Le Parfum: Histoire d'un Meurtrier-Tom Tykwer

 

 

 

Il va falloir que je me représente puisque depuis l’écriture de mon premier article, Morgana m’a affublée, comme vous avez pu le lire, du joli petit nom de Luciole. Alors me direz-vous, pourquoi pas la Licorne ou l’Opossum, mais c’est ainsi et je me dois d’assumer ma nouvelle identité, et j’en suis malgré tout ravie.

 

Nous allons donc parler aujourd’hui du Parfum : histoire d’un meurtrier, de Tom Tykwer, adapté du Parfum de Patrick Suskind, dont Morgana a déjà donné son avis (pour le synopsis et un complément sur le film, je vous invite donc à aller (re)lire son article).

 

 

Avant tout, comme c’est le tout premier article à propos d’une adaptation, je vous propose de réfléchir un peu sur ce qui fait une bonne adaptation. Bien souvent quand on a lu le livre avant de voir le film, et surtout quand on est un grand fan du livre en question, on attend énormément du film, trop même, et du coup on est frustré, déçu. Le casting ne correspond pas à l’image des personnages qu’on s’était faite, il manque des passages… combien de fois a-t-on entendu « je n’imaginais pas ça comme ça ! » ou « Ils n’ont pas mis mon passage préféré ! » ? Rien qu’en se référant à l’article de Morgana, qui est pourtant la personne la plus censée et réfléchie que je connaisse (si, si) on constate qu’en quelques lignes elle fait déjà remarquer que les personnages de Grenouille et du père de la jeune fille (Alan Rickman-KeurkeurPassiond’Amour) ne sont pas tels qu’elle les avait imaginés.

 

 

Une adaptation filmique c’est donc avant tout des choix et l’interprétation personnelle du réalisateur. Et si elle ne colle pas à 100% à l’œuvre première, tant pis, et même tant mieux, le film devient une œuvre à part entière et n’est plus seulement une simple copie du livre. C’est là que ça devient intéressant et que le dialogue entre les deux œuvres commence réellement.

 

– Ok … qu’est ce qui fait du coup que l’adaptation est réussie ou non si mademoiselle la Luciole pense que le film n’a pas besoin de ressembler tant que ça au livre et que le réalisateur peut faire ce qu’il veut ?

– Alors déjà j’ai pas dit ça … (et oui je suis schizo!) Ce qui compte ? L’histoire ? Dans sa majeure partie certes, c’est ce qu’on regarde en premier, et si on change l’histoire, on change de film, logique ! Mais on verra avec Le Parfum que l’histoire soit conservée n’est peut être pas le plus important encore une fois. Alors quoi ? Et bien je dirai l’ambiance. Oui tout ça pour ça… Mais si l’ambiance créée par les mots est respectée grâce aux images, alors là on dit bravo. Et c’est bien plus difficile que ce qu’on pourrait croire car les mots offrent une facilité que ne donnent pas l’image (et vice versa), notamment pour les pensées et émotions des personnages !

 

 

 

 

Après cette introduction un peu longue,

attaquons nous pour de bon au Parfum !

 

Je tiens à préciser que j’ai vu le film avant de lire le livre, j’ai donc pu l’apprécier réellement en tant que film, pas en tant qu’adaptation, et échapper ainsi à la frustration dont je vous parlais tout à l’heure.

Parce que là pour le coup, au niveau du scénario, Le Parfum-film ne correspond pas tout à fait au Parfum-livre ! Le film, pourtant plutôt long (2h27) passe sous silence presque deux tiers du livre et se concentre sur une toute petite partie, celle où Jean Baptiste Grenouille cherche à réaliser son parfum idéal. Cependant, le film ne ment pas sur ses ambitions : dès le sous-titre : Histoire d’un Meurtrier, il est précisé qu’il ne se concentrera que sur les crimes de Grenouille, ce qui n’est pas le cas dans le livre.

 

 

Je pense que ça a été très bénéfique pour le film, que ça lui a apporté du rythme. L’errance de plusieurs années de Grenouille et son exil dans une
grotte aurait radicalement changé l’ambiance du film. Là elle est pesante, avec une image sombre, contrastée, des teintes orangées …

Mais en même temps on s’attache au personnage, il ne nous repousse pas complètement. Comme l’a très justement souligné Morgana, Ben Wishaw est bien moins repoussant que le Grenouille décrit par Suskind : il n’est absolument pas défiguré, ni bossu, et ce n’est pas la terre sur son visage qui lui retire son charme et son regard perçant !

Alors ça on pourrait le reprocher… oui mais (oui je défends le film si vous ne l’aviez pas remarqué :D) si on commence à critiquer ça on n’a pas fini…

 

 

La difficulté de la mise en scène, était de donner à « voir » les odeurs. Point primordial puisque les odeurs sont au centre de l’histoire, presque comme un second personnage principal. La pression était d’autant plus forte que le livre y arrive à merveille. Mais… pari réussi !

Par une alternance de gros plans sur les objets et sur les narines dilatées de Grenouille (pas très sexy mais c’est comme ça 😀 ), le spectateur « perçoit » toutes les odeurs et nul besoin d’avoir recours à la voix off ! Pour pousser un peu plus, je dirai que la lumière et la texture de l’image aident à obtenir cet effet. Les visages sont loin d’être lisses, on voit les pores de la peau, les poils, la sueur, la terre sous les doigts et sur les vêtements…. Seules les jolies rousses assassinées ont une apparence quasi immaculée et apparaissent comme des anges, à l’image de leur pureté et de leur parfum que JB recherche.

 

Le résultat est là, on est totalement plongé dans l’univers olfactif de Grenouille !

 

 

En bref… j’ai peu parlé de mon ressenti personnel jusque là, mais à vrai dire je me base sur des souvenirs et des extraits revus à la hâte et il y a quelque temps que je n’ai pas revu le film ! J’ai le souvenir d’une sorte de fascination, peut-être même une fascination malsaine, pour ce personnage et cet univers.

L’adaptation est pour moi réellement réussie car elle a su refléter l’univers, la tension, et la dualité attraction/répulsion décrits dans le livre tout en assumant le choix opportun de ne traiter qu’une partie du livre. Je pense que les deux œuvres se complètent et qu’il est vraiment intéressant de les comparer par soi même.

(Un très rapide mot sur le livre, beaucoup n’ont pas aimé le style, et cela en a même empêché certains de lire le livre en entier (je dénonce ma petite soeur, oui! elle l’a pas fini brrr vilaine!) , moi au contraire, j’ai beaucoup aimé, alors n’hésitez pas à vous faire votre propre opinion! 😉 )

 

On va finir là dessus, sinon je n’en ferai plus d’écrire, et j’en suis déjà à 1254 mots ! Je vous retrouve bientôt, je ne sais pas encore sur quel film, mais PROMIS il n’y aura pas Ben Wishaw ! (et en plus malgré les apparences, je ne suis pas une grande fan, je ne connaissais même pas son nom avant l’article sur Bright Star! Mais il faut avouer qu’il est excellent malgré tout O:) )

 

Le parfum BW

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