Lorsque j'étais une oeuvre d'art – Eric-Emmanuel Schmitt

Lorsque j'étais une oeuvre d'art - Eric-Emmanuel Schmitt

La première fois que j'ai entendu parler de l'auteur, c'est par le fils de mon beau-père "Il faut que tu lises "La part de l'autre", ça va te plaire". Euh… Moui. Des phrases comme ça, on m'en sort 10 part jour, donc il a fallu qu'il y revienne plusieurs fois. Puis je l'ai lu, j'ai beaucoup aimé. Depuis, je lui emprunte régulièrement des livres de Schmitt.

Pourquoi ce titre-ci particulièrement ? Eh bien, justement, c'est son titre qui m'a tapé dans l’œil.

 

Tout commence lorsque le narrateur essaye de se suicider pour la 5ème fois. Les 4 précédentes ont lamentablement échouées, mais cette fois-ci, c'est sûr, c'est la bonne, sa vie médiocre va s'achever. Sauf que Zeus-Peter Lama, l'artiste le plus connu du moment, arrive à ce moment-là et va lui faire une drôle de proposition. Désolé M. le narrateur, si tu veux mourir, il faudra mettre sur pied un 6ème suicide, voilà, tant pis pour toi, ça t'apprendra à prendre le temps de repenser à ta vie avant de sauter.

Autant le dire, au début, je ne la sentais pas trop, cette histoire : le narrateur est pathétique, et Zeus-Peter Lama absolument insupportable, caricature de l'artiste contemporain très réussie… mais de là à le suppporter durant toute ma lecture 😀

 

"En gros", pour moi, ce livre, c'est l'histoire d'un homme qui va apprendre à se voir tel qu'il est vraiment, en tant qu'humain. Non, il n'est pas aussi médiocre, laid et insignifiant qu'il l'a toujours cru, au contraire. Cela m'a paru très vite évident, cependant, lui va avoir besoin de 250 pages pour s'en apercevoir. Dès le début, je n'ai pas su s'il allait survivre à tout cela. La fin allait-elle s'achever sur sa mort ? En devenant une oeuvre d'art pour Zeus (le personnage déclare au narrateur de "l'appeler Zeus, tout simplement", lors de leur première rencontre… De même, je me permets de vous faire savoir que vous pouvez m'appeler "Déesse Morgana, tout simplement", si vous le souhaitez), il perd son humanité, devient un objet… J'avais des doutes concernant sa capacité à regagner son humanité.

 

Un petit mot concernant Carlos Hannibal, l'autre artiste de l'histoire et exact opposé de notre ami Zeus. J'ai adoré ce personnage, tout simplement. Cela peut paraître très idéaliste comme manière de voir les choses, mais je reste quelqu'un très proche de cette vision-là de l'artiste. Zeus est un marchand, pour moi. Carlos est un artiste, qui vit son art "à l'intérieur". Le style de l'auteur m'a d'ailleurs semblé changer lorsque lui et sa fille Fiona étaient là, devenir plus poétique.

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Un livre qui se lit vite. J'avais très envie de connaître l'évolution du narrateur, et, comme dans les autres romans de cet auteur que j'ai lus, le sujet m'a donné matière à réfléchir. Tout est poussé à l'extrême, ce n'est pas le réalisme qui caractérise l'histoire, cela donne au tout une ambiance presque… "onirique" ; un rêve affreux et magnifique à la fois ? 😀

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