Article du dimanche n°13: Et vous, vous écrivez dans les livres ?

L'objet du délit
L’objet du délit

.

Est-ce que vous écrivez dans les livres ?

 

Ecrire dans les livres. Ce sujet déclenche presque toujours des réactions passionnées lorsque j’en viens à l’aborder avec des gens.

 

La plupart des passionnées de la lecture me répondent un « non » catégorique avec des raisons bien précises à l’appuie (Premièrement, non parce que… deuxièmement, NON parce que… et troisièmement NON, NON et NON juste parce que c’est NON).

 

Par contre, ceux qui écrivent dedans sont souvent moins assurés : rare sont ceux qui m’ont juste dit « j’écris dedans parce que ça me convient« . J’ai plus souvent eu droit à des explications teintés d’un soupçon de culpabilité, discret, mais pourtant bien présent.

 

Vous vous demandez peut-être de quel côté je me place ?

Jusqu’à il y a peu, je n’aurais jamais écrit dans un livre. Je pourrais avancer pleins de raisons à ça, mais je crois que la plus évidente est celle-ci : j’ai été élevée ainsi. Un livre, c’est sacré, on ne l’abime pas. C’est comme le dépositaire d’un savoir dont on est le gardien. Un livre, ça se respecte. Limite, vous auriez pu me faire croire qu’il y avait un article dans la constitution comme quoi tout citoyen français se doit de prendre soin de ses livres !

 

Donc hors de question d’écrire dedans.

 

Pourtant, lorsque j’emprunte un livre à quelqu’un ou que j’achète un ouvrage d’occasion, j’adore par-dessus tout découvrir des annotations dedans. Voir quelles phrases ont plu au précédent lecteur, ce qui l’a interpellé, ou une remarque sur la manière dont il a interprêté un passage. Suis-je d’accord avec lui… ou non. Vraiment : j’adore ce dialogue, ce lien que ça créé avec une autre personne ayant lu ces mêmes mots, ainsi que la mise en perspective que permet le fait d’avoir un autre point de vue.

 

Je fais donc partie de la team qui peut vous faire un exposé en trois partie sur pourquoi il n’écrit pas dans les livres et, à la fois, je trouve géniaux ceux qui appartiennent à celle des « j’écris dedans parce que ça me convient ». Logique 😀

 

Mais voilà, depuis l’année dernière, quelque chose a changé. J’ai commencé à écrire dans les livres. Attention, uniquement des livres lus dans le cadre scolaire, et principalement des manuels de méthodologie.

Au début, je n’osais pas. J’allais abimer, détériorer, le livre allait… perdre sa valeur ? Quelque chose comme ça. Plus j’avançais dans l’étude de ces manuels, plus je ressentais le besoin d’annoter, Faire ressortir le plus important, que je pourrais vite retrouver en les feuilletant. J’ai dû rester 10 minutes avec mon stylo suspendu au dessus du livre (« bonjour, je suis une meuf chelou« ). Puis j’ai fini par l’utiliser. J’avoue, je me suis sentie coupable au début. Quelqu’un serait venu me demander comment j’allais à ce moment-là, je crois que j’aurais pu lui faire une tirade sur « je viens de bousiller un livre pour la première fois de mâââ vie. Mon karma a dû en prendre un sacré coup. ahhhhh :'(« . Sérieux (j’ai un peu honte :D).

Maintenant ça va mieux (les monsieurs en blanc m’ont beaucoup aidée). D’autant plus que retrouver directement les infos que je veux dans ces bouquins, ça sauve un peu la vie en période d’examen.

 

Bon, et puis, on ne va pas se leurrer : je suis un peu perfectionniste (pas sur tous les plans, mais dans certains domaines c’est un peu maladif :D) : j’ai besoin que tout soit parfaitement fait, le moindre détail qui dépare, ça me dérange. J’aime ce qui est nickel de chez nickel 😀 Alors un bouquin tout neuf, absolument impeccable et sans un accroc, c’est teeeeeeellement agréable. Vous me voyez aller le corner et écrire dedans sans que ça me pose un problème, franchement ? :p

 

Cela dit, je reste un peu songeuse concernant ce sentiment de « bousiller un livre » juste parce que j’ai souligné quelques phrases. Le livre est encore lisible, je ne l’ai pas détérioré, je l’ai rendu bien plus utile pour moi. C’est vraiment devenu « mon » livre. Peut-être est-ce ça qui me dérangeait ? Le fait que ce livre ne soit plus comme tous ses autres petits frères. J’ai peut-être un peu envie que mes livres restent exactement pareil que tous les autres exemplaires imprimés.

 

Bref. « Ecrire or not écrire dans un livre« , telle est la question comme le disait Shakespeare. C’est quand même un grave problème existentielle de lecteur… ou peut-être que non ? Dites-moi tout (que je ne me sente pas seule avec mes névroses) 😀

Facebook
Facebook
YOUTUBE
Google+

10 Comments on “Article du dimanche n°13: Et vous, vous écrivez dans les livres ?

  1. C’est bien vrai (surtout quand on n’a pas du tout l’esprit de synthèse comme moi, tu as intérêt à trouver des astuces :D).
    -Morgana-

  2. Je suis comme toi, j’écris(vais) dans tout livre étudié pour les études : les annotations sont un gain de temps, un système de synthèse aussi 🙂

  3. C’est vrai qu’annoter des citations c’est sympa, ça te permet de rapidement retrouver ce que tu avais tant aimé dans une lecture je trouve. J’ai tendance à laisser de petits bouts de papiers pour marquer la page où une m’a plu, sauf que parfois je ne sais plus quelle phrase c’était exactement par la suite… alors que si je me résignais à faire une marque au crayon… 😀
    -Morgana-

  4. Moi aussi j’annotais les livres que j’étudiais, mais sinon je n’écris pas dans mes livres. Et j’annote de moins en moins de citations qu’avant…c’est dommage en fait !

  5. C’est vrai que ce fameux « on ne détériore pas le matériel commun » qu’on nous inculque dans l’enfance a pas mal joué dans mon appréhension à marquer un livre ^^

    Je suis comme toi, je n’arrive jamais à prendre des notes en même temps que je lis, ou alors, c’est mauvais signe : ça veut dire que j’accroche difficilement au livre et que je note des éléments que je trouve vraiment mauvais. Quand j’aime vraiment, je suis souvent bien trop « dedans » 😀

    Merci pour ton avis super construit en tout cas 😉

    -Morgana-

  6. Un peu comme toi, pendant très longtemps, je n’ai pas écrit dans les livres parce que, tout simplement, j’ai été éduquée pour ne pas le faire. Chez nous on abimait pas les livres et on écrivait pas dessus. Ce n’est pas vraiment qu’on nous interdisait de prendre des notes mais plutôt, quand on était toutes petites et qu’on coloriait sur tout, qu’on abimait tout, on se faisait toujours sacrément engueuler quand on coloriait un livre, bien plus que sur un sofa. Et forcément à l’époque c’était qu’on rendait le bouquin illisible mais du coup nous on a traduit cela par « on n’écrit pas sur un livre ». En plus on fréquentait pas mal les biblis et là c’est une question de « on ne détériore pas le matériel commun, il faut le rendre dans l’état où on l’a emprunté ». En clair donc, on n’écrivait pas sur les livres.

    Avec le temps j’ai commencé à simplement accepter l’idée mais je ne le fais toujours pas, simplement parce que je lis plutôt vite en général et que mon esprit est dans le livre, mes mains sont dans le livre -parce qu’elles tournent les pages et tout- et je lis généralement dans des positions bizarres. Du coup prendre des notes sur un livre c’est partir avec l’idée que je vais prendre des notes: m’asseoir correctement, avoir le stylo à côté. Si je sors juste un bouquin pour le lire, si je suis dedans, je ne pense juste pas à prendre des notes. Prendre des notes c’est articuler une pensée pour moi et prendre le temps de sortir du livre, de prendre de la distance, etc Alors à la place j’ai un bloc de mini post-its à portée de main un peu n’importe où et quand je sens qu’une page me parle, je mets un post-it et j’y reviens plus tard.

    Mais bref sur le principe, écrire sur un livre, pourquoi pas. Dans un sens je trouve cela plutôt cool, les livres n’étant pas faits pour être des objets figés mais une interaction avec le lecteur. Il y a juste une petite limite : je n’écrirais pas sur les jolis livres illustrés où la présentation est aussi importante que le texte parce que là pour moi ce serait comme d’écrire sur un tableau^^

  7. C’est vrai que le contenu du livre ainsi que le souvenir qu’on attache sont extrêmement importants concernant la manière dont on traite le livre !
    J’ai aussi mes livres « sacrés » et ceux où je me dis « bon, c’est une édition de poche que je traîne un peu partout, donc tant pis si ça l’abîme, ça fait partie du jeu ! » ^^

    Merci d’avoir pris le temps de laisser un commentaire ^^

    -Morgana-

  8. Cet article représente exactement ce que je pense. certains de mes livres sont sacrés : les livres jeunesse particulièrement, si je pouvais les lire sans avoir à les toucher je le ferai. Simplement parce que leur beauté tient à leur perfection, parce que je l’apprécie d’autant plus si l’extérieur reflète la merveille de l’univers dans lequel je plonge.
    Et pourtant, je n’ai aucun scrupule avec les livres de poche, qui sont à mes yeux bien moins précieux (sauf les Trône de fer, mais uniquement parce qu’ils ont trooop de page). Ceux-ci finissent souvent cornés, mais ça tient à leur qualité moins bonne. Et évidemment, pour les cours et la recherche, j’ai mes bibles qui ne souffrent d’aucun accro parce que j’ai justement besoin d’y revenir souvent (c’est paradoxal d’ailleurs). Et puis j’ai les autres, ceux qui m’énervent, que je griffonne, que je corne, pour m’éviter d’avoir à le feuilleter en entier. Ca dépend de beaucoup du contenu et du respect que j’ai pour celui-ci en vérité…

  9. Le technique du post-it a ses fans en effet ! Ce doit être amusant de voir tous ces papiers colorés dépasser d’un livre que tu as aimé 😀
    -Morgana-

  10. Bonjour,
    les seuls livres dans lesquels j’écris sont les livres pour le boulot ( théorie, recherche.. ) dans les romans je n’écris jamais … par contre je sème les post-it…… pour savoir si j’ai aimé un livre…. il suffit de voir le nombre de post-it dedans !!!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.