Alexandrin, ou l’art de faire des vers à pied – Kokor & Rabaté

« Je me présente, Alexandrin de Vanneville, poète des campagnes et des villes. Par le vent et par la pluie, je survis en proposant ma poésie. Sachez cependant, madame, monsieur, que je ne prends pas les chèques et ne fais pas la carte bleue. »

J’aurai bien rédigé cette chronique exclusivement en vers et en rimes pour faire plaisir à ce bon Alexandrin, mais je n’ai, hélas, pas son talent ! Il n’empêche que, même si je vous en faire part de manière plus classique qu’un poème, cet ouvrage a su m’enthousiasmer, m’émouvoir, me faire rire … oui tout ça dans le même livre, et je ne cherche même pas à ménager un suspens, je vous le dis comme ça, de but en blanc, dès les premières lignes de l’article !

Alexandrin est un poète vagabond. Et ce n’est pas parce qu’il dort dans un carton qu’il est misérable, absolument pas ! Alexandrin, il a la graaaaande claaaasse ! (Oui, le fait qu’il parle en vers doit y faire beaucoup). Au cours d’une de ses tournées de porte en porte, de poème en poème, il rencontre Kevin, un jeune garçon en fugue, qui devient son « jeune auxiliaire, car c’est nécessaire ».

Suivant Alexandrin et Kevin on s’attarde sur les petits plaisirs simples de la vie : manger une sucette, faire des rencontres, danser sous la pluie, partir au gré des chemins … Alexandrin et Kevin n’ont rien, à peine trois piécettes pour acheter à manger, photocopier les poèmes à vendre, faire une lessive … et pourtant cela semble leur convenir. Ok, dit comme ça, c’est niais. Mais Alexandrin, ou l’art de faire des vers à pied est un vrai morceau de tendresse qui donne la joie de vivre.

Alexandrin livre aussi une histoire sur la transmission, car que fait d’autre que ce vieil homme qu’insuffler une philosophie de vie à ce jeune Kevin ? Je me suis interrogée au début de la lecture sur le choix du prénom Kevin, je trouvais que cela jurait un peu avec Alexandrin, avec l’ambiance agréablement désuète de l’ouvrage. Et en fait, et au vu de la fin, je crois que c’est tout le principe : cette alliance entre « l’ancien » Alexandrin, et le « moderne » Kevin, le pont et les apprentissages qui se font entre les deux. Tout au long du livre, Alexandrin « laisse une trace », y compris lorsqu’il n’est plus dans la case de BD : un bout de son manteau dépasse encore, flottant derrière lui. Y compris lorsqu’il n’a plus de papier pour écrire et que les arbres qu’il a gravés se retrouvent débités en cagette. La poésie reste et se transmet.

J’aurai envie de dire encore beaucoup d’autres choses sur ce très beau livre, mais je ne voudrai pas retirer le plaisir de la découverte à ceux qui souhaiteraient le lire.

En tout cas, comme je l’ai dit en introduction, le livre m’a fait passer par presque toutes les émotions : il m’a fait rire et sourire parfois (surtout le jeu de mot sur Tolstoi …, il ne faut pas m’en promettre des jeux de mots, et celui-ci m’a particulièrement plu :D), et la fin m’a vraiment émue … A tel point que j’ai dû prendre quelques jours pour la méditer avant d’écrire l’article. Quand je dis « méditer », je ne veux pas dire qu’on n’est dans quelque chose de compliqué ou de moralisateur. Au contraire, tout dans cette BD est beau, doux et subtil. Et je ne peux pas m’empêcher de penser que je suis passée à côté de petites subtilités que j’aurai du coup plaisir à redécouvrir lors d’une relecture.

 

En bref, c’est le titre décalé et ses jeux de mots qui m’avaient attirée, et je n’ai pas été déçue par ma lecture ! Le petit coup de cœur de la rentrée ! 😉

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One Comment on “Alexandrin, ou l’art de faire des vers à pied – Kokor & Rabaté

  1. Haaan mais ça a l’air beaucoup trop chouette !
    Typiquement le genre que j’aime prendre le temps de lire ! =)
    Merci pour la découverte ♥

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