Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates – Mary Ann Shaeffer & Annie Barrows

Ahhh, Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates. Ce titre, on n’est jamais tout à fait certain d’avoir dit les bons mots dans le bon ordre…
Ce livre a tellement fait parler de lui qu’il advint ce qu’il devait arriver : moi aussi, j’eus envie de le lire (quoi, vous attendiez de l’originalité ? :D).

Le livre est sorti en 2008, je viens de le lire alors que nous sommes en 2017. Hé, pas mal non ? Moins de 10 ans. On a vu pire comme délai, non ? (NON).

Janvier 1946. Londres se relève douloureusement des drames de la Seconde Guerre mondiale et Juliet, jeune écrivaine anglaise, est à la recherche du sujet de son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d’un inconnu, un natif de l’île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre son monde et celui de ses amis – un monde insoupçonné, délicieusement excentrique. Celui d’un club de lecture créé pendant la guerre pour échapper aux foudres d’une patrouille allemande un soir où, bravant le couvre-feu, ses membres venaient de déguster un cochon grillé (et une tourte aux épluchures de patates…) délices bien évidemment strictement prohibés par l’occupant.

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Je ne chercherai pas à créer un faux suspense : Le cercle littéraire et moi, ça l’a fait moyen. Alors que je venais tout juste de commencer ma lecture, j’ai lu la chronique de Récolteuse de Mots, qui disait que le livre tendait parfois au « chiantouille », à savoir « chiant, mais de manière assez mignonne ». Eh bien, je n’aurais su trouver mieux pour qualifier mon sentiment face à cette lecture 😀 L’ennui m’a régulièrement visité, même si ça restait toujours extrêmement mignon. C’est vrai, ce livre respire la sincérité et les bons sentiments. Il m’a fait l’effet d’une véritable bouffée d’air frais avec option guimauve-un-peu-trop-sucrée. C’est étonnant, pour un livre parlant de la guerre.

Ici, on évoque bien les horreurs de la guerre, on en apprend pas mal sur le quotidien de ces personnes à cette époque. Au travers de l’héroïne, Juliet, c’est les événements à Londres que l’on découvre, et au travers des membres du Cercle littéraire, c’est le statut particulier de l’île de Guernesey qui est exposé. Tout le côté tragique de ce qu’ils ont traversé est contrebalancé par la bonté et la solidarité dont (presque) tous les personnages font preuve entre eux. Leur petit groupe, auquel Juliet s’intègre peu à peu, a quelque chose d’idyllique. Ils sont tous charmants, un peu cassés et meurtris, mais toujours adorables. On comprend que Juliet ne puisse rapidement plus se passer d’eux.

Seulement, j’ai souvent trouvé trop ça long. Peut-être est-ce la faute du format épistolaire, mais le récit m’a paru un peu mou. J’ai apprécié le côté doudou du roman, il m’a donné envie de partir directement pour l’île de Guernesey, mais j’ai trouvé quelque chose de très anecdotique à cette lecture. Pourtant, j’adore les romans doudous, mais celui-ci ne sera tout simplement pas l’un de ceux qui me marquera.

Je reste notamment frustrée par la fin : le point de vue adopté pour raconter certains événements (le journal d’Isola par exemple) a rendu cela drôle alors que j’avais envie de profiter vraiment de ces moments et d’être plongée dedans. Je me demande si je n’aurais pas plus apprécié le roman si la deuxième partie n’avait pas été au format épistolaire. Enfin, on n’est pas là pour réécrire le roman et je dirai même : heureusement que les auteures ont fait ce choix-là, car c’est celui qui a l’air d’avoir séduit des milliers de lecteurs ! 😀

Malgré tout, cela reste un moment de lecture très tendre, parfois instructif, et qui donne envie de voyager (Guernesey me voilà !). Si vous cherchez un roman doudou, celui-ci en est un qui a des chances de faire le job !

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22 Comments on “Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates – Mary Ann Shaeffer & Annie Barrows

  1. Je me souviens qu’il m’avait bien plu quand je l’avais lu… Il y a 6 ou 7 ans x)
    Dommage que tu sois passée un peu à côté, des fois on accroche des fois moins^^
    En tous cas comme toi, ça m’a carrément donné envie d’aller à Guernesey ! =D

    • Il a tout pour être une lecture agréable, donc je comprends ! C’est juste que j’ai moins accroché, comme tu le dis 🙂
      Mais rien que pour Guernesey, ça valait le coup de le lire : limite je suis obsédée par l’endroit maintenant 😀

  2. Rolala c’est nul j’ai plus de notifications quand y’a un lien vers mon blog du coup je passe à côté d’articles itout, je suis désolée 8.8 Mais ça me fait toujours tout drôle de voir mon blog cité haha donc merci beaucoup ! Et ça me fait rire de voir que tu as adhéré au concept « chiantouille », au final, c’est une bonne qualification pour les romans. :’)
    Ta chronique est très intéressante et en la lisant, je me suis également demandée si je n’aurais pas préférée que la deuxième partie ne soit pas épistolaire… Ca aurait permis de se sentir plus proches des personnages je trouve !

    • Tiens, c’est amusant, on se disait la même chose concernant Deedr l’autre jour ! Les pings ne marchent plus de notre côté non plus, donc je compatis T_T
      Le concept de « chiantouille » est top. Je te préviens, il risque de réapparaître d’autres fois dans mes chroniques. Avec ton autorisation, je l’adopterais bien volontiers dans mon langage quotidien ! 😀
      Je suis très touchée que tu aies trouvé ma chronique intéressante. Je l’avais écrite très vite et je n’étais pas très convaincue par le résultat, du coup je suis doublement ravie que tu l’aies trouvée digne d’intérêt !

  3. Je pense qu’il y a une vraie possibilité que l’auteure ait écrit ce livre sur ce ton optimiste pour ne pas se concentrer sur le fait qu’elle était en train de mourir d’un cancer ? (Elle est morte avant la publication, l’autre auteure étant sa nièce, qui l’a aidée à boucler ça quand elle est devenue trop malade). Bon ceci dit moi je n’ai pas trouvé ça écœurant ou mièvre (mais j’aime la guimauve, aussi), et j’ai lu ça très très (très) vite, donc on ne peut pas dire que je me sois ennuyée non plus. 🙂

    • Oui, j’avais lu l’histoire de l’écriture du livre, et ça a peut-être joué en effet 🙂 Mais comme je le dis (il me semble ?) j’aime bien la guimauve dans certains trucs. A certains moments, je vais clairement choisir une lecture juste pour son potentiel guimauve car j’ai BESOIN DE GUIMAUVE RIGHT NOW BORDAYL… en gros 😀 J’ai aussi lu ce roman vite, tout en ayant une vague sensation d’ennui qui me poursuivait… C’est juste que je n’ai pas su être touchée par le bouquin, au final. J’ai cherché des arguments dans l’article (notamment le format épistolaire, dont l’usage ne m’a pas forcément ultraaaaa convaincue), mais finalement, c’est juste ça : j’ai pas réussi à être sensible au truc. Et c’est triste T_T

      • C’est vrai que le format épistolaire c’est idéal quand il y a beaucoup de « tromperies » que révèlent les différents points de vue (Lady Susan, Les Liaisons dangereuses…), ce qui n’est pas le cas ici. Sinon ça peut être un peu quitte ou double (ma dernière incursion dans le genre, Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles, ne m’a pas du tout convaincue, et le marketing misait justement sur le « si vous avez aimé Le cercle littéraire blabla » !). Ceci dit la partie où elles apprenaient à se connaître était sympathique, c’est « le reste » qui m’a déplu. Peut-être que le problème vient ici du fait que la plupart des relations restent un peu superficielles ? (Honnêtement si j’ai bien aimé le roman il ne m’a pas laissé un souvenir impérissable non plus à l’exception de la citation d’Antoine et Cléopâtre, donc je peux me tromper, depuis le temps que je l’ai lu :D)

        • Voilà, mon gros problème, c’est aussi que j’avais en tête Les liaisons dangereuses (♥♥♥), qui utilise tellement bien ce format. Là, ça m’a comme gardée en dehors de l’histoire et ça a peut-être créé une sorte de superficialité comme tu dis.
          Je note que les « Petites recettes… » ne sont pas forcément une lecture nécessaire :p

  4. Ahah sympa le concept « chiantouille ». Très parlant ^^
    Je l’ai lu il y a quelques mois à peine. Moi aussi j’ai pris mon temps pour m’y mettre. Un diesel…
    Par contre de mon côté, je l’ai bien aimé. J’avais peur de m’y mettre parce qu’il avait eu beaucoup de succès et je croyais que ça allait être une bouse (oui parfois je fais des fixettes sur les romans qui ne soulèvent que des éloges) et j’ai été surprise. Pas totalement conquise mais agréablement surprise 🙂

    • J’ai directement adhéré au concept de « chiantouille », moi aussi ! 😀
      Si on créait un club des « diesel de la lecture », il y aurait sans doute plus de membres que ce qu’on pourrait penser je suis sûre :p
      Je ne peux pas dire que j’ai détesté pour ma part, mais ça reste une lecture moyenne au final… J’aurais dû partir du principe que ça allait une bouse, moi aussi, j’aurais peut-être été aussi agréablement surprise que toi ?! 😀

  5. Je l’ai lu en 2011 et j’avais déjà l’impression d’arriver après tout le monde : je trouve que c’est une bone chose « d’oublier » un peu ces livres à succès, à fin de les apprécier sans pression inconsciente, juste pour ce qu’il propose comme histoire. Pour le coup, j’ai davantage accroché que toi. Ce n’est pas un livre doudou pour moi mais j’ai aimé être plongée dans leur quotidien.

    • J’ai vraiment eu l’impression d’arriver après la bataille en effet, mais si tu l’as déjà ressenti en 2011… C’est le risque, avec les livres qui marchent si bien ! Mais je suis contente d’avoir autant attendu pour la raison que tu décris 🙂 Le fait d’avoir autant attendu me permet de bien moins « culpabiliser » de ne pas avoir été aussi réceptive que la majorité. Parfois, quand je n’accroche pas à un livre que tout le monde (ou presque) adore, j’ai l’impression d’avoir vraiment raté quelque chose, presque d’avoir « mal lu ». C’est bête, et c’est rare – heureusement -, mais ça m’est déjà arrivé !

  6. J’avais déjà vu ce roman passer devant mes yeux. Mais je n’ai pas été accroché ni par la couverture ni par le contenu. Surtout si sa lecture est plutôt fastidieuse. 😛

    • Ce n’est pas tellement mon genre de roman à la base, mais les avis étaient tellement dithyrambiques que je me suis laissée tenter. Bon, parfois, ce genre de tentative me mène à de belles découvertes, mais cette fois-ci, le résultat est plutôt mitigé comme tu as pu le lire ! Je ne peux donc pas trop t’encourager à dépasser les préjugés liés à la couverture et au résumé, sur ce coup-là ! 😀

  7. C’est marrant (pas du tout en fait xD), depuis quelques temps les avis que je vois passer sur ce livre sont plutôt mitigés voire négatifs. C’est con, il est dans ma PAL, et forcément j’ai un peu moins envie de m’y mettre du coup ^^

    Doooonc je passerai peut-être le cap des 10 ans depuis sa sortie avant de le lire x)

    • Ah oui, tu l’as carrément dans ta PAL ! Les avis mitigés doivent être super décourageants en effet x) Je l’ai trouvé chez Emmaüs pour quelques centimes le mois dernier et j’étais encore restée sur la tonne d’avis positifs que j’avais lus le concernant… donc je n’ai pas eu de souci de ce côté-là pour ma part !
      Hé, au moins, tu pourrais commencer ta chronique par signaler que c’est (peut-être ?) l’un des plus vieux livres de ta PAL XD

      • En fait non, je l’ai aussi acheté à Emmaüs il y a deux ou trois mois xD (mais pour quelques euros et pas quelques centimes :p)

        Remarque, il vaut mieux partir d’avis négatifs et en avoir un positif que l’inverse, c’est moins décevant ^^

        • Ah, ça va ! Tu peux le faire durer quelques années tranquilles sans culpabiliser, du coup ! (Non ? O:) ) Sauf le fait que tu l’aies payé quelques euros au lieu de quelques centimes, ça c’est moins cool 😀
          C’est vrai, parfois c’est vraiment mieux en plaçant la barre moins haute !

  8. Je n’ai pas réussi à le finir : je l’ai trouvé long, ennuyeux et très gnan-gnan, si bien que je l’ai abandonné. Dommage ! Je comprends donc ton avis et je pense que j’ai bien fait de ne pas le finir 😉

    • Ah oui, tu as vécu l’ennui de manière encore plus marquée que moi ! En effet, si tu n’as pas accroché durant la première moitié, je ne trouve pas qu’il y ait de changement particulier dans la seconde. Je l’ai lu en entier car je venais d’enchaîner plusieurs très bonnes lectures, quoique un peu compliquées, et du coup j’avais bien envie de me poser. Une lecture moyenne, ça n’est pas déplaisant de temps en temps je trouve 😀

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