Jane Austen et l'Arlequin – Stephanie Barron

 

 

 

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* Jane Austen à Scargrave Manor – Stephanie Barron

* Jane Austen et le Révérend – Stephanie Barron

 

 


 

Voilà un moment que j'avais lu les deux premiers tomes de cette série (fin 2011, il me semble). Petit rappel : dans cette série, Stéphanie Barron transforme Jane Austen en dédective amatrice. Chaque tome dispose d'une enquête qui lui est propre, mais je trouve qu'il est plus sympathique de les lire dans le bon ordre pour se rendre compte de l'évolution des personnages ainsi que de leurs relations.

 

Bien. Je récapépète : en gros, l'idée générale de la série est sympathique, les intrigues plutôt bien gérées, et, le plus important : l'auteure a tendance à beaucoup aimer les scènes au clair de lune où les nombreux prétendants de Jane lui déclament son amour et, grands fous qu'ils sont, lui volent un baiser. Sérieusement. La Jane de S. Barron, c'est juste une sacrée tombeuse.

La, j'ai été très déçue, pas de scène au clair de lune dont j'aurais pu me moquer. Non non. Mais j'ai eu quelque chose qui se valait : Jane se meurt d'amour pour Trowbridge. Elle ne se l'avoue pas ouvertement, hein. Mais lorsque ce vilain, pour les besoins de l'enquête (toujours, le professionnalisme avant tout) il essaye de séduire l'une des suspectes (ce n'est pas comme si celle-ci était canonissime ; elle se serait appelée Roberte et il lui aurait manqué les dents de devant, je ne suis pas certaine qu'il se serait dévoué pour la bonne cause), elle s'inquiète pour lui et écrit :  "Et bien qu'il ne pût prouver que c'était elle qui avait tenu le poignard, le soupçon ne cesserait de le ronger de l'intérieur – empoisonnant ses pensées, gâchant son sommeil et lui soufflant que ses sentiments altéraient son jugement. (et, là, ma partie préférée 🙂 Il souffrirait, écorché vif par les atermoiements de son âme, et ce supplice finirait par lui faire comprendre la vérité." Céti pas mignon ? Franchement, ce passage là, j'étais partagée entre un "ouais. On est loin des écrits de JA elle-même" totalement blasé et un "ouuuuuais elle est trop drôle ta blague, allez, arrête de me faire marcher et file-moi le bon passage !"

Yep, je ne suis pas châritable . En vérité, il y a peu de passages comme celui-ci qui m'ont parus vraiment "gros".

 

L'intrigue tourne autour d'un meurtre qui s'est produit au cours d'un bal costumé auquel assiste Jane afin de rendre service à Lord Harold (je vous avoue que je n'ai jamais trouvé ce prénom aussi séduisant) qui lui a demandé de veiller sur sa nièce. Cette fois-ci, pas de concurrent pour ce ce cher Harold, c'est Jane au contraire qui a une adversaire et doit se battre pour son amouuuuur.

L'enquête en elle-même m'a franchement semblée brouillonne cette fois-ci. C'est sans doute celle des trois qui m'aura le moins passionnée, et je dois dire que j'ai eu du mal durant la première moitié du livre : je pouvais le reposer sans aucun regret.

Par contre, l'auteure semble toujours s'être aussi bien documentée, et la vie à Bath à cette époque-là est extrêmement bien décrite, j'avais l'impression d'y être ! Les petites notes en bas de pages étaient également bienvenues.

C'est sans doute cet aspect-là ainsi que sa relation avec Lord Harold qui m'ont le plus intéressée (ouiiiiii, je finis par l'avouer : j'adore le côté totalement surréaliste des aventures sentimentales de cette fausse JA, ça m'amuse terriblement).

 

Je noterai également le fait que Cassandra est absolument insupportable. Soyons d'accord : toute la famille de cette JA est insupportable (mis à part son frère Henry et son épouse Eliza, que j'aime toujours autant !), mais j'en attendais plus de la confidente de toujours de JA.

 

 


 

 

Bref, une série à prendre pour ce qu'elle est : de la parallitérature Austénienne agréable, bien documentée historiquement, mais dotée d'une Jane Austen qui ne me semble pas réaliste pour deux sous.

Malgré tout, le personnage me plaît bien, j'ai juste laissé tomber l'idée que c'était la romancière anglaise qui était sensé être figurée ici, je crois.

L'intrigue de ce tome est peut-être celle qui m'a le moins intéressée des trois lues jusque là, mais le cadre très réussi de Bath a compensé.

Que dire de plus ? Lord Harold, pourriez-vous déclarer votre flamme à Jane dans le tome suivant, sous magnifique un clair de lune ? J'apprécierais beaucoup. Merci d'avance.

 

 


 

 

Et, toujours, ceci a été lu dans le cadre du Challenge Austenien d'Alice !

 

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2 Comments on “Jane Austen et l'Arlequin – Stephanie Barron

  1. En effet, je crois que le mot « gouffre » est le plus adapté ! 😀 Je comptais lire « Mansfield park », à la base, et je me suis dit que si je lisais ce livre peu de temps après, j’allais juste le
    mettre au pilori… ce qu’il ne mérite pas, car il est sympathique en lui-même. Je pense lire la suite cet été, car c’est exactement le genre de bouquin que j’aime lire en vacances !

  2. On a un avis assez semblable sur ce tome (qu’en plus j’ai lu juste après Sanditon donc le gouffre entre les deux plumes était flagrant!) mais ton billet m’a surtout fait beaucoup rire!!

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