Gemma Bovery – Anne Fontaine

Gemma Bovery - Anne Fontaine

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Soyons honnêtes, ma première motivation pour voir ce film est apparue lorsque j’ai vu l’affiche présentant Gemma Arterton, la deuxième se situait à sa droite et s’appelle Fabrice Luchini. Comme ce n’est pas mon genre d’aller voir un film juste pour ses acteurs je suis quand même aller lire le synopsis. Quand même. Synopsis qui m’a intriguée… Vous remarquerez que j’ai rarement autant de bonnes raisons d’aller voir un film, mais finalement, l’appréciation n’est pas forcément proportionnelle au nombre de bonnes raisons… (si deedr se met à faire des maths on est pas sorti du foin…)

 

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Martin est un ex-bobo parisien reconverti en boulanger d’un village normand. De ses ambitions de jeunesse, il lui reste une forte capacité d’imagination, et une passion toujours vive pour la grande littérature, celle de Gustave Flaubert en particulier. On devine son émoi lorsqu’un couple d’Anglais, aux noms étrangement familiers, vient s’installer dans une fermette du voisinage. Non seulement les nouveaux venus s’appellent Gemma et Charles Bovery, mais leurs comportements semblent être inspirés par les héros de Flaubert.

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Rapidement dans le film, je me suis surprise à me dire que, quand même, entre Gemma Bovery et Tamara Drewe, on allait finir par ne plus voir Gemma Arterton que dans des rôles de midinettes citadines qui se retrouvent paumées à la campagne… En plus de cela, on retrouve dans le film une ambiance et une lumière similaire à celle de Tamara Drewe (bien que moins réussi selon moi…)

 

Là je ne le dis pas, mais pendant le film, mon cerveau criait au plagiat ! Finalement, cette ressemblance s’explique par le simple fait que les deux films sont des adaptations de romans graphiques de la même auteur (Posy Simmonds). Bien que n’ayant lu ni l’un ni l’autre, je ne peux que supposer que Gemma Bovery et Tamara Drewe sont tous deux de bonnes adaptations puisque qu’on y retrouve une pâte similaire alors même qu’ils ne sont pas réalisés par le même réalisateur ! (Stephen Frears et Anne Fontaine) (A moins qu’Anne Fontaine se soit inspirée du film de Frears, je vous dirais ça quand j’aurai jeté un oeil aux romans graphiques de Posy Simmonds !)
Malheureusement pour Gemma Bovery, cette constation implique une comparaison quasi inévitable 😀

Autant Tamara Drewe reste une de mes comédies préférées à ce jour, autant je ne garderai pas un souvenir impérissable de Gemma Bovery

 

Les ressorts narratifs et comiques ne me semblent pas très originaux, très « déjà vus » et passe partout. On rit volontiers, les gags fonctionnent bien, mais rien de très surprenant ou d’inattendu dans la réalisation. (Bien que cet avis soit conforté par la comparaison avec Tamara, j’aurai eu le même avec le film seul !)

Je trouve néanmoins que le duo Arterton – Luchini, pour le moins innattendu, fonctionne bien. Luchini lâche un peu son phrasé habituel intellectuel et ampoulé (sauf dans la voix off), et incarne parfaitement le rôle du boulanger de village ultra cultivé, vivant presque par procuration au travers de ses livres et notamment ici, à travers Madame Bovary.

 

 

Parlons en de Madame Bovary. Gemma Bovery se veut être une transposition moderne de l’oeuvre de Flaubert, au travers du personnage de Gemma qui semble ressembler en tout point à Emma Bovary. L’idée de base me plaît bien, je m’interroge plus sur son exploitation. Le personnage de Luchini se présente comme l’oeil extérieur, le lecteur en quelque sorte, qui fait le lien entre le personnage de l’oeuvre originale et cette femme qui vient habiter à côté de chez lui et qui lui fait penser à Emma. C’est justement ce lien qui est fait entre les deux qui me semble un peu dans un entre deux.

Je pense que si on a lu le livre, les similitudes sont trop appuyées et mises en avant par Luchini, et ne sont pas assez subtiles.

Ce qui me plait dans un film de ce genre c’est de trouver les références toute se
ule
, pouvoir même le revoir plusieurs fois pour en chercher de nouvelles et être super fière de moi. :p Ici Luchini insiste trop sur certains passages, certes primordiaux, mais quand même… La référence à l’arsenic présent dans la mort au rat, référence au suicide d’Emma Bovary est ainsi présent à plusieurs reprises dans le film, pour que le spectateur comprenne bien 😀

Et en même temps, si on n’a pas lu le livre, le tout reste un peu flou, et pour le coup on ne comprend pas tous les liens.

Evidemment, quand on va voir ce genre de film, autant au moins connaître l’histoire … le parti pris d’Anne Fontaine semble donc d’avoir voulu au contraire permettre à tous de voir le film, même sans avoir lu le livre, ce qui crée cet effet redondant lorsqu’on connaît l’histoire…

 

 

Je finirai donc là-dessus : malgré une narration un peu conventionnelle et attendue et un entre-deux au niveau des références, j’ai apprécié le jeu des acteurs et les personnages que je trouve malgré tout attachants et avec leurs petits défauts qui empêchent le film de tendre vers le manichéisme.

Une comédie sympa, sans plus.

Gemma Arterton et Fabrice Luchini  © Gemma Bovery, 2014

Gemma Arterton et Fabrice Luchini © Gemma Bovery, 2014

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