Harper in summer – Hannah Bennett

Ce livre est juste énorme. Quand je dis énorme, je n’entends pas « énorme comme moi après une semaine passée en Italie à manger des pâtes et des glaces » (oups). Non, je veux dire qu’il aurait pu être un énième roman adolescent brodant sur le très usé thème estival, avec premiers sentiments amoureux et odeurs de crème solaire à la clé. Sauf que dans Harper in summer 1) les personnages ne mettent pas de crème solaire (pas bien) 2) l’humour est définitivement décapant, et que ça change beaucoup la donne.

À cause d’une erreur de réservation, Harper, bientôt 15 ans, passe l’été avec sa famille bobo, ses détestables cousines et son meilleur ami Josh dans une maison pourrie au bord d’un lac glacé du Montana. Face à eux, les somptueuses demeures des millionnaires dont les enfants, d’une beauté rare, sillonnent le lac en hors-bord. Invités à une fête, Harper et Josh font face à Quinn et à Tristan. Face à tant de nouveauté et de liberté, va-t-elle succomber au charme de cet été d’exception ?

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Ok. On a bien une histoire de vacances, avec une fille, des garçons, et les hormones qui s’en mêlent. Mais qu’est-ce que ce roman m’a fait rire. Et quand je dis qu’il m’a fait rire, ce n’est pas à ses dépens : les blagues et dialogues absurdes remplis de réparties bien senties sont là non-stop. Cela donne un petit côté surréaliste à l’ensemble tellement c’en est parfois « trop ». Trop, vraiment ? Le mot n’est pas forcément à prendre dans un sens négatif. Certains passages peuvent donc tomber parfois dans quelque chose d’un peu absurde, mais ça ne m’a pas tellement dérangée, tant cela est bien géré. Si les profils de certains personnages sont un peu extrêmes, l’auteure sait en général leur apporter de petites nuances qui les rendent un peu plus humains au fil de l’histoire – je pense par exemple à Poppy.

Durant une bonne partie du roman, je me suis dit que cet humour omniprésent allait peut-être empêcher le livre d’être touchant. Durant une grosse partie du livre, oui, un peu, peut-être. Mais la fin rattrape si bien tout ça que le pari me semble réussi concernant l’équilibre entre humour et émotions. Les personnages sont attachants, et j’ai beaucoup aimé lire le récit d’Harper, qui est une narratrice et héroïne débordante de personnalité ! Pour moi, la première personne était définitivement un choix gagnant !

Les points négatifs – puisqu’il faut bien que je fasse ma râleuse de base, à un moment : je trouve que l’intrigue s’embourbe un peu vers le milieu, avec les histoires amoureuses de Harper – à la clé, de trèèèèès gros problèmes d’ado jaloux, qui peuvent être drôles ou touchants, mais qui m’ont un peu lassée à un moment. Je me demandais ce que l’auteure allait faire et attendais presque qu’elle lance une autre intrigue secondaire pour tenir les 330 pages, car je voyais difficilement où tout ça pouvait mener. Mais heureusement, la suite a su à nouveau me happer, jusqu’à un très joli final !
Autre (et dernier) point que j’ai moins aimé : le livre spoile allégrement Jane EyreLes Hauts de Hurlevent et Orgueil et Préjugés. Ça va bien que je les ai lus (et relus) il y a déjà quelques années car, sinon, j’en aurais mortellement voulu à Harper in summer. Je déteste ce genre de spoilers auxquels on ne peut échapper. Je n’ai pu m’empêcher de penser à ceux qui ne les aurait pas lus et sont des allergiques du spoiler comme moi. Cela dit, dans mon cas, je dois reconnaître que j’ai apprécié ces références qui m’ont permis de me sentir complice de Harper, d’autant plus que c’est assez bien intégré.
D’ailleurs, je me suis posée des questions sur le nom de l’auteure, « Bennett » (Morgana détective, pour vous servir) : serait-il possible que ce soit un pseudo faisant référence à l’héroïne d’Orgueil et Préjugés ? Sinon, plutôt cool comme nom, surtout quand on a l’air d’apprécier l’œuvre de Jane Austen comme elle a l’air de le faire :p

Eh bien, je crois avoir fait le tour de tout ce que j’avais à dire !

Harper in summer, c’est (super) drôle, (super) rafraîchissant, (super) adapté à la saison et parfois même (super) émouvant ! Bref, c’était cool.

 

George Michael, supporter officiel des coeurs brisés dans l’entourage de Harper.

Si, si. Il est cool comme ça George.

(J’ai cette musique en tête depuis que j’ai fini ce livre, donc je tenais à partager cette obsession avec vous, histoire de vous prévenir des séquelles encourues suite à cette lecture. De rien).

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Everything everything – Nicola Yoon

On est au mois de juillet, il fait chaud (si, il fait chaud, mon cerveau liquéfié en témoigne). C’est le moment idéal pour un roman YA plein d’émotion et de guimauve, non ? (j’aurais dit la même chose si on avait été au mois de décembre, tout à fait). Alors que j’étais occupée à terminer mon année universitaire, puis à voyager, les livres se sont légèrement empilés chez moi en mon absence. Afin d’éviter de mourir étouffée sous une pile de livres désespérée de ne pas avoir été lue (ou mal empilée, diront les mauvaises langues), j’ai donc commencé par me saisir d’Everything everything.

Ma maladie est aussi rare que célèbre, mais vous la connaissez sans doute sous le nom de « maladie de l’enfant-bulle ». En gros, je suis allergique au monde. Je viens d’avoir dix-huit ans, et je n’ai jamais mis un pied dehors. Un jour, un camion de déménagement arrive. Je regarde par la fenêtre et je le vois. Le fils des nouveaux voisins est grand, mince et habillé tout en noir. Il remarque que je l’observe, et nos yeux se croisent pour la première fois. Dans la vie, on ne peut pas tout prévoir, mais on peut prévoir certaines choses. Par exemple, je vais certainement tomber amoureuse de lui. Et ce sera certainement un désastre.

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Tout le monde (ou presque) vantait les mérites de la plume de Nicola Yoon, qui semblait proposer une histoire ayant su parler aux cœurs de très nombreux lecteurs. Je serai moins dithyrambique que la plupart des avis que j’ai pu lire : oui, c’est une jolie histoire, sauf qu’elle ne m’a pas autant touchée que je l’aurais cru en débutant ma lecture.

Madeline est une adolescente que j’ai trouvée extrêmement attachante. L’auteure sait nous immerger pleinement dans son quotidien si spécial et nous mettre en empathie avec elle. Madeline ne s’apitoie pas sur elle-même. Au contraire, elle a développé une (trop ?) grande faculté à se satisfaire de son existence, existence qui la prive pourtant de tant de choses : Madeline est comme bloquée dans un petit espace temporel ou rien ne change vraiment, elle ne peut franchir les étapes de la vie que l’on traverse tous un jour ou l’autre à notre manière. Tout est centré autour de ce simple fait : la garder à vie. Mais est-ce vraiment vivre, que de vivre comme elle y est contrainte ? Les seules personnes qu’elle côtoie sont sa mère, médecin, et son infirmière, Carla. Cette dernière est d’ailleurs un personnage que j’ai beaucoup aimé : au-delà de son rôle d’infirmière, elle est celle qui voit en Madeline l’adolescente, et non seulement la malade. Quelque part, elle est celle qui va autoriser Madeline à se considérer aussi comme une jeune femme qui a envie (et le droit) de découvrir le monde. (Par contre, Carla, vraiment, il faut que tu arrêtes de fantasmer sur les adolescents… ton obsession pour le physique avantageux de Olly est légèrement gênant, ma vieille :D)

Si je dis avoir été moins touchée que je l’aurais cru, c’est parce que j’ai été moyennement réceptive à l’histoire d’amour. Pourtant, Madeline comme Olly sont deux adolescents/jeunes adultes touchants et drôles, mais je crois les avoir préférés individuellement plutôt que dans leur relation amoureuse. Il m’est arrivée de m’ennuyer durant certaines de leurs scènes partagées, surtout vers les deux tiers du livre. Mon coeur de midinette de 15 ans serait-il mort et enterré ? (instant émotion de l’article). Je ne doute pas que j’y aurais été plus réceptive quelques années en arrière, cela dit 😉

Pourtant, régulièrement, des phrases ont su ça et là m’envoyer quelques petites flèches ; des phrases que j’avais envie de noter et qui me rappelaient que, « bon, ok, elle est très jolie quand même cette histoire » ! Le livre bénéficie en plus d’un aspect visuel qui renforce parfois les passages les plus drôles ou les plus émouvants : dessins, graphismes, mise en page particulière, plein de bonnes idées qui donnent une personnalité au livre et provoquent une plus grande immersion encore dans l’histoire de Madeline.

La meilleure dans l’histoire, c’est que j’étais tellement persuadée de savoir comment allait se finir Everything everything que… je me suis complètement fait avoir. Obélix décidant de devenir détective n’aurait pas fait mieux. Tant mieux, me direz-vous : comme ça, le final a été une vraie surprise pour moi, alors que si on réfléchit deux minutes, c’est l’une des alternatives les plus envisageables. L’auteure amène d’ailleurs tout ça habilement, et j’ai difficilement pu lâcher le bouquin (je n’ai même pas essayé en fait, les joies d’être en vacances et de ne pas avoir à s’arrêter pour retourner au boulot ou étudier ^^). Il me faut tout de même reconnaître que, de manière générale, le livre se lâche difficilement : ça se lit extrêmement vite et extrêmement bien, même durant les passages un peu à vide que j’ai connus.

Pour moi, ce ne sera pas un coup de coeur, mais cela reste une jolie lecture super addictive, servie par une plume qui dépeint à merveille le quotidien d’une héroïne à la vie si particulière. Si vous avez le coeur à lire une jolie romance adolescente, je recommande à 2000% ! Pour ma part, je n’étais pas assez dans ce délire-là, mais je n’en ai pas moins été sensible à toute la partie qui concerne l’évolution de Madeline ; le récit d’une jeune femme qui grandie et décide vivre, pour de vrai ? 😉

Pour un avis tôôôtalement conquis, vous pouvez retrouver celui de Plouf !

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Neverwhere – Neil Gaiman

Vous pensiez en avoir fini avec nos articles sur le thème de Londres ? Eh bien non. Enfin, presque, puisque cet article sera le dernier (ce qui me rend extrêmement triste, puisque cela signifie que notre séjour dans la capitale anglaise aura déjà pris fin… la tristitude infinie, quoi).

Richard Mayhew vit à Londres une vie sans histoire, travaille dans un bureau, s’apprête à se marier, lorsqu’il sauve la vie de Porte, une jeune fille qui a le don de savoir ouvrir tout ce qui peut s’ouvrir. Cet évènement fait basculer sa vie. Sa fiancée le quitte, ses proches ne le voient plus, sa vie semble n’avoir jamais existé.
Il découvre alors qu’il existe un Londres d’En Bas, souterrain, peuplé de mendiants qui parlent aux rats, et de toute une société féodale et magique. Il décide de suivre Porte à la recherche des assassins de son père, dans l’espoir de trouver un moyen de reprendre une vie normale.

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Neverwhere, c’est un fabuleux mélange entre une jolie balade dans Londres et une plongée dans un monde complètement déjanté qui démontre d’une imagination terriblement débordante.

Le livre ne cache son jeu : très vite, il dévoile son côté un peu absurde (j’adôôôre l’absurde), avec des dialogues qui m’ont souvent fait rire toute seule (big up à M. Croup et M. Vandemar, deux méchants comme on devrait en voir plus souvent). J’ai trouvé ça admirablement dosé et j’ai très vite adhéré à cette ambiance.

J’ai commencé de lire ce livre avant notre départ pour Londres et je l’ai terminé à notre retour. Après avoir sillonné la ville pendant 5 jours, j’ai bien plus pu halluciner avec Richard lorsque celui-ci découvrait le Londres d’En-bas et ses mystères. Un arrêt de métro au British Museum, ah bon ? Et l’arrêt appelé « Blackfriars » (« les frères noirs ») qui est vraiment habité par des moines en noir ? Et dois-je parler de « Earl’s court », qui devient vraiment le lieu de la cour d’un comte (un peu frappé sur les bords, mais est-il besoin de le préciser vu le ton du livre ? :D) ?
Bref, ma petite semaine londonienne m’a vraiment permis d’être en empathie avec le pauvre héros qui voyait son monde malmené, mais aussi d’apprécier plus pleinement l’utilisation que Neil Gaiman faisait de la véritable géographie londonienne. Mais même avant ça, alors que je découvrais le début de Neverwhere dans l’avion, je goûtais déjà la joyeuse folie qui empreignait l’univers du roman, ainsi que la capacité de l’auteur à imbriquer imagination et réalité. Son monde se coule parfaitement dans le monde que nous connaissons.

Neil Gaiman confie le rôle principal à un héros que j’ai trouvé très touchant. Richard n’est pas parfait, pas particulièrement brillant : c’est un type bien, un peu maladroit, qui mène une vie tranquille métro-boulot-dodo. Les personnages féminins comme Porte et Chasseur ont bien plus souvent que lui les rôles badass à jouer. Il n’a rien d’éblouissant, et jusqu’au bout il va garder son côté « monsieur tout le monde » qui le rend d’autant plus émouvant. Tout ceci n’est-il qu’un délire ? A-t-il vraiment perdu les pédales ou découvert « autre chose » ? Il demande d’ailleurs à l’un de ses amis s’il s’est « déjà demandé s’il y avait autre chose ». Au fond, Richard, il me semble que c’est ce « nous » qui a peur qu’il n’y ait que ça, que cette monotonie, sans espoir de retrouver la moindre petite parcelle de folie, de magie et de rêve dans notre existence. C’est celui qui refuse la réponse de son ami pour qui « c’est ça, la réalité », la monotonie et la prévisibilité, qu’il estime rassurante au final.
Richard ne vend pas du rêve au premier abord, il paraît terriblement banal. Mais n’est-ce pas parce qu’il est persuadé que c’est ce qu’il est ? Banal, fait pour la monotonie. C’est amusant, car pendant tout le livre, il ne fait que prouver le contraire : au fond, Richard est un personnage qui fait preuve d’un grand courage. Alors qu’il doit affronter certaines de ses plus grandes peurs, même s’il lui arrive de commencer à reculer, il finit toujours par y aller. Richard, c’est un personnage qui se découvre aventureux et courageux alors qu’il se vendait comme un mec plan-plan de première catégorie, qui n’arrivait même pas à dire « non » à sa fiancée au début du roman. Mais ce qui est très habile, c’est que cette évolution ne se fait pas d’une manière artificielle : Richard reste Richard, avec ses peurs et son côté banal, mais il découvre qu’il n’est pas que ça et qu’il est capable de bien plus que ce qu’il pensait, en étant tel qu’il est.

J’aurais pu vous faire 12 paragraphes encore sur Porte, aux pouvoirs tellement cool, sur le marquis de Carabas, au panache flamboyant, sur Old Bailey et ses oiseaux, ou sur la très chouette – et très fournie – galerie de personnages secondaires mais, au fond, tout ça, c’est l’histoire de Richard. Les autres restent fidèles à eux-mêmes, alors que Richard voit sa perception du monde évoluer.

Le tout est porté par une intrigue assez bien construite, même si beaucoup d’éléments sont assez aisément devinables et sont peut-être amenés de manière un peu maladroite me semble-t-il. L’auteur laisse peu de temps morts et offrent plein de retournements de situation qui relancent bien le rythme. Cela aurait peut-être pu être encore mieux de ce point de vue là, mais je ne peux m’empêcher de penser que ce n’est pas ça l’essentiel dans ce roman.

Une rencontre avec la plume de Neil Gaiman qui s’avère des plus concluantes ! Les amateurs de l’auteur, des conseils concernant ses autres romans que je devrais découvrir ? 😉

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Retrouvez nos autres article sur le thème Londres :

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The Hours – Stephen Daldry

Continuons cette édition spéciale avec un nouveau film sur Virginia Woolf et Mrs Dalloway : The Hours et son super casting : Meryl Streep, Julianne Moore, Nicole Kidman.

The Hours est sans doute le film qui m’aura procuré la plus grosse dose de suspens de tous les films que j’ai vus dans ma vie …

Non pas pour son scénario mais car j’avais vu le début en cours de Spécialité Anglais au lycée, il y a … presque 7 ans (gloups, je vieillis) mais je n’avais pas vu la fin. Et j’étais trèèèès intriguée par la forme du film, je m’étais juré de voir vite la fin, et puis … je ne l’ai jamais fait ^^

C’est donc 7 ans plus tard que je l’ai enfin regardé en entier ! J’avais déjà beaucoup aimé le début de ce film la première fois, il en a été de même pour cette seconde fois. Je crois que le fait que le film ait été laissé en suspens dans ma mémoire m’a permis de le retenir bien mieux que si je l’avais terminé car tout était plutôt clair dans mon esprit ^^ Mais j’ai été ravie de voir ENFIN la fin (sans blague ! Tout un pan de ma vie qui s’offre enfin une conclusion, vous n’imaginez pas :D).

Le film est l’adaptation d’un livre du même titre, écrit par Michael Cunningham (et dont Morgana vous parlera sans doute un jour), lui-même adaptation de Mrs Dalloway. The Hours, le film, est donc à la fois une adaptation libre de Mrs Dalloway, et un biopic de Virginia Woolf. Vous suivez ? 😀 C’est un peu Inception au pays des adaptations quoi …

Pour faire plus clair, The Hours est composé de trois histoires parallèles :

  • la vie de Virginia Woolf pendant qu’elle écrit son roman Mrs Dalloway ainsi que ses derniers jours

  • la vie d’une femme dans les années 50 qui lit le roman et qui se reconnaît dans le personnage

  • et celle d’une troisième femme, en 2001, dont la vie est une sorte de transposition moderne de celle de Mrs Dalloway.

C’est un peu laborieux à décrire à l’écrit, mais ces trois portraits s’entremêlent parfaitement dans le film, et permettent à eux trois de cerner bon nombre d’aspects de l’histoire de Mrs Dalloway, ainsi que celle de son auteur.

Au-delà de l’histoire elle-même, les références à Mrs Dalloway sont nombreuses, et j’ai adoré les rechercher pendant le film !

L’histoire se déroulant en 2001 par exemple, reprend non seulement la vie de Clarissa, qui organise une soirée, achète des fleurs, rencontre de vieilles connaissances … à la manière de Mrs Dalloway. Mais en plus les personnages secondaires sont chacun des transpositions des personnages du roman de Virginia Woolf, comme si le film nous en proposait une vie parallèle, un destin bis qui aurait très bien pu se réaliser : la Clarissa de 2001 est alors en couple avec Sally, son amie dans la version originale qui l’embrasse devant la fontaine. Richard quant à lui semble être son ex-petit ami, également bisexuel.

Ces grands thèmes de Mrs Dalloway, véhiculés dans l’oeuvre de Virginia Woolf sont ainsi adaptés ici : bisexualité donc, place de la femme dans la société et dans son foyer, féminisme … mais le film va plus loin en en abordant certains, plus modernes, mais totalement dans l’esprit du reste : on apprend par exemple assez vite que Richard est atteint du sida et que cela semble atteindre énormément moralement.

Je me rends compte que je n’ai quasiment parlé que de l’histoire se déroulant en 2001… il est vrai que c’est sans doute celle que je trouve la plus intéressante avec toutes ces transpositions, et si je parlais en profondeur des trois, j’aurai de quoi faire 3 chroniques tellement, ces trois histoires sont comme 3 films à la fois indépendants et à la fois entièrement entrelacés.

Alors je vais faire un effort pour parler du reste du film :D. La partie biopic de Virginia Woolf est tout aussi intéressante, et permet de découvrir, avec une certaine exactitude, me semble-t-il, quelques pans de sa vie : sa vie avec son mari Leonard Woolf, la création de la maison d’édition Bloomsbury (qui n’est pas nommée dans le film, mais qui doit être celle-ci), sa maladie, sa relation avec sa sœur Vanessa Bell … Et la partie se déroulant dans les années 50, même si c’est celle que j’ai le moins aimée en tant que tel, prend tout son sens vers la fin.

Décrit ainsi, de manière indépendante, ces trois aspects du film doivent vous paraître complétement décousu, mais ils sont en réalité très liés, et chaque scène fait échos à la suivante, même si elle ne se passe pas à la même époque. Cela crée un ensemble très intéressant, une dynamique et une ambiance très prenantes et souvent très émouvantes. Ouaip, j’ai même versé ma larmichette à la fin !

En gros si vous vous intéressez à Virginia Woolf, son œuvre, ou simplement au lien qu’il peut y avoir entre un écrivain et son œuvre, ou aux films au montage riche, ou aux jolies histoires émouvantes … ou … en fait, quoi qu’il en soit, je vous recommande ce film qui m’a su me toucher. 😉

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