Le Scaphandre et le Papillon – JD Bauby & Julian Schnabel

BINOME

Le Scaphandre et le Papillon - JD Bauby & Julian Schnabel

Pour bien commencer l'année, voici le premier binôme de 2015: Le Scaphandre et le Papillon. Je ne sais pas si ce choix d'article permet réellement de bien commencer l'année, mais on l'assume. (Surtout moi, qui en tant que Luciole ai une attirance toute particulière pour les sexy papillons!)

En fait, ça fait très longtemps que nous l'avons en prévision, si longtemps que j'ai même eu le temps, en plus de voir le film, de me convaincre de lire le bouquin ET de le lire, c'est fantastique … Nous espérons simplement que l'article ne portera la poisse à personne et qu'aucun lecteur de deedr finira comme ce pauvre Bauby.

Sur ces bonnes paroles pleines d'espoir, Morgana commence par vous dire ce qu'elle a pensé du livre, à vous Morgana !

 

L'avis de Morgana sur le livre

 

 

Merci La Luciole de me laisser enfin le champ libre pour blablater à souhait pour cette introduction 0:)

 

Initialement, c'est du film dont j'ai entendu parler (par La Luciole, bien sûr :D). Puis j'ai découvert l'existence du livre et, alors que j'en parlais à une amie, elle l'a sorti comme par enchantement de sa bibliothèque. Je me suis alors enfuie en courant, le livre à la main empressée de le lui emprunter.

 

Globalement, c'est une lecture qui m'a beaucoup plu. Toutefois, je dois reconnaître que les circonstances de l'écriture du livre ont probablement influencé ma manière de le lire.

En effet, Bauby souffrait du syndrome du scaphandre, enfermé dans son corps et seulement en contact avec le monde par le biais d'un oeil (bah oui, deux, ça aurait été d'un luxe insoutenable, il fallait que le second le lâche aussi ^^). Le livre a donc été écrit par le biais d'une méthode bien particulière, mise au point spécialement pour lui : la personne souhaitant communiquer avec lui lisait un alphabet (à l'ordre arrangé seulement la fréquence d'utilisation des lettres dans notre langue) et il clignait de la paupière lorsque la lettre du mot qu'il voulait former était prononcée.

 

La brièveté du livre est donc on ne peut plus logique quand on sait comment il a pu être écrit.

 

Le livre est composé de très courts chapitres sur des sujets très précis de la vie de Bauby. Dès le début, j'ai trouvé le soin avec lequel les mots ont été choisi très palpable. Les sujets traités sont très simples, le livre en lui même est finalement très simple. On découvre la vie de l'auteur, une vie où simplement demander à changer de chaîne lorsqu'il regarde la télévision relève de l'exploit. Je n'ai jamais trouvé que cela tombait dans le misérabilisme, au contraire, il y a beaucoup de touches humoristiques. J'ai particulièrement aimé le passage où il parle de la pièce de théâtre qu'il voudrait écrire, racontant l'histoire de quelqu'un qui est immobilisé comme lui et qui se remet à pouvoir bouger… avant de réaliser que "et merde, ce n'était qu'un rêve". La manière dont c'est raconté à réussi à me tirer un sourire alors que c'est profondément dramatique dans le fond.

Alors que je le lisais dans une période difficile pour moi, ce livre m'a permis de me dire que, si dans sa situation, Bauby réussit à faire de l'humour, je ferais mieux de prendre l'air, profiter du beau temps, et être consciente le plus souvent possible que j'ai de la chance de pouvoir bénéficier de ces petites choses là : bref, le récit de Bauby fait relativiser. Soit, il y a énormément de livres qui ont cet effet là. Et puis on répète tellement souvent des choses telles que "les petits bonheurs de la vie, il n'y a que ça de vrai, blababla"… Rien de révolutionnaire en soi. Soit, je ne sais pas si j'aurais été autant émue en lisant le livre, si je n'avais pas su que c'était la réalité, Bauby était réellement dans cette situation-là. Toutefois, est-ce si grave ? Le livre en lui-même n'est pas dénué d'intérêt me semble-t-il. Il n'est pas écrit dans un style extrêmement littéraire, mais n'est pas pauvre pour autant. Il va droit au but tout en n'étant pas dénué de poésie par moment.

 

Un petit mot sur le film, que j'ai regardé également : j'ai aimé cette adaptation, à l'ambiance très différente du livre, mais terriblement réussie ! En effet, je l'ai trouvée bien plus étouffante que le livre. Certaines images me resteront en tête, quoique je ne sois pas certaine de réussir à le revoir un jour ; c'est le coeur très serré que j'ai regardé le générique de fin défiler.

… Mais La Luciole vous en parlera bien mieux que moi. D'autant plus que les papillons, ça la connaît (ahahahah)(ok, je sors).

Et l'adaptation au cinéma ?

 

Comme toujours (je suis irrécupérable), j'ai vu le film avant, ce qui m'a donné envie de lire le livre. La comparaison dans ce sens là est assez cruelle, mais permet, à priori de ne pas être déçu, ni du film, ni du livre, normalement.

C'est comme si vous commencez par acheter de la pâte à tartiner de sous marque, prix discount de votre supermarché favori, et que vous passez ensuite à LA marque dont elle est l'imitation. Eh beeen à priori vous ne serez ni déçu de la première pâte à tartiner puisque pas de comparaison, ni déçu de la deuxième puisqu'elle est meilleure 😀

 

Vous me suivez ? Non. Je comprends …

J'arrête de parler de chocolat et je vais droit au but.

 

 

Il se trouve que malgré ma fabuleuse explication ci-dessus, j'ai préféré le film, et le livre m'a un peu déçue.

Mais avec le recul je comprends mieux le rapport entre le livre et cette adaptation.

 

Ce qui m'a déplu dans le livre, c'est cette impression de liste: de courts chapitres de quelques pages, correspondant à un thème du quotidien de l'auteur : « le fauteuil », « le bain », « l'alphabet » …

Bien sûr il faut se remettre dans les conditions de production du livre qui a été écrit grâce à ce fameux alphabet dont a parlé Morgana, ce qui a dû être pour le moins long et fastidieux mais cela ne donne pas au final à ce livre une forme que j'apprécie particulièrement.

 

Le film sort de ce format liste ou journal et devient finalement plus un biopic de Jean-Dominique Bauby et une histoire autour de la création de ce livre que son adaptation stricte.

Les flashbacks nous montrent ce qui n'est que raconté dans le livre, et multiplie ainsi les temporalités de l'histoire, c'est sans doute ce qui m'a le plus plu. L'alphabet également, qui m'a fascinée et dont on parlait tout à l'heure, prend une place plus importante que dans le livre (dans le récit en tout cas, puisqu'il est bien plus utile au livre qui a été écrit avec qu'au film évidemment 😉 )

 

Avec le film on est donc plus extérieur au récit de Bauby, alors que le livre propose une vraie autobiographie à la première personne. Je trouve que les deux se complètent bien, le film racontant ou imaginant plus ce qu'il y a autour de ce personnage enfermé dans son propre corps.

Cette sensation d'enfermement qu'on ressent bien dans le livre est bien représentée à l'image par les plans subjectifs, où l'on voit réellement comme le personnage est censé voir : zones de flou, paupière qui n'arrivent plus à s'ouvrir, événements hors du champ de vision … je trouve l'effet très réussi.

 

 

En quelques mots du coup,

Le film adapte bien l'ambiance du livre, en y apportant sa petite touche extérieure qui permet à la fois de mieux comprendre le contexte du livre, et de rendre un petit hommage à son auteur.

Les deux se complètent vraiment bien: l'un dans l'inst
ant présent et à la première personne, l'autre revenant sur plusieurs temporalités du récit et avec un regard généralement plus extérieur. Du coup, qu'on préfère l'un ou l'autre, ce n'est qu'une affaire de goût 😉

 

Le Scaphandre et le Papillon - JD Bauby & Julian Schnabel

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3 Comments on “Le Scaphandre et le Papillon – JD Bauby & Julian Schnabel

  1. Ca vaut le coup oui, ne serait-ce pour comparer ! 🙂

  2. J’avais lu le bouquin, je savais pas qu’il y avait un film ! Je vais peut être me laisser tenter

  3. Bonjour ,
    je me permets de vous contacter car j’ai lu une de vos critiques (Le Scaphandre et le papillon) . Vous avez aimé cette histoire vraie et ce dépassement de soi dans le handicap, c’est pourquoi en jeune auteur et professeur de français que je suis, j’ose vous proposer la lecture du témoignage que j’ai écrit sur ma petite soeur: mannequin, devenue paraplégique, son parcours et son combat forcent l’admiration.
    Vous l’avez peut-être vue sur M6 dans le reportage « 66 minutes »? Sinon voici le lien : http://buzzmonclick.com/66-minutes-du-29-mars-2015/
    Vous le trouverez aussi sur la page Facebook du livre.

    La presse parle de mon livre : « Handicap, le défi d’être miss: cap ou pas cap? » de Cindy DUHAMEL.
    Cependant seuls les lecteurs peuvent m’orienter et me permettre de m’améliorer grâce aux retours sur leur lecture. Si toutefois une lecture manque à votre pile à lire, voici : « Handicap… le défi d’être miss-Cap ou pas cap? ».
    Ce témoignage n’a rien de larmoyant ou de pathétique, bien au contraire, c’est l’histoire d’un combat, une leçon, de vie , voici la quatrième de couverture:
    Cela raconte le parcours de Laura,ma petite soeur, jeune mannequin victime d’un accident de voiture qui la laisse paraplégique. Après cette tragédie, elle devient Laurana, femme courageuse dans l’acceptation de son handicap. Son nouveau combat : se battre pour changer les mentalités sur le handicap. De ses débuts dans le mannequinat à la terrible nuit de l’accident, l’hôpital, la rééducation, l’insensibilité du conducteur responsable, le procès, sa médiatisation, nous suivons pas à pas le combat de cette magnifique jeune fille pour faire tomber les préjugés sur les handicapés. Elle nous dévoile également l’envers du décor d’un concours de miss. Laura est, entre autres, la première candidate en fauteuil à une élection de beauté pour valides et revendique l’égalité et la mixité entre les valides et les non valides, elle se bat contre l’exclusion de la différence.

    Merci d’avoir pris la peine de lire ce message et de m’avoir ( déjà :-)) accordé quelques minutes de lecture.
    Bien à vous et encore plein de belles lectures et de belles chroniques 🙂
    Cindy

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