Habeas Corpus – Victor Boissel

Habeas Corpus - Victor Boissel

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La Luciole a dégoté ce livre il y a un bon moment maintenant (en traînant sur de sombres « sites livresques » appelés Livraddict ou Babelio… j’ai toujours su qu’elle allait dans des endroits louches :p). La couverture lui plaisait, etc. Du coup, elle a voulu que JE le lise. Logique, non ? (Mais j’ai tendance à me laisser un peu faire quand on me suggère une lecture, faible je suis :'( ). Finalement, j’ai ENFIN trouvé le temps de le lire, ce qui est tout bonnement fantastique 😀 D’autant plus que le pitch de départ était très intrigant :

 

Possède-t-on notre corps ou est-on notre corps ?

 

C’est une bonne question, hein ?

Parfait. Vous avez 4h. Faites pas cette tête, cette question a été posée bien des fois depuis l’Antiquité, et c’est celle que cette dystopie revisite au travers d’un univers bien particulier. L’auteur a donc dû passer un peu plus de 4h à essayer d’y répondre. 😀

 

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La jeunesse et la beauté, deux richesses qui d’ordinaire ne font que se dissoudre dans le temps.

Mais dans le monde où vit Edgaar Finker, la jeunesse et la beauté forment la monnaie avec laquelle on rémunère ceux qui accomplissent de grandes choses.

Un monde idéal, à bien des égards, un monde sans pauvreté, ni crime, ni police, un monde où le bonheur du plus grand nombre est la préoccupation de chaque instant.

Or un jour une main meurtrière frappe et une victime tombe. L’impensable est commis. Un meurtre. Il n’existe ni méthode ni institution pour l’élucider.

Edgaar Finker, le fonctionnaire qui a découvert le corps, se voit chargé de l’enquête. Il s’engouffre alors dans un dédale d’aventures qui lui révèleront les entrailles de ce monde à la plastique irréprochable.

 

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Ne vous méprenez pas : si seul Edgaar est mentionné dans le résumé, il est loin d’être le seul personnage de cette histoire. Au contraire. C’est d’ailleurs ce qui peut rendre les premiers chapitres compliqués à lire : on rencontre un nouveau personnage à chaque chapitre, souvent sans lien apparent les uns avec autres. Alors on joue au memory et quand on en retrouve un quelques chapitres plus loin, on essaye de se souvenir où est-ce qu’on l’avait déjà croisé. D’un côté, c’est bien, ça nous force à connecter quelques neurones supplémentaires, de l’autre ça peut devenir compliqué si on ne lit pas le livre de manière assez continue.

Comme je l’ai lu sur 2-3 jours, je n’ai pas eu ce souci, mais si j’avais été dans une période où je n’avais pas eu la possibilité de lire autant, cette partie de memory aurait probablement été ardue 😀

 

Cela dit, le monde créé est intrigant (et légèrement glaçant… :D) dès le début, et ça donne envie d’en savoir plus et de comprendre où l’histoire nous emmène. L’univers est assez oppressant, il y a une vraie ambiance et de bonnes idées que j’ai trouvées plutôt bien exploitées.

J’ai aimé sentir que le livre avait une vraie identité et qu’il l’affirmait.

 

En parlant d’identité, l’écriture de l’auteur en a également une assez reconnaissable. Là aussi, ça a été à double tranchant : Victor Boissel a son style. C’est riche, les tournures sont bien à lui et il s’amuse souvent avec les mots. Alors que pas mal de dystopie que j’ai lues avaient finalement un style assez neutre, c’est quelque chose que j’ai apprécié dans celle-ci, cette personnalité que l’on ressentait jusque dans l’écriture.

Mais (eh oui… double tranchant, tout ça… fallait bien que le « mais » arrive :D). Parfois, c’est juste fatigant : j’aurais eu envie que certains passages soient moins compliqués, écrit d’une manière plus limpide, avec des phrases que, lorsque j’étais fatiguée, je n’aurais pas eu à relire car j’avais décroché en cours de route.

 

Surtout lorsque des sujets déjà compliqués de base sont abordés. En effet, l’aspect politique du roman est extrêmement développé. Beaucoup de chapitres sont essentiellement composés de philosophie politique. En soi, j’ai trouvé ça très intéressant (sinon je ne ferais pas des études de philo… voilà…), mais c’était parfois très (un peu trop ?) long et compliqué. Habeas Corpus, c’est un roman, et comme je lisais un roman, j’avais parfois envie que la réflexion soit parfois retranscrite plus « clairement » ou diluée dans l’intrigue. Certains monologues des personnages ont menacé de me perdre, alors qu’ils abordaient des sujets que j’étudie en cours et que j’aime étudier en cours.

Il n’en reste que la réflexion est très intéressante, sans que l’on soit obligé d’être d’accord, ça fait réfléchir.

 

C’est ainsi que je dirais que ça a alternativement été une lecture un peu trop dense par moment, certains chapitres me perdant un peu, tandis que d’autres étaient très addictifs.

J’avais envie de voir où tout cela allait mener. Sans spoiler, j’ai apprécié la fin pas convenue qui tombe subitement et m’a laissée un peu perplexe sur le coup. Là aussi, ça fait réfléchir (après ça, je me suis refait l’intégrale des 140012 épisodes des Reines du shopping, histoire que mon cerveau ne décide pas de donner sa démission parce que je le surmène). Et il y a certains liens que je n’avais absolument-pas-du-tout-le-moins-du-monde-au-grand-jamais vu venir. Oui, oui tout ça. Et ça c’était chouette.

 

 

Habeas Corpus, c’est pour moi :

un univers bien construit,

des réflexions très intéressantes quoique exposées parfois trop longuement

et une écriture que j’ai à la fois appréciée pour son style particulier et riche

et moins aimée pour les lourdeurs qu’elle apportait parfois à un récit déjà complexe.

 

Intéressant !

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One Comment on “Habeas Corpus – Victor Boissel

  1. pas trop mon style de lecture, et si en plus tu te perds dans ta lecture…très peu pour moi !
    Je ne savais pas que tu étudiais la philo Morgana !

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