Jonathan Strange & Mr Norrell – Susanna Clarke

Jonathan Strange & Mr Norrell - Susanna Clarke

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Jonathan Strange & Mr Norrell, c’est une histoire de magiciens. Cette année, sur Deedr, on aura eu environ trois obsessions : les histoires de magie, l’univers de Jane Austen et les films de Joe Wright (plus le chocolat, mais ça c’est une constante). Bon. Pourquoi pas, hein ?

Jonathan Strange & Mr Norrell, c’est aussi un beau pavé de 1200 pages, qui aura demandé 10 ans de travail a l’auteur. Et on comprend pourquoi 😀

 

De quoi ça parle ? Jonathan Strange & Mr Norrell, ça parle de… eh bien, de Jonathan Strange & Mr Norrell (je sais, on a parfois de ces surprises, dans la vie). On est en Angleterre, en 1806. La magie a presque disparu d’Angleterre, et les soi-disant magiciens anglais sont surtout des théoriciens de la magie. Sauf qu’un jour, un mystérieux gentleman révèle son existence : Mr Norrell. Et lui, la magie, il ne fait pas qu’en connaître la théorie, il la pratique.

 

Norrell, c’est un rat de bibliothèque, un érudit avec des idées bien arrêtées :

1) La magie doit être restaurée en angleterre

2) elle doit l’être restaurée exactement de la manière dont il l’a décrété.

3) il a toujours raison et la fin justifie les moyens quand il s’agit de veiller à ce que les choses se passent comme il l’a décidé. 😀

 

Il vous paraît antipathique ? J’avoue avoir souvent changé de sentiments à l’égard de notre Mr Norrell. Il n’est pas très sympathique au premier abord, mais lorsque Jonathan Strange fait son apparition, on découvre de nouvelles facettes de ce bon vieux Gilbert Norrell.

 

Jonathan, c’est l’élève que Norrell finit par prendre dans la deuxième partie. Jonathan est à la fois opposé et complémentaire à Norrell. Il est jeune, a soif d’apprendre, a l’esprit plus pratique et est prêt à faire évoluer ses idées (qui divergent souvent de celle de Norrell, d’ailleurs).

J’ai beaucoup aimé suivre les hauts et les bas de leur relation mi maître/élève, mi amicale.

 

Susanna Clarke créé un univers extrêmement riche (<– ceci est un splendide euphémisme). Elle entremêle faits historiques (la guerre contre Napoléon, par exemple), à son « histoire de la magie » avec une facilité déconcertante. Il y a très souvent des notes de bas de pages où elle développe l’histoire de certains magiciens ou de certains sorts. On a donc parfois de petites histoires, un peu comme des « contes » qui seraient retranscrits en parallèle. Personnages historiques font donc la conversations aux personnages de Susanna. On peut également noter une petite saveur de Jane Austen ou de roman du XIXème siècle à la sauce fantastique. Un mélange que je valide complètement ! 😀

 

Ajouté à cela son écriture très descriptives et riche, la progression dans la lecture de l’ouvrage est donc parfois lente. Du coup, de deux choses l’une :

1) il faut s’armer de patience et accepter qu’on ne lit pas Martine à la plage.

2) cela donne des descriptions magnifiques des demeures et paysages anglais, avec une ambiance très réussie.

 

C’est sombre, un peu pesant mais aussi envoûtant et plein d’ironie (coeur avec les doigts pour l’humour « anglais »).

 

On ne va pas se mentir : parfois, c’est un peu long. Cela dit, même s’il n’y a pas des rebondissements de fous, l’intrigue est bien ficelée. Comme pour Anna Karénine, je dirais donc : c’est long, mais ça vaut le coup. D’autant plus que j’ai souvent eu des moments où j’avais du mal à lâcher le livre.

 

Le livre est divisé en trois partie. Plus on avance, plus on entre dans ce monde de magiciens, de fées maléfiques, de différents univers magiques entre lesquels voyagent les personnages… et plus que je me demandais où l’auteure nous emmenait. La réponse est : là où je ne m’y attendais pas.

La fin, qui peut être jugée un peu abrupte, m’a complètement séduite, je trouve que ça donne énormément de panache au roman !… et ça laisse espérer
d’autres aventures pour Strange et Norrell.

 

Eh bien voilà, maintenant, je saurai pourquoi Erilys a nommé son blog The Library at Hurtfew (vu le nombre de livre que possède ce bon vieux Norrell, je la comprends :D) et pourquoi Acr0 nous avait parlé de cet ouvrage avec tant de passion cet été. 😀

 

Si vous avez du temps devant vous et que vous vous sentez partants pour lire un joli pavé, lancez-vous ! On ne va se mentir, ça a du mal à démarrer, il y a des moments où ça se traîne un peu, mais l’univers est tellement spécial et complet, l’écriture d’une telle qualité, et l’humour tellement… « anglais ». Ca vaut le détour. J’ai vu que pas mal de personnes n’avaient pas du tout aimé et trouvé ça long et sans intérêt, mais le mieux est de se faire son propre avis, non ? Venez donc rencontrer ce vieux Gilbert 😀 

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5 Comments on “Jonathan Strange & Mr Norrell – Susanna Clarke

  1. C’est vrai qu’il reste antipathique mais sur la fin, j’ai presque eu de la peine pour lui à certains moments. Il sait tellement de choses mais est tellement incapable de faire quoi que ce soit par lui-même 😀 Jonathan est juste génial, j’ai vraiment aimé ce personnage haut en couleurs !
    Carrément ! Je n’aime pas beaucoup les notes en bas de pages généralement, mais là, j’aimais bien faire une pause pour découvrir une nouvelle petite histoire qui complète la grande !

    On a le droit d’avoir des avis divergents oui, mais c’est toujours agréable d’apprécier un roman que quelqu’un a conseillé avec passion je trouve 😀 Mais pour celui-ci, j’avoue que j’étais relativement confiante de base : ce type d’histoire et de ton sont tout à fait le genre que j’aime ^^

    -Morgana-

  2. Au final, Mr Norrell sera pour moi, antipathique. Il prend juste un peu d’importance pour mieux mettre en lumière Jonathan 😛 J’approuve ces notes de bas de page qui sont démentes ! J’ai beaucoup aimé ce roman mais effectivement, il pourrait ne pas satisfaire ceux qui recherchent de l’action. Mais justement, c’est toute l’ambiance et les descriptions qui font l’essence de ce roman.
    Pfiou, heureusement que je ne t’ai pas donné de faux espoirs cet été 😉 (ceci dit, on a le droit de ne pas aimer un livre que j’adore)

  3. Ça m’arrive régulièrement ce genre de problème. 😀 Ne serait-ce que l’Assassin Royal : j’adore cette série, mais le rythme n’est pas très égal. Moi ça ne me dérange pas, je lis trois phrases de cette auteure et je suis déjà hypnotisée, mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Ma sœur a facilement décroché à cause des moments où l’action n’est pas des plus palpitantes 😀
    Si l’écriture me plaît, en général, les longueurs ne me dérange pas trop, donc j’étais relativement confiante en commençant Jonathan Strange & Mr Norrell, comme je l’ai dit dans le commentaire pour Acr0 🙂
    Et de temps en temps, ça fait du bien de faire la sourde oreille à l’appel de la PAL pour pouvoir se replonger dans un livre qu’on a adoré. :p

    -Morgana-

  4. Je suis trop contente que tu l’aies aimé aussi !! Il y a tellement de gens qui l’ont trouvés trop long que j’hésite toujours à le conseiller alors qu’il fait partie de mes livres préférés. Ta chronique m’a donnée envie de me replonger dedans (pour la troisième fois) mais mon énorme PàL m’attend déjà :'(

  5. La chronique donne envie en tout cas. Puis je n’ai aucun scrupule à sauter les descriptions quand elles sont trop longues à mon goût, donc il est sur ma wish-list (qui n’en finit pas de s’allonger !)

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