Article du Dimanche n°15 : le marque-page, cette petite histoire en parallèle de celle du livre …

Sauf si vous lisez très très vite, ou que vous ne lisez que de très petits livres (genre Martine à la plage), ou si vous avez une sacrée mémoire des chiffres, vous êtes bien obligé de marquer la page de votre livre à un moment ou un autre.

Dans la matière, on peut déjà retrouver deux grandes catégories de gens : ceux qui utilisent des marques pages, et ceux qui cornent les pages. Je n’ai strictement rien contre les gens qui marquent les pages, après tout, chacun fait ce qu’il veut de ses livres, et ce ne sont que des objets, mais aujourd’hui on va plutôt s’intéresser à la première catégorie et aux .. marques pages ! En tous genres et de toutes formes !

Quand j’étais petite, j’étais plutôt dans la team « vrais marques-pages » : les jolis, bien travaillés, en hiéroglyphes ou en métal doré en forme de hibou … oui j’avais ça … enfin, la vérité est plutôt que j’aimais ce genre de marque-page, mais que je ne les utilisais pas dans les livres … Ouais bon…  j’avais un petit côté collectionneuse compulsive, et les zoulies zimages ça me plaisait, et je ne voulais surtout pas les abîmer en m’en servant dans un livre ! 😀

J’avoue que maintenant, je suis plutôt passée du côté « j’attrape le premier papier que je trouve à portée de main » : ticket de métro, ticket de caisse, bout d’enveloppe déchirée. Tant que c’est pratique et que ça se glisse bien entre les pages, ça me va ! De toute façon, je finis souvent par égarer ce qui me sert de marque-page et par devoir prendre autre chose. Alors autant que ce soit un truc inutile et auquel je ne tienne pas ! J’ai quand même encore quelques marques-pages auxquels je tiens, comme celui qu’Acr0 m’avait offert lorsqu’on l’avait rencontrée, et qui sont dévoués aux livres grands formats que je lis chez moi, comme ça, aucun risque de les perdre dans le métro ! Par contre, contrairement à ce que nous avions dit dans le Tag « Nos habitudes de lectrices » … je n’utilise que rarement des mini peluches en forme de cochon … 😀

En fait, tout ce blabla je-raconte-ma-life pour dire que je trouve que, à l’image des bibliothèques, le marque-page choisi dévoile une petite partie de la personnalité du lecteur. De mon côté par exemple, impossible d’essayer de mentir, je suis bordélique 😀

C’est justement ce côté-là qui m’intéresse, et j’aime beaucoup retrouver un marque-page dans un livre acheté d’occasion. C’est un peu comme quand on récupère un livre d’occasion dans lequel son précédent propriétaire a écrit, Morgana en parlait dans son article du Dimanche « Ecrire dans les livres ». Dans mon exemplaire d’occasion de Novecento, le précédent lecteur a écrit au crayon à papier toutes sortes d’annotations et d’éléments d’analyses pertinents sur le livre. Dans La Mécanique du cœur, un autre a souligné au gros feutre violet les phrases qui lui plaisaient, et franchement pour certaines, je me demandais vraiment ce que ça avait pu lui évoquer, car c’était loin d’être mes passages préférés ! ^^ (Morgana suggère qu’il sortait d’un chagrin d’amour).

Un marque-page retrouvé dans un livre, c’est la même chose : à chaque fois ça raconte une petite histoire, donne une âme au livre. On peut essayer d’imaginer qui pourrait être cette personne, dans quel contexte elle a lu son livre : à la terrasse d’un café si on y retrouve l’addition, dans le métro, bien confortablement installée dans son canapé … Tout est possible ! Je trouve que ça favorise l’imagination, donne une nouvelle dimension à sa lecture, rappelle qu’on n’est pas seul à avoir lu ce livre… et n’est-ce pas ce qu’on aime dans la lecture : l’imagination, le rêve, le partage ?

J’ai deux exemples, bien différents, qui m’avaient donné envie d’écrire cet article. Il y a quelques temps, j’ai retrouvé une carte pour gamin dans un très vieil exemplaire poche de Rouletabille, Le Mystère de la  Chambre jaune… Une carte avec un énorme personnage de petite fille tout de rose vêtue … passé le choc lié au mauvais goût de cette carte, j’étais franchement amusée par le décalage qu’il y avait entre cette carte et le livre … ^^ Et j’avoue que pour cette fois, je n’ai pas réussi à inventer d’histoire crédible concernant son propriétaire et la raison de tout cela ! ^^

Il m’est également arrivé de retrouver une carte postale envoyée d’une destination lointaine. Une autre fois, mais je ne me souviens hélas pas du livre, c’était … une lettre d’amour. Plutôt courte mais émouvante. Maintenant je me dis qu’elle a sans doute dû manquer à son propriétaire (quoique, à moins qu’il soit aussi bordélique que moi, si il y tenait énormément, elle n’aurait peut-être pas finie en marque-page), mais sur le coup, cette trouvaille m’avait touchée et avait vraiment changé la suite de ma lecture !

A chaque fois ça me fait l’effet d’une petite surprise. Comme le ferait un objet de brocante, ça me rappelle que chaque objet a une histoire, un contexte, et me fait voyager un peu en parallèle du livre en lui-même.


Et vous, vous êtes plutôt team marque-page ou premier papier qui vous tombe sous la main ?
Il vous est déjà arrivé de retrouver des marques-pages particuliers dans un livre d’occasion ? 🙂
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La Maman des têtards – Nicolas Lacombe

Aujourd’hui, nous allons parler grenouille, têtards et nénuphars … ! Alors, non je ne suis pas prise d’une soudaine passion pour les amphibiens (ne soyez pas déçus), mais La Maman des têtards est un album qui m’a interpellée … J’ai eu l’occasion de rencontrer l’auteur au salon de la BD de Colomiers en novembre dernier. C’est là, qu’en discutant, qu’il m’a présenté son album, qui est loin d’être son premier album, et ses deux particularités qui ont retenu mon attention.

Premier élément intrigant : le choix esthétique, toutes les illustrations sont faites avec du scotch. Oui, voilà. Après la technique du laser, la technique du scotch. On va ouvrir un rayon Travaux et bricolage sur Deedr ! Mais ça je vous en parle dans la suite de l’article – du scotch, pas du rayon bricolage, entendons-nous bien.

L’autre élément qui m’a bien plu, c’est que cet album est adapté d’un court-métrage, lui-même adapté d’un conte populaire chinois, classique de la littérature jeunesse chinoise. Vous suivez ? 😀 Ca fait beaucoup d’adaptations, je l’admets.

Si je ne connais pas le conte d’origine, j’ai trouvé le court-métrage sur internet (et vous le joins en fin d’article).

Ce court-métrage d’animation chinois, réalisé en 1960 par Te Wei, peintre et caricaturiste, raconte l’histoire de petits têtards qui, en sortant de leurs œufs, ne trouvent pas leur maman. On les suit donc dans leur quête, à la rencontre de poissons, tortues, poussins … Tout plein de bestioles mignonnes qui vont assurément plaire aux jeunes lecteurs et spectateurs.

Sur la base de ce film, Nicolas Lacombe s’empare lui aussi de ce conte en l’illustrant avec sa technique singulière, et accompagné de la mise en texte par Chloé Laborde. Il propose à son tour une histoire très mignonne, dans laquelle chaque animal renvoie la recherche vers un autre détail « votre maman a un ventre blanc, elle a quatre pattes … » mais forcément elle n’est pas la seule ! 😉 Histoire attendrissante donc, qui plaira sans aucun doute aux plus petits.

Quand je dis « sur la base du film », c’est même plus qu’une base : l’album reprend scrupuleusement toutes les péripéties du court-métrage, jusqu’au nombre et à la couleur des poussins. J’avoue que j’ai été un peu déçue à ce niveau-là. J’ai plutôt tendance à parler de films adaptés de livres et non l’inverse, mais mon discours reste le même dans ce cas : j’aime quand l’œuvre est réussie pour elle-même et non en complément ou comparaison de l’autre. Bon ici, pas de soucis, l’album vaut réellement pour lui-même mais j’aurai eu envie qu’il s’affranchisse un peu du court-métrage et s’approprie un peu plus le conte au-delà de sa particularité esthétique.

Parlons-en justement de l’esthétique: Nicolas Lacombe a mis au point sa propre technique de dessin au scotch. Alors oui, ça fait plusieurs fois que j’en parle, mais k’est ce que c’est donc à la fin ?

L’illustrateur se sert du scotch à la fois comme outil, comme un peintre traditionnel se servirait d’un pinceau, et comme élément principal de son illustration. Le scotch lui permet de prélever de la couleur sur du papier, notamment des magazines (c’est écolo en plus, c’est chouette 😉 ). Couleur qu »il assemble ensuite par morceaux pour construire ses personnages et éléments de décor. Avouez que c’est original pour le coup ! Et que ce doit être un moyen excellent pour être ultra calé en marques et catégories de scotch ! 😀 Je regrette qu’on n’en apprenne pas plus sur la technique dans l’album, comme une sorte de petit dossier à la fin, parce qu’au-delà de cette description, ça m’intrigue vraiment.

En quelques mots : une technique très originale au service d’une histoire très mignonne. Difficile pour moi d’être pleinement enthousiaste, l’album étant vraiment destiné aux tout-petits. Toutefois j’avais vraiment envie de le découvrir, de voir ce que donnait le dessin au scotch, d’autant plus pour un livre jeunesse, et sur ce point-là je n’ai pas du tout été déçue. L’album propose une esthétique et un univers bien à lui. Le tout est très intéressant à regarder, mêlant douceur, déchirures de scotch et transparence.

Une lecture agréable et qui peut réellement séduire les petits lecteurs.

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Battle#2 : Les découpes laser ! – Petit tour avec Mary Poppins VS le Lac des Cygnes

Prenez les paris, âmes sensibles s’abstenir, la 2ème Battle est sur le point de commencer !!

La dernière fois, ce sont les livres de Marianne Stern qui se sont affrontés. Pour cette deuxième Battle, il risque d’y avoir du sang, car c’est … la Battle des Découpes Laser ! Match en deux Rounds, c’est parti !

Quelqu’un dans la foule de spectateurs : C’est quoi une battle de découpes laser … ?

Luciole : A part deux bouquins qui se hacheraient menu au Sabre Laser vous voulez dire ?

Et bien c’est ça :

Un truc assez fifou qui donne une allure folle aux bouquins illustrés !

Le hasard a voulu que ma sœur m’offre le second : Le Lac des Cygnes, juste après que j’ai craqué sur le premier lors d’un tour à la librairie : Un petit Tour avec Mary Poppins, qui m’avait immédiatement enchantée et qui était même mon coup de cœur dans le « C’est le premier, je balance tout » du mois de janvier !


Un petit tour avec Mary Poppins, de Hélène Druvert

Les aventures de Mickaël et de Jane qui jamais ne s’ennuient en compagnie de leur gouvernante très mystérieuse : Mary Poppins ! Une plongée dans le Londres du début du XXème siècle, tout en découpes laser.

vs

Le Lac des cygnes, de Charlotte Gastaut

Un prince rêve d’amour. Mais, ses parents, impatients de le marier, décident d’organiser un bal. Ils lui annoncent qu’il lui faudra choisir celle qui deviendra sa femme durant la fête. Le jeune homme s’enfuit dans les bois. Il aperçoit un vol de cygnes et le suit jusqu’aux abords d’un lac. Là apparaît une merveilleuse jeune fille vêtue d’une robe de plumes blanches, dont il tombe amoureux.



Cela va sans dire, je suis tout de suite tombée amoureuse du concept, et comme je tenais à vous parler des deux, la forme de la Battle est tout indiquée pour vous présenter le principe et vous offrir un point de comparaison.

Trêve de blabla, avant que je ne me fasse huer par la foule … que la bataille commence !

Round 1

J’aurai aimé pouvoir faire comme Morgana, et proposer cette battle en plusieurs rounds, histoire qu’il y ait un peu de suspens! Malheureusement, là où elle a pu séparer l’univers, le style d’écriture, les personnage, moi je ne vais pouvoir faire qu’une catégorie : l’histoire. Basta. Vous allez comprendre.

Commençons par Un Petit tour avec Mary Poppins vu que c’est le premier que j’ai lu. Pour tout vous dire j’ai tout d’abord été un peu déçue par l’histoire : nous n’avons pas ici une adaptation de l’histoire de Mary Poppins, mais une succession de petits tableaux dans lesquels évoluent Jane, Mickaël et Mary Poppins. Alors je ne sais pas si dans l’histoire originale les personnages rencontrent un homard trompettiste et un crabe violoniste au fond de l’océan, pendant que Mary Poppins accompagne avec son accordéon une sirène qui joue du ukulélé… non vraiment, je ne sais pas, car je ne connais que la version de Disney (eh oui …), mais en tout cas, il est clair que l’histoire n’est pas autant développée.

Ce n’est pas vraiment le cas du Lac des Cygnes. Pour le coup, l’album adapte l’histoire du ballet de Tchaïkovsky que j’adoôôôôoore de tout mon cœur  : nous suivons un jeune prince qui tombe amoureux d’une jeune fille à la robe de plumes blanches, il l’invite alors au bal organisé par ses parents pour la leur présenter, et là … Aha, que se passe-t-il alors ?
Il se passe ça :


(passer de Rocky à Tchaïkovskidans le même article, c’est assez jouissif, je l’avoue!)

Nous avons donc un début un milieu une fin, une vraie histoire donc, qui reprend tous les éléments essentiels du Lac des Cygnes, mais ça reste très simple malgré tout. Trop simple. Que ce soit dans le développement de l’intrigue, dans les personnages, le style d’écriture, on sent bien que ce n’est pas la priorité de cet album.

Car il s’agit bien de ça : dans un cas comme dans l’autre, l’esthétique prime clairement sur le scénario. Et en ce sens, Mary Poppins l’assume vraiment, simplifie le scénario au max.
Alors même si j’aurai pu donner le point de ce premier round au Lac des Cygnes pour l’histoire un peu plus développée (mais vraiment pas beaucoup, ce qui fait un effet d’entre deux), et parce que l’univers me parle plus que celui de Mary Poppins, je trouve que ce dernier assume le côté « on s’en balance de l’histoire, regardez les belles images ».
Un petit tour avec Mary Poppins adapte simplement l’univers, et au final, peu importe que ce soit Mary Poppins, Dumbo l’éléphant, ou les cygnes du Lac des Cygnes : l’essentiel c’est ce petit univers féérique mis en avant par l’esthétique.

 

Malgré une préférence pour l’univers du second, je donne une légère avance à Petit tour avec Mary Poppins 😉

 

 

Round 2

Les deux albums tombent un peu (pas totalement :p ) dans le piège des œuvres avec un parti pris esthétique fort : l’histoire est un peu sacrifiée et l’essentiel du travail s’est concentré sur l’esthétique. (C’est ce dont j’avais peur pour Phallaina, la « bande défilée » qui pour le coup avait parfaitement passé le test 😉 ).

Alors au moins, il faut que l’esthétique soit absolument badass ! Et … c’est effectivement le cas !! Je n’avais jamais vu de tel livre, quand je suis tombée sur Mary Poppins à la librairie, ça a été le coup de cœur. On en a même discuté ensuite avec le libraire à la caisse à base de « Maaah oui c’est magnifique, c’est incroyable, c’est faaaabuleux !! ». Dans les deux albums, ces découpes, très précises, faites au laser donc, vous l’aurez compris, apportent un charme fou à l’ensemble. Ces vides et ces pleins permettent de jouer avec la page de derrière, cacher des éléments que l’on découvre en tournant la page, créer un effet de profondeur …

Mary Poppins propose un univers très contrasté, tout en noir et blanc, avec seules quelques rares pointes de gris, et des personnages en silhouettes. C’est beau, c’est élégant. Le livre tire vraiment parti des éléments cachés, lorsqu’on tourne la page on retrouve les personnages, et les précédents se retrouvent cachés. Ben oui, sinon deux Mary Poppins, deux Jane et deux Mickaël, ça serait vraiment trop bizarre non ? :p Au-delà de tout ça qui me séduit déjà énormément, le gros point fort pour cet album, c’est la finesse des découpes : parfois pas plus d’un demi-millimètre ! Je me demande même comment ça tient, et quand je tourne les pages j’ai toujours peur de le déchirer, mais non, la bête tient le coup.
Le seul bémol serait que les pages découpées ne sont pas toujours adaptées au recto-verso. Ca marche plutôt bien sur certaines pages, mais ce n’est pas systématique.

Le Lac des Cygnes est quant à lui dans de très belles nuances de noir et blanc également, auxquelles s’ajoutent du doré. C’est franchement très beau également. Un tout autre style, plus géométrique, dans lequel j’ai adoré me plonger également. Pour le coup, les pages sont réellement recto-verso, jouant même parfois sur le cygne noir-cygne blanc, et avec un décor qui colle toujours aux deux côtés.

Est venu le temps du verdict pour ce deuxième round !

Ce n’est pas sur le style que je pourrai départager ces deux albums : noir et blanc, ou touche de doré, mon cœur balance ! Le recto-verso du Lac des Cygnes m’a bien plu par rapport à Mary Poppins, sinon, c’est égalité absolue.
Mais il y a quelque chose qui va faire vraiment pencher la balance, ce sont les fameuses découpes… Parce que bon, c’est quand même la singularité de ces ouvrages, ça me paraît logique que ça joue un peu plus que le reste dans mon jugement … Du coup sur ce point, c’est sans hésitation Mary Poppins qui se démarque ! Les découpes du Lac des Cygnes sont très belles, mais sont 3 ou 4 fois moins fines que celles de Mary Poppins. Le tout est donc très très beau, mais ne m’a pas autant épatée que sur l’autre au niveau de la technique. Alors à peu de chose près encore une fois, le point revient à Mary Poppins !


Résultat :

Ca ne s’est vraiment pas joué à grand chose, mais Mary Poppins est le grand vainqueur de cette nouvelle Battle, grâce à la finesse des découpes laser, et au parti pris assumé de ne pas développer l’histoire pour laisser pleine place au visuel. Malgré tout, les deux livres sont vraiment très beaux et se valent vraiment. Je suis ravie d’avoir découvert cette technique des illustrations découpées au laser et je vous recommande grandement les deux albums !

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Caraval – Stéphanie Garber

« Entrez dans le jeu : rien ici n’est réel, tout n’est qu’illusion« . Difficile pour moi de résister à l’envie de découvrir Caraval, entre cette phrase d’accroche et les paillettes sur la couverture (arrêtez, faites pas genre ça n’accroche pas le regard et ça ne donne pas envie de toucher la couverture pendant dix minutes :D).

Entrer dans le jeu ? Carrément. De suite. 😀

 

Bienvenue à Caraval !
Le spectacle le plus extraordinaire de tous les temps! Vous y verrez plus de merveilles que le commun des mortels au cours de toute une vie. Mais avant que vous vous plongiez dans notre univers, gardez à l’esprit qu’il s’agit d’un jeu…
Nous tenterons de vous convaincre que ce qui se passe au-delà de ce portail est réel, mais ce n’est qu’illusions.
Alors prenez garde à ne pas vous laisser trop emporter. Car les rêves qui se réalisent peuvent être magnifiques, mais ils peuvent aussi se transformer en cauchemars si l’on ne se réveille pas…

___

Le livre m’a de suite vendu une petite vibe façon Cirque des rêves version jeunesse. Après une courte mise en situation où l’on découvre pourquoi Scarlett tient absolument à se rendre à Caraval (indice : il y a un peu de la maltraitance dans l’air venant de son père…), on arrive assez vite sur l’île où se déroule le jeu.
Et là, j’ai tellement été réceptive à cette ambiance où le merveilleux des contes de notre enfance se mêle à quelque chose d’un peu plus « fou », un peu à la Alice au pays des merveilles !

Le tout est joliment accompagné par l’écriture de l’auteure. Écriture très jeunesse, parfois un peu naïve peut-être, mais qui présente des idées sympas : Scarlett associe chaque émotion à une couleur, et cela donne un petit côté imagé à tout ce qu’elle ressent.

J’ai vraiment adoré la première moitié de Caraval. L’ambiance m’avait happée, les personnages m’étaient sympathiques et j’étais pressée de voir où l’auteure nous menait.

Malheureusement, la seconde moitié m’a moins convaincue. L’intrigue s’axe plus sur les amours de Scarlett, et j’ai trouvé cet aspect du livre assez maladroit. Surtout, je ne sais pas s’il en est de même dans la version originale, mais j’ai failli me mettre à compter le nombre de fois où l’auteure écrit le mot « intime/intimité » pour décrire les interactions entre Scarlett et Julian : celui qui fait danser la salsa à ses hormones. Ce qu’on peut comprendre, il est charmant ce Julian dans le genre héros un peu voyou qui cache des choses :D.
Bref, moi qui étais tombée amoureuse de l’univers mi-féérique/mi-inquiétant, on s’écartait un peu de ce qui m’intéressait le plus. De plus, les retournements de situation en série ont fini par ne plus avoir trop d’effet sur moi (trop de retournements situation tue le retournement de situation, apparemment). Même si je dois reconnaître que Stéphanie Garber reste douée quand il s’agit de nous induire en erreur et parvient à garder un suspense certain jusqu’au bout (et ça c’est cool, oui oui) !

Malgré tout, les pages ont continué à défiler à toute vitesse. Caraval restant quand même pour moi un sacré page-turner. 😀
D’autant plus que toutes les bonnes idées de l’auteure sont encore présentes et que de nouveaux éléments que j’ai beaucoup aimés apparaissent. Le personnage d’Aïko, avec ses dessins magiques, m’a beaucoup plu. Sans compter le fait que la fin donne très envie de connaître la suite, vu le questionnement sur lequel l’auteure clôt ce premier tome.

Une première partie pour la laquelle j’ai eu un petit coup de cœur, mais une seconde moitié qui m’a bien moins convaincue. Je reste tout de même définitivement séduite par l’univers créé par l’auteure et j’attends la suite, maintenant !

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