Défi Deedr (Initiales) : L’enfant de Calabre – Catherine Locandro

Nouveau défi Deedr, nouveau livre que je n’aurais jamais lu si l’on ne s’était pas lancées dans ces petits challenges réguliers. Pour ce nouveau thème, il nous fallait lire un livre dont l’auteur porte les mêmes initiales que nous. C.L. dans mon cas (« Cmorgana LaGrande », c’est mon nom)(cette blague était nulle. Pardon. Je suis très fatiguée). Ces initiales, je les partage notamment avec Catherine Locandro, l’auteure du livre dont nous allons parler aujourd’hui. Laissez-moi d’ailleurs vous avouer que je ne connaissais même pas cette auteure de nom, donc le principe des défis est respecté : pour une découverte, c’était une découverte 😀


(Au fait, j’aime vraiment cette couverture :D)

Lorsqu’elle pousse la porte de l’agence de détectives privés Azur Enquêtes, Frédérique a en main une photographie, celle de son père Vittorio, ancien combattant d’Indochine, en compagnie d’une inconnue. A Nice, ville de son enfance, elle espère retrouver la trace de cette femme blonde au teint pâle et au sourire timide. Mais à trente-neuf ans, ce qu’elle souhaite bien plus encore, c’est découvrir enfin qui était ce légionnaire taiseux. Quitte à reconstruire son roman familial […]

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Ai-je aimé ce livre ? Oui, mais de manière inégale. Je m’explique : on a affaire à trois narrations différentes qui s’entrecroisent : celle, à la troisième personne, qui raconte la quête de Frédérique, puis la narration de son père, pendant la guerre d’Indochine, et enfin une sorte de journal où Frédérique s’exprime à la première personne.

J’ai plutôt aimé la première de ces narrations, même si j’ai trouvé l’écriture manquait parfois d’un style un peu plus affirmé à mon goût (surtout en comparaison de la seconde narration, dont je vous parle juste après). Mais cela ne m’a pas empêchée d’apprécier ces passages : Frédérique n’est pas le personnage le plus engageant que le monde des personnages de roman ait connu, sauf que j’ai aimé cette imperfection, j’ai aimé être parfois en désaccord avec Frédérique. En gros : j’aurais eu envie de pouvoir me prendre un peu la tête avec elle, de la même manière que j’aurais pu le faire avec une amie qui agirait d’une manière que je n’approuve pas 😀

Si j’ai pu être un peu sévère avec cette narration, c’est parce que j’ai été frustrée de ne pas y retrouver la puissance du « journal » de Frédérique. Ces passages-là ont parfois su me prendre à la gorge. Toutes ces émotions ! Dès le début, ce sont ces parties-là qui annoncent la fin, qui suggèrent la chute et ce qu’elle suppose pour Frédérique. J’ai beau savoir qu’un livre entier comme ça aurait probablement été « trop », j’aurais aimé ressentir un peu plus de cette empathie dans les autres narrations, retrouver cette beauté des mots !

Quant aux passages avec le père… comment dire ? Je ne les attendais pas avec impatience, disons (oui, j’aime les euphémismes, comment avez-vous deviné ? :p). Ils m’ennuyaient plus ou moins, pour être honnête. Je ne comprenais pas tellement leur utilité : n’était-ce pas gâcher le suspense que de nous faire découvrir Vittorio avant que Frédérique découvre ces informations elle-même ? Au final, ces passages sont totalement justifiés par l’intrigue, je comprends pourquoi ils sont là et je ne les perçois plus pareil maintenant que j’ai lu le livre dans son intégralité. Mais je ne pouvais tout de même pas passer à côté de ce sentiment d’ennui qui a dominé une grande partie de ma lecture de ces épisodes de la guerre d’Indochine. Avouons-le, je ne suis pas du tout récit de guerre, donc c’est très subjectif, cela a dû intéresser d’autres lecteurs !

En plus des autres bons points que j’ai évoqués, j’ai apprécié le traitement de la problématique de Frédérique quant à son travail : auteure dont les livres ne se vendent pas, mais nègre littéraire pour un auteur dont le succès phénoménale lui permet de très bien vivre. Où est la place pour sa propre écriture, dans tout ça ?
Autre élément, le thème de son homosexualité. Je ne savais pas trop si j’allais en parler, car ce que j’ai justement adoré, c’est le naturel avec lequel c’est traité. Cela ne définit pas le personnage dès le début, c’est amené d’une manière dont j’ai apprécié la subtilité. Ce n’est que l’un des éléments de ce qui qualifie Frédérique. Elle a droit à une intrigue amoureuse qui est développée de la même manière que cela aurait pu être fait pour un personnage hétéro. Peut-être que c’est moi qui choisis mal mes lectures, mais j’ai plutôt l’habitude de voir ce thème traité soit à demi-mots (Le portrait de Dorian Gray, par exemple, même si l’époque d’écriture explique cela), soit en sujet principal.

Une lecture en dents de scie, donc, mais cela ne m’a pas empêchée de dévorer le livre et de me dire que j’étais contente de l’avoir lu. Plutôt cool, quand même 😀

Le défi de la Luciole arrive le mois prochain : au programme « Adieu ma concubine » de Lilian Lee et son adaptation au cinéma !

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