Balade littéraire #37 : Sur les traces de Dante (Florence)

Vous le savez déjà si vous avez lu ma première BL sur la Bibliothèque Laurentienne de Michel-Ange, je suis partie une petite semaine à Florence avec l’une de mes meilleures amies.

Florence est une ville où je rêve d’aller depuis que j’ai environ 8-9 ans, pour une raison qui n’a rien à voir avec la littérature : je voulais aller au musée des Offices pour y voir La naissance de Vénus de Botticelli, tableau dont j’étais tombée amoureuse la première fois que je l’avais découvert, en classe de CM1. J’ai donc tout simplement posé la visite de ce musée comme une visite obligatoire durant le voyage, mais ce n’est pas tout ce que j’ai imposé comme visite à l’amie avec qui j’étais : il fallait aussi qu’on fasse des Balades littéraires ! Je vous dirais bien qu’elle a râlé, mais c’est faux. De un, parce qu’elle était curieuse de découvrir Dante, mais aussi parce que notre entourage, à la Luciole et moi, commence à avoir l’habitude : dès que l’on va quelque part, notre premier réflexe consiste à chercher les traces d’écrivains qu’on peut trouver dans les parages 😀

Florence est bien plus la ville de la peinture et de la sculpture que de la littérature, mais s’il y a un auteur qu’on ne peut guère rater dès qu’on arrive, c’est bien Dante. Un peu à la manière de Kafka à Prague, son nom est omniprésent. Ok, l’une des premières fois que j’ai vu son nom a été sur la devanture d’un café/restaurant qui portait son nom, on a déjà vu plus kulturel comme visite, mais c’est déjà un début, non ? 😀

L’église Santa Margherita di Cerchi

Autrement appelé « le fail du voyage« . Cette visite-là vendait du rêve à mon petit cœur romantique (contrairement à ce que certains pourraient croire, j’ai tout de même un soupçon de romantisme :D) : ce serait l’église où Dante et celle qui est connu comme l’amour de sa vie, Béatrice, se seraient rencontrés. A l’intérieur, se trouverait un endroit où les couples pourraient laisser des mots sur la soit-disant tombe de Béatrice.
Je dis « il paraît », car je n’ai pu voir que l’extérieur de l’église, les horaires réels étant tout simplement impossible à connaître, on n’a jamais réussi à savoir quand elle était ouverte, pourtant, ça n’est pas faute d’y être passé un sacré nombre de fois et d’avoir demandé à toutes les personnes possibles ! 😀

Mouais mouais. Je me suis renseignée pour être sure de la traduction des jours indiqués. Mensonge, je crie ton nom !

Sans doute rien d’exceptionnel en soi à l’intérieur, juste une petite église assez banale en comparaison des lieux à l’architecture délirante qui pullulent dans cette ville incroyable. Cependant, je me serais volontiers posée à l’intérieur, pour imaginer Dante et Béatrice dans ce même endroit, où serait né leur amour sur lequel on ne sait pas grand-chose au final et qui a un petit quelque chose de légendaire aujourd’hui.

Le musée Dante

Pour me consoler, je suis donc allée au musée Dante, situé dans la même rue que l’église. Je ne comptais pas le visiter à la base, les avis sont en général très mitigés à son sujet. Mais vous savez ce qu’une bonne dose de déception et de frustration peut vous faire faire : sur un coup de tête, j’ai décidé d’aller balancer 4 euros dans la visite de ce musée sur lequel je n’avais lu que des commentaires très moyens 😀

Au final, comme je savais à peu près à quoi m’attendre, je n’en suis pas ressortie déçue du tout. Au contraire, ça a même été une visite assez cool qui nous a changé des kilomètres de sculptures, monuments et peintures qu’on a vus les autres jours, mon amie et moi !

Le principal reproche fait à ce musée Dante est… qu’on n’y apprend pas grand-chose sur Dante au final. Pas faux, j’ai envie de dire. On n’apprend pas la biographie complète de Dante, et on n’apprend même pas grand-chose de sûr à son sujet. Enfin, si : on sait que ce fût une vie assez mystérieuse, au final 😀

Situé dans une maison florentine, c’est au moins l’occasion de découvrir une demeure un peu « typique ». Lors de notre séjour à Édimbourg, la Luciole et moi avions d’ailleurs apprécié certaines de nos visites de musée rien que pour ça : découvrir à quoi ça ressemblait vraiment, une maison du coin. Là, ça a un peu été la même chose : j’aurais presque eu la sensation d’avoir été invité chez quelqu’un !

Les éléments proposés sont très variés, et la majorité ne concerne pas vraiment Dante directement, mais plutôt la Florence de son époque : cartes, explication de la politique de l’époque, maquettes. Je précise que les textes étant disponibles uniquement en italien et en anglais, donc si vous aimez lire les panneaux, il faut connaître un minimum l’une de ces deux langues ^^

Symbolique des plantes présentes dans La Divine Comédie 
(oui c'est flou, comme beaucoup des photos de cet article déso, mon portable a craqué ce jour-là))

Concernant les éléments qui porte sur Dante en particulier, j’ai beaucoup aimé les panneaux parlant de sa Divine Comédie, la symbolique de certains éléments du texte, les recoupements que l’on peut faire avec sa vie personnelle… On y parle bien évidemment de Béatrice, qui lui aurait inspiré la figure féminine de son oeuvre. En plus du caractère même du personnage (apparemment une figure assez angélique ?), il l’aurait rencontré à l’âge de 9 ans, et ce chiffre serait apparemment important dans la Divine Comédie. Lorsqu’elle meurt à 24 ans (en ayant épousé un autre homme quelques année auparavant… ouaip, on est carrément sur un amour impossible puissance 10 000, sortez les mouchoirs les gens :D), cela entraîna une grande période de crise chez Dante… Le côté positif de tout ça, c’est que ça l’a visiblement très bien inspiré, si l’on en croit les amoureux de son œuvre 😀

Si vous aimez les blasons, vous serez servis : les murs du musée en sont recouverts ! ;)

Dante est appelé « Le poète divin » (eh oui !). L’emplacement du musée serait celui d’une maison où aurait véritablement vécu Dante, et reconstituer au maximum l’architecture de l’endroit telle que l’auteur l’avait connu semble presque avoir revêtu l’aspect d’une sorte de mission divine à l’époque où le projet a commencé à être lancé (au XIXème, je crois, et à l’époque ils voulaient faire ça avec toutes les maisons où il aurait habité si j’ai bien compris :p). On comprend vite que ce qui touche à Dante, voire même Dante lui-même, semble avoir eu comme une dimension sacrée.

Parlons de ce qui m’a le plus fait rire dans cette visite : les objets qui on peut-être appartenu à Dante. Il y a des chances. Sûrement. Parce que son beau-frère par alliance a écrit un truc dans une lettre suggérant que ce bol ou cette dague aurait pu être à Dante. Ou alors c’était sa cousine germaine qui l’a dit. On sait pas trop.
Non, plus sérieusement, j’exagère, mais il n’en reste que l’on n’est pas certains de grand-chose concernant « The divine Poet » :p

"Dante's dagger" qui "pourrait avoir appartenu au poète". Peut-être. :D

Autre truc assez cool, c’est le nombre de sculpture le représentant. Toutes très différentes, j’ai adoré ces divers hommages qui parsèment le musée. Styles et matériaux très différents au programme !

Et si vous avez le coup du morbide, on peut également voir son potentiel masque mortuaire. Moi, j’ai kiffé. 😀 La Luciole avait vu celui de Keats lors de son séjour à Rome, à ce train-là, on va débuter une collection de visites visant à voir les masques funéraires d’écrivains (dites-nous si ça vous branche)(attention aux tentatives d’humour, on risque de les prendre trèèèèès sérieusement :p)

Allez, bonne nuit, hein ! :p

Bref, ce musée, c’est un joyeux bazar, mais j’ai bien aimé pour ma part !

Infos pratiques :

Via Santa Margherita 1, 50122, Florence, Italie
Octobre à mars : ouvert du mardi au dimanche 10h-17h
Avril septembre : tous les jours, 10h-18h
Entrée : 4 €

L’église Santa Croce

Connu pour être une sorte de « panthéon des personnalités », on y trouve rien de moins que le tombeau de Machiavel, Galilée (j’avoue, j’étais un peu en mode fangirl face à ces deux-là…)(je n’ai jamais prétendue être normale, hein :D), Michel-Ange (la BEAUTE de ce tombeau les gars :’) ) pour ne parler que des plus connus. Pour en revenir à Dante, celui-ci est largement représenté à Santa Croce : rien qu’en arrivant sur la piazza qui fait face à la l’église, on est accueillis par une gigantesque sculpture le représentant.

A l’intérieur, on retrouve également son cénotaphe, monument funéraire ne comportant pas sa dépouille, puisqu’il n’est pas enterré à Florence. Là aussi, le monument fait sa petite impression. De manière général, il en impose, le poète divin 😀

Salut à toi, mortel que j'écrase de ma divine grandeur !

Sans même parler de Dante, l’église est assez sublime, et pour peu que l’on aime l’art, il y a de quoi y passer des heures. On a dû y rester plus de deux heures sans problème tant il y a à voir (je me remets encore difficilement du moment où je suis tombée nez à nez – ou presque – avec le fameux Crucifix de Cimabue dont j’entends parler depuis très longtemps :D). Bref, si ça vous parle, ça peut valoir le coup de mettre 8 euros.

Infos pratiques :

Piazza Santa Croce
Ouvert du lundi au samedi de 9h30 à 17h30, le dimanche de 14h00 à 17h30.
Tarif : 8 €.

***

La visite s’arrête là pour aujourd’hui. Si l’on s’y connaît un minimum, sans doute y a-t-il d’autres endroits à visiter pour partir sur les traces de Dante, mais je suis déjà très contente de ce que j’ai pu voir. Maintenant, j’ai très envie de découvrir enfin La Divine Comédie, ces visites m’auront peut-être donné quelques clés qui m’aideront à mieux comprendre cette oeuvre. Et ça, c’est cool, non ? 😉

Attendez, ne partez pas de suite ! En complément à cet article, la Luciole vous a concocté un billet d’humeur sur Dante, où elle vous parle de ses mésaventures de pauvre blogueuse qui voulait voir un film sur le divin poète et s’est aperçu… qu’il n’en existait pas : pour lire tout ça, c’est par ici 🙂

 

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4 Comments on “Balade littéraire #37 : Sur les traces de Dante (Florence)

    • Je te souhaite d’y aller, c’est une si belle ville 🙂

  1. Bon au risque de me répéter, merciii pour vos super articles qui me donnent envie de tout plaquer pour partir faire le tour du monde à la recherche des écrivains (et de leurs masques mortuaires^^)
    Hâte de lire la suite de vos aventures dans la ville qui porte mon nom (ouais on se la pète comme on peut ^^) !

    • Tout plaquer pour partir faire le tour du monde à la recherche des écrivains, j’en rêve, et si c’est communicatif, du coup c’est encore mieux 😀
      Wha, tu t’appelles Florence ? Vu combien j’ai aimé cette ville, je ne peux que trouver ça génial ! 😀

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