Défi #3 : Binôme "Mongolie" : G.Tschinag & Les Deux Chevaux de Gengis Khan

Défi #3 : Binôme "Mongolie" : G.Tschinag & Les Deux Chevaux de Gengis Khan

Après le défi Oeuvre choisie en fonction d'une musique de film, et le défi Oeuvre choisie d'après un mot tiré au hasard

voici un nouveau binôme sur des œuvres que nous n'aurions jamais pensé lire/voir !

Nous nous sommes fait la remarque qu'on lisait toujours des livres et voyait toujours des films des mêmes nationalités : français, américains, anglais, un peu de russe, un peu de japonais … mais rien de très exotique !

 

Il fallait donc remédier à ça !

 

Et nous avons tiré au sort la nationalité du défi. Entre l’Ethiopie, le Groenland, la Papouasie … c’est la Mongolie qui est sortie timtidoum ! Nous étions ravies ! Mais nous avons vite déchanté !

 

Ce défi nous a permi de mettre le doigt sur la difficulté d’accéder aux œuvres étrangères (on s’en doutait un peu quand même, mais pas à ce point !). Les deux œuvres choisies le sont donc complétement par défaut car autant vous dire que les œuvres mongoles ne courent pas les rayons des librairies et des magasins de DVD français ! (et ce n’est pas faute d’avoir cherché !)

 

Pour les livres on imagine facilement le problème : il faut les traduire. Car Morgana ne parle pas le mongol. Elle a été tentée de l’apprendre pour effectuer ce défi (car elle est très sérieuse comme fille), mais a très vite abandonné l’idée (quelle surprise).

 

(photo Monika Karlstetter)

 

Le seul auteur mongol traduit en français est donc Galsan Tschinag. Non, il n’a pas eu de traitement de faveur par rapport à ses compatriotes écrivains, sauf qu’il écrit en allemand (malin Galsan). Et traduire de l’allemand est probablement plus simple que traduire du mongol (ah bon ?). Eh oui. Morgana a donc eu le choix… parmi la bibliographie de Galsan Tschinag (de quoi se plaint-elle voyons ?).

 

Belek, une chasse dans le Haut-Altaï, Galsang Tschinag, 2000

Défi #3 : Binôme "Mongolie" : G.Tschinag & Les Deux Chevaux de Gengis Khan

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D’entrée de jeu, soyons honnête :

ce livre et moi, ça n’a pas été la rencontre du siècle.

 

Mais si quelqu’un voulait écrire un livre sur notre histoire, à Belek et moi, ça serait une histoire tumultueuse et pleine de retournements de situation à couper le souffle. Si, si, voyez plutôt :

j’ai mis environ 2 mois à choisir quel livre de ce cher Galsan j’allais découvrir. Je me suis fixée sur un, et finalement ne l’ayant pas trouvé en librairie, j’ai eu la flemme de le commander et je me suis retrouvée à acheter Belek, qui était déjà en rayon.

Puis j’ai mis environ 1 mois de plus pour me décider à l’ouvrir.

Puis il a fallu écrire l’article et là, ni la Luciole ni moi-même n’étant grandement motivées, nous avons repoussé cet article approximativement… 7 mois.

Un vrai roman passionnel, vous dis-je.

 

En réalité, il y a deux histoires dans ce petit livre de 150 pages. On suit Belek qui part dans une chasse des plus palpitantes et ensuite nous avons droit à Une histoire touva. Vu la brièveté de ces récits, je préfère ne pas vraiment parler de l’intrigue : autant vous faire un spoiler dans les règles.

 

Je peux toutefois vous dire que cette dernière a eu ma préférence, j’ai plus été touchée par son personnage principal. Belek m’a plus agacée qu’autre chose, tandis que Dshaniwek a su m’intriguer avec son récit, dont je sentais le dénouement arriver sans avoir envie que mes suppositions soient justes.

En effet, de manière générale, ce sont deux histoires dures, à l’image de la vie là-bas. Disons que ce sont des histoires du cru, qui nous plongent dans la vie mongole. C’est assez violent, violence de la nature et violence des hommes. Les valeurs défendues ne sont pas les mêmes que les nôtres. C’est une autre logique, une autre philosophie de vie, qui a parfois heurté la mienne ou m’a laissée perplexe.

C’est un étrange mélange de réalisme et de mystère, mais ça ne m’a pas fait rêver pour autant. Je ne me suis pas sentie investie par ces histoires.

Mais je ne regrette pas cette lecture, car ce fut très intéressant. Grâce au glossaire à la fin, on apprend ce qu’est un owoo ou un ydyk (non je n’ai pas appuyé au hasard sur des touches du clavier, ce sont de véritables mots mongols :D). La meilleure preuve, c’est qu’une fois lancée, j’ai lu ce livre très rapidement alors que je suis la reine quand il s’agit de faire traîner un livre qui m’inspire moyennement. Disons que c’était plus un intérêt… « ethnologique » que j’avais pour ce bouquin qu’un véritable émerveillement pour ce qu’il racontait. Je ne peux que trouver admirable le dévouement de M. Tschinag pour faire connaître la culture touva !

Belek, tu n’es pas mon genre, mais ce n’est pas pour autant que tu es un mauvais garçon 😀

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Pour les films, le problème est un peu différent. Autant pour écrire un livre, si on simplifie, il suffit d’un papier et d’un crayon, autant la production d’un film demande plus de moyens. Et la Mongolie n’a pas les moyens d’Hollywood, ou même du cinéma français, la production du pays est donc plus limitée. Trouver un film tourné en Mongolie, par un réalisateur mongol, et étant une production mongole ET exporté à l’étranger s’est avéré impossible… (comment ça j’en demande trop ?)

Les productions mongoles ne sont pas diffusées en France .. (et comme Morgana je ne parle pas la langue…) Une réalisatrice qu’on trouve facilement en France en revanche est Byambasuren Davaa (bon comme ça, ça ne vous dit peut-être rien, mais elle a réalisé Le Chien jaune de Mongolie et L’Histoire du Chameau qui pleure, que vous avez peut-être vus). Ses films sont des productions allemandes (encore!). C’était pas assez exotique à mon goût, alors pour rajouter du piment, j’ai choisi un de ses films moins connu et plus difficilement trouvable pour ce défi :

 

Les Deux Chevaux de Gengis Khan, Byambasuren Davaa, 2011

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Si j’aime beaucoup le cinéma asiatique, je n’avais pas encore eu l’occasion de voir un film mongol (sinon ce défi aurait manqué d’intérêt…). Sans vouloir tout mettre dans un même sac (le cinéma mongol n’a rien à voir avec le cinéma coréen par exemple) j’étais quand même un peu moins déboussolée que ne semblait l’être Morgana, et je crois avoir plus apprécié ce défi qu’elle 😀

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Une chanson qu’on croyait perdue, un violon à tête de cheval détruit ainsi qu’une promesse faite à sa grand-mère conduisent la chanteuse Urna à retourner sur la terre de ses ancêtres, la Mongolie.

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Urna, le personnage principal revient donc dans ce pays après des années et bien des choses ont changé. Elle arrive en tenue traditionnelle, on lui fait remarquer que ça ne se porte plus ; elle écrit une adresse en écriture traditionnelle, on lui demande de l’écrire en cyrillique …

Elle incarne en quelque sorte l’ancienne Mongolie, qui porte un regard sur la nouvelle … Tout a changé, elle est curieuse de tout, mais elle ne juge pas. Ce personnage qui redécouvre son pays est l’occasion pour la réalisatrice de porter un regard quasi-documentaire sur le pays.

Moi qui ne connaît rien du tout à l’histoire de la Mongolie, j’ai appris pas mal de choses. Je ne savais même pas qu’ils écrivaient en cyrillique aujourd’hui … (après recherches, ce n’est plus l’écriture officiel mais l’alphabet cyrillique reste encore le plus utilisé) oui c’est instructif :D.

 

 

En revanche, certains passages m’ont un peu plus échappé. Au cours de conversations entre les personnages, les relations Chine-Mongolie sont évoqués. Des avantages, des inconvénients, chacun à son opinion. Du coup j’ai cru comprendre à leur conversation que c’était un sujet un peu sensible, mais vu que, je le répète, je n’ai aucune connaissance en histoire mongole, j’en suis restée à ce stade de la compréhension …

 

Fort heureusement pour moi, on n’a pas besoin d’être un prof d’histoire mongole (l’histoire, pas le prof), pour comprendre et apprécier le film ! Sinon j’étais pas sortie du foin !

 

Au-delà de ce regard un peu social, le film est d’une très grande poésie. Les plans de paysage sont magnifiques et forcément dépaysants. Si Morgana avait eu Belek en film, peut-être qu’elle aurait bavé devant les paysages et qu’elle aurait mieux apprécié son histoire à elle :p En tout cas, moi je vais en Mongolie faire du violon sur des poneys quand vous voulez !

 

 

La musique achève de nous faire entrer dans l’histoire avec une grande émotion. La réalisatrice prend le temps de filmer les gens, de montrer leurs émotions, de filmer la nature également, le temps qui passe.

C‘est très beau, vraiment, très contemplatif, relaxant presque :D. Du coup certains passages sont un peu longs, mais si on se laisse bercer par l’ambiance, les sons, la musique, le vent dans la steppe, il y a moyen de passer un très bon moment.

 

 

Les Deux Chevaux de Gengis Khan est un très beau film, tout en douceur et en subtilité, qui mêle poésie-onirique et un petit regard social sur la Mongolie d’aujourd’hui.

J‘ai vraiment aimé découvrir cette culture, autant par ce qui est montré dans le film que la façon de le montrer. Découvrir ce qui se fait ailleurs était le but de ce défi, alors si vous aussi vous voulez voyager pour le prix d’un DVD, je vous le conseille 😉

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Petite conclusion : on le savait, évidemment, mais nos recherches sur ce défi nous ont vraiment confronté au fait qu’on passe à côté de beaucoup de belles œuvres (littéraires, et cinématographiques notamment), en raison tout d’abord de la barrière de la langue, mais surtout des industries de diffusion. Il est évident qu’un auteur mongol vendra moins, fera moins d’entrées, qu’un auteur américain… le risque financier serait sans doute trop gros, on comprend donc la logique des diffuseurs. Mais c’est quand même bien dommage !

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4 Comments on “Défi #3 : Binôme "Mongolie" : G.Tschinag & Les Deux Chevaux de Gengis Khan

  1. « Si tu veux te mettre au défi de lire un livre à la couverture jaune avec nous, tu es évidemment la bienvenue !  » >>> Oooh ça me touche !! (Et techniquement… Je SUIS en train de lire un livre à couverture jaune (comme toute la collection Champs Arts de chez Flammarion). 😉 Bon, comme il est didactique je vois mal ce que je pourrais en dire par contre, mais je peux trouver autre chose !) Il faut que ça soit un roman ou d’autres types de livres peuvent convenir ? Parce que j’ai « Les films de ma vie » de Truffaut qui m’attend, mais sinon je peux choisir un roman, j’ai ça aussi (chez Verdier, et chez d’autres). 😉

    • Roman, BD, nouvelles … C’est vraiment ce qui te tente, et je ne peux pas dire non à ce cher Truffaut, tu me prends par les sentiments 😉

  2. Je découvre, grâce à votre article sur Terra Nova, le concept de vos défis. Et franchement ? J’adore !! En plus celui-ci m’intéresse doublement, parce que c’est tout à fait le genre de remarques que je peux me faire (livres lus d’origines pas assez variées), et puis la Mongolie, franchement, ça m’intrigue. ^-^ Donc merci encore pour cette découverte !

    • Je suis ravie que le concept te plaise 🙂 Dans le même thème nous avons fait le défi Croatie, nous avons été surprises par ce qu’on a découvert. Ca nous en apprend pas mal aussi sur l’histoire du pays à chaque fois, c’est vraiment un exercice qui nous plaît et qu’on reproduira sans doute ! Peut-être le feras-tu avec nous à ce moment-là ? 🙂
      Le défi actuel est sur un tout autre thème : sur la couleur jaune. Nous nous tournons forcément vers un autre genre d’oeuvres et la dimension historique et la nationalité n’y tiennent plus la même place, mais le principe est le même : ces contraintes nous permettent de découvrir des oeuvres vers lesquelles on ne se serait pas forcément tournées. 🙂 Si tu veux te mettre au défi de lire un livre à la couverture jaune avec nous, tu es évidemment la bienvenue ! 🙂

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