La Curée – Emile Zola

La-curee.jpgPrésentation de l’éditeur

Aristide Saccard est le spéculateur véreux par excellence, l’enrichi impudent né des bouleversements du Baron Haussmann, lancé à la curie du Paris du second Empire. Renée, sa femme, est la parvenue dans toute sa splendeur, affolée de luxe, protectrice et amante de son gendre Maxime, incarnation du vice. Le mari ferme les yeux… un scandale peut toujours se révéler bon à monnayer. Le second volet des terribles « Rougon-Macquart.» est le roman-reportage de « l’or et de la chair» selon Zola. que la justice menaçait alors d’interdiction pour pornographie.

Fascinant.

C’est vraiment le mot qui décrit pour moi cette lecture.

A vrai dire, pour moi, à la base, Zola rîme avec ennui garanti, et je pense que je n’étais pas la seule à voir l’auteur et ses oeuvres ainsi. Non, ne niez pas, de toute façon je ne vous croirais pas, bande de mécréants.

Si je n’avais pas été obligée de lire du Zola dans le cadre scolaire, il serait resté bien sagement rangé dans la bibliothèque familiale.

Déjà, l’histoire et la manière de procéder pour nous la faire découvrir..

La curée est le deuxième tome de la série des Rougon-Macquart. Rougon-Macquart est le nom de la famille dont plus ou moins chaque tome concerne un membre. Ici, il s’agit d’Aristide Rougon, devenu Aristide Saccard une fois arrivé à Paris. Mais, en vérité, le personnage central de l’histoire est Renée, sa jeune femme, en pleine crise de la trentaine, avec qui il n’a plus vraiment d’intimité. Tous deux sont un peu des étrangers vivant sous le même toit, et chacun a une vie personnelle de son côté.

Si au début on ne connait rien du passé des personnages, nous avons d’abord droit à un long chapitre où nous découvrons Renée, et comprenons rapidement cette jeune femme atteignant la trentaine, arrivant à cette âge où elle se pose des questions et commence à se sentir vieille. Un terrible sentiment de lassitude semble émaner d’elle en permanence, et le lecteur, soit la trouvera insupportable, avec son côté martyre, soit, comme moi, essayera de comprendre un peu mieux les rouages de ce singulier caractère. Elle semble faire le rêve universelle du chevalier qui viendrait la dériver, de l’homme qui pourrait donner à sa vie le sel qui lui manque tant.

Renée est terriblement frivole, changeant d’amant aussi vite qu’elle change de robe (ce qui n’est pas peu dire, sachant combien elle passe de temps à se vêtir de la manière la plus excentrique possible).

Rapidement, on se rend compte qu’il va se passer quelque chose avec Maxime, le fils de son mari issu de son premier mariage. Ce personnage a particulièrement attiré mon attention, je dois dire. C’est… comment dire ? une sorte d’homme-femme…  ou du moins un garçon avec beaucoup de féminin en lui. Déjà physiquement, il est décrit comme très gracile, très soigné de sa personne, mais au-delà de ça il réfléchit comme une femme. Il calcule et intrigue d’une manière très féminine, contrairement à son père qui arrive au même résultat avec une démarche masculine. C’est très étrange, en y réfléchissant…


Bref. Ce n’est que dans le deuxième chapitre que l’on découvre vraiment qui est Saccard, sa “première vie”, avant de venir à Paris, lorsqu’il était marié à une femme de la campagne, la blonde et fade Angèle, mère de Maxime et de la petite Clothilde dont on n’entend pas parler dans ce livre-là.

Soit dit en passant, j’ai été choqué par la manière dont les personnes se débarrase en confiant leurs enfants à des membres éloignés de la famille ou en les envoyant en pension… ce devait être une manière de faire à l’époque, mais j’ai été heurtée par cette manière de faire.

Pour en revenir à Saccard en lui-même, c’est tout bonnement fascinant de découvrir la manière dont, en partant de rien, il arrive à devenir un des hommes les plus riches de Paris à l’époque, tout en n’ayant en vérité pas vraiment d’argent sonnant et trébuchant à disposition… étrange, vous dites ? C’est Saccard. Voilà tout. Il faut lire pour comprendre.

Retour à Renée et Maxime, qui deviennent amants pour de bon. J’ai souri en voyant que le livre avait presque été interdit pour pornographie à l’époque (je serais curieuse de voir les gens de l’époque lire ne serait-ce que des romans jeunesse d’aujourd’hui :D). En vérité, Zola était diabolique sur le coup. Il ne racontait pas l’acte en lui-même, mais les endroits où il se déroulait. Ceux-ci semblaient faire miroir, refléter, donnant une idée de la relation que Renée et Maxime mène, exprimant la domination qu’elle éxerce sur lui, mais c’est tout.

Diabolique à mon sens, vous dis-je.

Bref, bref, bref… la fin m’a inspirée de la tristesse à l’encontre de Renée qui, en fin de compte, n’a juste pas évoluée à la bonne époque à mon avis ou tout simplement su réagir comme il fallait au bon moment ^^

« La serre aimait, brûlait avec eux. Dans la clarté de la lune, dans la clarté blanchâtre de la lune, ils voyaient le monde étranges des plantes qui les entouraient  se mouvoir confusément, échanger des étreintes. […] A leurs pieds, le bassin fumait, plein d’un grouillement, d’un entrelacement épais de racines, tandis que l’étoile rose des Nymphéas s’ouvrait, à fleur d’eau, comme un corsage de vierge, et que les Tornélias laissaient pendre leurs broussailles, pareilles à des chevelures de Néréides pâmées. Puis, autour d’eux, les Palmiers, les Grands Bambous d’Inde, se haussaient, allaient dans le cintre, où ils se penchaient et mêlaient leurs feuilles avec des attitudes chancelantes d’amants lassés. »

(Page 221-222)

 

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6 Comments on “La Curée – Emile Zola

  1. 😀 😀 Non, mais, franchement, je ne dis pas que je vais lire la série complète, mais ceux que j’ai déjà, je ne dis pas non ^^

  2. Wahou, je l’ai lu pour le lycée, ça fait bizarre de s’en rappeler lol !!!!!!

  3. C’est ce dont je me suis aperçue, en effet 🙂

  4. Non, mais il y en a des vraiment sympa et agréables à lire 🙂

  5. C’est pas mal, je me dois de le reconnaître 😀

  6. Moi j’ai bien aimé, Le Ventre de Paris, L’Assomoir, Au Bonheur des Dames, Germinal et la nouvelle Thérèse Raquin.
    C’est pas mal comme score XD

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