La Maman des têtards – Nicolas Lacombe

Aujourd’hui, nous allons parler grenouille, têtards et nénuphars … ! Alors, non je ne suis pas prise d’une soudaine passion pour les amphibiens (ne soyez pas déçus), mais La Maman des têtards est un album qui m’a interpellée … J’ai eu l’occasion de rencontrer l’auteur au salon de la BD de Colomiers en novembre dernier. C’est là, qu’en discutant, qu’il m’a présenté son album, qui est loin d’être son premier album, et ses deux particularités qui ont retenu mon attention.

Premier élément intrigant : le choix esthétique, toutes les illustrations sont faites avec du scotch. Oui, voilà. Après la technique du laser, la technique du scotch. On va ouvrir un rayon Travaux et bricolage sur Deedr ! Mais ça je vous en parle dans la suite de l’article – du scotch, pas du rayon bricolage, entendons-nous bien.

L’autre élément qui m’a bien plu, c’est que cet album est adapté d’un court-métrage, lui-même adapté d’un conte populaire chinois, classique de la littérature jeunesse chinoise. Vous suivez ? 😀 Ca fait beaucoup d’adaptations, je l’admets.

Si je ne connais pas le conte d’origine, j’ai trouvé le court-métrage sur internet (et vous le joins en fin d’article).

Ce court-métrage d’animation chinois, réalisé en 1960 par Te Wei, peintre et caricaturiste, raconte l’histoire de petits têtards qui, en sortant de leurs œufs, ne trouvent pas leur maman. On les suit donc dans leur quête, à la rencontre de poissons, tortues, poussins … Tout plein de bestioles mignonnes qui vont assurément plaire aux jeunes lecteurs et spectateurs.

Sur la base de ce film, Nicolas Lacombe s’empare lui aussi de ce conte en l’illustrant avec sa technique singulière, et accompagné de la mise en texte par Chloé Laborde. Il propose à son tour une histoire très mignonne, dans laquelle chaque animal renvoie la recherche vers un autre détail « votre maman a un ventre blanc, elle a quatre pattes … » mais forcément elle n’est pas la seule ! 😉 Histoire attendrissante donc, qui plaira sans aucun doute aux plus petits.

Quand je dis « sur la base du film », c’est même plus qu’une base : l’album reprend scrupuleusement toutes les péripéties du court-métrage, jusqu’au nombre et à la couleur des poussins. J’avoue que j’ai été un peu déçue à ce niveau-là. J’ai plutôt tendance à parler de films adaptés de livres et non l’inverse, mais mon discours reste le même dans ce cas : j’aime quand l’œuvre est réussie pour elle-même et non en complément ou comparaison de l’autre. Bon ici, pas de soucis, l’album vaut réellement pour lui-même mais j’aurai eu envie qu’il s’affranchisse un peu du court-métrage et s’approprie un peu plus le conte au-delà de sa particularité esthétique.

Parlons-en justement de l’esthétique: Nicolas Lacombe a mis au point sa propre technique de dessin au scotch. Alors oui, ça fait plusieurs fois que j’en parle, mais k’est ce que c’est donc à la fin ?

L’illustrateur se sert du scotch à la fois comme outil, comme un peintre traditionnel se servirait d’un pinceau, et comme élément principal de son illustration. Le scotch lui permet de prélever de la couleur sur du papier, notamment des magazines (c’est écolo en plus, c’est chouette 😉 ). Couleur qu »il assemble ensuite par morceaux pour construire ses personnages et éléments de décor. Avouez que c’est original pour le coup ! Et que ce doit être un moyen excellent pour être ultra calé en marques et catégories de scotch ! 😀 Je regrette qu’on n’en apprenne pas plus sur la technique dans l’album, comme une sorte de petit dossier à la fin, parce qu’au-delà de cette description, ça m’intrigue vraiment.

En quelques mots : une technique très originale au service d’une histoire très mignonne. Difficile pour moi d’être pleinement enthousiaste, l’album étant vraiment destiné aux tout-petits. Toutefois j’avais vraiment envie de le découvrir, de voir ce que donnait le dessin au scotch, d’autant plus pour un livre jeunesse, et sur ce point-là je n’ai pas du tout été déçue. L’album propose une esthétique et un univers bien à lui. Le tout est très intéressant à regarder, mêlant douceur, déchirures de scotch et transparence.

Une lecture agréable et qui peut réellement séduire les petits lecteurs.

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5 Comments on “La Maman des têtards – Nicolas Lacombe

    • Oui, en vidéo c’est plus parlant ! ^^ Il y en a quelques autres sur son profil facebook également. Ce doit être le seul mec à être content quand il trouve des pubs dans sa boîte aux lettres ^^
      Pas mal pas mal le papier déchiré ! le rendu est vraiment original.

      • Bonjour il n’y pas de papier déchiré car je n’utilise que l’encre capté par le scotch

        • Bonjour,
          La technique du papier déchirée évoquée est celle d’une autre auteure, que SALT me conseille dans son commentaire précédent pour continuer de découvrir des techniques originales.
          Toutefois, il n’est pas plus mal de rappeler effectivement que le scotch ne prélève que l’encre des magazines, et non pas le papier lui-même, merci pour cette précision, et merci d’être passé sur l’article 🙂 Très bonne continuation et au plaisir de lire vos prochains albums !

          • Sara est une artiste pour qui j’ai une profonde admiration, je suis son travail depuis très longtemps via ses livres, j’ai fais sa connaissance il y a déjà quelques années sur le SLPJ de Montreuil, et j’ai toujours un grand plaisir à l’y retrouver, elle connais aussi bien mon travail.

            cordialement
            N.Lacombe

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