Everything everything – Nicola Yoon

On est au mois de juillet, il fait chaud (si, il fait chaud, mon cerveau liquéfié en témoigne). C’est le moment idéal pour un roman YA plein d’émotion et de guimauve, non ? (j’aurais dit la même chose si on avait été au mois de décembre, tout à fait). Alors que j’étais occupée à terminer mon année universitaire, puis à voyager, les livres se sont légèrement empilés chez moi en mon absence. Afin d’éviter de mourir étouffée sous une pile de livres désespérée de ne pas avoir été lue (ou mal empilée, diront les mauvaises langues), j’ai donc commencé par me saisir d’Everything everything.

Ma maladie est aussi rare que célèbre, mais vous la connaissez sans doute sous le nom de « maladie de l’enfant-bulle ». En gros, je suis allergique au monde. Je viens d’avoir dix-huit ans, et je n’ai jamais mis un pied dehors. Un jour, un camion de déménagement arrive. Je regarde par la fenêtre et je le vois. Le fils des nouveaux voisins est grand, mince et habillé tout en noir. Il remarque que je l’observe, et nos yeux se croisent pour la première fois. Dans la vie, on ne peut pas tout prévoir, mais on peut prévoir certaines choses. Par exemple, je vais certainement tomber amoureuse de lui. Et ce sera certainement un désastre.

_______

Tout le monde (ou presque) vantait les mérites de la plume de Nicola Yoon, qui semblait proposer une histoire ayant su parler aux cœurs de très nombreux lecteurs. Je serai moins dithyrambique que la plupart des avis que j’ai pu lire : oui, c’est une jolie histoire, sauf qu’elle ne m’a pas autant touchée que je l’aurais cru en débutant ma lecture.

Madeline est une adolescente que j’ai trouvée extrêmement attachante. L’auteure sait nous immerger pleinement dans son quotidien si spécial et nous mettre en empathie avec elle. Madeline ne s’apitoie pas sur elle-même. Au contraire, elle a développé une (trop ?) grande faculté à se satisfaire de son existence, existence qui la prive pourtant de tant de choses : Madeline est comme bloquée dans un petit espace temporel ou rien ne change vraiment, elle ne peut franchir les étapes de la vie que l’on traverse tous un jour ou l’autre à notre manière. Tout est centré autour de ce simple fait : la garder à vie. Mais est-ce vraiment vivre, que de vivre comme elle y est contrainte ? Les seules personnes qu’elle côtoie sont sa mère, médecin, et son infirmière, Carla. Cette dernière est d’ailleurs un personnage que j’ai beaucoup aimé : au-delà de son rôle d’infirmière, elle est celle qui voit en Madeline l’adolescente, et non seulement la malade. Quelque part, elle est celle qui va autoriser Madeline à se considérer aussi comme une jeune femme qui a envie (et le droit) de découvrir le monde. (Par contre, Carla, vraiment, il faut que tu arrêtes de fantasmer sur les adolescents… ton obsession pour le physique avantageux de Olly est légèrement gênant, ma vieille :D)

Si je dis avoir été moins touchée que je l’aurais cru, c’est parce que j’ai été moyennement réceptive à l’histoire d’amour. Pourtant, Madeline comme Olly sont deux adolescents/jeunes adultes touchants et drôles, mais je crois les avoir préférés individuellement plutôt que dans leur relation amoureuse. Il m’est arrivée de m’ennuyer durant certaines de leurs scènes partagées, surtout vers les deux tiers du livre. Mon coeur de midinette de 15 ans serait-il mort et enterré ? (instant émotion de l’article). Je ne doute pas que j’y aurais été plus réceptive quelques années en arrière, cela dit 😉

Pourtant, régulièrement, des phrases ont su ça et là m’envoyer quelques petites flèches ; des phrases que j’avais envie de noter et qui me rappelaient que, “bon, ok, elle est très jolie quand même cette histoire” ! Le livre bénéficie en plus d’un aspect visuel qui renforce parfois les passages les plus drôles ou les plus émouvants : dessins, graphismes, mise en page particulière, plein de bonnes idées qui donnent une personnalité au livre et provoquent une plus grande immersion encore dans l’histoire de Madeline.

La meilleure dans l’histoire, c’est que j’étais tellement persuadée de savoir comment allait se finir Everything everything que… je me suis complètement fait avoir. Obélix décidant de devenir détective n’aurait pas fait mieux. Tant mieux, me direz-vous : comme ça, le final a été une vraie surprise pour moi, alors que si on réfléchit deux minutes, c’est l’une des alternatives les plus envisageables. L’auteure amène d’ailleurs tout ça habilement, et j’ai difficilement pu lâcher le bouquin (je n’ai même pas essayé en fait, les joies d’être en vacances et de ne pas avoir à s’arrêter pour retourner au boulot ou étudier ^^). Il me faut tout de même reconnaître que, de manière générale, le livre se lâche difficilement : ça se lit extrêmement vite et extrêmement bien, même durant les passages un peu à vide que j’ai connus.

Pour moi, ce ne sera pas un coup de coeur, mais cela reste une jolie lecture super addictive, servie par une plume qui dépeint à merveille le quotidien d’une héroïne à la vie si particulière. Si vous avez le coeur à lire une jolie romance adolescente, je recommande à 2000% ! Pour ma part, je n’étais pas assez dans ce délire-là, mais je n’en ai pas moins été sensible à toute la partie qui concerne l’évolution de Madeline ; le récit d’une jeune femme qui grandie et décide vivre, pour de vrai ? 😉

Pour un avis tôôôtalement conquis, vous pouvez retrouver celui de Plouf !

Facebook
Facebook
YOUTUBE
Google+

6 Comments on “Everything everything – Nicola Yoon

    • Il y a eu tellement de coups de coeur pour ce livre, cela me fait plaisir de voir quelqu’un de plus mitigé comme moi ! 😀

  1. Comme toi c’est vraiment le personnage de Carla que j’ai préféré !
    Et la forme du livre m’a vraiment plu aussi =)
    Je n’ai pas adoré non plus, mais j’ai passé un chouette moment auprès de Maddie ! =)

    • Carla, elle est juste trop cool 😀
      Ta chronique m’avait pas mal convaincue je me souviens, oui 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.