Hommage à Alain Resnais – Les Herbes Folles

 

Un article bonus cette semaine

pour rendre hommage à ce grand monsieur qu'est Alain Resnais

qui s'est éteint samedi, parce que ça m'a rendue vraiment triste quand je l'ai  apprit, comme si je l'avais connu

personnellement …

 

En quelques mots, pour ceux qui le connaitraient moins, (mais mots seulement car je pense que les rétrospectives ne vont pas manquer sur internet et à la télé dans les jours à venir 😉 )
Alain Resnais
est un réalisateur qui
a commencé à réaliser des films en 1936 (d'abord des courts métrages amateurs, puis son premier long métrage en 1959) et qui donc vécu et participé aux différents moments clés du cinéma français, notamment à la Nouvelle Vague. Je vous renvoie aux articles cités en bas de page si vous souhaitez en savoir plus.

Au-delà de ça, Alain Resnais à d'autant plus sa place sur ce blog qu'il a toujours gardé sur ses films un lien très étroit avec les différents arts, et particulièrement avec la littérature. Il a par exemple collaboré avec des auteurs pour l'écriture de ses films : Marguerite Duras a écrit le scénario et les dialogues d'un de ses films les plus connus : Hiroshima mon amour. Il a également adapté au cinéma pas mal de pièces de théâtre, la plupart écrites par Alan Ayckbourn. Dans la forme même, le théâtre est important pour Resnais : Smoking/No Smoking reprend une structure de petites scènes de théâtre les unes à la suite des autres et Vous n'avez encore rien vu avec sa mise en abyme de la pièce d'Anouilh : Eurydice.

 

N'importe lequel de ces films aurait donc eu sa place sur le blog mais

j'ai choisi de vous parler des Herbes Folles,

sa seule adaptation de roman, tiré du livre de Christian Gailly, L'Incident.

 

C'est un film qui a enthousiasmé la critique, que j'ai moi aussi adoré, mais que la plupart des spectateurs n'aime pas. Et j'aime vous parler de films sur lesquels j'ai une opinion à contre courant ! 😀

Monsieur Alain Resnais ne filme pas la littérature, il compose des images qui nous parlent d'autre chose, de quoi, je ne sais pas, mais ça se voit, et c'est à mon avis ce que le cinéma doit être.

Christian Gailly, auteur de L'Incident

Hommage à Alain Resnais - Les Herbes Folles

Les Herbes Folles, c'est un film qu'on ne peut pas juger objectivement tellement il est étrange, le genre de film que les critiques appellent OVNI, qu'on ne sait pas dans quelle catégorie ranger car il est inclassable. Pour Allociné qui doit bien le référencer quelque part, c'est dans "Drame, Romance", mais "Drame, Romance" ne donne aucun aperçu sur ce film imprévisible.

Pas d'avis objectif possible donc, on aime ou on déteste. Et moi j'aime 😀 Je souhaitais en parler car si ce film m'a enchanté dès la première fois que je l'ai vu, je n'ai jusque-là trouvé personne à qui je l'ai montré et à qui il a plu ! Certains l'ont trouvé agaçant, d'autres juste nul et d'autres encore n'ont pas compris, et ce même parmi des fans de Resnais. Mais à chaque fois c'est frustrant, je suis la seule à rigoler… Il n'y a que mon frère qui m'a accompagnée dans mon délire et a qui ça a plu ! L'humour bizarre c'est de famille ! Car effectivement, pour aimer les Herbes Folles, il faut aimer l'absurde. Tout est imprévisible, part dans le grand n'importe quoi, jusqu'aux répliques les plus inattendues et farfelues : « maman ? Quand je serai enceinte, je pourrai manger des croquettes ? ».

Si on tient à y chercher un sens, disons qu'Alain Resnais cherche peut-être à montrer l'absurdité de l'existence mais … on s'en fout ! Oui pour une fois je n'ai pas envie d'analyser, je n'ai pas envie de me poser de question, prenez le film au 10000ème degré et appréciez-en l'absurdité point.

 

Le scénario commence très simplement : un homme récupère le porte-feuille d'une femme dans un parking sous-terrain et cherche à le lui rendre.

Cet homme c'est André Dussolier, la femme, Sabine Azéma, deux grands acteurs qui tournent depuis longtemps avec Alain Resnais et qui apportent à ce film une petite touche de folie. Les herbes folles ce sont eux, c'est aussi le film en lui-même : un film un peu fou, à contre-courant de tout ce qui se fait aujourd'hui, un film libre et léger qui s'est détaché des conventions. Ajoutons à cela de belles couleurs saturées, bien vives, qui donnent la pêche et inspirées de la bande-dessinée (qui tient particulièrement à cœur à Resnais) : moi j'adhère ! Mais je dois admettre que c'est particulier, et je comprends parfaitement qu'on puisse ne pas aimer…

 

Ceci dit, si un jour vous souhaitez tenter l'expérience, allez-y sans prise de tête, si vous ne comprenez pas, c'est normal, ya rien à comprendre alors ne restez pas bloqués là-dessus 😀 Après, si ça vous fait pas rire, bah, c'est pas grave non plus … comme je vous l'ai dit, on aime ou on aime pas, ya pas vraiment de juste milieu !

 

 

Après ce petit avis , je n'ai plus que quelques mots à dire :

Un grand merci à Alain Resnais pour tous ces beaux films durant ces nombreuses années. Nous découvrirons avec plaisir Aimer, boire et chanter le 26 mars prochain !

 

Pour aller plus loin :

 

Qui est Alain Resnais ?

– La rétrospective d'Allociné

Biographie wikipédia

 

Filmographie sélective : (les films en lien avec la littérature)

– Hiroshima mon amour, 1959 (dialogue et scénario : Marguerite Duras) Très beau film, grand classique. Touchant bien comme il faut. "J'ai tout vu à Hiroshima, tout."

Mélo, 1986 (d'après la pièce d'Henri Bernstein)

Smoking/No Smoking, 1993 (d'après la pièce Intimate Exchanges d'Alan Ayckbourn, revisite le théâtre).

Coeur, 2006 (d'après la pièce Petites peurs partagées d'Alan Ayckbourn.)

Les herbes folles, 2009 (d'après le roman L'Incident de Christian Gailly)

Vous n'avez encore rien vu, 2012

Aimer, boire et chanter, 2014 ('après la pièce Life of Riley d'Alan Ayckbourn)

 

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2 Comments on “Hommage à Alain Resnais – Les Herbes Folles

  1. Pour le coup Les Herbes Folles s’éloigne pas mal de la Nouvelle Vague, mais garde quelques principes, destabiliser le spectateur, et puis on sent que Resnais aime innover !
    Je ne connaissais pas L’Année dernière à Marienbad tiens, ni le raccord léopard, ça m’intrigue je vais essayer de regarder ça, merci ! 🙂

  2. Ah j’adore ton article, ayant étudiée Resnais ce semestre en cinéma, dans la Nouvelle Vague. Je n’ai jamais vu Les herbes folles mais il me tenterai bien comme expérience, pour savoir comment moi je le ressens. Pour les deux que j’ai vu : Hiroshima et L’année dernière à Marienbad, j’ai du les analyser en les regardant, donc c’est vraiment après coup que je les ai appréciée et décantée. Je te conseil L’année dernière… vraiment excellent, si tu aime justement le  »bizarre », car les raccords sont ce que Resnais nommais raccord léopard, c’est à dire que d’une image à l’autre tu passes d’un temps à un autre. Film magnifique avec des décors et des robes que tu ne cesse d’admirer !

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