Mémoire d’Ange – Michèle Beck

C’est le moment où je dois vous faire un aveu. Voilà, alors que les anges ont connu une grosse popularité il y a quelques années, je n’ai lu qu’un seul roman qui en parlait (Le sang des anges de Nalini Singh). C’est une série, et pourtant, je n’ai jamais dépassé le tome 1, pour la simple raison que j’ai détesté. Bref, les anges et moi, ce n’est clairement pas une grande histoire d’amour. Mémoire d’Ange aura-t-il su faire changer cela ? Générique (enfin, résumé, quoi).

Potentielle : humaine pouvant être transformée en chasseuse par un démon
ou en gardienne par un ange.
Rien ne préparait Lily, 17 ans, à se retrouver au milieu d’une guerre millénaire entre anges et démons. Alors qu’elle vient de perdre sa mère, Matthew, un ange, lui révèle qu’elle est une potentielle. Lily et Matthew sont happés dans une fuite haletante face aux ennemis qui les pourchassent. Si elle se révèle étrangement puissante, Matthew a aussi sa part de mystère, amnésique, il ignore la raison de la disparition de ses ailes. Est-il devenu un ange déchu ? Les épreuves vont les rapprocher et réveiller des sentiments anciens, un amour qui a survécu à travers les âges et n’est pas du goût de certains.

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Répondons rapidement à la question posée dans l’introduction : dans l’ensemble, Mémoire d’Ange a été une lecture sympa !

Parlons d’abord de l’héroïne, Lily. J’ai eu régulièrement du mal à me souvenir qu’elle venait de perdre sa mère. C’est rappelé à plusieurs reprises, mais Lily se laisse tellement embarquer dans l’univers des anges et des démons que j’avais du mal à me souvenir qu’elle était aussi une jeune fille en deuil. Sa mère n’est d’ailleurs pas le seul proche qu’elle perd au cours du livre, et là encore, même sensation : Lily est tellement occupée à devenir une héroïne badass, véritable pro de la gâchette et en gestion de situations pleines d’adrénaline, que j’en oubliais le reste. Cela n’a pas empêché Lily de m’être assez sympathique dans l’ensemble, même si j’ai parfois eu du mal à croire aux tragédies qu’elle traversait. En somme, Lily assure un peu trop et s’adapte un petit peu trop facilement aux événements. C’est terrible comme reproche, je sais : « mademoiselle, vous avez une faculté d’adaptation un petit peu trop élevée. C’est mal. » 😀
Qu’en est-il de l’autre personnage principal, Matthew ? Ce dernier est très classique comme personnage masculin de littérature young adult fantastique : il est beau gosse, mystérieux, renfermé et, surtout, entretenir une relation amoureuse avec lui est impossible… sauf si vous êtes l’héroïne du roman dans lequel il se trouve. Lily est chanceuse : l’héroïne, c’est elle, et nous allons donc assister à la naissance de leurs sentiments. Ok, ceux-ci arrivent bien vite, mais je me suis volontiers laissée prendre au jeu. Au milieu de l’action et du mouvement qui caractérise pas mal l’intrigue, les moments Lily/Matthew proposent parfois une bulle de douceur un peu triste que j’ai appréciée.

Quant à la mythologie proposée, comme je n’ai pas beaucoup lu d’ouvrages de ce genre, je ne risque pas d’avoir un sentiment de redondance, mais j’ai malgré tout l’impression que l’idée de Michèle Beck reste originale. Le concept de potentielle permet de fait d’introduire une certaine urgence à l’intrigue : du fait qu’elle est au contact des anges, on se doute que Lily est plutôt destinée à devenir une gardienne, sauf que tout « potentiel » est également intéressant pour les démons, qui ne vont pas se laisser voler un possible futur chasseur comme ça. De plus, l’auteure ne tombe pas dans le piège où elle fait des anges les gentils et des démons les méchants. Pas de manichéisme pur et dur (ouf).
Matthew apporte également sa petite part de suspense : quand Lily le rencontre, il vient de se faire couper les ailes par on-ne-sait-qui… (depuis le début, je vous vends Matthew l’ange-bôô-gosse-mystérieux, mais en vérité, c’est un ange sans ailes que l’on rencontre au début du livre 0:) ). Le mystère qui plane autour de son agression est sans doute l’axe qui m’a le plus parlé.
Par contre, petit questionnement en rapport avec la cohérence de l’univers. Peut-être est-ce une erreur de compréhension/mémoire de ma part, mais j’ai eu un sérieux bug avec la place des zombies : l’un des personnages affirme à Lily que les zombies n’existent pas. Quelques chapitres plus loin, qui débarque ? Des sorte de zombies. Ce n’est que bien plus tard que les personnages reconnaissent qu’ils croyaient que les zombies avaient disparu (mais que ce n’est de toute évidence pas le cas), me semble-t-il… En somme, j’ai trouvé leur place dans la mythologie du roman assez floue !

Si j’ai eu quelques difficultés avec l’écriture au début, cela s’améliore grandement par la suite. Dans les premiers chapitres, j’ai eu un peu de mal avec la présence de nombreuses références censées faire « jeunes » et « actuelles ». Je trouvais parfois qu’elles sonnaient un peu faux, et je ne suis pas certaine qu’elles vieillissent extrêmement bien.
Régulièrement, certaines phrases me paraissaient un peu bancales, ou me donnaient l’impression que je les connaissais déjà. Cela dit, tout ça m’a paru s’arranger au fur et à mesure que j’avançais dans ma lecture. L’ensemble se faisait de plus en plus fluide et addictif.

Addictif…? Vous ai-je déjà signalé a quel point j’ai eu du mal à lâcher ce bouquin ?

En effet, même si j’ai reproché pas mal de choses à ce tome 1, celui-ci s’est révélé être presque aussi addictif qu’une tablette de chocolat praliné (et vous savez à quel point je ne plaisante pas avec le chocolat). J’ai commencé ma lecture doucement, quelques pages par-ci par-là, puis arrivée à un certain point, je lui ai tout simplement consacré ma soirée et l’ai lu d’une traite.
Pour finir, je pense qu’il est de mon devoir de vous prévenir : la fin de ce T1 rend la lecture du T2 quasi-obligatoire 😀 Michèle Beck nous offre un petit retournement de situation qui, sans être tout à fait imprévisible, n’en reste pas moins parfaitement efficace.

Une fois passé mes difficultés avec le début, Mémoire d’Ange s’est presque lu d’une traite. C’est sans doute ça, le plus atout de ce roman selon moi : son rythme élevé permet d’en faire un agréable petit page-turner.

Je suis curieuse concernant la suite !

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8 Comments on “Mémoire d’Ange – Michèle Beck

  1. Je ne connaissais pas ce roman du tout, et comme toi je n’ai pas lu beaucoup de romans centrés sur les anges, mais je peux que j’ai lu ne m’avais pas tellement convaincu^^
    Du coup pourquoi pas laisser une chance à celui ci s’il peut me rabibocher avec l’espèce^^

    • Ah tiens, toi aussi tu es passée à côté du phénomène ? Une amie me tannait il y a quelques années pour que je lise Hush Hush, mais traumatisée par Le sang des anges, j’avais fait de la résistance. Ce qui est idiot vu que ce n’est pas du tout le même genre de livre, même si les deux traitent des anges.
      Celui-ci est sympa, si tu as envie de tenter quelque chose dans le genre ! J’ai aimé la manière dont il se lit à toute vitesse, en tout cas 🙂

      • J’avais lu Hush Hush mais je n’en garde aucuun souvenir oO
        Je pense qu’il faut présumer que je n’ai pas dû trop aimer^^

        • Ahah, ces fameuses lectures dont on ne se souvient pas XD Il y a quelques temps, ça m’est arrivé grâce à une chronique que la Luciole a exhumé du fin fond du blog et dont je n’avais AUCUN souvenir. Je ne savais même plus quel était ce livre, donc j’ai découvert mon avis comme quelqu’un de totalement extérieur. La honte, oui, un peu XD

  2. J’avais adoré angelfall et tu me donnes envie de découvrir celui la. Je me le note merciii :p

    • Je n’ai jamais lu Angelfall, mais j’en ai entendu beaucoup de bien ! 🙂 Celui-ci pourrait peut-être te plaire ! Je lirais ton avis avec plaisir !

  3. C’est surtout la maison d’édition qui m’a interpelée (et elle est toute récente, dis donc !) : tu avais déjà présenté des livres de chez eux mais je n’avais pas tilté. J’ai lu sur un site qu’il y avait derrière une « […] volonté de mettre les femmes de tous âges au cœur du projet. On entend encore trop souvent dans le milieu de l’édition qu’un livre avec un héros se vendra mieux qu’avec une héroïne, ou, qu’une auteure devrait cacher son prénom féminin sous des initiales. » >> Je ne prétends pas connaître les dessous des maisons d’édition, mais ça m’a semblé assez bizarre comme déclaration, vu que la majorité du lectorat est féminin et qu’en conséquences, on trouve beaucoup plus de collections ciblant un public « girly » que ciblant un public ostensiblement masculin. ôO
    Néanmoins j’approuve la volonté de mettre en avant des « héroïnes fortes constituant un modèle positif pour les filles », pour peu qu’on ne tombe pas dans le prêchi-prêcha (et puis tous sexes confondus, je préfère les personnages faillibles ;D) Bon, et aussi ces livres « qui accompagnent les femmes sur toutes les étapes de leur vie (ménopause, puberté, grossesse…) » me donnent envie de lire plus de roman aux héroïnes en pleine ménopause, tiens ! XD
    Après, concernant ce livre-ci en particulier, j’avoue que si j’ai eu ma période « fans des anges » (après la lecture d’Angel Sanctuary, essentiellement), les héros ténébreux, mystérieux et renfermés traditionnels me plaisent moins (en clair, j’ai toujours été Team Spike et pas Team Angel, justement, dans Buffy :p), et donc… Je crois que je passerai mon tour pour celui-ci (surtout que tuer l’entourage de l’héroïne sans que ça ait d’impact, bofbof).

    • C’est vrai qu’au premier abord ça me paraître étrange vu la majorité que représente le lectorat féminin, mais j’avais déjà lu une auteure déclarer qu’elle avait dû prendre un pseudonyme androgyne pour essayer de mieux vendre, en gros. Ça m’avait vraiment interpelée, car ça n’a pas l’air d’être une exception. Pourtant, personnellement, je n’ai pas l’impression de lire plus facilement un livre écrit par un homme 😀 Sauf si l’auteure s’appelle « Lily-Rose Di Caprio Mortensen », là, ou je vais l’acheter pour le délire (et parce qu’il y a marqué MORTENSEN… Je ne résiste pas à Aragorn :'( ), ou je vais me méfier du niveau de fangirlisme général qui semble dominer chez cette auteure 😀
      Bref, pour en revenir au sujet de base, apparemment, un nom d’auteur masculin et un héros garçon aideraient plus à vendre en général… j’avais déjà vu passer des infos allant dans ce sens, donc ça ne m’avait pas trop surprise. Même si tes arguments me paraissent également pertinents, de mon pont de vue de nana qui ne travaille pas dans l’édition.
      J’ai aussi un faible pour les personnages faillibles et le prêchi-prêcha me fait fuir, mais pour l’instant cette maison d’édition ne tombe pas du tout là-dedans, donc ça va 🙂
      Et je trouverais ça super cool, qu’on parle plus d’héroïnes en pleine ménopause. Ça changerait, et puis au moins, vu les conneries que ces foutues hormones te font faire, il y aurait sans doute de l’action avec une héroïne traversant cette période XD
      … ok… c’est vraiment n’importe quoi, ce commentaire 😀
      Je n’ai jamais vu Buffy, mais je connais la grande question de la « team Spike ou Angel ? ». Je n’avais pas le droit de regarder ces trucs là quand j’étais plus jeune, ma mère trouvait ça trop violent (cherche pas, mis à part Totoro et « Princes et princesses », tout était trop violent :D) Bon, du coup, je lisais Théophile Gautier et Dumas, parce que ça, c’était approuvé par mes parents et que je n’avais pas grand-chose d’autre à faire quand on était coincés à l’intérieur par le mauvais temps XD Mais c’était fort bien aussi… et maintenant ça me fait des anecdotes marrantes à raconter 😀
      Enfin bref, de cette maison d’édition, j’avais préféré « ADN Vampire » ! 🙂

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