16 ans 2 étés – Aimee Friedman

Alors qu’elle est à l’aéroport, sur le point de quitter l’Amérique pour rejoindre son père en Provence le temps des vacances d’été, Summer reçoit un appel. Répondra ? Répondra pas ? Et si de cette décision dépendait tout son avenir ?
Deux possibilités, deux étés très différents : dans l’un, elle reste chez elle, avec sa mère, aux États-Unis, dans l’autre, elle part rejoindre son père en France. Et pourtant, Summer n’aura qu’une fois seize ans…

_____________

Je suis désolée. Vraiment. Ce livre est censé être une lecture estivale toute fraîche et qui sent bon les vacances, mais je ne peux pas commencer cet article sans un petit paragraphe sur ce qui m’a vraiment intriguée dans ce livre : la théorie sur laquelle il repose. Je sais, c’est moins estival, mais je trouve ça juste kiffant : je parle de la théorie du multivers. De la même manière que la Terre n’est qu’une planète paumée au milieu de toutes les autres que l’on trouve dans l’Univers, l’Univers dans lequel on vit ne serait que l’un des nombreux Univers qui existeraient.
Au début du roman, on trouve une citation de Max Tegmark, un célèbre cosmologiste pour qui ces différents univers se placeraient à des niveaux complétement différents. : “Dans l’espace infini, même les événements les plus improbables doivent se dérouler quelque part… Des gens avec la même apparence, le même nom et les mêmes souvenirs que nous, qui vivent chaque permutation possible de nos choix de vie“. Tegmark définit ainsi 4 niveaux de multivers. Si ça vous intéresse, je vous envoie à ces articles ici et ici. Je n’ai pas étudié vraiment la question, et même si c’était le cas, je ne vous infligerais pas un exposé à ce sujet. Mais cette théorie a tellement été vu dans la littérature ou à la TV (le nombre d’épisode de Stargate SG1 qui y fait référence, par exemple !)(oui, j’ai été fan de Stargate SG1 durant mon adolescence :D), je trouve ça super intéressant de se pencher sur les travaux de scientifiques/philosophes qui développent ladite théorie le plus sérieusement du monde. Ces autres univers se situeraient-ils dans des régions de l’espace régies par d’autres lois physiques que les nôtres ? Ou dans une autre temporalité ? Sérieux, je pourrais réfléchir à ce truc pendant des heures (hé, je n’ai jamais nié que j’étais bizarre).

Bien. Dites-moi que je ne vous ai pas tous perdus ? S’il vous plaît ? 😀

Promis, maintenant je parle du roman 😀

Le roman joue vraiment le jeu et propose les deux étés de Summer. D’où le côté coolissime du jeu de mot permis par le titre en VO “Two Summers“.

En alternance, chaque partie raconte l’été de ces deux Summer : celle qui est restée chez elle et celle qui est partie en France.

Même si elles vivent des choses différentes, ces deux Summer vivent au fond cette adolescente timide et traversent un moment essentiel de leur existence. L’auteure dresse un portrait attachant de cette jeune fille qui est amenée à grandir et à ouvrir les yeux sur bien des choses durant cet été.

L’écriture m’a parfois semblée un poil maladroite – je ne sais pas si cela vient de la traduction, la langue française peut s’être moins prêtée au ton du livre que l’anglais et avoir donné cet accent un peu naïf à l’ensemble. Le bon côté est que cela donne véritablement l’impression de lire les mots de sa jeune héroïne, le mauvais est que cela rend parfois le texte moins joli qu’il aurait pu l’être.

Forcément, je pense que l’on aura tous une préférence pour l’un des deux étés de Summer. Pour ma part, j’avoue avoir eu un très gros faible pour celui où elle reste chez elle. Les ficelles de l’autre version m’ont semblées parfois un peu grosses : le “secret” du père est d’une évidence assez énorme et, étant donné que l’intrigue de l’été en France repose énormément sur ça, il était assez agaçant de voir Summer se voiler la face. Ses aventures aux États-Unis m’ont plus parlées : même si elle se trouve dans son cadre habituel, il est d’autant plus touchant de voir Summer reconstruire son quotidien et changer de regard sur celui-ci. Le secret est également là, mais sa révélation ne fait qu’accompagner l’évolution de Summer.

Au final, j’aime beaucoup la proposition de l’auteure concernant la petite “morale” de toute cette histoire : même si ces deux Summer vivent des étés différents, vont-elles pour autant devenir des personnes différentes ? Qu’elle passe l’été chez sa mère ou son père, cela changera-t-il vraiment quelque chose à celle qu’elle va devenir ? Ces autres “nous”, qui pourraient exister dans ces univers parallèles sont-ils si différents des personnes que nous sommes ?
Dans La Part de l’Autre, où il imagine ce qui se serait passé si Hitler avait été accepté aux Beaux-Arts, Eric-Emmanuel Schmitt semble offrir une réponse positive à cette question : les deux Hitler semblent différer du tout au tout. L’un devient artiste, alors que l’autre devient celui que l’on étudie en cours d’histoire aujourd’hui.

Au contraire, Aimee Friedman semble ici soutenir l’idée que, quoi qu’il arrive, Summer ne peut que devenir… Summer, quels que soient les événements extérieurs. Entre vous et moi, je crois que j’aime bien cette idée 😉

Facebook
Facebook
YOUTUBE
Google+

5 Comments on “16 ans 2 étés – Aimee Friedman

  1. J’avoue que la théorie de base m’intéresse pas mal également. C’est assez dingue de réfléchir vraiment à cela ^^ Un roman qui pourrait clairement me plaire. Merci pour cette chronique !

    • Oui, hein ? C’est assez dingue mais tellement génial je trouve 😀 J’espère qu’il te plaira si tu as l’occasion de le découvrir 🙂

  2. Hé c’est un chouette thème de roman je trouve, il m’intrigue bien ! =)
    Ca m’a fait penser au film Mr Nobody avec Jared Leto (qui est bien tordu pour le coup !^^)
    J’aime bien la forme de ta chronique et la conclusion qui prête à réfléchir ! =)

    • Je laisserai Morgana répondre plus précisément vu que c’est sa chronique, mais ça m’a immédiatement fait penser à Mr Nobody aussi (que j’adore !), alors je suis ravie que tu le cites ! ^^

    • J’ai aussi pensé à Mr Nobody, qui reprend ce principe, et d’une manière sans doute plus mature et poussée, mais c’est normal vu que les publics visés ne sont clairement pas les mêmes 🙂 En tout cas, un grand merci Plouf, ça me fait super plaisir de savoir que l’article t’a plu 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.