Elantris – Brandon Sanderson

Elantris

 

Il y a dix ans, la sublime cité d’Elantris, capitale de l’Arélon, a été frappée de malédiction. Ses portes sont désormais closes et nul ne sait ce qui se passe derrière ses murailles. Kae est devenue la première ville de l’Arélon. Quand la princesse Sarène y arrive pour épouser Raoden, l’héritier de la couronne, on lui apprend qu’il vient de mourir. Veuve d’un homme qu’elle n’a jamais vu, Sarène choisit pourtant de rester à la cour, et tente de percer le mystère d’Elantris… Elantris est le premier roman publié de l’auteur du cycle des Fils-des-Brumes, Brandon Sanderson, également choisi pour terminer le cycle de la Roue du temps après le décès prématuré de l’écrivain Robert Jordan.

 

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Connaissant Brandon Sanderson de nom, plus particulièrement pour son cycle des « Fils-de-Brume », que je souhaitais lire, c’est en fin de compte avec Elantris – premier roman de l’auteur -, que j’ai découvert sa plume.

 

En un mot, ce livre fut une excellente découvert. Tout d’abord, le monde créé m’a immédiatement séduite. Recherché, original, surprenant. Bien que peut-être certaines explications à son sujet demande une attention particulière si l’on souhaite en comprendre un maximum de ficelles : je pense particulièrement aux religions – qui est d’ailleurs l’un des sujets phares du livre, ces guerres de religions. Shu-dereth, shu-korath… je dois avouer m’être quelque peu emmêlée les pinceaux au tout début, mais l’auteur a su rappeler les éléments essentiels lorsque j’en avais besoin, et j’ai énormément apprécié.

Je ne parlerai pas vraiment d’Elantris et ses secrets, car j’ai personnellement énormément aimé découvrir tout cela par moi-même (et je ne voudrais pas vous spoiler car je ne veux que votre bien :’) :D). J’ai adoré l’idée d’une « mystérieuse malédiction » ayant détruit la magnificence de la cité, et dont, durant tout le livre, on cherche la raison de cette déchéance. Cela motive énormément pour venir à bout de ce très joli pavé de presque 800 pages !

Si ce joli nombre de page peut faire peur, je ne les ai pas vues défiler… La première partie est un peu lente, la deuxième s’accélère, et la troisième qui file à la vitesse de l’éclair. C’est peut-être là l’un des reproches que je pourrais faire : la troisième partie me semble peut-être un peu rapide ! En effet, l’écriture de Sanderson, se prête admirablement à la lenteur relative de la première partie où le monde se dévoile petit à petit à nous. Non, vraiment, je dois insister : l’écriture est vraiment belle, pour moi (au cas où le message ne soit pas passé :D).

 

Passons maintenant aux personnages : nous avons affaire à une narration à la troisième personne, mais qui présente tour à tour les points de vue de trois personnages.

Le premier est Raoden, le fils déchu du roi, car il a été « touché par la malédiction Elantrienne ». Adoré du peuple, il va devoir apprendre à être apprécié à Elantris pour ce qu’il est réellement, au-delà du fils du roi. Ses efforts pour créer « une nouvelle Elantris », et lutter contre la folie qui guette chacun des maudits m’a énormément plu. On peut noter certaines petites facilités (comme lorsqu’il convertit à sa manière de penser les chefs de bande, ils se laissent un peu trop faire, ses soi-disants adversaires :p) dans le déroulement des évènements, mais j’ai aimé cette espèce de « naïveté », presque, qui se dégage. On est dans un livre, et tout semble possible ; j’adore ! Alors que d’habitude, cela aurait pu m’agacer, cela ne m’a pas choquée ici : j’ai eu l’impression retrouver un peu cette sensation que j’avais avec les vieux romans de capes et d’épée où, même si le héros sort vainqueur d ‘un combat d’une manière très peu crédible, c’est tout de même avec un sacré panache ! 😀

La deuxième est Sarène, la princesse Téodienne, femme de Raoden… enfin, théoriquement, car, en effet, tout le monde le croit mort alors qu’il a simplement été banni à Elantris. J’ai adoré Sarène, son intelligence vive, mais pas toujours non plus (lorsque ça arrange l’auteur pour son scénario :D), sa « grande gueule », ses maladresses, sa légère suffisance par moment… son romantisme refoulé et ses rêves frustrés. La naïveté qu’il y a dans son histoire d’amour avec Raoden m’a totalement séduite. J’ai adoré ce côté un peu enfantin ; ça ne donne pas de frissons et de papillons dans le ventre, mais c’est juste adorable (je suis à moitié d’ascendance bisounours, j’avoue).

Et, enfin, Hrathen (essaye de prononcer son nom pour voir… Voilà. A tes souhaits.), le gyorn, haut-représentant de la religion ennemie de celle de nos deux tourtereaux. C’est un personnage qui m’a énormément troublée. En effet, malgré sa froideur, sa détermination, dés le début, on sent  sous sa foi poussée à l’extrême, une humanité, une ambivalence que j’ai trouvé extrêment intéressante. Son jeu de chat et souris avec Sarène concernant les intrigues politiques m’a beaucoup plu.

 

Je pourrais citer divers personnages qui m’ont vraiment marqués : Lukel, le cousin de Sarène (oui, tu as le teint trop rose, Lukel :D), Kiin, son oncle cordon-bleu dont le secret m’a beaucoup surprise (pourtant, j’ai cherché !), Roial, le vieux duc à l’intelligence si fine… Bref, les personnages ont vraiment été l’un des gros atouts qui ont contribué à mon plaisir de lecture. Ca faisait longtemps que je n’en avais trouvé d’aussi originaux et fins, j’ose espérer que c’est une caractéristique des livres de Sanderson en général !

 

Malgré tout, j’ai peut-être été quelque peu déçue par l’épilogue. Une sensation d’un peu « en trop », j’ai trouvé la manière un peu étrange de clôre l’histoire, j’aurais aimé autre chose. Bon. Ok, je dis peut-être également cela, car j’étais bien triste que l’histoire se termine et que je ne bouderais pas une suite. En effet, pour une fois, je trouve qu’il y aurait largement matière pour en faire une, tant de mystères restent encore non élucidés, et je verrais bien Raoden revenant en fanfare pour faire sa fête au Wyrn, je l’avoue. 😀

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2 Comments on “Elantris – Brandon Sanderson

  1. Franchement, j’en garde encore un très bon souvenir alors que ma lecture commence à remonter ! Tu me donnes envie de découvrir ces autres livres de Sanderson, il faut que j’aille jeter un œil !
    Ne te laisse pas décourager par ce pavé, tu vas voir ça vaut le coup (du moins je le crois :D).
    -Morgana-

  2. Je connais Brandon Sanderson par Coeur d’acier, Légion ou encore le premier tome du cycle des Fils-de-Brume (que j’ai lu cet été). Elantris séjourne dans ma PAL depuis… une paire d’années ^^’ Je le redoute à cause du nombre de pages, mais tu viens de me donner fortement envie de me plonger dedans ! 😀

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