Défi Jaune : Portugal, de Pedrosa

Hélas, hélas, je ne serai pas aussi enthousiaste que Morgana sur mon défi Jaune à moi … Il faut croire que j’arrive mieux à l’aider à trouver son livre parfait qu’à trouver le mien … En plus on commence tout juste à proposer à ceux qui le souhaitent de nous rejoindre dans nos défis, alors je ne vais pas faire de la très bonne pub 😀 Parce que, non, vous pouvez me dire ce que vous voulez, je resterai convaincue que « venez participer à nos défis de lectures aux thèmes chelous, vous verrez, on découvre des livres qu’on n’aime pas ! », ce n’est pas le meilleur argument au monde ! 😀 Mais tant pis, c’est ma première désillusion depuis qu’on a commencé les défis alors ça passe. :p

 

 

Mon choix s’était porté sur Portugal, de Pedrosa. Portugal est une BD dont non seulement la couverture est jaune, mais en plus, la majorité des planches sont dans les teintes jaunes également ! Et puis quand il faut citer la couleur d’un objet anodin dans l’histoire, eh bien cet objet est jaune. Oui, l’auteur s’est soit tapé un petit kiffe perso avec le jaune (qui évoque bien le Portugal, il faut l’admettre), soit il a écrit et dessiné ce roman graphique spécialement pour notre défi (c’est probable aussi :p). En tout cas, difficile de faire plus dans le thème !  Sauf que … j’aurais peut-être mieux fait d’être un chouilla moins dans le thème …

Quand un retour aux sources imprévu devient renaissance à soi-même. Plus vraiment d’inspiration, plus d’envies et pas de projets, l’auteur de BD Simon Muchat végète doucement dans son boulot d’animateur scolaire, et exaspère Claire, sa compagne, qui le voudrait plus investi. Invité à passer quelques jours au Portugal, dont sa famille est originaire et où il n’était plus allé depuis l’enfance, il va y découvrir une autre façon d’exister et d’être – et peut-être le début d’une nouvelle inspiration ?

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Au-delà de tout ce jaune, jaune, jaune à en faire une overdose, les dessins me plaisait bien. A de nombreuses reprises, certains objets ou personnages semblent transparents, dans le sens où l’auteur choisi de dessiner sur l’objet ce qu’il y est censé y avoir derrière. C’est un parti pris qui m’a de suite interpelée et qui a continué à m’accrocher pendant toute ma lecture. J’avais peur que ça finisse par surcharger le récit mais toutes les cases ne sont pas comme ça, et c’est fait d’une manière que je trouve très délicate, si bien que ça ne m’a pas du tout gênée, au contraire. J’aime beaucoup ce trait léger et aérien qui colle très bien au personnage de Simon, qui est un peu paumé dans sa vie et se laisse finalement porter par le cours des choses, choisi de saisir au vol les petits plaisirs et bonheurs du quotidien.

Je sais, ce début de chronique ressemble en tout point à la description d’un coup de cœur. Un récit introspectif, la redécouverte d’une famille, d’une langue, d’un père, des rancœurs d’enfance qui ressortent des années après, un déracinement, une belle fin… Portugal est rempli de jolis thèmes, et pourtant ce n’est pas une lecture qui a su me toucher. J’ai même peiné sur le dernier tiers, et si je l’ai terminé c’est sans doute grâce au fait que j’avais la date du défi à respecter. Sinon c’est sûrement une lecture que j’aurai laisser traîner un bout de temps et que j’aurai pu oublier dans un coin …

Les 260 pages de ce roman graphique dépeignent surtout des scènes du quotidien, où il ne se passe rien de plus que le quotidien. « Peux-tu me passer le sel? », « Je vais acheter des huîtres » … toutes les conversations sont retranscrites, même celles des passants dans la rue, même celles en portugais – non traduites. Cela peut être très beau et intéressant de capter ainsi des moments anodins de la vie, et je pense que c’est ce qu’a voulu faire l’auteur. Mais ça a finit par me lasser, j’ai trouvé que le rythme était très plat. Du coup quand arrivaient des vrais nœuds entre les personnages : un père un peu absent, un grand-père plein de secret, « les parents t’ont toujours préféré toi » etc… mon cerveau n’était plus disponible et traitait un peu le passage comme une nouvelle conversation anodine…

En soit, je n’ai pas de vrai reproche objectif à faire à Portugal, ce n’est pas le scénario où il ne se passe pas grand chose que je déplore car je suis une grande adepte des films muets suédois en noir et blanc où c’est un peu la même tambouille, vous le savez bien :p Je ne pourrai pas dire non plus que c’est l’histoire qui ne m’a pas plu, car si j’y repense et que je résume, c’est le genre de personnage et d’histoire qui peuvent me plaire et m’émouvoir. Je n’ai simplement pas été touchée par cette BD en elle-même. Par le rythme et la façon dont c’est raconté. Ou alors je n’étais pas dans la bonne période pour la lire. En tout cas, je suis totalement passée à côté, et je le regrette un peu. Alors je vous laisse sur une case que j’ai vraiment beaucoup aimée pendant ma lecture, pour finir sur un point positif malgré tout 😉

Les autres lectures du défi jaune :

Le défi de Morgana : Pickpocket, de Fuminori Nakamura
Le défi de Floly, du blog Quand les pages défilent : Nos Années Sauvages, de Karen Joy Fowler
Voir les lectures et avis de tous les participants sur la page du Défi

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2 Comments on “Défi Jaune : Portugal, de Pedrosa

  1. en demi teinte donc, pourtant les thèmes paraissent intéressant ! On ne peut pas toujours accroché, ça sera sans doute mieux au prochain défi ! Je viens de me rendre que j’y suis allée crescendo avec ce défi jaune, du bof au meilleur <3

    • Complétement, mais ça me frustre parce que les thèmes me plaisaient beaucoup effectivement et que Pedrosa est vraiment un bon auteur … ^^
      A voir au prochain défi comme tu dis ! 😉 C’est mieux dans ce sens que du meilleur au pire, tu aurais été déçue !

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