Le dernier ours – Charlotte Bousquet

Groenland, 2037. Avec le dérèglement climatique et la fonte des glaces, l’île n’est plus qu’une terre désolée. Anuri, le dernier ours blanc né libre, représente la principale attraction d’un zoo. Karen, sa jeune soigneuse, partage avec lui un lien fusionnel.
L’animal suscite aussi la convoitise de scientifiques dévoyés qui multiplient les expériences les plus inquiétantes… Pour sauver Anuri, Karen organise son évasion.


Honnêtement, je suis assez confuse concernant ce livre. De Charlotte Bousquet, j »avais adoré Tant d’Etoiles dans la nuit. Cette fois-ci, je serai plus mitigée.

Comme vous le savez si vous avez lu le résumé que j’ai soigneusement copié-collé plus haut (on s’investit ou pas, que voulez-vous), Le dernier ours est un roman d’anticipation qui tourne autour du thème de l’écologie, et particulièrement de la conservation des espèces.

Dès le début, le roman tape fort. Je dirais même que le roman tape assez fort tout du long. On comprend vite qu’on n’est pas chez les bisounours (dommage), et que le livre est là pour nous montrer ce qui pourrait arriver si on n’arrête pas de se comporter comme de bons gros débiles ne change pas la trajectoire actuelle.

Bon, jusque là, rien d’étonnant pour un livre de ce genre. Il ne nous cache pas son thème et il le traite d’une manière intéressante et documentée. D’ailleurs, on peut noter les annexes ajoutées à la fin du roman, véritables invitations à s’intéresser de plus près aux sorts de ces espèces menacées (tel l’ours, au hasard :p). A noter aussi l’ambiance du Groenland qui, avec sa culture, ses légendes, ce futur imaginé, est très prenante.

Pour en revenir au roman en lui-même, j’attendais beaucoup de la relation entre Karen et Anuri. Cette fusion entre la soigneuse et l’ours est au centre de l’histoire : son moteur, c’est l’amour que Karen porte à Anuri. Le lien aussi étrange que particulier qui les unis m’a dès le début paru quasi-« animal ». Personnellement, j’ai un chat, et je l’adore cet animal, vraiment, demandez à la Luciole qui se fout royalement de ma gueule moque de moi sans vergogne quand ledit chat arrive dans la pièce où nous sommes et que je me transforme en guimauve humaine. Mais il n’en reste que ce chat, je l’aime comme un humain tient à son animal de compagnie, et cela n’a strictement rien à voir avec le lien entre Karen et Anuri. Cela aurait pu être extrêmement émouvant, de suivre ces deux êtres liés d’une manière aussi particulière… Cela aurait pu, oui. Parce qu’en réalité, si je suis restée admirative de la manière dont est décrit le lien en question, je n’ai pas été émue.

Globalement, l’écriture du roman reste assez froide. D’un côté, je l’ai beaucoup appréciée : elle instaure une véritable ambiance au roman, donne à celui-ci un côté « glaçant ». Cela apporte aussi un côté presque « documentaire » à l’histoire et renforce la sensation de réalisme. Concernant le lien entre Karen et Anuri, les passages situés dans la tête de l’ours sont assez prenants et je trouve que l’anthropomorphisme auquel on pourrait facilement se laisser aller dans le cas de telles scènes est ici très bien géré. Les réactions d’Anuri gardent toujours un côté très animal. Malheureusement, d’un autre côté, ce quelque chose de perpétuellement glaçant et efficace m’a empêchée de m’investir dans l’histoire.

Les relations entre les personnages se tissent difficilement. Ce sont des relations qui amènent souvent déception, désillusion ou qui reposent sur des valeurs qui n’en font clairement pas des relations « saines » et positives (argent, intimidation…). Seule celle de Karen et Anuri semble échapper à cette règle, mais son côté très « animal » empêche de créer ce petit cocon de solidarité humaine dont j’aurais eu besoin pour entrer dans le livre. C’est cela, mon véritable problème avec Le dernier ours : je n’avais pas envie d’y « entrer ». Normal, vous me direz, vu l’état du monde qui y est décrit. Malgré tout, je persiste : un peu de chaleur m’aurait été nécessaire pour me sentir concernée par tout ça. Je suis juste ressortie de cette lecture avec une grosse sensation de pessimisme, sans cette envie de tout faire pour éviter d’en arriver à la situation décrite ; sensation qui me semble essentielle pour que ce livre parvienne à nous sensibiliser aux problématiques évoquées.

Il n’en reste que Le dernier ours est très bien mené. Le mystère qui plane autour de Karen, même s’il est assez facilement devinable, m’a beaucoup plu et j’avais envie de tourner les pages pour avoir des explications à ce sujet et voir comment le personnage réagirait face à cette révélation.

De plus, malgré tout ce que j’ai dit précédemment, un personnage a réussi à me toucher quelque peu (là, j’ai l’impression que je m’apprête à remettre un award :D) : il s’agit de Lone, l’une des deux acolytes de Karen, qui l’aide à sauver Anuri. La jeune fille est celle qui a le plus suscité mon empathie, notamment par ses questionnements sur la place qu’elle a (ou pas) dans toute cette folle aventure.


Le dernier ours est un roman que j’ai trouvé bien construit, bâti sur de bonnes idées et une solide connaissance du sujet. Malheureusement, il n’aura pas réussi à me toucher et j’en suis ressortie en me sentant étrangère à tout ce qu’il m’avait raconté.
Tant pis, l’auteure a sorti suffisamment de livres pour que j’en trouve bien d’autres qui sauront autant me séduire que Tant d’étoiles dans la nuit !

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6 Comments on “Le dernier ours – Charlotte Bousquet

  1. Je ne connaissais pas du tout cette auteure mais j’avoue que ce livre là ne m’attire pas trop… J’ai plus envie de découvrir Tant d’étoiles dans la nuit vu comme tu en parles si joliment =)

    • Je te recommande Tant d’étoiles dans la nuit si le thème te parle, oui (et merci pour le compliment sur ma chronique, ça me touche !) 🙂

  2. Autant j’avais adoré Là où tombent les anges, autant celui-ci ne m’attire pas trop… Mais pourquoi pas, à l’occaz, si je trouve la motivation 😀

    • Là où tombent les anges me parle bien ! Il faut que j’aille lire ta chronique dessus (histoire de finir d’être bien convaincue, tu comprends ? :p) !

  3. Je me retrouve tout à fait dans ton avis. Lu le mois dernier, j’ai l’impression d’être passée à côté du livre par la froideur de la plume, et ce malgré les sujets intéressants qui y sont abordés… Mais comme toi, je suis certaine de trouver mon bonheur dans les autres oeuvres de l’auteure 🙂

    • Salut Mana 🙂 Ça me fait super plaisir de savoir que tu partages ce ressenti de lecture. J’ai vraiment eu du mal à mettre les mots dessus j’avoue ^^
      Carrément, on aura de quoi trouver notre bonheur !

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