A cause de la vie – Véronique Ovaldé & Joann Sfar

Elle se dit qu’un de ces quatre un intrépide gentleman viendra la sortir de là. Elle en est encore à croire que quelqu’un va venir se charger de son sauvetage. Que sinon elle restera cloîtrée éternellement dans ce salon en ruines (Nathalie ne lésine jamais sur rien). Le gentleman en question sera désinvolte, peut-être américain, follement beau, très légèrement arrogant, et tout à fait spirituel. Il s’appellera Tunepouvaispas. Elle sera son élue, sa princesse, son aimée, sa parfaite, sa Bonnie. Le nom de famille de son héros sera Mefaireplusplaisir. Ca ne sonne pas très anglo-saxon. Mais c’est un détail. Nathalie se situe encore à l’exact mitan entre Boucle d’or et Anaïs Nin.

Il n’en fallait pas plus que ce résumé gentiment absurde pour avoir envie de découvrir A cause de la vie et j’ai commencé ma lecture avec un grand enthousiasme.

On fait rapidement la connaissance de Nathalie, qui préfère qu’on l’appelle Sucre de Pastèque, mais c’est trop long à écrire, alors on l’appelle Nathalie dans le livre – c’est le narrateur qui le dit, je ne me permettrais pas. Nathalie est une jeune ado, qui vit avec sa mère célibataire, qui n’aime pas trop l’école, qui n’a pas vraiment d’amis, mais surtout, qui est pleine de rêves !
Elle rencontre son petit voisin du dernier étage, Eugène. Eugène est un jeune ado, qui n’aime pas trop l’école, qui n’a pas vraiment d’ …. Bref, ils se ressemblent pas mal et Nathalie entreprend de lui imposer une série d’épreuves dignes d’un prince charmant qu’il a tout intérêt à réussir (garder les yeux fermés jusqu’à 8h, manger tout un repas d’une seule couleur etc…).

L’occasion pour nous de découvrir les autres habitants du 12 Rue Céleste-Cannard. Je précise, et ce n’est pas anodin, déjà parce que le nom de la rue donne bien le ton du reste du livre, et puis ces habitants participent à créer une vraie ambiance dans ce récit. A chaque fois ce sont des bouts de vie, de vieilles rancoeurs, de lointaines amitiés. On passe d’un personnage à l’autre, mine de rien, comme si nous-même nous promenions dans cet immeuble.

L’écriture de Véronique Ovaldé est très agréable, le narrateur est très présent, j’ai presque eu l’impression d’écouter l’un des voisins me raconter cette histoire. Souvent, des petits détails presque inutiles ponctuent le texte, entre parenthèses, et moi j’aime les parenthèse 😀

Et puis les dessins de Joann Sfar et les couleurs de Brigitte Findakly (dont je vous ai déjà parlé av6ec Coquelicots d’Irak) apportent un petit quelque chose tout aussi décalé : Nathalie et ses plumes dressées sur la tête, son teint bleu clair, Eugène lui, tout en vert …

En gros, tout m’a plu dans ce livre. J’y ai trouvé un petit côté « Amélie Poulain » ou « L’Elégance du Hérisson » (bien sûr, l’ambiance immeuble parisien y fait beaucoup). Il s’en dégage une grande tendresse, une grande douceur, et à la fois un portrait plutôt réaliste et juste de ce qu’est l’adolescence : ses peines, ses envies de se vêtir de peignoir de catcheur, ses difficultés à aller vers l’autre, sa naïveté (dans le bon sens du terme) … J’ai été très sensible à toute cette histoire qui uni Nathalie, sa mère, Eugène … la fin particulièrement m’a beaucoup touchée, et j’ai trouvé le titre tellement bien choisi !

Je voulais parler de conte et j’ai vu que c’était écrit ainsi au dos du livre… tant pis, je trouve le terme très approprié, je parlerai de conte malgré tout ! Un conte moderne qui peut faire écho de nombreuses manières à la vie de chaque lecteur

Une très belle lecture qui a su me toucher et que j’ai lu d’une traite. Et une très belle collaboration entre ces trois artistes : Joann Sfar, Véronique Ovaldé et Brigitte Findakly. Vraiment, pour une lecture tendre de début d’été, c’est pour moi un choix tout indiqué, et j’ai presque déjà envie de le relire – ce qui ne m’arrive jamais !

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2 Comments on “A cause de la vie – Véronique Ovaldé & Joann Sfar

  1. L’élégance du hérisson, oui oui oui!!
    (pardon)
    du coup, oui, ça a l’air super ^^’

    • J’aime énormément ce livre aussi ! Et je me rends compte qu’on n’en avait même pas parlé sur le blog ! ^^
      Oui j’ai trouvé que c’était vraiment agréable à lire ! Mais je pense que le style d’écriture que j’ai décrit, et qui m’a justement beaucoup plu, peut déstabiliser certains lecteurs.

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