Les poèmes de Paul Eluard en 13 courts-métrages

Je vais vous présenter aujourd’hui une chronique un peu différente de d’habitude : dans la famille courts-métrages, je n’en voudrais pas 1 … mais 13 ! Ouais, on est comme ça sur Deedr, on fait les choses en grand 😀

De quoi s’agit-il plus précisément ?
Une petite série de 13 petits courts-métrages animés de 3 minutes, intitulée En sortant de l’école. (plus d’infos à la fin de l’article) 13 courts-métrages  réalisés d’après des poèmes de Paul Eluard :

L’alliance, par Eugène Boitsov
Liberté, par Jon Boutin
Homme utile, par Amaury Brun
Matines, par Axel De Lafforest
Air vif, par Pierre Grillère
Le chat, par Johanna Huck
L’amoureuse, par Léa Krawczyk
Le front aux vitres, par Clélia Nguyen
Même quand nous dormons, par Camille Monnier
Animal rit, par Aurore Peuffier
La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur, par Nicolas Rolland
Poisson, par Arthur Sotto
Tu te lèves l’eau se déplie, par Robin Vouters

Comme vous êtes très sages, je vais vous dire ma motivation première pour regarder et parler de ces courts-métrages : c’est par pure mesquinerie que je voulais rappeler à Morgana son épreuve Littérature au Bac pour laquelle elle avait étudié Les Mains Libres de Paul Eluard et Man Ray. Hinhinhinhin o:)
Bon, et plus sérieusement, le concept m’a vraiment bien plu. Adapter un roman, ce n’est déjà pas facile, mais alors un poème ! Avec tout ce que ça implique de symboles, d’abstrait, de non-sens parfois … ça peut clairement être la cata !
Mais ici, pas de « cata » en vue ! Même si forcément certains courts-métrages m’ont moins plu que d’autres, je trouve que tous ces jeunes réalisateurs s’en sont bien sortis.

Tu te lèves l’eau se déplie, de Robin Vouters

Je ne vais pas parler de chaque court-métrage un par un, et je n’ai pas UN préféré parmi ces 13 films.
J’ai beaucoup aimé les illustrations de Tu te lèves l’eau se déplie, ou ceux de l’Amoureuse, qui n’a recours à aucune coupe, mais dont les dessins se changent progressivement, très apaisant.

L’Amoureuse, de Léa Krawczyk

J’ai également beaucoup aimé Poisson, qui m’a impressionnée avec son travail des formes et du mouvement : le réalisateur représente l’eau sous forme de petits points, de lignes, d’aplat de couleur … des formes géométriques que viennent modifier poissons, nageurs et voiliers, comme décrit dans le poème :

‘ ‘

Les poissons, les nageurs, les bateaux
Transforment l’eau.
L’eau est douce et ne bouge
Que pour ce qui la touche.

Le poisson avance
Comme un doigt dans un gant,
Le nageur danse lentement
Et la voile respire.

Mais l’eau douce bouge
Pour ce qui la touche,
Pour le poisson, pour le nageur, pour le bateau
Qu’elle porte
Et qu’elle emporte.

‘ ‘

Poisson, par Arthur Sotto

Certains courts-métrages m’ont émue : comme Matines, qui montre une oie qui a été toute sa vie enfermée dans une caisse en bois, et qui voit enfin la lumière du jour et les autres oiseaux … d’autres m’ont amusée, comme Même quand nous dormons, dont l’image crée un petit décalage avec le texte, ou Le Chat, qui présente un chat pas du tout, du tout envahissant ! ^^

Le chat, par Johanna Huck

Bref, des courts-métrages très éclectiques, autant dans le ton que dans le dessin. On ne les apprécie pas forcément tous, mais il y en a pour tous les goûts ! (j’ai la vague impression de répéter mot pour mot ma chronique sur Le Petit Prince – Hommages … ^^).

Il est surtout intéressant de voir comment à partir d’un même univers, celui de Paul Eluard, ces réalisateurs ont réussi à proposer leur propre monde, leur propre vision et lecture. Car ce qu’ils proposent, au-delà de l’adaptation, c’est une interprétation. Un poème étant souvent libre d’interprétation, selon la sensibilité de chacun, les réalisateurs proposent une interprétation, un sens, qui nous parle, ou ne nous parle pas. Et je dois dire que certains étaient vraiment pas mal trouvés !

Homme utile, par Amaury Brun

Pour moi ces courts-métrages ont été une jolie façon de découvrir ou redécouvrir les poèmes de Paul Eluard. Ça peut-être une belle manière d’amener les enfants, ou les plus grands enfants, à la poésie en leur proposant quelque chose de plus concret, on peut ici se raccrocher aux images, aux mouvements et à la musique. J’avoue que parfois, portée par la musique et les images, j’ai décroché du texte, mais je ne manquerai pas de retourner lire mes préférés pour me faire à mon tour ma propre image et interprétation ! 😉

Quelques infos pratiques si vous souhaitez également voir ces courts-métrages :
Ils seront diffusés à partir du samedi 11 mars, le matin sur France 3, à raison d’un par jour (sauf dimanche 12).
Les saisons 1, 2 et 3, présentant des courts-métrages à partir des poèmes de Jacques Prévert, Robert Desnos et Guillaume Apollinaire seront rediffusées d’avril à juin sur France 3 également. J’essaierai d’en voir quelques uns, histoire de me kulturer un peu, ça me changera des Reines du Shopping 😀

‘ ‘

Tu fais des bulles de silence dans le désert des bruits.

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2 Comments on “Les poèmes de Paul Eluard en 13 courts-métrages

  1. L’Amoureuse est mon poème préféré de Paul Eluard, donc j’ai hâte de voir le court-métrage – avec une petite appréhension quand même. Merci pour la découverte !

    Je découvre ton blog grâce à la Nuit des Blogs (décidément ce truc est plutôt cool), et j’aime beaucoup ! 🙂

    • J’ai trouvé que c’était un des plus beaux courts-métrages de cette série. J’espère que tu ne seras pas déçue du coup ! Je suis curieuse d’avoir ton avis à son sujet ! 🙂
      Si tu n’as pas envie de regarder Ludo à 8h39 (surtout que je ne sais pas quel jour passera précisément L’Amoureuse … ^^), tu les as en replay 🙂 http://pluzz.francetv.fr/videos/en_sortant_de_l_ecole.html
      Nous (on est deux à tenir le blog ;)) n’avons pas encore fait le tour des blogs qui y sont répertoriés, mais on était déjà tombées sur ton blog également ! 🙂

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