Fils-des-Brumes, Tome 1 : L'Empire Ultime – Brandon Sanderson

 

 


 

 

 

L-empire-Ultime.gif

 

 

Je vous en avais déjà parlé :

 

Lors de ma lecture d’Elantris, one-shot du même auteur

 


 

Je voulais lire cette série. Vraiment. Je me suis récemment aperçue que ça tournait limite à l’obsession lorsque j’ai cru deviner le titre « Fils-des-brumes » sur un livre n’ayant rien à voir avec celui-ci.

J’avais énormément aimé Elantris du même auteur, et n’avais guère de crainte concernant l’Empire Ultime. A la base, je voulais l’acheter en grand format, car la série n’est pas complétement sortie en poche. De plus, ces poches-là sont souvent très facilement abimés, surtout lorsque le nombre de pages est aussi conséquent (je me visualisais déjà, agenouillée, versant toutes les larmes de mon corps en tenant deux moitiés de livre car la tranche se serait déchirée… j’ai tendance à souvent dramatiser, Kelsier aurait-il déteint sur moi ?). Mais bon, je me suis dit que ça allait au moins m’obliger à faire une pause dans la lecture de la série, histoire de faire durer le plaisir.

Ce grave problème existenciel concernant le format dudit livre réglé, nous allons pouvoir passer à l’intérieur du livre, ce qui est, à la base, le sujet de ce billet, rappelons-le tout de même.

 

Donc. Pour faire court (voyons si je sais faire… fufufu) :

 

Vin, seize ans, est une voleuse skaa (traduire par, au choix : pauvre, sous-fifre, esclave, en fonction de ce qui vous paraîtra le plus adapté à votre sensibilité, ou votre absence de sensibilité, justement) qui vit dans L’Empire Ultime, et plus précisément à Luthadel, sa capitale. L’endroit, tout à fait charmant, avec ses cendres qui tombent en permanence du ciel ainsi son soleil rouge, est gouverné par le Seigneur Maître (tadadadaaaaam)(Marche de Dark Vador en fond sonore). Une bien triste vie s’offre donc à elle… jusqu’au jour où elle rencontre Kelsier. Kelsier est un des plus grands voleurs de l’Empire, oui, mais c’est également… un fils-des-brumes… (tadadadam bis). Et, ensemble, ils vont tenter de renverser l’empire… (tadadadam final).

 

Speech bien classique en soi, nous sommes d’accord. La petite héroïne insignifiante en apparence qui rencontre un grrrrrand mentor et avec lequelle elle va s’atteler à une tâche absolument impossible à réaliser normalement mais qu’ils vont bien sûr réussir haut la main (« parce que c’est de la fiction, tu vois, quoi »). Bonjour message d’espoir et de « on a chacun un héros en nous blablabla ». En gros, exactement le genre de truc qui me laisse de plus en plus de glace, et, honnêtement, je n’aurais pas déjà lu – et adoré – un autre livre de l’auteur, j’aurais passé mon chemin sans plus de questionnement. Pour tout dire, autant le résumé d’Elantris « déchirait carrément sa mémé », autant celui-ci… euh… Bof (quelle éloquence, je sais). Seulement, je comptais sur ce cher Brandon (j’ai lu deux de ses livres, je nous considère donc déjà comme assez intimes pour nous passer de formalités tels que nos noms) pour faire preuve d’une imagination aussi débodante que dans son premier roman.

 

Résultat ? Brandon a dignement relevé le défi.

 

Si le fonctionnement du monde est, en somme, assez classique (oui, Brandon, le coup du « super méchant mystérieux qui domine, et les autres obéissent », on l’a déjà fait, ce cher Dark Vador pourra d’ailleurs te dire que ce n’est au final pas une très bonne idée puisque ledit méchant finit pratiquement toujours par se faire « poutrer » magnifiquement sa grande gueule de vilain pas beau), les magies utilisées sont juste magnifiques. J’ai totalement succombé devant l’allomancie, cette mystérieuse magie des métaux, dont j’ai découvert les secrets, ainsi que la ferrochimie, qui, bien que moins developpée, n’en est pas moins des plus intriguantes et innovantes.

 

J‘ai aimé les personnages, tous très différents les uns des autres, particulièrement Sazed, l’érudie ferrochimiste
dont j’adorais chaque apparition, Elend m’a bien plu, Ham, le guerrier philosophe m’a absolument conquise, intriguée ou encore fait mourir de rire. Malheureusement, si Vin est mignonne et touchante, je n’ai pas totalement accroché. Quant à Kelsier, j’ai aimé la complexité du personnage, mais, malgré ce développement, je garde une étrange sensation de « surface ». Il joue le rôle qu’on attend de lui… mais j’ai plus eu l’impression d’avoir affaire à un très grand acteur qu’à un personnage ; très étrange sensation.

 

L‘intrigue, elle, est de facture plutôt classique, et souffre de quelques longueurs au début. Ce qui, sans me déranger véritablement, m’empêche de dire qu’elle est vraiment solide. La deuxième partie du livre est beaucoup plus efficace de ce côté-là à mon sens. J’ai beau aimer les histoires lentes et développées, la manière de le faire ici m’a parfois laissée perplexe.

A contrario, autre côté que j’avais déjà relevé dans l’autre livre de l’auteur et qui est aussi très présent ici : le côté politique qui est toujours aussi bon. C’est un réel plaisir de vraiment suivre le fil des intrigues de la cour, ces passages où l’équipe décrypte l’avancée de leurs démarches et ce qu’ils projetent de faire afin de faire tomber le système me séduisent toujours autant et j’espère en avoir autant dans les prochains tomes.

 

 


 

 

 

Au final, je crois pouvoir dire que, à ma grande surprise, j’ai un petit peu moins aimé L’Empire Ultime qu’Elantris. Peut-être la faute à l’intrigue dont le déroulement a été géré d’une manière quelque peu étrange, aux quelques passages peut-être trop « héroïques », surfaits, à mon goût (je vous promets, lors d’un certain discours de Kelsier, j’entendais dans ma tête une musique super grandiloquente à la Starwars ou autre superproduction hollywoodienne du même genre ; flippant), le livre n’avait pas besoin de ça pour souligner le fait que ces moments là étaient cruciaux. Un petit manque de subtilité qui était moins flagrant dans Elantris, je pense.

Par contre, énormissime coup de coeur pour les magies développées, ça faisait longtemps que je n’avais pas lu quelque chose d’aussi innovant en fantasy, limite j’avais des coeurs à la place des yeux lorsque je découvrais leur fonctionnement (genre « moi aussi je veux brûler du potin et être superforte… » et par là, je n’entends pas raconter les derniers ragots du village, hein) ainsi que pour les intrigues politiques toujours aussi bien développées.

Petit regret concernant les personnages, mais peut-être le côté un peu trop caricatural de certains se gommera-t-il dans les prochains tomes ?

(Et puis, j’ai tout de même versé ma larme à un moment du livre, donc c’est quand même que c’était drôlement bon les amis.)

 

 


 

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4 Comments on “Fils-des-Brumes, Tome 1 : L'Empire Ultime – Brandon Sanderson

  1. Et bien… il n’y a pas de quoi, Bouch’, c’est toujours un plaisir d’augmenter les wish-list de pauvres lectrices innocentes et naïves qui atterriraient… tout à fait par hasard, ici :p

    Pour ma défense, Elantris est vraiment chouette, tu sais… et ton exemplaire de l’Empire Ultime déprimait, tout seul (traduction –> au milieu de tous tes autres craquages :p) ; oui, oui, il
    me l’a dit, il m’a écrit un mail pour se plaindre, le pauvre :p

  2. Merci, Morgana, Merci. Merci de m’avoir poussée (oui oui, poussée) à rajouter Elantris dans ma Wish-List, comme ça, d’un simple coup de baguette magique (Car oui, après tout, tu es une fée, non ?
    :P), tout en me donnant furieusement envie de sortir ce joli bout de pavé de ma PAL. Franchement… C’est bas, très bas. 😛

  3. Ah ! Non mais c’est un vrai stress de lectrice ça, c’est terrible. Tu m’étonnes qu’après que je doive manger du chocolat pour supporter ça… (hum 0:) ) 😀

    C’est vrai que l’auteur maîtrise vraiment bien ses intrigues ! Il a intérêt aussi, vu les pavés qu’il fait. Mais il réussit à bien nous tenir en haleine, il est doué 😀 Ce n’est pas faux ce que tu dis sur Kelsier ^^
    -Morgana-

  4. Ahah, le coup de la peur du livre qui s’abîme, nous sommes deux dans ce cas-là 😛
    En ce qui concerne l’intrigue, elle m’a happée du début à la fin. L’auteur maîtrise tout, que ce soit l’allomancie ou les intrigues politiques, avec son lot de rebondissements et ses coups de tête. Il est vrai que le personnage de Kelsier est bien peu développé, mais je trouve que cela permet de laisser planer le doute jusqu’au bout quant à ses intentions. En résumé pour moi, ce premier tome est « juste » une petite perle 🙂

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