Chroniques du Pays des Mères – Elisabeth Vonarburg

Chroniques-du-pays-des-meres.jpg

 

 


 

Oui. Un nouvel article sur ce blog. Non. Vous ne rêvez pas. Comme quoi, tout arrive…

 

Cela fait pratiquement un an que j’ai entendu parler de ce livre. J’avais lu un billet dessus, et ledit billet s’était montré tellement enthousiaste et convaincant que… j’avais à peine lu en diagonale la quatrième de couverture mais étais persuadée que je devais le lire. Je ne l’ai acheté qu’en décembre dernier nous ne reviendrons pas sur la longueur de ma liste d’envies « livresques » pour l’ouvrir… et bien, il y a une semaine et demi en arrière seulement. Je ne sais pas combien d’années de temps cela fait-il que je n’avais pas mis aussi longtemps à lire un livre, franchement. Je veux bien, ces Chroniques font plus de 600 pages, mais quand même, de là à mettre 10 jours pour les lire… 

Cependant, ne vous y trompez surtout pas, j’ai vraiment aimé ce livre. Le seul truc étant que je viens de traverser une sorte de désert question envie de lire, mais dont la fin de ce livre a, je pense, réussi à me sortir.

 

Pour en revenir à l’histoire, c’est celle de Lisbeï, que nous suivons de l’âge de 5 ans environ jusqu’à sa mort. Mais, surtout, c’est l’histoire de l’endroit où elle vit, le Pays des Mères. Ce pays, c’est notre planète Terre, mais après ce qui est appelé « le Déclin », une sorte de catastrophe résultant des erreurs des êtres humains, qui a rendu inhabitable nombre de régions du globe. De plus, cela a entraîné un déséquilibre au niveau des naissances : la plupart des bébés sont des filles. Ainsi, c’est à une société gouvernée par les femmes que nous avons affaire.

Attention cependant : je n’ai jamais ressenti un message « pro société matriarcale », au contraire, c’est toute une réflexion sur l’humain en général que livre le livre, d’après moi 🙂

 

J’ai tout d’abord aimé suivre la toute petite Lisbeï, si vive d’esprit et qui refuse de se contenter du peu d’informations que l’on veut lui donner. J’ai été subjuguée par le monde tellement complet et cohérent qu’a créé l’auteure. Ce sentiment qu’elle avait vraiment pensé « à tout » m’a collé à la peau durant toute ma lecture, et je n’ai remarqué aucun faux-pas dans sa logique. En un mot : admirable.

 

Après, j’ai regretté un certain « flottement » dans le déroulement des évènements, lorsque Lisbeï se trouve encore à Béthély, après avoir quitté la garderie. Je n’arrivais pas à être véritablement emportée par ce qui était raconté. Ce n’est qu’une fois qu’elle arrive à Wardenberg que j’ai commencé à être à nouveau « happée » par le récit.

Ensuite, c’est véritablement à partir de la quatrième partie que je n’ai plus pu décrocher (du moins que cela m’a paru évident ; cela avait déjà commencé au cours de la troisième).

 

Quant à cette fin… elle m’a totalement prise par surprise, alors qu’il y a avait des indices semés. Cependant, cela était fait de manière tellement subtile que tout n’a pu prendre son sens pour moi qu’une fois les derniers mots lus. J’ai d’ailleurs du relire le dernier chapitre afin d’être certaine de ce que je comprenais, même si pas mal de choses m’échappent encore (mais je crois savoir qu’il y a des informations dans un autre livre de l’auteure… qui s’annonce difficile à trouver, mais je vaincrai :D).

C’est d’ailleurs quelque chose que j’ai extrêmement apprécié : l’auteure ne dévoile pas tout, et ce qu’elle dévoile est même souvent suggéré, c’est à nous de comprendre.

 

Pour parler un peu plus des personnages, Lisbeï en est un que je n’oublierai pas de sitôt, je pense. Elle est troublante de vraisemblance, pour moi. Elle n’est pas spécialement attachante, mais est dotée d’une personnalité très forte, et son évolution est un des points que j’ai trouvés les plus passionnants. Guiséia et Toller sont vraiment particuliers eux aussi, et leur histoire m’a passionnée par les questions qu’elle m’a amenée à me poser. Je ne parle même pas de Mooreï et Antoné, toujours opposées et tellement semblables en vérité. Selva, si intriguante et que j’aurais aimé mieux comprendre. Et bien sûr, Tula, que j’ai détestée et appréciée à la fois, ainsi que Kélys, l’énigmatique et fascinante Kélys… Ils ont tous leur place dans cette grande et belle histoire.

 

Enfin, je parlerai des questions qu’a suscité en moi cette histoire. J’entends par là question « existentielles ». Il est vrai que vu le sujet, je m’attendais un peu à ce que le livre m’apporte matière à réflexion, mais pas à ce point-là. Il m’a énormément fait réfléchir et je crois que j’y repenserai souvent.

 

De plus, le fait de l’avoir lu en un laps de temps si étendu a fait que j’ai eu le temps de m’attacher à ce monde et de réfléchir longuement à toutes ces mêmes questions qu’il me faisait me poser… C’est étrange, car je me suis sentie un peu « orpheline » en le finissant hier.

 

Bref, j’ai l’impression de parler terriblement mal de ce livre si particulier, alors je vais m’arrêter là ; mais c’est une très belle découverte, en tout cas ! au cas où je ne l’aurais pas asse
z répété

 


 

Voilà un livre que je suis véritablement heureuse d’avoir lu.

 Ca fait beaucoup réfléchir sur les relations hommes/femmes, oui, mais ça ne prône sûrement pas la suprématie de l’un sur l’autre.

Une très belle histoire, très riche, complexe, qui ne prend pas le lecteur pour un idiot en lui mâchant tout le travail de compréhension, portée par des personnages forts et, franchement, plutôt inoubliables.

 


 

Facebook
Facebook
YOUTUBE
Google+

4 Comments on “Chroniques du Pays des Mères – Elisabeth Vonarburg

  1. C’est vrai, je peux vraiment dire à quel point je suis contente que tu sois intriguée par ce livre alors que je ne suis absolument pas satisfaite de mon avis ? 0:)

  2. Tu m’intrigues avec ce titre, c’est tout à fait le genre de chronique qui va me hanter jusqu’à ce que j’ai craqué. Tu es fière ? Tu peux.

  3. Il est possible que l’effet journal ralentisse l’immersion en effet mais, à la fois, si c’est bien cela, je pardonne aisément à l’ouvrage cette « lenteur » car j’ai adoré cet aspect-là.

    Pour le coup de coeur que tu as eu pour ce livre, je le savais déjà : ton avis était le deuxième que j’avais lu dessus, et, si le premier m’avait déjà fait absolument retenir le titre (« il
    fauuuuuuuut que je le lise… comme les 200 autres sur ma liste T_T »), le tien me l’a rappelé et je l’ai acheté peu de temps après 😀

    J’ai en effet lu que le Silence de la Cité est moins accrocheur mais, étant donné que je m’y attends et que je ne cherche qu’à obtenir plus de réponses, je pense que cette lecture peut tout de
    même m’être sympathique, même si pas comparable au Pays des Mères 🙂 Et je te désespère pas de la trouver malgré la razzia des Athuaniens, je vaincrai ! 😀

    En tout cas, merci pour ton commentaire vraiment intéressant 🙂

  4. Je pense que c’est l’effet « journal » (ou mémoires pour être plus juste) qui ralentit l’immersion dans le livre, à mon sens. Je trouve aussi que le livre permet de se poser ce genre de questions
    existentielles, et que c’est vraiment bienvenu 🙂 De mon côté, c’est un gros coup de cœur. J’avais eu la chance de le découvrir sur une lecture commune avec le cercle d’Atuan ; où Vert est membre
    (et elle transmet très bien son coup de coeur pour ce livre). Effectivement, tu as des réponses dans Le silence de la cité. Mais je l’ai trouvé moins accrocheur, mais intéressant quand même (hein).
    En plus, tu auras plus de difficultés de le trouver après le passage des Atuaniens ayant découvert ce livre puis voulant se procurer l’autre 😛
    D’ailleurs, je pense que lire Le silence de la cité puis Chroniques du Pays des Mères, c’est s’enlever une part non négligeable de notre intérêt quant à cette histoire :/

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.