que la spontanéité de Cécile et son père.
Cette ambivalence de mes sentiments que j’essaye de décrire me semblerait presque un peu semblable aux sentiments que Cécile nourrit à l’égard d’Anne. Désir de plaire à cette femme fascinante et peur de perdre sa vie insouciante s’entrechoquent en elle.

Si Cécile et son père sont donc présentés comme assez semblables, les événements vont prouver combien ils sont différents : alors que le père devrait être au centre de l’histoire, en tant que personnage qui relie ces trois femmes, il m’est pourtant apparu comme bien faible, presque transparent par moment. Il reste finalement comme esclave de ses désirs tout du long, alors que Cécile va se découvrir manipulatrice, apprenant à se jouer des désirs des autres pour servir ses desseins. Cette intelligence qu’elle révèle la rapproche de la finesse du personnage d’Anne, même si elle semble bien moins se rendre compte de la portée ses actes que cette dernière. Cécile reste un personnage très instinctif et insouciant, même dans ses petits jeux de « metteur en scène » auxquels elle va se livrer. Elle reste la fille de son père, mais elle va se découvrir de nouvelles armes.

Avec cette capacité de manipulation vient sa découverte du désir et de la sexualité, et si cela a pu être choquant lors de la sortie du livre, cela m’a complétement paru naturel aujourd’hui. Sa relation avec Cyril, le jeune et beau voisin, se fond finalement dans le reste de l’intrigue étant donné qu’elle va utiliser l’affection du jeune homme pour ses petits plans machiavéliques. C’est pourquoi, si la relation en elle-même pourrait à notre époque entrer dans la catégorie « banal amour de vacances x1000 », l’utilisation qu’elle va en faire rend de suite cela malsain et intéressant.

En effet, Sagan sait à merveille jouer du malaise suscité par les relations entre les personnages. Ce malaise tranche parfaitement avec l’ambiance estivale de la côte d’azur et donne une saveur bizarre au côté glauque de l’histoire : tout a un goût d’irréel, comme une sorte de rêve ou de souvenir déformé, renforcé par le fait que c’est une Cécile plus âgée qui raconte l’histoire de cet été-là. La narratrice revient sur ces événements, et cultive cette sensation de doute au sujet de ce qui s’est passé.

A la fin, la tristesse s’est bel et bien invitée – moi aussi, j’aurais pu le dire, ce « bonjour tristesse », et je pense qu’elle reviendra me faire coucou à chaque fois que je repenserai à cette histoire. Les détails du roman s’évaporeront sans doute assez rapidement de ma mémoire, mais le sentiment restera sans doute.

Et puis, tout cela est si bien raconté, l’écriture est si belle : même si l’intrigue pourrait aujourd’hui paraître assez banale et mince, je n’ai pourtant pas du tout eu de sentiment de déjà-vu. Trop forte, cette Françoise Sagan.

Au tour de la Luciole de nous raconter qu’a donné cette histoire au cinéma !

 

L’adaptation cinéma :
Bonjour Tristesse
, Otto Preminger, 1958

Et voilà … Vous, voyez, là, c’est le moment de la chronique où je ne sais plus vraiment quoi dire (ça doit être encore de la faute de la blague de la lessive, ça m’a vraiment perturbée, si, si !), et ce même si je me suis habilement laissé le temps de réfléchir (oui, parce qu’on écrit les articles en direct pendant que vous lisez, c’est bien connu …) : pour moi, le réel défi de l’été, c’est plus d’écrire l’article que de voir le film parce que … je ne sais même pas ce que j’en ai pensé ^^

Bonjour tristesse a été pour moi un mélange d’ennui (supportable), et de fascination. Je n’arrivais pas à apprécier pleinement le film, et en même temps, je n’arrivais pas à m’en détacher … ! Ça vous a déjà fait ça ? Pour ma part, sans doute, mais je n’ai pas d’autre exemple, et je ne m’y attendais pas vraiment ^^

Dès le début du film, il m’a paru assez daté : les voix, l’écran défilant derrière la voiture … mais c’est un détail, et c’est ce qui fait le charme du film. Dès le début surtout, Cécile précise qu’il s’est passé quelque chose qui fait qu’elle ne sera plus jamais heureuse. Quand on voit comment commencent les vacances, on l’imagine mal et vraiment, j’avais envie de savoir comment on pouvait en arriver là ^^ Pour qu’elle passe de « c’est l’éclate totale ! » à « jamais plus je ne serai heureuse », il ne se passe pourtant pas grand chose au départ : c’est un peu le type-même du film où il ne se passe rien, mais l’attitude des personnages semble évoluer imperceptiblement et je crois que c’est ce qui m’a captivée.

Le postulat de départ m’a aussi surprise : c’est un peu les amourettes de Raymond, vues du point de vue de sa fille qui nous raconte … Cela a déjà de quoi être original et surprenant.
Et les relations entre les personnages sont étranges, j’avais également envie de les décoder, de comprendre ce qui les liait …
La relation père-fille est tellement fusionnelle qu’au départ je pensais que c’était un couple. Elle l’appelle par son prénom, elle est jalouse quand il s’installe avec une femme …
La relation Raymond-Elsa (donc : le père, et sa maîtresse de 20 ans de moins que lui) ne m’a pas moins surprise puisqu’elle n’est absolument pas jalouse de l’arrivée d’Anne pendant un long moment, et la jalousie lui tombe dessus d’un coup, comme si elle venait de comprendre qu’il se passait quelque chose (alors que c’était obvious quoi!)
La relation Elsa-Cécile … elles se disent amies, ça ne se sent pas du tout, et quand Elsa s’en va désespérée, Cécile dit simplement « Oh, dommage, j’ai perdu une amie ». Mais bowdayl, réagit un peu plus qu’une huître !

Bon j’arrête les exemples, sinon autant vous raconter le film, et il me semble que l’intrigue reste très similaire à celle du livre, en tout cas je reconnais tout ce que dit Morgana. A la fin du film, et encore maintenant, j’ai eu l’impression que tout était un peu flou dans ma tête, que ces relations que j’ai décrites créaient un sentiment d’étrangeté, donnaient une ambiance particulière au film : entre tranquillité des vacances et l’urgence d’un destin qui semble se précipiter sans qu’on ne sache trop comment. Dans ce que dit Morgana, j’entrevois ce que le film tente de faire et je pense que maintenant que je sais où en vient l’histoire, je devrais le revoir pour faire plus attention à cette fameuse évolution des personnages.
Toutefois, je n’ai pas vraiment ressenti ce malaise dont parle Morgana, et pourtant tout est en place pour que ça le soit : les actes sont les mêmes dans le film : Cécile manipulatrice sans s’en rendre compte, créant des relations encore plus floues entre les personnages, mais j’ai eu l’impression que la « mayonnaise ne prenait pas toujours ».

Je ne sais pas si je vous aide beaucoup avec mon blabla tout emmêlé ! Je pense qu’on peut retenir que je suis perplexe face à ce film, je ne sais pas si il m’a plu ou pas, je ne sais pas si il est bien réalisé ou pas, je ne sais pas si j’ai tout compris ou pas … (on va éviter de faire des défis trop souvent si ça te perturbe autant ma pauvre Luciole :p) mais surtout je suis quasiment sûre que c’est un peu le but recherché et que certaines subtilité ont dû m’échapper ^^ Alors je l’accepte aisément. Et puis je ne l’aurai sans doute jamais vu autrement, alors… Défi réussi ! 😉

Si vous l’avez vu, je serai encore plus curieuse que d’habitude de savoir ce que vous en avez pensé, j’ai besoin d’en parler 😀 et en attendant, je vous laisse avec une citation qui m’a fait rire (et est également dans le livre :p), et souhaite bienvenue à l’Automne !

« Il avait amené une fille blonde à la plage, qui ne supportait pas le soleil, et maintenant qu’elle était toute pelée, il la laissait tomber comme un homard trop chaud. »

Envie de vous joindre à nous pour les défis ? 🙂
Tous les infos et les liens vers les autres participations sont ici. Et vous pouvez nous rejoindre sur le groupe Facebook où l’on décide des thèmes, échange sur nos choix & parle de chocolat et de chatons (quoique peut-être pas ces derniers trucs, mais c’est une grosse erreur).

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Balade littéraire #36 : La bibliothèque Laurentienne de Michel-Ange (Florence)

Alors que je me suis rendue à Florence depuis quelques mois déjà, ce n’est que maintenant que je réussis à m’extirper de ma flemme pour pour parler des Balades Littéraires que j’ai eu l’occasion d’y faire !
Si tout va bien, vous retrouverez prochainement une BL « Sur les traces de Dante », car si un auteur est présent à Florence, c’est bien Dante ! Et j’ai également eu l’occasion d’aller passer un moment dans une librairie-café assez sympa. Donc l’Italie risque de s’inviter encore quelques fois sur le blog dans les temps à venir ! 😀

En attendant, parlons aujourd’hui de la bibliothèque Laurentienne, appelée ainsi car elle est accolée à l’église San Lorenzo. On peut la visiter indépendamment de l’église ou acheter un ticket pour le package entier. J’ai choisi cette option pour ma part, l’église est fort jolie, mais la bibliothèque reste ce que j’ai préférée (il faut dire que j’avais eu un coup de cœur pour une autre église quelques jours auparavant, donc celle-ci n’était pas avantagée… ce sera d’ailleurs une église dont j’aurai l’occasion de vous parler dans une future balade littéraire :p).

On accède à la bibliothèque par un très beau cloître, puis par un vestibule qui a réussi à me fasciner 10 bonnes minutes. Il faut dire que celui-ci ayant été conçu par Michel-Ange, on peut s’attendre à quelque chose d’assez impressionnant, non ? 😉 Ce serait le pape Clément VII qui aurait demandé à l’ami Michel-Ange de concevoir cette bibliothèque pour abriter sa « petite » collection de manuscrits.

Quand on entre, cela a vite de quoi donner le tournis si l’on s’attarde : disons que l’on sent que le monsieur avait quelques notions de perspective et qu’il a voulu s’amuser un petit peu avec les illusions d’optique… 😀

En entrant dans salle de lecture en elle-même, surprise : on pourrait presque se croire dans une église, avec tous ces bancs alignés, les vitraux aux fenêtres et l’ambiance tamisée-posée quasi-religieuse.

Au bout de chaque rangée, une plaque indiquant « grammaire et rhétorique latine », « philologie » et autres matières, dont la liste précise des ouvrages disponibles est marquée juste en-dessous. Il n’est pas possible de s’asseoir sur lesdits bancs, mais je reste assez curieuse concernant leur confort. L’idée est très astucieuse, mais est-il vraiment confortable d’y étudier des heures durant ? Le mystère reste entier 😀

Il est possible de se mettre sur le pas de la porte de la bibliothèque, au fond à droite, même si celle-ci est aujourd’hui presque vide. Vu l’ancienneté des ouvrages, on se doute qu’ils ne doivent plus vraiment pouvoir être conservés dans n’importe quelles conditions. On retrouve le même style architectural que dans l’entrée vous remarquerez wha, la cohérence quoi :O ! :p

Mais pas de panique : des livres, on en voit tout de même ! La visite continue à travers plusieurs petites salles où sont exposés certains des ouvrages de la collection, qui tournent même régulièrement si j’ai bien compris. Mon portable n’avait pas apprécié la chaleur et l’appareil photo a décidé de prendre des vacances, donc je n’ai pas autant d’illustrations potables que souhaité à vous fournir, mais j’ai adoré la diversité des ouvrages proposés. A l’image des matières très diverses citées sur les plaques de la salle de lecture, les sujets des ouvrages présentés vont de l’anatomie à l’astronomie en passant par la biologie.

Monsieur, vous pourriez tout de même vous habiller ! Non mais U_U

J’avais lu pas mal d’avis assez peu enthousiastes, disant que mettre 3 euros là-dedans était assez inutile étant donné que la visite se faisait très rapidement. L’amie avec qui j’étais et moi-même avons dû rester une grosse heure dedans, tout de même.

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Si l’on est intéressé par l’architecture, les livres anciens, ou que l’on est sensible à l’ambiance de ce genre de lieu, tout simplement, je pense que c’est une visite largement digne d’intérêt. Pour ma part, j’en suis ressortie enchantée ! 🙂
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Aeternia T1&2 – Gabriel Katz

Je suis un être faible. Tout le monde le disait « Aeternia c’est génial, Aeternia c’est TROP génial, Aeternia, Aeternia, Aeter… » Cet enthousiasme général m’a fait l’effet d’un bon gros lavage de cerveau et je me suis retrouvée bien vite persuadée que je devais lire Aeternia car c’est génial Aeternia, c’est trop bien Aeter
Hum. Vous voyez l’idée.

Et voyez-vous, il se trouve que, moi aussi, je m’apprête moi aussi à vous offrir l’un de ces petits lavages de cerveau en mode « Aeternia, c’est cool« . Sorry.

Leth Marek, champion d’arènes, se retire invaincu, au sommet de sa gloire. Il a quarante ans, une belle fortune et deux jeunes fils qu’il connaît à peine. C’est à Kyrenia, la plus grande cité du monde, qu’il choisit de les élever, loin de la violence de sa terre natale. Lorsqu’il croise la route d’un culte itinérant, une étrange religion menée par un homme qui se dit prophète, l’ancien champion ignore que son voyage va basculer dans le chaos. À Kyrenia, où l’on adore la Grande Déesse et les puissants du Temple s’entredévorent, une guerre ouverte éclate entre deux cultes, réveillant les instincts les plus noirs. La hache de Leth Marek va de nouveau tremper dans le sang. Le plus violent des combats est celui que l’on mène contre ses propres croyances.

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On est plongé une fois de plus dans l’univers fantasy de Gabriel Katz, que l’on commence à bien connaître : je l’ai pour ma part déjà sillonné durant les 3 tomes du Puits des mémoires. Des noms déjà connus ont donc régulièrement fait leur apparition au fil de ma lecture, et j’ai même eu le plaisir de recroiser l’un des compères de la trilogie précédemment citée.
Pourtant, Aeternia est loin du Puits des Mémoires : intrigue totalement autre et nouveaux personnages faits sur mesure : je vous prie d’accueillir deux guerriers (tout de cuir vêtus)(avec des moustaches)(peut-être pas les moustaches, ok), plus exactement des champions d’arène : Leth Marek et Desmeon. Chacun à leur tour, ils seront les personnages principaux de l’un des tomes. A la fois opposés et complémentaires, j’ai adoré cette nouvelle équipe qui fonctionne terriblement bien !

Si vous me connaissez un peu et que vous avez lu Aeternia, vous aurez sans mal deviné que ma préférence est allée à Desmeon. Non pas car il porte sans nul doute le pantalon de cuir mieux que Leth Marek (promis, j’arrête sur les vannes avec les vêtements des personnages), mais tout simplement car il a tendance à prendre les choses avec bien plus d’humour (et le monde très peu meugnon d’Aeternia en a terriblement besoin, d’humour).
En effet, si l’on essayait de situer Leth Marek sur une « échelle de la dérision », il serait au niveau d’une petite cuillère. Cela ne m’a pas empêchée de l’aimer : sa droiture, son expérience, sa simplicité (et parfois carrément sa naïveté) en font un personnage entier qui est loin d’être inintéressant ou ennuyeux. Lui qui espérait couler une tranquille retraite se retrouve projeté dans un imbroglio d’intrigues politiques et religieuses qui aurait eu de quoi rendre fou. Leth Marek, lui, garde au milieu de tout cela une faculté assez admirable : celle de ne jamais perdre de vue son but et de rester fidèle à celui-ci. Je ne serai sans nul doute pas la seule à avoir fait cette comparaison, mais il m’a tout de même beaucoup évoqué un  héros à la Gemmell. Moi, ça me va très bien, j’adore Druss.

Desmeon quant à lui est introduit d’une manière que j’ai trouvé très intéressante : ce personnage aux multiples facettes est celui qui réussit à tromper l’instinct de Leth Marek, mais également le nôtre, étant donné que nous sommes soumis au point de vue du champion d’arène à la retraite. Élément comique du livre, il est loin de se limiter à cela, mais sa faculté à me faire exploser de rire durant ma lecture restera tout de même quelque chose que je retiendrai sur le long terme je pense. Ce personnage fait partie de ceux qui offrent les dialogues les plus savoureux ; même si les dialogues sont de manière générale très agréables à lire avec leurs répliques qui fusent et participent au rythme soutenu du récit.

Mais l’histoire d’Aeternia, ce n’est pas que l’histoire de deux mecs sachant se battre qui se rencontrent, s’aiment pas, puis s’aiment bien et qui adoptent un chien ensemble (enfin presque… c’est une longue histoire, vous n’avez qu’à lire le livre, hé !).

C’est surtout une histoire bâtie autour du thème des guerres de religion.

Si Leth Marek et Desmeon se retrouvent un peu malgré eux dans le camp de la nouvelle religion qui essaye de s’imposer, il nous fallait bien découvrir également l’autre camp, celui de la religion en place à Kyrénia. C’est le personnage de Varian qui nous introduit dans la véritable petite mafia qu’est en réalité l’institution religieuse du pays. Tout fraîchement arrivé en ville, le jeune prêtre va vite apprendre à ses dépens ce qu’il faut sacrifier pour réussir à se faire une place (au hasard : sa morale, notamment, ainsi que toute naïveté quant aux véritables motivations des dirigeants religieux). Tout à fait personnellement, j’ai beaucoup accroché avec ce personnage, qui est sans doute celui dont je me suis sentie le plus proche. J’ai été très sensible à la manière dont on était plongé dans ses problématiques.

Si le ton se fait souvent comique, impossible pourtant d’oublier la gravité générale : les cercles dans lesquels évoluent les personnages sont impitoyables, et je ne me doutais pas forcément de jusqu’où l’auteur irait. Le tragique n’est jamais très loin, et il a réussi à me prendre par surprise à plusieurs reprises. C’est d’ailleurs ça, la magie d’Aeternia : alors que la fin du T1 m’avait fait jurer que « Ok, je me suis fait avoir une fois, mais pas deux« , la série a réussi à me faire briser cette promesse à moi-même d’une manière assez magistrale. Moi qui me demandais pourquoi Gabriel Katz nous donnait « toutes les infos à la fin du T1 », la réponse a été très simple : parce qu’il ne dévoile absolument PAS tout à la fin du tome 1, et que le tome 2 recèle encore un bon paquet de surprises (pas forcément meugnonnes, les surprises, malheureusement).
Sans la légèreté amenée par cet idiot de Desmeon, Aeternia pourrait avoir quelque chose d’assez plombant : la manière dont on observe les rouages du pouvoir tourner en fonction du seul intérêt des puissants ou des plus rusés est aussi fascinante que triste. On voit comment il est aisé de manipuler lorsqu’on a compris comment jouer avec les désirs, les aspirations ou la naïveté de chacun. Le bilan fait sur les thèmes traités est assez pessimiste, mais l’ironie avec laquelle le tout est souvent dépeint rend la lecture assez jubilatoire, je l’avoue ! 😀

En bref : impossible pour moi de m’ennuyer durant cette lecture ! Rythme haletant, dialogues pleins de répartie, thèmes bien traités, personnages au top et surprises en pagaille niveau intrigue. Que demander de plus ? (un café, peut-être ? 😀 )

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Bibliothèque des auteurs #2 : Cindy Van Wilder

Une bibliothèque ce n’est pas simplement des livres posés sur une planche de bois et il existe autant de sortes de bibliothèques qu’il y a de lecteurs … Qu’elle soit parfaitement classée ou dans le bazar le plus ultime, pleine de classiques ou de Marc Levy, belle ou insolite, chaque bibliothèque est unique, propre à son lecteur ! 

On présente beaucoup d’auteurs sur le blog, au travers de leurs livres, mais pour changer un peu, nous avons eu envie de vous présenter leur côté lecteur : parce que oui, les auteurs aussi lisent 😀

Alors en parallèle de la rubrique la Bibliothèque des gens, voici :

la Bibliothèque des auteurs !

 

La bibliothèque de Cindy Van Wilder

 

Si nous n’avons pas encore parlé des livres de Cindy sur le blog, Morgana a lu les deux premiers tomes de sa série Les Outrepasseurs et compte en parler prochainement. La Luciole l’a pour sa part rencontrée en accompagnant Perseline et Chloé faire dédicacer l’un des tomes des Outrepasseurs aux Imaginales et c’est elle qui avait convaincu Morgana que « hé, lire les Outrepasseurs, ça pourrait être cool, quand même. En plus Cindy Van Wilder est trooooop sympa ! » Et devinez quoi, en effet, les Outrepasseurs, c’est cool ! 😀 Mais avant de vous en dire plus sur le « pourquoi c’est cool », on vous laisse faire connaissance avec la bibliothèque de Cindy Van Wilder, parce qu’elle en parlera mieux que nous 😉

Ce qu’elle dit de sa bibliothèque

« La première photo représente une étagère chère à mon coeur, puisqu’il s’agit des oeuvres (au moins de quelques-unes !) des auteurs & autrices que j’ai la chance de connaître et fréquenter. Non content-e-s d’être des plumes talentueuses – et prolifiques ! – ils sont aussi devenus des personnes qui m’apportent énormément au quotidien et je suis très heureuse de les compter parmi mes proches.

La deuxième représente une *petite* partie des ouvrages anglophones que j’ai dévorés ! De par ma profession (traductrice), j’ai la chance de pouvoir lire en d’autres langues & de découvrir donc d’autres cultures et d’autres univers, ce qui m’a valu de très jolies surprises.

Quelques-un-e-s de mes auteurs/autrices fétiches se cachent sur cette étagère… Lecteur, lectrice, pourras-tu les repérer ? 🙂 »

***

<— Bibliothèque des auteurs précédente

(si vous souhaitez apparaître dans la rubrique (auteurs, comme lecteurs) envoyez-nous une photo de la vôtre à deedr.ml@gmail.com)

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