Maresi – Maria Turtschaninoff

La couverture de Maresi, elle me fait un peu penser à un tableau. C’est elle qui a attiré mon attention. D’ailleurs, je trouve qu’elle est assez représentative du livre : lui aussi, il a quelque chose de… pictural (wesh. J’essaye de bien parler aujourd’hui).

Parmi ces femmes, elle avait trouvé un refuge.
Aujourd’hui, elles sont toutes menacées.

Une île invisible depuis la mer, balayée par les vents. Une communauté de femmes, de fillettes, d’anciennes. Une communauté de sœurs. Toutes ont fui la fureur du monde et, parfois, la brutalité des hommes. Et toutes sont venues se placer sous la protection de la magie ancestrale de ce lieu.
Sur cette terre de femmes, Maresi, adolescente libre, avide de connaissance et soucieuse des autres, peut s’épanouir, sans crainte de l’avenir. D’autant que, sur ces rivages, nul homme n’a le droit de poser le pied.
Mais un jour, une nouvelle fille vient demander l’asile.
Qui est-elle ? Et qui la poursuit ?

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Maresi, c’est le journal de bord de l’héroïne éponyme. Au travers de ses mots, on découvre la vie sur l’île. Si vous souhaitez de l’action et des intrigues ultra-ficelées et haletantes, je ne saurais vous conseiller ce livre. Pendant les 2/3 du livre environ (environ, hein. parce que moi et les maths… :D), nous ne faisons pour ainsi dire que découvrir la vie à l’abbaye. Une vie en communauté régie par des règles qui nous sont dévoilées petit à petit. Grâce au récit de Maresi, on est comme invité à vivre quelques temps avec les sœurs (allez, viens manger du pain nadum, voir voler les koans et t’asseoir à l’ombre du citronnier, c’est cool tu verras :D).

Le rythme du récit est assez lent en soi, pourtant j’ai pratiquement lu Maresi d’une seule traite.

L’héroïne est attachante : elle pourrait paraître un poil trop parfaite mais l’ensemble est baigné d’une telle tranquillité que la bonté des personnages paraît bien s’insérer dans ce cadre. Eux aussi sont animés de sentiments moins glorieux parfois, mais le tout reste emprunt de cette douceur générale. De même concernant les passages les plus durs et dramatiques du récit : toujours cette tranquillité ajoutée à une certaine pudeur. Cela permet de garder un ton adapté au public jeunesse, me direz-vous, mais j’ai beaucoup aimé cette espèce de discrétion feutrée qui imprègne l’ensemble.
Cette paix ambiante m’a presque donnée envie : sérieusement, des gens qui vivent si bien ensemble, ça paraît utopique, certes, mais surtout terriblement reposant… 😀 (et puis il faut aussi préciser qu’ils ont là-bas une bibliothèque particulièrement bien garnie, paraît-il… ça peut être un argument de taille :p).

Même si l’action ne se déroule que sur l’île, l’auteure esquisse les contours du monde qu’elle a créé tout autour. Ses héroïnes viennent bien de quelque part, elles ne sont pas nées sur l’île. Maresi a été envoyée ici par son père, trop pauvre pour l’élever et qui a voulu lui épargner la même fin que la jeune sœur de Maresi, morte de la faim. On découvre aussi le passé de Yaï, évidemment, qui arrive d’un autre endroit, où les femmes n’ont vraiment aucun droit. L’île, c’est l’endroit où toutes ces femmes qui n’avaient pas les conditions nécessaires pour vivre correctement trouvent refuge. C’est là qu’elles peuvent développer tout leur potentiel. L’ensemble a un parfum de légende, que j’ai beaucoup aimé.
Autre élément très sympa : toute la mythologie autour de la Jeune Fille, de la Mère et de la Vieille (ce sont les trois figures de la déesse vénérée par ces femmes 😉 ).

Certaines passages m’ont un peu moins plu, un peu moins parlé, mais j’ai aimé le message qu’envoie la fin, avec la décision que prend Maresi (même si j’étais un peu deg, quand même, hein :D). Surtout, l’auteure arrive à faire monter une tension qui a très bien fonctionnée sur moi et à laquelle je ne m’attendais pas, vu le calme du début.

Ce roman semble comme hors du temps, son ambiance diffère des romans de fantasy jeunesse que je lis habituellement et il m’a fait un peu penser à un mythe !

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