Howl's Moving Castle – Diana Wynne Jones & Hayao Miyazaki


 

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J’ai lu ce livre pour une simple j’aurais bien aimé dire « et bonne », mais… vous allez comprendre raison. Tout d’abord, il faut savoir que j’aime énormément l’oeuvre de Miyazaki. Vraiment. Pour moi c’est juste mon dieu de l’animation. Howl’s Moving Castle est le livre qui l’a inspiré pour « Le château ambulant », qui fait partie de mon top 3 de mes Miyazaki préféré. Je ne vais pas m’étendre sur le film car la Luciole vous en parlera bien mieux que moi plus bas, mais, en gros, la raison pour laquelle j’ai acheté ce livre tient à un seul mot : Hauru. Tout comme je suis complètement folle du Fou (L’Assassin Royal) en littérature, Hauru c’est mon béguin en dessin animé. Je l’ai vu, et j’ai succombé. Finito. Si vous cherchez Morgana, elle est en train de baver le regard dans le vide en admirant Hauru… euh, Le Château Ambulant.

 

Cette entrée en matière absolument passionnante faite, nous allons pouvoir passer au livre. Pour ceux qui n’auraient pas vu le dessin animé, dans ce cas, c’est dix coup de règle sur les mains suivi du visionnage en mode repeat pendant quinze jours l’histoire est celle de Sophie, une jeune fille dont le père vient de décéder. Etant l’aînée d’une fratrie de trois soeurs, la croyance de son monde veut que celle-ci soit forcément malchanceuse. Elle se retrouve à travailler à la boutique de chapeaux de feu son père, tandis que sa belle-mère vaque à des occupations indispensables telles que se trouver un nouveau mari riche. Seulement, comme si cela ne suffisait pas, sa malchance frappe à nouveau lorsqu’elle froisse la Sorcière des Landes et se retrouve dans la peau (froissée, elle aussi… Ok, je sors)… d’une vieille femme de 90 ans. Ne voulant pas que ses proches la voient ainsi, elle décide de quitter sa petite ville… C’est ainsi qu’elle va croiser la route du château ambulant, lieu de vie d’Hauru, un magicien qui a la réputation de manger le coeur des jeunes filles. Mais que cela lui importe-t-il, à notre mamie Sophie ? Autant que son apparence lui serve à percer les secret et à mater (prenez-le dans le sens que vous voulez) cette jeune et séduisante petite terreur, non ?

 

Et là elle va rencontrer Calcifer, le démon qui entretient le feu, donc la chaudière, et fait avancer le château ambulant. Calcifer est un personnage plein de « piquant », avec de jolis répliques, bref, il est trop cool ce petit démon. Il y a aussi Michael, l’apprenti d’Hauru, qui est plus âgé que dans le film. Il tient également une place plus importante et j’ai aimé le découvrir un peu plus ici, même si le petit garçon du Miyazaki garde un plus « fort pourcentage de choupisme » oui, ce terme est breveté. Par… moi. Ca compte. Becoz’ c’est moi qui écris l’article. et que j’ai une affection particulière pour lui.

Je m’aperçois que j’ai commencé par les personnages alors que je ne fais jamais ainsi, alors finissons avec ce point-là : Sophie, elle est cool. Un peu gnangnan à la fin, et « un peu » extrême dans sa décision de partir comme ça, toute seule, sans rien dire à personne juste parce que… euh… elle se sent l’âme d’un héros d’un seul coup, peut-être ? Après, il me faut dire que ceci est de la fantasy très, très jeunesse. C’est le genre d’histoire qu’on lit à un gamin à 7 ans, l’histoire en question reste cultissime pour lui toute sa vie, en gros. Alors, non, je n’ai pas 7 ans, à moins que ma mère m’ait menti sur ma date de naissance… bah quoi ? on ne sait jamais ! Vous avez une idée du nombre de bouquins qui essayent de vous faire passer des révélations plus improbables que ça encore, les gars ?, mais, mis à part lorsque je « fangirlisais » autre terme breveté pour l’occasion sur Hauru, j’avais l’impression de les avoir à nouveau. Du coup, j’ai admiré Sophie et son courage au lieu de me dire qu’elle avait des réactions juste débiles. Je me suis aussi inquiétée avec elle vis à vis des véritables intentions et sentiments d’Hauru ; bref, je me suis très, très bien entendue avec elle.

J’ai gardé le meilleur pour la fin, yep ! La sorcière des landes !

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Mais non, vous me prenez pour qui ? On s’en fout de la méchante, on va parler d’Hauru bien sûr. Ai-je été autant séduite que dans le film ? Oui. Totalement. J’ai bien retrouvé l’esprit du personnage, son côté complètement classe et terriblement infantile, le mystère qui l’enveloppe, même si celui-ci est largement entamé ici car ses actions sont expliquées à un moment ou à un autre. Et oui, nous ne sommes pas dans un Miyazaki, où il reste toujours une zone d’ombre, d’inconnu, de non-expliqué. Exemple tout bête : la roue à quatre couleurs qui permet d’accéder à quatre endroits différents. Dans le film, Hauru disparait souvent par le monde noir et on ne sait pas réellement ce qui s’y cache. Ici, on le découvre et cela fait même l’objet d’un aspect important de l’intrigue.

 

Effectivement, l’intrigue diffère pas mal de celle du film. Dés le début, pleins de petits détails nous montre que nous sommes dans l’histoire de Diana Wynne Jones et non dans le film de Miyazaki, mais, plus on avance dans l’histoire, plus elle prend un tour différent de celle du film. Et… Cela ne m’a absolument pas gênée. J’ai également aimé car ça tenait la route, l’intrigue se déroulait agréablement, je retrouvais l’ambiance du film, la touche de Miyazaki en moins, celle de Jones en plus, et je me régalais ainsi. C’était l’occasion de découvrir le monde et les personnages différemment (voir même d’en rencontrer de nouveaux).

 

L’écriture de Jones est simple (et heureusement, sinon je n’aurais pas lu le livre en anglais sans ouvrir le dictionnaire une seule fois), mais très agréable. Après, étant donné que c’était une lecture en anglais, je ne saurais en dire plus sur ce point-là ; j’étais
plus focalisée sur le fait de bien suivre que sur le rythme des phrases et je serais bien en peine de critiquer des tournures de phrases alors que c’était un livre en anglais, ce serait juste d’une hypocrisie monstre de ma part étant donné mon niveau 😀

 

Le seul vrai reproche que je ferai au livre est sa fin, trop simple et convenue en comparaison du reste de l’histoire. Ca reste un petit bijou de jeunesse pour moi ce livre, avec son monde juste magique, ses personnages que j’adore et son histoire adorable, mais la fin fait un petit peu trop « disney » dans l’esprit à mon goût. L’auteure fait soudain très simple et le déroulé manque un petit peu de subtilité. Sur ce plan-là, je trouve celle de Miyazaki beaucoup plus poétique.

Les deux arrivent à la même conclusion, mais ont géré leurs histoires différemment et j’ai un faible pour la méthode du réalisateur japonais qui a su mettre plus d’émotion selon moi. Je suis émue par le « Howl’s Moving Castle » de Miyazaki, et j’ai envie de m’écrier « C’est trop chou ! » et de faire des coeurs avec les mains (sans commentaire, hein ? merci, pour la peine je vous ferai des coeurs avec les mains pour vous aussi) en parlant de celui de Diana Wynne Jones.

 

Sur ce, je vous laisse avec La Luciole, qui va se charger de vous parler du Miyazaki (si elle ne vante pas assez les qualités d »Hauru, dénoncez-là, elle sera privée de chocolat, merci d’avance).

 


 

A mon tour donc ! je sais que vous trépigniez d’impatience en m’attendant.

 

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Morgana a évoqué la partie « est-ce une bonne adaptation », et c’est une excellente chose, car je n’ai pas lu le livre. Quand elle m’a proposé de faire cet article collaboratif  (ouuuh que ca fait pro!)  je me suis dit que j’allais avoir un peu de mal, je n’ai jamais jamais jamais ecrit la moindre critique ou le moindre avis sur un film d’animation. Cette reflexion m’a amenée à m’interroger sur ce qui était fondamentalement différent d’un » film filmé », puis quel était du coup l’intérêt de faire un dessin animé plutôt qu’un film, et enfin, pourquoi certaines histoires sont faites pour être mises en images et pas interprétées par des acteurs. (Oui, je suis quelqu’un qui refléchit beaucoup! 😀 )

Je me suis dit que j’allais en guise d’introduction vous faire part quelque peu de mes reflexions, comme je l’ai fait pour le Parfum avec la notion d’adaptation. (j’aime tellement ces petits paragraphes reflexifs que je vais peut etre en faire un à chaque fois, qu’en dites-vous? Non pas taper !!)

 

Pourquoi certaines histoire, et notamment celle-ci, sont-elles donc plus faite pour un film d’animation que pour un film ?

 

Certes, Miyazaki ne fait que des films d’animation, c’est la premiere raison pour laquelle Le Château Ambulant est un dessin animé. Mais en réalité ce n’est pas vraiment une réponse, car si Miyazaki l’a choisi, c’est justement parce que cette histoire est faite pour être un dessin animé.

 

Comme je m’étais dejà posé cette question, j’ai revu le film ce matin en imaginant ce qu’il aurait été s’il avait été un film … Et ben c’était moche ! vraiment ! Pour faire exactement le même film sans dessin, il aurait fallut des effets spéciaux à la pelle. Alors, vous allez me dire c’est pas grave, maintenant on sait faire. Mais je trouve, ça n’engage que moi, mais je suis là pour donner mon avis alors je le donne 😀 que les effets spéciaux et la poésie ne font pas très bon ménage. Les effets spéciaux ont quelque chose d’artificiel, de froid, qui n’invite pas vraiment à rêver de la même façon dont Miyazaki nous y amène. Quand les effets spéciaux cherchent à faire naitre de l’émotion, ou à créer la même ambiance, la même lumière qu’on a dans Miyazaki, c’est souvent kitsh. Il n’y a qu’à voir Cloud Atlas ou Lovely Bones, on se croirait dans une pub, c’est trop lisse, et au final, l’émotion n’est pas vraiment là. (si vous voulez démentir ce que je dis, et me prouver que j’ai tord avec un exemple de film où les effets spéciaux sont tout à fait poétiques, n’hésitez pas, j’en serai ravie ! 🙂 )

 

Attention ! je ne suis pas en trai
n de dire que je n’aime pas les effets spéciaux et qu’il faut les bannir, je pense juste que sur une telle histoire ils ne sont pas vraiment appropriés.

 

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L‘autre avantage du dessin animé c’est que les personnages sont souvent beaucoup plus parlants qu’un acteur. On dit souvent qu’il ne faut pas se fier aux apparences, que l’habit ne fait pas le moine et autres blablas; mais dans un film d’animation si ! L’apparence du personnage raconte vraiment quelque chose, elle nous renseigne sur qui il est. Dans un film aussi, c’est vrai, on fait attention au casting et aux détails, mais c’est différent, on ne peut pas modifier à loisir les traits de l’acteur, ça reste un humain; encore une fois, les effets spéciaux le peuvent, mais pas de la même manière qu’un dessin. Sophie vieille interprété par un humain qui aurait la même apparence que le dessin serait juste grotesque (et ne parlons pas de la sorcière des landes!).

Le dessin permet donc une plus grande liberté quant à l’apparence des personnages. Les personnages participent à raconter l’histoire. La preuve avec le château ambulant puisqu’ils n’ont même pas la même apparence tout le long du film. Sophie vieillit ou rajeunit selon son état d’esprit et les événements qui surviennent autour d’elle, et justement seul son apparence permet au spectateur d’avoir une idée de son état d’esprit actuel.

 

 

 

 

Maintenant avec ces petites pistes, je vous laisse imaginer comment serait Le Château ambulant si c’était un film. Il aurait été tout à fait différent, n’aurait pas amené les mêmes sensations et les mêmes émotions, or c’est comme ça qu’on aime les films de Miyazaki, et pour ma part je ne les troquerai pour rien au monde !

 

 

 

J‘aime TOUS les Miyazaki, et le Château ambulant fait partie de mes préférés !

 

Les dessins de Miyazaki, et plus généralement des studios Ghibli, sont toujours magnifiques, surréalistes en restant vraisemblables. C’est tellement beau, on est tellement plongé dans l’histoire qu’on en oublie presque que c’est un dessin animé. L’animation est réaliste et fluide. Le trait est fin et reste homogène. Ce n’était pas le cas par exemple du Château dans le Ciel, où on voyait par avance ce qui allait bouger car le trait était beaucoup plus gros. Ca m’avait beaucoup gênée et fait sortir de ma transe miyazakienne dans un moment pourtant beau à en pleurer 😀

Là ce n’est pas le cas, on s’y croit, et on a envie de plonger dans son monde (certains comme Morgana tombent même amoureux des personnages. Ce qu’elle ne dit pas, c’est si elle aime Hauru l’humain-magicien-aux’cheveux-qui-changent-de-couleur ou Hauru l’espèce-d’oiseau-qui-ne-ressemble-pas-vraiment-à-un-oiseau. Alors moi j’ai un peu peur maintenant…)

 

On peut voir l’histoire de Sophie comme une sorte de voyage iniatique, comme c’est très souvent le cas chez Miyazaki. Les personnages vivent une aventure qui au final les fait grandir. Le réalisateur adore d’ailleurs couper les tresses de ses personnages pour symboliser la fin de l’enfance, c’est le cas ici avec Sophie, et avec Shiita dans le Chateau dans le ciel. On trouve d’ailleurs souvent, mais d’autant plus ici, une réflexion sur l’âge et le temps qui passe. Miyazaki montre ici que l’âge ne change pas qui on est vraiment au fond de nous. Sophie passe aléatoirement par tous les âges, de 20 ans à 90 ans, et reste pourtant la même. Parfois elle a même l’air plus jeune lorsqu
‘elle est vieille, ce sont les moments où elle est la plus apaisée, la moins tourmentée. Mais quand elle aime, elle rajeunit, comme quoi l’amour conserve !

C’est chez Sophie que c’est le plus flagrant mais tous les personnages montrent ces changements d’âges et d’apparence: la Sorcière des Landes qui se sert de sa magie pour rester jeune, l’apprenti d’Hauru et sa cape magique, et Hauru qui s’interroge: « A quoi cela sert-il de vivre si on n’est pas beau. » La suite du film lui montre qu’il n’y a pas que ça qui compte.

Ce film nous montre justement que l’apparence ne fait pas ce que nous sommes (oui ça contredit ma première partie, mais en vrai on n’est pas des dessins, alors la morale marche quand même! :D), les personnages sont presque tous victimes d’une malediction qui modifie leur apparence et restent pourtant ce qu’ils sont au fond d’eux.

 

Miyazaki fait donc ce qu’il veut du temps mais aussi de l’espace.

 

Le château se déplace, mais il a aussi la possibilité d’être dans plusieurs lieux à la fois grâce à sa porte magique et à sa roue quadricolore. Je parle volontairement de la roue, pour glisser un petit mot sur le « monde noir » de la roue. Morgana précise que dans le livre, ce monde a une réalité « logique » et que dans le film on ne sait pas vraiment ce que c’est. Pour moi c’était la partie sombre de chacun, et d’ailleurs quand Hauru y va trop souvent, sa partie démon reprend le dessus.

Le film de Miyazaki offre ainsi plusieurs lectures possibles, ce qui en fait, apparemment au contraire du livre qui est très marqué jeunesse, un film que peuvent regarder petits, grands et encore plus grands. Je l’ai vu plusieurs fois, à différents âges, et je l’ai toujours apprécié en y trouvant de nouvelles choses à chaque fois.

On peut toujours chercher à l’analyser, à chercher les sens cachés, Le Château Ambulant reste avant tout un conte plein de poésie et teinté d’humour (mention spéciale à Calcifer, Navet et Hihn le chien :D), appréciable par les petits et les grands. Alors laissez-vous portez par l’histoire, les images et la musique de Joe Hisaishi, et c’est parti pour un moment doudou !

 

PS: ce n’est pas parce que je n’ai fait pour l’instant que des articles sur des films que j’ai aimé et défendu que c’est le cas pour tous les films que j’ai vu. Mon côté méchant et critique ne devrait pas tarder à sortir ! Mouahahaha

 

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7 Comments on “Howl's Moving Castle – Diana Wynne Jones & Hayao Miyazaki

  1. Tant que ce n’est pas un navet au chocolat … ! *Luciole*

  2. Le quatrième œuf pour moi 🙂 Et s’il est près de Calcifer, on risque d’avoir un poussin en chocolat, non ?

  3. Félicitations pour ton premier oeuf et bienvenue ! Bonne Chasse ! 😉 *Luciole*

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