Yin et le Dragon t1&2 – Marazano et Xu Yao

Yin et le dragon, une série jeunesse en 3 tomes dont les deux premiers sont déjà sortis et dont je vous parle maintenant.

1936, la menace d’un invincible dragon noir qui doit venir anéantir les hommes plane sur Shanghai. Dans le même temps, une petite fille et son grand-père recueillent et soignent un dragon d’or blessé. Une décision qui les emmènera bien plus loin qu’ils ne le pensaient…


Yin et le Dragon fait partie de ces séries dont la mignonitude fait que j’ai longtemps lorgné dessus avant de me procurer le premier tome, que j’ai lu très récemment, lorsque j’ai reçu le second. Rien qu’à la couverture, rien qu’en feuilletant, j’étais déjà sous le charme des illustrations, qui reprennent le style manga, tout en apportant une touche propre à cette série et en proposant de très belles couleurs.

Cet univers m’a tout de suite beaucoup plu. On découvre à la fois la vie, pas toujours facile, de Yin et de son grand-père, un pêcheur pauvre, dans un petit village chinois des années 30. On découvre l’Histoire de la Chine à cette époque-là, l’invasion japonaise … (Entre cette BD et Adieu ma concubine dont j’ai parlé à l’occasion du dernier Défi Deedr, je vais être ultra calée en Histoire de Chine vous allez voir :D)
A côté de ça : le dragon ! Les légendes se mêlent à l’Histoire, dans un dosage que j’ai trouvé parfaitement géré. Ces légendes rajoutent un petit côté onirique au récit sans dénaturer le côté « réaliste », j’ai trouvé ça plutôt fort. 😉

J’ai également bien aimé les personnages, le grand-père m’a touchée, avec cette abnégation dont il fait preuve pour rendre la vie de sa petite fille la meilleure possible. J’ai bien aimé Yin elle-même, alors que c’est le genre de personnage – les petites filles débrouillardes – qui peut vite m’agacer dans mes lectures si l’auteur en fait trop. Et enfin, j’ai beaucoup aimé la relation qui lie Yin et son grand-père.

Après avoir dit tout ça, je ne peux pas dire le contraire : j’ai trouvé le premier tome très prometteur et j’ai ouvert le tome deux avec beaucoup de plaisir.

Yin et son grand-père se sont habitués à la présence du Dragon d’or, qui les aide dans leur pêche quotidienne. Mais la guerre fait rage à Shanghai : derrière les assauts de l’armée japonaise, qui donnent lieu au terrible massacre de Nankin, c’est le Dieu Xi Qong, maître des Dragons, qui s’exprime pour dominer le monde des hommes.


J’y ai retrouvé tous les points positifs du premier tome : la tendresse entre les personnages, les illustrations, le dragon !

Mais je n’ai pas pu m’empêcher d’être un brin déçue.

Au début je n’arrivais pas à définir pourquoi, puisque je retrouvais tout ce qui m’avait plu dans le premier tome. Finalement, je pense pouvoir dire que j’ai trouvé ce second tome un peu précipité, les événements s’enchaînaient trop rapidement, j’ai eu l’impression que le récit ne prenait pas le temps de clore une péripétie avant de lancer la suivante, ne prenait pas le temps de se poser. J’ai eu la sensation d’un « faux rythme ».

Alors évidemment, je trouve ce récit toujours aussi intéressant, d’autant plus que dans ce second tome le dragon et les légendes prennent une place plus importante, la guerre entre la Chine et le Japon se retrouve plus développée … J’ai particulièrement aimé l’idée que ça pourrait être le début d’une guerre entre les mythes (les dragons) et le monde rationnel des hommes.

« Le monde que nous allons vous léguer ne sera pas réjouissant. Sans les mythes, il sera plus rationnel, mais il ne sera pas forcément plus juste … »

J’ai hâte de voir ce qui sera fait de cette idée dans le tome 3, j’ai vraiment envie de la voir développée !

Et en même temps j’ai vraiment peur que cette impression de précipitation que j’ai eu à la lecture du tome 2 s’accentue : le format de courte trilogie (3 BD de 60 pages) ne me semble pas le plus approprié pour cette histoire qui me semble avoir besoin de beaucoup plus de place, et beaucoup plus de temps, pour développer tous les thèmes qui commencent à être abordé. D’où ma sensation que les événements s’enchaînaient trop rapidement, comme si il fallait absolument tout caser dans trop peu de pages. Je me trompe peut-être, le tome 3 nous le dira ! C’est en tout cas mon ressenti pour ce tome 2, et je trouve ça vraiment dommage, car, je le répète avec un format plus adapté, cette série avait tout pour me plaire !

En attendant le verdict du tome 3, je retiendrai la belle poésie de cette histoire et des personnages, le parallèle entre la guerre Chine/Japon et Dragons/Humains, l’opposition entre mythe et rationalité … et un univers qui a su m’accrocher. A suivre … 😉

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« C’est le premier, je balance tout ! » – Avril 2017

Hola que tal ?

Bon, ne nous emballons pas, la suite ne sera pas en espagnol, nos cours de LV2 commençant à se faire lointains (ça y est, on parle comme des vieilles. Merveilleux. Faut arrêter les jours fériés, ça ne nous réussit clairement pas).

On est parti pour un nouveau c’est le 1er ! Mais avant, un fabuleux (et nécessaire) copier-coller :

Concrètement, ce RDV, c’est quoi ?

On va laisser Lupiot vous expliquer ça :

«  « C’est le 1er, je balance tout ! »

Il rime avec « C’est lundi, que lisez-vous ? », et peut se voir comme un complément ou un petit frère dérangé, comme il vous plaira. Je vous invite à l’adopter, il ne mord pas.

Le principe ? Quatre trucs à balancer !

  • Le Top & Flop de ce que vous avez lu le mois-dernier.
  • Au moins 1 chronique d’ailleurs lue le mois dernier.
  • Au moins 1 lien que vous avez adoré le mois dernier (hors chronique littéraire).
  • Et enfin : ce que vous avez fait de mieux le mois dernier. »

Sans plus attendre, nos tops :

La Luciole : L’écureuil ! très belle BD que je me réjouis d’avoir découvert. Je ne l’ai pas terminé mais je suis en train de lire Kafka à Paris et j’aime beaucoup, c’est un genre que je n’ai pas tellement l’habitude de lire, et j’ai hâte de lire la suite. De toute façon, c’est un roman que j’ai acheté aux Imaginales de l’année dernière donc je me suis promis de le terminer avant !

Morgana : Je n’ai presque pas lu ce mois-ci. Ce mois d’avril était celui de la panne-de-lecture-moisie (mais si, vous savez, celle où vous avez très envie de lire, sauf que RIEN ne vous accroche. Si je vous faisais la liste du nombre de livres que j’ai essayé de lire, on y serait encore demain). Mais j’ai quand même commencé le mois avec une lecture délicieusement morbide et drôle : Autopsie, dont je vous ai déjà parlée. J’ai aussi retrouvé la plume de Gail Carriger avec le tome 1 du Protocole de la crème anglaise (on en parle bientôt, ok ?) et je viens de finir Mosquitoland, qui m’a pas mal retournée. Donc (très) peu de lectures, mais du bon. C’est déjà ça :p

Nos déceptions :

La Luciole : ce mois-ci, pas vraiment de flop, mais une déception : Yin et le dragon tome 2, je l’ai trouvé en dessous du premier tome … j’en parle en début de mois prochain.

Morgana : Du coup, je vais un peu plagier ce que la Luciole disait le mois dernier : l’avantage d’avoir peu lu, c’est que les livres lus auront été bons et cela a le mérite de laisser cette rubrique… vide. 😀

Sur la blogo et ailleurs, on a aimé :

La Luciole : Nothing … j’ai passé beaucoup de temps sur l’écran au travail (avec en plus des heures sup’ et une ambiance assez mauvaise), alors en rentrant à la maison, j’évitais les écrans et n’ai donc pas vraiment traîné sur internet ce mois-ci …

Morgana : Heureusement que je suis là pour rattraper l’affaire dites-donc. Parce que moi, voyez-vous, j’ai carrément passé mon temps à traîner sur le net ce mois-ci… Ah non en fait. J’ai juste été sauvée par des liens qui ont attiré mon attention ces derniers jours 😀

  • La vidéo de Perseline sur L’enfer de Dante : La mise en scène du début est BELLE. Voilà, au revoir. Non, vraiment, si jamais vous n’avez jamais vu Perseline passionnée par une œuvre, cliquez immédiatement. Elle réussirait à me faire lire 50 shades, si elle en parlait comme ça, je crois 😀
  • Maureen de Bazar de la Littérature qui parle de ses 11 ans de blogging et dresse un bilan sincère de ce qu’elle a « gagné » au travers de cette passion très chronophage.
  • La chronique de Valentine sur Caraval, complètement positive (contrairement à la mienne) et pleine de superlatifs, son enthousiasme est super communicatif. Je ne sais pas vous, mais moi, les avis coup de coeur comme ceux-là me mettent de bonne humeur, donc autant partager 😀
Le meilleur de ce mois-ci :

La Luciole : Eh ben Pâques, quelle question ! 😀 En plus cette année je n’ai pas réussi à être raisonnable, et j’ai fini tout mon chocolat dans la semaine o:)
Et sinon … réserver les billets de train pour partir aux Imaginales ! Wouhou ! enfin c’est officiel, on va y retourner, et on a déjà prévu d’y retrouver Chloé et Perseline, alors j’ai vraiment hâte !!! 🙂

Morgana : Puisque la Luciole a déjà tout dit, je n’ai plus qu’à partir bouder dignement. Ou juste à approuver complètement 😀 Le CHOCOLAT (j’ai eu droit à une vraie chasse aux œufs cette année, ouaip)(quoi, quel âge j’ai ?) + l’organisation pour aller aux IMAGINALES avec les fâââbuleusement fabuleuses Chloé et Perseline, voilà ce qui est à retenir de ce mois 😀

Autre chose qui a marqué mon mois : le 23 avril c’était… les élections, oui, mais ça c’est pas un scoop 😀 Le 23 avril, c’était aussi les 6 ans du blog. Donc voilà, joyeux anniversaire, Deedr 🙂 J’en profite (et je parle aussi pour notre Luciole préférée je pense :D) pour vous remercier pour cette nouvelle année passée ensemble !

Ils ont rejoint nos bibliothèques :

La Luciole :

L’Ecureuil tome 1 et 2
I am Princess X (lu), assez surprenant, je vous en parle en début de mois prochain
Yin et le Dragon, tome 2 (lu)
Le Château des étoiles, tome 3 (voir mon avis sur les tomes 1 et 2)
Nature morte, de Zidrou et Oriol. Celui-là, la couverture m’avait déjà interpellée en début de mois, mais je n’avais pas craqué… puis il est revenu me faire coucou ! Ca ne se voit certainement pas sur l’image, mais la couverture à un effet « toile », comme le tableau d’un peintre. Avec ce dessin qui fait lui-même très « tableau », j’ai vraiment l’impression d’avoir une toile originale dans ma biibliothèque 😀 L’objet-livre en jète pas mal ! Reste à voir si l’intérieur vaut autant le coup. Si j’en crois mon  libraire-BD : oui !
– La petite pieuvre qui voulait jouer du piano, de Wajdi Mouawad, oui l’auteur d’Incendies a aussi écrit un album pour enfant. Et vraiment pas mal, même si je ne pense pas en parler sur le blog.
La Guerre des Lulus, tome 1, à l’occasion du 48h BD.

Je crois que vu cette liste, et ma remarque précédente sur le chocolat, ça se sent que j’avais besoin de réconfort ce mois-ci Aha 😀

Morgana : Puisqu’il faut bien que l’une de nous deux soit raisonnable, je n’ai pour ma part qu’un seul nouvel arrivant à déclarer :p

  • Mosquitoland, de David Arnold (lu)

Bon, en vrai, j’ai juste acheté des fringues à la place des bouquins. Mais comme je ne lisais pas vraiment ce mois-ci, alors que j’ai continué chaque jour à porter des vêtements (vous êtes ravis de le savoir, je sais), ce choix d’achat paraît assez logique il me semble (Bon, du coup, on peut dire que moi aussi je me suis réconfortée à grand coup de shopping intempestif… et mince :D).

Muy bien, l’article est maintenant terminé. Et vous, ce mois d’avril ? 🙂
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Défi Initiales : Adieu ma Concubine – Lilian Lee (et l’adaptation de Chen Kaige)

Après Morgana il y a une vingtaine de jours avec L’enfant de Calabre de Catherine Locandro, à mon tour de vous présenter le livre que j’ai lu pour le Défi des Initiales. En quelques mots je vous rappelle le thème du défi : il s’agissait de lire un livre d’un auteur qui porte les mêmes initiales que nous. Pour moi c’est donc L.L.. Et oui, ce sont vraiment mes vraies initiales dans la vraie vie, je ne me suis pas juste dit que ça pourrait être sympa d’utiliser les initiales de La Luciole !

Mon pote d’initiales sera donc pour ce défi Lilian Lee, auteur d’Adieu ma Concubine. Et puisque sur le blog, mon taf c’est surtout de parler de la littérature « visuelle », j’ai également vu l’adaptation cinématographique, du même titre, et réalisée par Chen Kaige.

L’intrigue d’Adieu ma concubine s’étale sur de nombreuses années, on suit Douzi et Shitou, de leur apprentissage de l’opéra auprès d’un maître ultra-exigeant et violent, jusqu’à leur succès sur les planches à l’âge adulte et leur vie en Chine durant la Révolution culturelle.

Je ne pourrai pas dire que c’est une lecture que j’ai adoré, mais je l’ai trouvée intéressante sur plusieurs points.

Le roman, comme le film, proposent tout d’abord une sorte de mise en abyme : Adieu ma concubine est le nom d’un célèbre opéra chinois que jouent ensemble Douzi et Shitou depuis leur enfance. Cet opéra raconte les adieux du roi Xiang Yu, que joue Shitou, à sa concubine Yu Ji qui finit par se suicider et qui est interprétée par Douzi.

Ouais, ouais, en deux paragraphes j’ai déjà écrit « maître violent » et « suicide », on sent le côté très bucolique du roman non ? 😀 Adieu ma concubine aurait effectivement pu être très dur, mais le tout est décrit de manière très factuelle, pas de mélodrame, ça aide un peu à avaler la pilule. Un peu …

Pendant toute l’histoire la réalité des personnages et leurs rôles de l’opéra s’entremêlent, j’ai eu presque l’impression parfois, de pouvoir deviner la suite du roman grâce à l’histoire de l’opéra, mais c’est plus subtil que ça. :p
C’est également l’occasion d’en apprendre un peu sur l’histoire de l’opéra chinois, que je ne connaissais absolument pas, du fait que c’était des acteurs hommes qui jouaient les personnages féminins, qu’on prenait alors les acteurs les plus gracieux, aux traits les plus fins pour interpréter ces rôles. Ce sont les dan, les rôles féminins leurs sont réservés, et hors de question pour eux d’interpréter des rôles masculins. Bon … j’espère que l’opéra de Pékin vous intéresse un minimum vu ce petit paragraphe théorique 😀 J’ai en tout cas été ravie pour ma part de découvrir tout ça ! Douzi devient donc dan, et le livre suggère que ce titre a une grande influence sur sa personnalité et sur son homosexualité. Douzi en vient à ne plus distinguer l’opéra de la réalité, ce qui rend certains éléments de sa vie bien difficile à endurer pour lui …

Pendant une bonne partie de ma lecture, j’ai cru que le roman s’en tiendrait là mais une grande part historique finit par intervenir : que deviennent ces personnages et l’opéra durant la Révolution culturelle ? Qu’est-ce que le régime de Mao a changé la vie de tous ces gens ? Adieu ma concubine devient un vrai témoignage sur cette période et je dois dire qu’au-delà du plaisir que j’ai lu à lire ce livre, il a été très instructif sur ce point-là aussi. Je n’en dirai pas trop là-dessus parce que je n’y connais rien, j’aurai peur de dire des bêtises, et mon frère qui a une licence en Littérature et civilisation chinoise (ou un truc comme ça) ne me louperait pas si je faisais la moindre approximation 😀

Je peux quand même souligner que j’ai été touchée par le destin de ces personnages, par le fait qu’ils puissent, selon les régimes en place être punis pour quelque chose fait des années auparavant, alors que ce n’était pas illégal, puis lorsque le régime change de nouveau, qu’il soit punis pour l’inverse … On sent qu’ils n’ont alors aucune échappatoire.

J’avais entendu beaucoup de bien du film, je tenais donc à le voir aussi. Mon avis principal se porte sur le scénario, et je n’aurai donc pas grand chose à dire de plus que sur le livre, si ce n’est que beaucoup d’éléments, notamment historiques m’auraient probablement échappé si je n’avais pas lu le livre. Le film ne peut pas se permettre d’être aussi explicite que le livre, sinon on regarde un documentaire …, mais du coup, le rôle des gardes rouges, le principe du dan, les différents régimes successifs, la relation entre Douzi et Shitou également … tout ça me paraît bien plus flou si on n’a pas lu le livre et qu’on ne connait pas bien l’histoire de la Chine.

Cela reste une adaptation que j’ai bien aimée, et malgré sa durée de 2h45, je ne me suis pas ennuyée.  Et ça … c’est rare, en général même pour un film d’1h30, je veux toujours retirer 20 minutes !
J’aurai pu être très positive sur le film en lui-même, notamment sur le scénario. Mais par rapport au livre, je n’ai pas trouvé qu’il apportait de vrai plus, si ce n’est qu’il permet d’avoir une idée du visuel des costumes d’opéra. Et comme pour moi l’intérêt principal de toute cette histoire était le point historique et culturel sur la Chine et son opéra … ce n’est pas rien ! 😀

Adieu ma concubine, que ce soit sous sa forme livre, ou film, dresse, pour moi, de très beaux personnages, sensibles et crédibles. J’ai eu un peu de mal à écrire de manière synthétique ce que j’avais pensé de cette histoire tant elle m’a paru complexe et aborder des thèmes très variés : l’amour, l’homosexualité, la dictature, la relation à l’art, l’exigence … Bref : une œuvre des plus intéressante, sur le fond comme sur la forme.

Le défi initiales de Morgana, c’est par ici, et il fait moins dissert’ que le mien, je vous promets 😀
Et les autres participants au défi, leurs livres lus et leurs avis, c’est par ! 🙂

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L’Écureuil t1&2 – Grolleau, Mialet, Bonelli

Je dois dire que depuis la sortie du tome 1 je lorgne sur L’Écureuil et sa belle couverture. Alors quand le tome 2 est sorti et que j’ai vu que c’était une histoire en deux tomes, je n’ai pas hésité plus d’un quart de seconde …

Paris, 14 juillet 1870, le règne de l’Empereur Napoléon III bat de l’aile, les Prussiens sont aux portes de la capitale et le peuple de Paris gronde… Mais qui est donc cet étrange gamin roux qui danse ou plutôt vole littéralement de toit en toit ? Quel est le mystère que cache sous sa cape ce drôle d’Écureuil ?

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La première chose qui m’a attirée ce sont les illustrations, l’ambiance qui se dégageait de ces pages. Les auteurs ont su créer un vrai petit univers propre à L’Écureuil.

Les toits de Paris sont comme une ville en elle-même, avec son propre fonctionnement, l’Écureuil y côtoie des voleurs, un ramoneur, une jeune fille prisonnière dans une coupole … Une vraie mini-société se dessine et évolue sur ces toits avec la même aisance que sur la terre ferme. J’ai trouvé que ça créait d’entrée une certaine douceur qui m’a donné envie de dévorer ces deux tomes.

On découvre également Paris autrement : ces toits, c’est un peu le côté bohème et poétique de Paris, et ça donne l’occasion aux dessinateurs de nous proposer de très belles images de ciel que j’ai adorées (même si le fait qu’il fasse toujours beau à Paris dans L’Écureuil me paraît peu réaliste et très optimiste :D).

Cet univers au sommet des toits est tellement propre aux personnages qui y vivent que tout ce petit monde ne semble pas concerné dans un premier temps par le morceau d’Histoire qui se déroule dans les rues : fin du règne de Napoléon III, menace prussienne, Commune de Paris … Morceau d’Histoire qui devient plus présent dans le tome 2 où la rue et les toits s’entremêlent de plus en plus.

Je ne suis pas une adepte des fictions avec fond historique, ça a tendance à me perdre, ça me fait me sentir nulle parce que j’ai l’impression que si j’avais de meilleures bases en Histoire et une meilleure mémoire des dates, j’aurai une autre lecture de l’œuvre 😀
Mais ce fond historique est inséré d’une telle manière dans L’Écureuil que je n’ai pas eu toutes ces réticences. Au contraire, j’ai trouvé que ça apportait un vrai plus à l’histoire : un subtil message sous-jacent, un véritable souffle d’optimisme, un brin d’ambiance révolutionnaire

C’est dans tout ce contexte qu’on rencontre l’Écureuil, un enfant quasi-sauvage d’une dizaine d’années doté d’une chevelure rousse à rendre jalouse Morgana (en plus elle ne plane pas de toits en toits, double raison d’être jalouse !).

J’ai trouvé ce personnage d’une grande douceur, à la fois espiègle, naïf et un peu nostalgique, je m’y suis immédiatement attachée !

La grande question concerne son identité … Becoz’ c’est un peu dangereux pour un gamin de se balader sur les toits, les tuiles ça glisse, touça touça … et en plus avec le roi des voleurs qui veut sa peau, ça devient quasiment aussi dangereux que la Commune toute cette histoire …

J’ai beaucoup aimé les différentes révélations sur ce personnage au cours de ces deux tomes, elles m’ont paru intervenir aux bons moments, être bien dosées … C’est globalement l’avis que j’ai sur ce scénario, la forme courte de cette histoire est bien menée et bien développée, aussi bien sur l’identité de l’Écureuil, sur sa relation avec les différents personnages, sur l’implication de Victor Hugo dans tout ça, sur l’Histoire avec un grand H qui se déroule en parallèle … je n’ai pas eu de sensation de longueur, ni de précipitation. A part peut-être à la toute fin, j’aurai peut-être apprécié une petite page en plus, avant la toute dernière case du tome 2 (que j’adore), histoire qu’on quitte ces personnages un peu moins brutalement.

Mais sinon … que dire sur ces deux tomes si ce n’est que c’est une lecture qui m’a donné une sensation de joie et d’espoir … dans laquelle, à mon avis, petits et grands peuvent trouver leur compte !

 » Il faut croire aux anges, aux plumes rousses qui volent au-dessus de nos toits. Ce monde en a tellement besoin. »

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