Le roman de la momie – Théophile Gautier

Roman de Théophile Gautier, 1858

 

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Présentation de l’éditeur

Dans un tombeau de la Vallée des Rois, un jeune lord anglais et un archéologue découvrent la momie d’une jeune fille à la bouleversante beauté. Près d’elle, un papyrus raconte son histoire… Ainsi nous est révélé le destin de Tahoser, fille d’un grand prêtre d’Egypte, qui s’éprend d’un Hébreu. Elle est prête à partager la vie du peuple esclave, mais Pharaon, passionnément amoureux d’elle, la fait enlever et lui offre puissance et richesse… […]
Pour reconstituer la splendeur de la civilisation du Nil à son apogée et ressusciter ses villes défuntes, Théophile Gautier a utilisé toutes les connaissances de l’égyptologie naissante. Il nous donne ainsi un des premiers romans de l’Egypte ancienne, telle que l’Europe avait pu la rêver depuis l’expédition de Bonaparte et les travaux de Champollion.
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Rien qu’en feuilletant rapidement ce livre (que j’ai dans une toute autre édition que celle-ci, une vieille collection à grosse couverture de cuir dans laquelle a été édité bon nombres de classiques), je replonge immédiatement dans l’Egypte antique, telle que Gautier la décrit. Magnifique.
 
Lu pour la première fois il y a plusieurs années, dans ma période où je me passionnais pour cette civilisation, c’est en le relisant il y a peu de temps que j’ai compris combien tant de choses m’avaient échappées.
 
Tout débute lorsque Lord Evandale entreprend un voyage en Egypte. Là-bas, il rencontre un homme qui lui assure connaître une sépulture à ce jour inviolée, chose très rare, au vu des nombreux pillages effectués à cette époque.
Méfiant, mais tout de même alléché à l’idée de mettre à jour de nouveaux restes du passés, le jeune aristocrate va le suivre.
Chose que ne soupçonnait pas son guide, c’est que, si en effet il y a là une tombe, c’est celle d’une femme qui eu un destin hors du commun. Malgré le temps écoulé depuis son décès, la beauté celle-ci est intact, et Lord Evandale en est fort troublé. Alors quand il s’aperçoit que toute la vie de Tahoser est retracée sur des papyrus se trouvant dans la chambre funéraire, nous plongeons avec lui des siècles en arrière, et nous laissons emporter dans cet autre temps… 
 
Si quelque chose m’a vraiment impressionnée, c’est la connaissance que Gautier avait de l’Egypte antique. Les détails et les subtilités qu’il y a mis, les descriptions des lieux… je m’y voyais réellement.
 
Jusqu’au deux tiers du livre, le rythme est assez lent. Tahoser est fille d’une famille aisée et passe donc son temps à prendre soin d’elle, à se reposer sous la chaleur implacable de l’Egypte. On y découvre la vie au quotidien de la jeune femme qui ne semble pas voir beaucoup plus loin que le bout de son nez, à vrai dire. Tout a toujours été si simple pour elle.
Mais voilà, son chemin va croiser celui de Poëri, un Hébreux, et de Pharaon, le « dieu vivant »…
Il est étrange de voir à quel point la Tahoser du début s’efface derrière une femme déterminée à obtenir ce qu’elle veut. A savoir l’amour du premier, et que le second la laisse en paix. Elle a un certain pouvoir, magnétisme sur les hommes, même, chose ironique, dans la mort, sur la personne de Lord Evandale !
 
J’ai trouvé la fin rapide. Trop, malheureusement. 
Après avoir suivi la vie pleine d’indolence de Tahoser, le tourbillon dans lequel on est emporté est un peu trop rapide pour que j’ai eu le temps de savourer pleinement l’histoire. J’aurais aimé une autre répartition des actions, quitte à connaître un peu moins la vie quotidienne de Tahoser.
 
Mais rien que pour la plume de Gautier, cette histoire a une place toute particulière dans mon coeur, douce et amère à la fois.
 
 
Invitation à la lecture…
 
Au delà, tant que la vue pouvait s’étendre, Oph se déployait avec ses palais, ses collèges de prêtres, ses maisons, et de faibles lignes bleues indiquaient aux derniers plans la crête de ses murailles et le sommet de ses portes.
Tahoser regardait vaguement cette perspective familière pour elle, et ses yeux distraits n’exprimaient aucune admiration; mais, en passant devant une maison presque enfouie dans une touffue de luxuriante végétatio
n, elle sortit de son apathie, sembla chercher du regard sur la terasse et à la galerie extérieure une figure connue.
Une beau jeune homme, nonchalamment appuyé à une des colonnettes du pavillon, paraissait regarder la foule ; mais ses prunelles sombres, devant lesquelles semblait danser un rêve, ne s’arrêtèrent pas sur le char qui portait Tahoser et Nofré.
 
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2 Comments on “Le roman de la momie – Théophile Gautier

  1. Bonjour ! Ce que j’aime les vieilles éditions, ça donne quelque chose de mystérieux au livre je trouve ! 😀 J’avais essayé de le lire il y a quelques années aussi, mais beaucoup de choses
    m’avaient échappées, je l’avais lu de manière hachurée, bref, pas top ! Bien que j’en ai gardé un souvenir sufisamment bon pour le relire, et là… je suis passée outre le « côté documentaire » que
    j’avais aussi ressenti la première fois, et ai vraiment eu l’impression d’être de retour à cette époque là, magique pour moi ! J’espère que si tu te replonges dedans, il en sera de même pour toi
    🙂

  2. Bonjour! C’est drôle que tu as écrit cet article, j’ai une très belle édition de ce livre à la maison, un peu vieille. J’ai essayé de lire ce roman durant mon adolesence et je n’ai jamais réussi à
    en venir à bout. Je trouvais les descriptions longues et l’action lente. De plus je n’arrivais pas à aimer les personnages. ça me faisait penser trop à un documentaire. Pourtant je suis aussi
    passionnée de littérature et d’Egypte ancienne. Peut-être retenterais- je l’expérience cette été. Ton billet m’a donné envie de me replonger dedans.

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