Dans la gorge du dragon (Tome 1 de la série des "Shan") – Eliot Pattison

Dans la gorge du dragon-copie-1

  

Quatrième de couverture :

  

  

Pour avoir mis trop d’obstination à résoudre une affaire impliquant un dirigeant du Parti communiste, Shan Tao Yun, ancien inspecteur chinois, endure l’épuisement, la faim et la peur depuis trois ans dans un camp de travaux forcés au Tibet. Après la découverte du corps décapité d’un Américain aux abords du camp, ses codétenus, des moines tibétains, refusent de reprendre le travail, au péril de leur vie. Sur ordre de l’abject colonel Tan et pour sauver ceux qui sont devenus ses amis, Shan accepte de mener l’enquête. Elle le conduira, envers et contre tous, jusque dans l’antre du dragon…

 

 

 

Traîner sur les blogs lectures, c’est le mal.

Mais en même temps, si je ne le faisais pas, je serais passée à côté de sacrées découvertes littéraires. “Dans la gorge du dragon” en fait incontestablement partie.

J’avoue, une fois mon exemplaire entre les mains, m’être interrogée quelque peu : “euh… pourquoi ai-je ce livre à la couverture tout aussi flippante que son résumé entre les mains, rappelez-moi ?”

 

“Dans la gorge du dragon”, c’est une enquête policière, soit. Une intrigue policière recherchée, et que j’ai trouvée franchement bonne.

Mais ! c’est loin d’être tout.

Des décors somptueux, un contexte historique d’autant plus effrayant qu’il se base sur des faits réels, sur fond Boudhiste fascinant, tant le rythme de vie de ses gens en est marquée.

 

Je trouve le résumé très fidèle, je vais donc tâcher de rajouter deux-trois petites choses sans spoiler :

Lorsque la 404e brigade de construction des routes, où se trouve retenu Shan depuis trois ans, fait la découverte d’un corps sans vie (et sans tête, aussi, accessoirement), l’ancien inspecteur va être forcé de reprendre du service. “L’abjecte colonel Tan”, comme le dit la quatrième de couverture, est excessif à mon avis. En effet, c’est un homme de pouvoir qui n’hésite pas à le prouver, mais c’est quelqu’un de droit, ou, du moins, qui tente de se rattraper. Le colonel Tan, donc, confiera au sergent Feng, qu’il connait depuis des années, et à un jeune ancien prisonnier Tibétain, Yeshe, la tâche de surveiller Shan durant ses recherches (c’est vrai, on ne sait jamais, si l’envie de s’enfuir en pleine montagne, à des kilomètres de toute civilisation, avec un morceau de pain et une petite bouteille d’eau le prenait…).

Au cours de cette enquête, ils croiseront une liste de personnages longue comme le bras de Monsieur Chatouille lui-même (…)(sans commentaire, merci), et c’est la peut-être la seule difficulté du roman. Réussir à se souvenir de tous les personnages et de savoir qui est qui. (Moi, j’ai plutôt bien réussi et depuis je me sens méga-puissante. Conclusion : ce livre est bon pour l’estime que vous avez de vous-même. Eh oui.)

 

Les deux gros reproches que j’ai entendu par rapport au livre étaient ceux-là en fait : la difficulté dû au nombre de personnages,
et le côté très présent du Boudhisme.

La première m’a amusée, comme dit plus haut, et quant à la seconde c’était un peu pour moi l’intérêt principal du livre : un policier se passant au Tibet, ce n’est pas tous les jours qu’il en sort un !

 

C’était aussi l’occasion de me sensibiliser un peu à l’histoire de ce pays et à ses tradition, j’ai carrément adoré.

 

J’ai envie de parler un petit peu des personnages : Shan est quelqu’un d’une grande intelligence, d’une finesse et d’une humilité assez impressionnante, cela change des détectives si sûr d’eux, à la Sherlock Holmes (que je n’aime-à-la-folie quand même, hein XD), et c’est appréciable. Sa redécouverte du monde extérieur est assez prenante et saisisante, cela amène à réfléchir, je trouve sur les conséquences de tels emprisonnements :

 

«  Il se surprit à contempler dans le bureau extérieur un employé qui taillait des crayons. Il avait oublié qu’on taillait les crayons. Tout comme il avait oublié les innombrables gestes minuscules qui rythmaient les heures de la journée dans le monde extérieur. Il serra la mâchoire, luttant contre la question qu’aucun prisonnier du camp n’osait jamais se poser : serait-il capable de vivre à nouveau hors des murs ?  »

 

 

Ceux qui devaient être à la base ses “surveillants”, le sergent Feng et Yeshe m’ont également interloqués : le premier, si abrupte, renfermé et désagréable, change et évolue d’une manière assez impressionnante suite à sa prise de conscience. Et Yeshe, l’ancien moine, qui se révèle petit à petit, m’a touchée, voilà un personnage que j’affectionne particulièrement.

 

Bref, un livre saisissant que je suis vraiment heureuse d’avoir découvert, avec une seule envie, celle de vite découvrir la suite !

 

«  C’est au Tibet que poussaient les graines de ciel de nuit. C’est la que les étoiles étaient les plus denses, l’obscurité la plus noire, le paradis le plus proche. Les gens levaient les yeux et se mettaient à pleurer sans raison. Il arrivait parfois que les prisonniers se faufilent hors de leur cahute, malgré la menace de l’étable, pour s’allonger au sol en silence et contempler les cieux. L’année précédente, un matin, à la 404e, on avait retrouvé un vieux prêtre, dans cette même position, gelé, ses yeux morts fixés sur la voute céleste. Il avait écrit deux mots dans la neige à côté de lui : ” Attrapez-moi.” »

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6 Comments on “Dans la gorge du dragon (Tome 1 de la série des "Shan") – Eliot Pattison

  1. Pas de soucis, commence par ceux qui te parlent le plus ! 🙂

  2. 7 , c’est trop dur de les trouver dans l’ordre . enfin pour moi .

  3. Obligé d’aller si loin pour mon neuvième œuf 😮

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