Expiation – Ian McEwan & Reviens-moi Joe Wright

J’essaye toujours de lire le livre avant son adaptation cinématographique. Dans le cas de Expiation, on peut dire que c’est raté.

Pour vous remettre dans le contexte, environ 3 ans plus tôt, chez La Luciole : « Il FAUT que je te montre ce film. Je le kiffe à mort. Tu vas voir, les couleurs et les sons sont ouf… c’est comme si… bref, on le regarde !« .

Euh… bah ok. Let’s go ! 😀

Inutile de vous dire que je n’ai pas trop pu me préoccuper de savoir si c’était tiré d’un livre ou non. J’ai juste regardé le film (et beaucoup aimé… mais ça, c’est une autre histoire).

Du coup, la lecture du livre a été un peu particulière car je connaissais déjà l’histoire, et que j’en gardais un souvenir très clair (alors que ce n’est pas toujours le cas après 3 ans). Il faut donc garder ça en tête car la surprise créée par la fin avait beaucoup contribué à mon appréciation de l’histoire du film.

Mais de quoi ça parle, Expiation ?

Sous la canicule qui frappe l’Angleterre en ce mois d’août 1935, la jeune Briony a trouvé sa vocation : elle sera romancière. Du haut de ses treize ans, elle voit dans le roman un moyen de déchiffrer le monde. Mais lorsqu’elle surprend sa grande sœur Cecilia avec Robbie, fils de domestique, sa réaction naïve aux désirs des adultes va provoquer une tragédie.

Dès le début, l’auteur plante une ambiance bien particulière. Il a un style très descriptif, et les portraits qu’il dresse de ses personnages nous permet rapidement de nous les figurer. L‘accent est beaucoup mis sur leur psychologie. Ce ne sont pas des personnages « survolés », et j’aurais du mal à vous décrire Briony ou Cécilia en une seule phrase. Résultat, les personnages sont parfois un peu antipathiques ou agaçants, mais ils le sont à la manière d’une personne réelle.

Les descriptions ne concernent pas seulement les personnages : il y a aussi toutes celles qui décrivent les endroits où se déroule l’action. La manière dont l’auteur s’attarde sur la lumière est frappante, par exemple.

Le livre n’est pas seulement contemplatif, ne vous méprenez pas, mais les descriptions prennent une grande place dans la narration et si je ne devais retenir qu’une seule chose de ce livre, ce serait probablement la beauté de ces descriptions.

Toutefois, il me faut reconnaître que je les ai parfois trouvées un petit peu longues et plombantes pour le rythme du récit… mais le fait que je connaisse déjà l’histoire est pour beaucoup dans mes petites phases d’ennui ^^

Le livre aborde la notion de « point de vue » : Briony est une adolescente qui vit « dans son monde » et croit tout savoir. Surtout, tout est sujet à écrire une histoire et elle peine parfois à faire la différence entre ce qui est réel de ce qui est sa fantaisie.

Alors, quand elle surprend plus ou moins de loin des scènes, elle les interprète d’une certaine manière et n’en démord pas. Cette interprétation erronée l’amène à faire une terrible erreur qu’elle va passer sa vie à essayer d’expier. Au moment où Briony fait sa méprise, j’étais terriblement agacée (d’autant plus que je savais ce qui allait en résulter), sauf qu’après, j’ai commencé à me sentir mal pour elle : elle n’a pas fait tout ça volontairement, de son point de vue, elle pensait faire « bien », et tous les faits concordaient en son sens.

J’ai fini par aimer ce personnage, par me laisser toucher par sa recherche d’un pardon qu’elle sait impossible à obtenir.

Connaissant déjà l’histoire grâce au film, j’ai parfois ressenti des longueurs et je n’étais pas autant « dedans » que je l’aurais souhaité. J’ai passé du temps à me dire « ah non, je ne veux pas lire le chapitre suivant, je sais ce qui s’y passe et je déteste ça » 😀

Cependant, ce n’est pas ce qui compte. Ce qui compte, c’est que je pense vraiment à ce livre comme à un excellent livre. La psychologie est très fine, les descriptions splendides et les retournements de situations finaux obligent tellement à tout remettre en perspective que… je ne sais pas, l’auteur a juste fait un truc de fou, je ne sais pas quoi dire d’autre 😀

Et je trouve vraiment l’adaptation cinématographique ultra réussie, même après lecture de l’excellent livre. Ce qui est assez dingue, avouez. Donc je laisse la parole à La Luciole pour vous en parler. Eh oui.

Je plaide coupable : je n’ai sans doute pas laissé le choix à Morgana de voir ou non ce film. Il faut dire que Reviens-moi, adaptation de Expiation, fait sans hésiter partie de mes films doudou. C’est par ce film que j’ai découvert son réalisateur : Joe Wright, dont j’ai déjà parlé sur le blog : Pan, Anna Karénine ; il a également réalisé Orgueil et préjugés dont je parlerai très probablement dès que j’aurai lu le livre, mais Reviens-moi est le film qu’il a réalisé que je préfère ! Sans blague, je ne sais pas combien de fois j’ai dû voir ce film, et à chaque fois il me plaît autant. Du coup j’insiste pour le montrer à tout le monde : ça me donne un prétexte pour le revoir 😀

J’adore tout dans ce film : les images, le son, la musique, l’histoire, tout … sauf Keira Knightley. Mais la pauvre en a déjà pris plein sa face dans l’article sur Anna Karénine alors je ne recommencerai pas 😀

Je suis à chaque fois assez bluffée par le travail sur le son. Et c’est d’autant plus remarquable que d’habitude je fais très attention aux images mais le son … je m’en tamponne les cacahuètes. Ici, j’aime beaucoup le dialogue entre la musique et les sons : la machine à écrire par exemple s’intègre parfaitement dans la mélodie, en fait l’introduction ou l’interrompt … Les mouvements de caméra donnent l’impression de danser avec les personnages. Il y a par exemple une scène que j’aime beaucoup : dans la deuxième partie quand …, alors soldat pendant la Seconde guerre mondiale se retrouve sur la plage pour retourner en Angleterre, il y a un très long plan-séquence qui le suit, et qui me semble montrer à lui seul toute l’horreur de la guerre : les blessés et les chevaux qu’on abandonne, la logistique, l’espoir aussi … je le trouve très beau, très émouvant, je ne pouvais pas ne pas en parler 😀

Pour que mon avis ne ressemble pas à un article de groupie, j’ai tenu à lire le livre. Et je dois dire que… c’est plutôt rare, mais j’ai préféré le film !

Je trouve que c’est une très bonne adaptation, que les thèmes et l’histoire principale sont bien préservés, mais aussi que le film modernise pas mal l’histoire.

Ce que j’apprécie d’autant plus dans le film, c’est qu’il offre de nouvelles possibilités pour illustrer ce thème essentiel du livre qu’est la réflexion sur le point de vue. Le film se passant de mots, on se retrouve à la place de Briony, nous voyons les mêmes choses qu’elle, le doute est (un peu) préservé. Ou en tout cas, éludé moins brutalement et rapidement que dans le livre. La fin est également différente, apportant elle aussi un nouveau regard et une nouvelle réflexion sur le point de vue. J’aime tellement cette fin que j’ai été très déçue qu’elle ne soit pas la même dans le livre. Et d’ailleurs je ne me souviens  pas de celle du livre 😀

Je ne pourrai même pas dire que j’ai apprécié le lire, je n’ai pas vraiment accroché. J’ai préféré les longs plan-séquences aux longues descriptions, la musique, Soirse Ronan, les scènes montrées avec différents points de vue… Bref, à chaque fois, à la fin du film je suis toujours aussi surprise de me rendre compte qu’il fait 3h 😀 Je ne les vois pas passer !

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