Défi #4 : « m.A.rs » : Adolphe – B. Constant / B. Jacquot

Défi #4 : "m.A.rs" : Adolphe - B. Constant / B. Jacquot

Pour ce défi numéro 4 : 4 binômes dans le mois, commençant par chacune des lettres du mois de MARS.

Toutes les infos sur le défi sur le sommaire, on vous demande notamment si vous seriez prêts à nous rejoindre sur un prochain défi, alors venez nous donner votre avis 😉

Aujourd’hui : la lettre A

 

Avec Adolphe :

Binôme: le livre de Benjamin Constant en vert,

et l’adaptation de Benoît Jacquot en orange.

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Adolphe, Benjamin Constant

1816 (joyeux zanniversaire, livre :D)

Défi #4 : "m.A.rs" : Adolphe - B. Constant / B. Jacquot

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Est-ce qu’on peut évoquer 2 minutes la difficulté que nous avons eu, La Luciole et moi, à trouver un titre commençant par A ? Le plus évident aurait été Alice au pays des merveilles, évidemment. Sauf que le binôme existait déjà. A partir de là, nous avons eu le choix entre Abattoir 5, American Psycho et j’en passe : on n’a rien contre ces oeuvres, mais on rêvait de quelque chose de plus bucolique, histoire de survivre à la grisaille, tout ça… 😀

Adolphe, c’est une oeuvre d’un écrivain Romantique, Benjamin Constant. On s’est dit que ça serait probablement plus meugnon que Abattoir 5.

J’en avais entendu parler, peut-être même en ai-je vaguement croisé un ou deux extraits au lycée, mais rien de très approfondi. Je craignais un peu de me retrouver face à une oeuvre à l’écriture un peu trop dense ou au ton un peu trop mélodramatique. J’y allais un peu à reculons.

Que nenni mes amis ! (ça rîme, c’est fabuleux)

Adolphe, c’est un court roman psychologique écrit à la première personne par son personnage principal, le fameux Adolphe, qui décide un beau jour qu’il veut séduire une femme, comme ça, par défi. Adolphe doit un peu s’ennuyer, alors il faut bien qu’il pimente sa vie, voyez-vous ? « L’heureuse élue », c’est Ellénore, une très belle femme qui a dix ans de plus que lui et est la maîtresse d’une de ses connaissances.

Au début, la seule chose qui m’est venue à l’esprit est « ok. Donc le personnage principal est un gros crevard. Dans le genre crevard ultime. » Sauf que l’écriture était étrangement fluide, elle avait un je-ne-sais-quoi d’entraînant et d’attrayant. Mis à part certains passages où l’introspection se fait plus complexe, le livre se lit vraiment facilement ai-je trouvé. En tout cas, je me suis très vite laissée prendre au jeu malgré un personnage pas très sympathique au premier abord.

On suit donc Adolphe, qui séduit Ellénore, par jeu au début, puis il entre dans une étrange spirale, une spirale dont il lui est impossible de sortir : il veut la quitter assez rapidement, mais il n’y arrive pourtant pas. Je pense que le livre doit être extrêmement intéressant à étudier : même en y repensant maintenant, alors que je l’ai déjà fait un certain nombre de fois depuis la fin de ma lecture, j’ai encore la tête pleine de questions.

Il y a très peu de personnages secondaires, et ils sont très effacés. Le couple est vraiment au centre de tout, c’est le récit et l’analyse de leur relation.

Je n’ai pas vraiment réussi à détester Adolphe au final. Je lui ai trouvé une épaisseur très « réelle ». Je l’ai trouvé faible, un peu lâche, mais je comprenais étrangement son comportement. J’ai surtout eu l’impression qu’il était très jeune, un peu perdu, et que les choses finissaient par déraper sa
ns qu’il ne contrôle plus rien. Je n’ai toujours pas réussi à me décider : est-ce vraiment lui qui manipule Ellénore ? Ou les choses finissent-elles par se renverser et ne serait-ce pas Ellénore qui finit par devenir la plus grande manipulatrice des deux ? Voilà pourquoi je n’arrivais pas vraiment à en vouloir à Adolphe de manquer de courage.

Ce petit jeu malsain entre les deux finit par les emprisonner tous les deux, par faire d’eux des personnes plus mauvaises qu’ils ne l’étaient en réalité.

Surtout, ce qui a fait que j’ai apprécié ce roman bien plus que ce à quoi je m’attendais, c’est son étrange modernité. Le roman a 200 ans cette année, et il est terriblement bien conservé pour un môssieur de cet âge vénérable ! Les sujets abordés, les tourments auxquels font face les personnages pourraient tout à fait être les miens ou de l’un de mes proches. Si l’on fait abstraction de certains aspects historiques (Ellénore qui n’est pas mariée et est donc une femme de mauvaise vie, par exemple…), les émotions, les sentiments que décrit Adolphe restent très actuels. C’est probablement pour cela que j’ai tant aimé cette lecture. Adolphe n’est pas un Werther : ce dernier a des émotions de tragique héros romantique et qui m’était donc resté très étranger, contrairement à Adolphe.

On peut dire que j’aurai fait de sacrées découvertes grâce à ce défi ! Et Adolphe est sûrement la plus inattendue ! Un court roman psychologique qui propose une histoire aux réflexions encore très modernes. Adolphe et Ellénore m’ont semblés étrangement proches, et j’avais étrangement beaucoup de mal à lâcher le livre alors qu’ils ne sont pas les personnages les plus faciles à apprécier que j’ai croisés.

Pendant ma lecture, je me disais que ça risquait d’être une oeuvre très compliquée à adapter à l’écran, car ça pourrait très vite tourner à l’ennui total… place au film maintenant, et question ennui, il semblerait que La Luciole ait de quoi dire. ^^

Adolphe, Bénoît Jacquot, 2002

Défi #4 : "m.A.rs" : Adolphe - B. Constant / B. Jacquot

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Adolphe aura été pour moi le plus gros challenge de ce Défi Mars… Alors, vous me direz, c’est le principe (parce que effectivement, je ne l’aura jamais vu sans ce défi …), mais d’habitude, je suis plutôt ravie d’avoir découvert une œuvre que je ne connaissais pas et à côté de laquelle j’aurai pu passer …

Là ce n’est pas le cas, ça ne m’aurait pas dérangée de passer à côté. Je m’y attendais un peu quand j’ai vu qui avait réalisé ce film … Mais on avait déjà eu du mal à trouver un binôme en A avec Morgana alors je n’allais pas faire un caprice 😀 (Peut-être que j’aurai dû :p)

Je suis un peu embêtée maintenant que je dois écrire sur le film. D’après ce que j’ai pu lire, Benoît Jacquot est un réalisateur généralement apprécié. Mais, je vous en avais déjà parlé pour Les Adieux à la Reine, moi, je n’accroche pas du tout !

J‘ai trouvé ce film très plat. Ce n’est pas vraiment la lenteur qui me gêne, il y a beaucoup de films très lents et très contemplatifs que j’adore, là c’est juste plat. Non seulement il ne se passe pas grand chose, mais ça ne m’a procuré aucune émotion. Sauf si l’ennui est une émotion.

Comme dans Les Adieux à la Reine, le côté récitation des dialogues me dérange, je n’entre pas du tout dans le film … Et les phrases et situations un peu étranges n’arrangent rien à l’affaire.

« – Peut-être n’aimez-vous guère la musique ?

– Au contraire !

– Alors vous aimez la musique ?! 😮 »

Il vient de le dire, mais ça ne fait rien, ça va bien se passer.

Pendant toute une scène ils essayent de se parler SANS décoller leurs lèvres. Sans les décoller de la bouche de l’autre je veux dire. Sinon ça s’appelle être ventriloque, mais dans le contexte c’est encore plus étrange.

Non, là ils essayent de parler tout en s’embrassant, ou quelque chose du genre. J’ai été surprise, ils y arrivent plutôt pas mal les fifrelins ! Mais je n’imagine pas l’entraînement qu’il a du leur falloir et le bazar qu’a dû
être le tournage…

Et en plus ça ne rend pas très bien c’est juste bizarre … Ajoutez à ça la coupe de cheveux de Stanislas Merhar .. que j’aime beaucoup par ailleurs, même si je n’arrive jamais à écrire son nom.

A un moment du films les personnages jouent à la crapette, et ça n’a pas l’air bien passionnant. (Adolphe dit que c’est un bon moyen de s’ennuyer à deux, c’est joliment dit mais ça ne rend pas la chose plus palpitante.) Je crois avoir ressenti devant ce film le même entrain qu’Ellénore pendant cette partie de crapette. Ou que devant Les Enfants du Siècle dont on vous avait parlé avec Morgana. C’est dire. (Sauf qu’au moins, Les Enfants du Siècle, on l’a regardé toutes les deux on a pu rigoler.)

Enfin … toutes les métaphores du monde ne changeront rien à l’affaire. Non, je n’ai pas aimé Adolphe. Et c’est d’autant plus douloureux pour moi de dire ça que c’est rare que je ne trouve à ce point aucun attrait dans un film

Heureusement, Romain Duris fait quelques apparitions qui apportent une petite touche d’humour et ont su me tirer de ma torpeur. Merci Romain, je te revaudrai ça. (Je te ferai un brownie) Sauf qu’apparemment son personnage n’existe pas dans le livre d’après ce que m’a dit Morgana, mais tant pis.

J‘ai également bien aimé la musique (au début, avant qu’elle devienne répétitive), ainsi que la voix off, même si elles n’ont pas réussi à créer une ambiance suffisante pour que j’accroche au reste du film.

Je ne suis pas du toute partisane des voix off, mais quand c’est bien fait et bien écrit, c’est agréable. Il se trouve qu’elle était plutôt sympa. Je pense que c’est directement le texte de Benjamin Constant qui est cité. Du coup j’imagine que le livre peut être très agréable à lire, et bien écrit, mais cette adaptation, non, ce n’est pas pour moi ! Never !

Les autres binômes du défi :

M : le Magicien d’Oz

A : c’était celui-ci 😉

R : Rdv la semaine prochaine !

S.

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