Balade Littéraire #32 : La Fourmi Ailée – Paris

L’avantage des multiples heures de trains et changements pour aller aux Imaginales, c’est que ça m’a donné l’occasion de m’arrêter un peu à Paris, pour y revoir des amis de fac autour d’une tasse de thé (et d’un mojito, pris dans un pub irlandais parce que … c’est comme ça, mais ce n’est pas l’objet de l’article). Parce que depuis que je suis retournée dans le sud au soleil, je n’y fout plus trop les pieds, à Paris, et j’en suis bien contente ! mais de temps en temps c’est bien sympa. Cette fois-ci, je voulais absolument découvrir La Fourmi ailée que m’avait conseillé Vi Prates (auteure de Comme l’Obsidienne), un salon de thé situé dans le quartier St Michel (un des quartiers où j’aime le plus me promener à Paris), à deux pas de Notre-Dame (où j’aime moins me promener :D)

Dans ces quartiers agités, La Fourmi Ailée est comme un petit havre. Peut-être qu’au moment de midi il y a plus de monde, mais à 16h en semaine, c’était parfait 😉
Un coin calme où nous nous sommes posées avec plaisir, au milieu des livres qui meublent la pièce jusqu’au plafond ! Accompagnant les livres : tableaux, jolies petites lampes (je ne vous ai encore jamais dit que j’adore les lampes ? :D), sculpture de monsieur chauve obèse, citations, boîtes de thé, … le tout dans des teintes jaunes-orangées, il y en a partout, mais toujours avec bon goût (ou presque, j’ai juste un doute sur la sculpture de sumo …). La décoration est vraiment très sympa, et très chaleureuse, à tel point qu’au moment où le serveur est venu pour la première fois demander si on avait notre choix, nous n’avions pas encore jeté un œil à la carte !

Serveur très avenant lui aussi, et nous a accueillies avec le sourire. Il a fait une ou deux blagues « pince-sans-rire » qu’on est pas sûres d’avoir compris, avant de nous laisser faire notre choix 😀

Pour moi thé vert jasmin classique, pour mon amie thé aux fruits rouges … et une quiche … Qui parait-il était très bonne, alors qu’elle n’aime pas les quiches – je cite. J’aurai dû la goûter par soucis de perfection pour vous dire si ça vaut le coup ou pas d’aller manger à la Fourmi ailée le midi, mais la quiche à 16h je ne me le sentais pas 😀
Je n’ai pas pris de gâteau non plus … oui je sais, je lis la déception dans vos yeux, mais il faisait une chaleur étouffante, je ne me le sentais pas non plus …
Comment ça cet article est inutile ? o:)
Et pourtant, c’est pour ça que Vi Prates nous l’avait conseillé : « leurs parts de gâteaux sont énooormes, j’ai pensé à vous ! », on ne l’a pas mal pris, on assume 😀

Bref, il faudra que j’y retourne pour goûter leurs gâteaux, mais en attendant, leurs thé sont plutôt pas mal. Le choix n’est pas énorme, mais ils valent le coup.

Petit plus : le serveur nous indique en nous déposant les théières, le temps qu’on est censé laisser infuser. Ca paraît évident, mais je crois que c’est la première fois qu’un salon de thé prenait la peine de me le préciser …
Bon, ceci dit, même quand on m’indique quand je dois retirer le thé, j’oublie de le faire, et j’ai bien dû laisser mon jasmin infuser 8-10 minutes … – heureusement que j’aime le thé fort ^^

Seul petit bémol que je relèverai, c’est sur les tasses et les théières. Avec celles de la vitrine, et le côté brocante de la décoration, je m’attendais avec des tasses avec plus de charme, et moins « je sors tout droit d’Ikea » … je chipote, je chipote, mais le thé c’est sérieux, je veux des jolies tasses pour le boire ! 😀

Autrement, c’est vraiment un endroit que je recommande, et où je retournerai avec plaisir, avec Morgana j’espère, pour goûter leurs fameux gâteaux 😉 La localisation est parfaite : le quartier est animé mais le salon de thé dans une rue un peu en retrait ce qui élimine bon nombre de touristes.

Parlons un peu du prix, pour une théière (presque deux tasses), j’ai payé 4,90€, ça paraît toujours un peu cher mais c’est le prix des thés à Paris, et dans les grandes villes … En y ajoutant une belle part de quiche et de la salade, mon amie a payé 11 ou 12 euros. Ça vous donne une idée si jamais vous souhaitez y aller. J’avais plusieurs fois eu envie d’y aller avant qu’on nous en parle, mais j’avais toujours cru que c’était cher … en fin de compte pour le quartier, et pour le bon moment qu’on peut y passer, je trouve que c’est raisonnable 🙂

Si vous préférez côté Montmartre, ils ont un autre restaurant de ce côté là : L’Eté en Pente douce , mais il n’y a pas de livres à celui-ci donc … pour nous le choix est fait et on retournera plutôt à La Fourmi ailée pour en apprécier les thés, les gâteaux, et la déco livresque ! 😉

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Si le rôle de la mer est de faire des vagues – Kim Yeon-Su

Un jour, Camilla reçoit six cartons de vingt-cinq kilos qui contiennent toute son enfance. Entre un ours en peluche et un globe terrestre, la photo d’une jeune fille, petite et menue : celle de sa vraie mère avec un bébé dans les bras. Camilla a été adoptée peu après sa naissance par un couple d’Américains. Aujourd’hui elle a vingt et un ans et décide de partir en Corée à la recherche de sa mère. Au fil d’une enquête aux multiples bifurcations, chacun livre sa version de l’histoire bouleversante de cette lycéenne de seize ans devenue mère, les rumeurs, les secrets, les tragédies, le mystère de l’identité du père. Peu à peu Camilla remplit les blancs de son passé, qui se confond avec celui de cette petite ville portuaire où elle est née, et toute sa vie s’en trouve changée. Un roman riche en harmoniques, à l’imaginaire poétique et émouvant, enraciné dans la réalité sociale de la Corée d’aujourd’hui.

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L’honnêteté, c’est important. C’est pourquoi il faut que je vous l’avoue : j’ai acheté ce livre essentiellement à cause de sa couverture et de son titre, que je trouvais sublimes. Notez bien que l’histoire ne me déplaisait pas, mais il faut reconnaître que mon intérêt pour ce livre avait des bases on ne peut plus superficielles.

J’ai dévoré la première moitié du livre. L’histoire éveillait ma curiosité : on suit la naissance de la quête identitaire de Camilla et l’évolution de la jeune femme.
Je trouvais l’écriture assez banale. Jolie mais… il manquait un je-ne-sais-quoi, une plus grande force, ou une plus grande délicatesse. Bref, je la trouvais un peu coincée dans un entre-deux qui l’empêchait de trouver une vraie personnalité. Pas grave, cela se lisait quand même très bien. Et puis, il y avait quelques passages vraiment jolis malgré tout ; la rencontre entre Camilla et Yuichi reste sans doute l’une de mes préférées : sous le séquoia, à réciter le poème Fog, de Carl Sanburg. Ça a du style, comme rencontre, non ? 😉

Malgré tout, j’ai rapidement eu des soucis avec le déroulement de l’intrigue, et notamment avec la temporalité du récit. J’ai particulièrement eu du mal avec certaines transitions : un exemple parlant me paraît être la transition entre le moment où Camilla commence à écrire et celui où elle est devenue connue. Très étrange comme passage, selon moi 😀
Si ça s’en était tenu à ça, le récit ne m’aurait sans doute pas perdue. Mais ça n’a fait qu’empirer au fil des pages, et je le regrette, car le flou et l’incertitude dans laquelle cela plonge le lecteur auraient pu être géniaux. Cette narration particulière donnait la sensation d’être Camilla, perdue entre ces différentes histoires et les différentes identités qui s’y raccrochent. Sauf que c’était trop, ou du moins mis en œuvre d’une manière qui m’a tout simplement larguée en route. Et c’est tellement dommage, car je trouve que c’est justement dans ces moments que le style de l’auteure prenait une véritable dimension ! En vérité, je garde un sentiment assez fort de l’ambiance que cela créait.

Au fond, mon sentiment d’avoir été perdue en route vient peut-être de tout autre chose, qui est la raison de cette petite déception : ce roman est tellement pessimiste ! C’est une histoire malheureuse, qui devient de plus en plus sombre au fur et à mesure. Son personnage principal est à son image. Camilla m’a parue si difficile à apprécier !
Au début, c’était supportable. Puis, plus on avance, plus on a droit à des messages du type « à 30 ans, le meilleur de ta vie est derrière toi ». Euh, pas d’accord. (Enfin, j’espère, sinon il ne me reste que quelques années de vie qui en valent la peine :D). Ce n’est qu’un exemple, mais il dénote bien de mon principal problème avec ce livre : les messages véhiculés ne sont pas de ceux auxquels j’ai envie de croire et des valeurs sur lesquelles j’ai envie de fonder ma vie.

J’aurais voulu aimer ce roman. La quête de Camilla a su éveiller mon intérêt, je voulais comprendre le passé avec elle. Mais trop d’éléments m’ont gênée, j’ai trop souvent été en désaccord avec les choix de Camilla, les valeurs du roman en général, au encore perdue par sa narration qui se faisait de plus en plus déstabilisante. Malgré tout, le roman a su me toucher régulièrement, et je ne regrette pas ma lecture.

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« Si le rôle de la mer est de faire des vagues, mon rôle à moi est de penser à toi. Depuis que nous avons été séparées, je ne t’ai jamais oubliée, pas même un seul jour. »

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A cause de la vie – Véronique Ovaldé & Joann Sfar

Elle se dit qu’un de ces quatre un intrépide gentleman viendra la sortir de là. Elle en est encore à croire que quelqu’un va venir se charger de son sauvetage. Que sinon elle restera cloîtrée éternellement dans ce salon en ruines (Nathalie ne lésine jamais sur rien). Le gentleman en question sera désinvolte, peut-être américain, follement beau, très légèrement arrogant, et tout à fait spirituel. Il s’appellera Tunepouvaispas. Elle sera son élue, sa princesse, son aimée, sa parfaite, sa Bonnie. Le nom de famille de son héros sera Mefaireplusplaisir. Ca ne sonne pas très anglo-saxon. Mais c’est un détail. Nathalie se situe encore à l’exact mitan entre Boucle d’or et Anaïs Nin.

Il n’en fallait pas plus que ce résumé gentiment absurde pour avoir envie de découvrir A cause de la vie et j’ai commencé ma lecture avec un grand enthousiasme.

On fait rapidement la connaissance de Nathalie, qui préfère qu’on l’appelle Sucre de Pastèque, mais c’est trop long à écrire, alors on l’appelle Nathalie dans le livre – c’est le narrateur qui le dit, je ne me permettrais pas. Nathalie est une jeune ado, qui vit avec sa mère célibataire, qui n’aime pas trop l’école, qui n’a pas vraiment d’amis, mais surtout, qui est pleine de rêves !
Elle rencontre son petit voisin du dernier étage, Eugène. Eugène est un jeune ado, qui n’aime pas trop l’école, qui n’a pas vraiment d’ …. Bref, ils se ressemblent pas mal et Nathalie entreprend de lui imposer une série d’épreuves dignes d’un prince charmant qu’il a tout intérêt à réussir (garder les yeux fermés jusqu’à 8h, manger tout un repas d’une seule couleur etc…).

L’occasion pour nous de découvrir les autres habitants du 12 Rue Céleste-Cannard. Je précise, et ce n’est pas anodin, déjà parce que le nom de la rue donne bien le ton du reste du livre, et puis ces habitants participent à créer une vraie ambiance dans ce récit. A chaque fois ce sont des bouts de vie, de vieilles rancoeurs, de lointaines amitiés. On passe d’un personnage à l’autre, mine de rien, comme si nous-même nous promenions dans cet immeuble.

L’écriture de Véronique Ovaldé est très agréable, le narrateur est très présent, j’ai presque eu l’impression d’écouter l’un des voisins me raconter cette histoire. Souvent, des petits détails presque inutiles ponctuent le texte, entre parenthèses, et moi j’aime les parenthèse 😀

Et puis les dessins de Joann Sfar et les couleurs de Brigitte Findakly (dont je vous ai déjà parlé av6ec Coquelicots d’Irak) apportent un petit quelque chose tout aussi décalé : Nathalie et ses plumes dressées sur la tête, son teint bleu clair, Eugène lui, tout en vert …

En gros, tout m’a plu dans ce livre. J’y ai trouvé un petit côté « Amélie Poulain » ou « L’Elégance du Hérisson » (bien sûr, l’ambiance immeuble parisien y fait beaucoup). Il s’en dégage une grande tendresse, une grande douceur, et à la fois un portrait plutôt réaliste et juste de ce qu’est l’adolescence : ses peines, ses envies de se vêtir de peignoir de catcheur, ses difficultés à aller vers l’autre, sa naïveté (dans le bon sens du terme) … J’ai été très sensible à toute cette histoire qui uni Nathalie, sa mère, Eugène … la fin particulièrement m’a beaucoup touchée, et j’ai trouvé le titre tellement bien choisi !

Je voulais parler de conte et j’ai vu que c’était écrit ainsi au dos du livre… tant pis, je trouve le terme très approprié, je parlerai de conte malgré tout ! Un conte moderne qui peut faire écho de nombreuses manières à la vie de chaque lecteur

Une très belle lecture qui a su me toucher et que j’ai lu d’une traite. Et une très belle collaboration entre ces trois artistes : Joann Sfar, Véronique Ovaldé et Brigitte Findakly. Vraiment, pour une lecture tendre de début d’été, c’est pour moi un choix tout indiqué, et j’ai presque déjà envie de le relire – ce qui ne m’arrive jamais !

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Bibliothèque des auteurs #1 : Jeanne Bocquenet-Carle

Une bibliothèque ce n’est pas simplement des livres posés sur une planche de bois et il existe autant de sortes de bibliothèques qu’il y a de lecteurs … Qu’elle soit parfaitement classée ou dans le bazar le plus ultime, pleine de classiques ou de Marc Levy, belle ou insolite, chaque bibliothèque est unique, propre à son lecteur ! 

On présente beaucoup d’auteurs sur le blog, au travers de leurs livres, mais pour changer un peu, nous avons eu envie de vous présenter leur côté lecteur : parce que oui, les auteurs aussi lisent 😀

Alors en parallèle de la rubrique la Bibliothèque des gens, voici :

la Bibliothèque des auteurs !

 

La Bibliothèque de Jeanne Bocquenet-Carle

Nous avons croisé Jeanne Bocquenet-Carle aux Imaginales 2016, Morgana venait de lire et de beaucoup aimer Survivre. Nous avons passé un agréable moment à parler de tout un tas de sujets …

Ce qu’elle dit de sa bibliothèque

«  Je n’ai pas vraiment de bibliothèque, il y a des livres partout dans la maison. Cette photo représente en pan de mon bureau. Comme vous pouvez le voir, les livres se mélangent aux photos et aux souvenirs. J’aime travailler dans un écrin, entourée des mes objets fétiches, mes pigments, mes coquillages, mes masques…Leur bienveillance m’aide à écrire. Les livres en font partie. Dans cet univers, je suis au complet. Il y a les livres et les témoins de ma vie. Je m’entoure de mes souvenirs et de mes voyages. En effet, comme les livres, chaque objet possède une histoire. « 

C’est certain qu’entre les photos, les souvenirs, les bocaux de sable, les instruments de musique … cette bibliothèque fait l’effet d’un mini havre de paix où il doit être très agréable de travailler ! 🙂

Jeanne Bocquenet-Carle ailleurs sur le blog

Morgana a lu et chroniqué Survivre, et lu le tome 1 de Finisterrae. 🙂

(si vous souhaitez apparaître dans la rubrique (auteurs, comme lecteurs) envoyez-nous une photo de la vôtre à deedr.ml@gmail.com)

 

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