The Hours – Stephen Daldry

Continuons cette édition spéciale avec un nouveau film sur Virginia Woolf et Mrs Dalloway : The Hours et son super casting : Meryl Streep, Julianne Moore, Nicole Kidman.

The Hours est sans doute le film qui m’aura procuré la plus grosse dose de suspens de tous les films que j’ai vus dans ma vie …

Non pas pour son scénario mais car j’avais vu le début en cours de Spécialité Anglais au lycée, il y a … presque 7 ans (gloups, je vieillis) mais je n’avais pas vu la fin. Et j’étais trèèèès intriguée par la forme du film, je m’étais juré de voir vite la fin, et puis … je ne l’ai jamais fait ^^

C’est donc 7 ans plus tard que je l’ai enfin regardé en entier ! J’avais déjà beaucoup aimé le début de ce film la première fois, il en a été de même pour cette seconde fois. Je crois que le fait que le film ait été laissé en suspens dans ma mémoire m’a permis de le retenir bien mieux que si je l’avais terminé car tout était plutôt clair dans mon esprit ^^ Mais j’ai été ravie de voir ENFIN la fin (sans blague ! Tout un pan de ma vie qui s’offre enfin une conclusion, vous n’imaginez pas :D).

Le film est l’adaptation d’un livre du même titre, écrit par Michael Cunningham (et dont Morgana vous parlera sans doute un jour), lui-même adaptation de Mrs Dalloway. The Hours, le film, est donc à la fois une adaptation libre de Mrs Dalloway, et un biopic de Virginia Woolf. Vous suivez ? 😀 C’est un peu Inception au pays des adaptations quoi …

Pour faire plus clair, The Hours est composé de trois histoires parallèles :

  • la vie de Virginia Woolf pendant qu’elle écrit son roman Mrs Dalloway ainsi que ses derniers jours

  • la vie d’une femme dans les années 50 qui lit le roman et qui se reconnaît dans le personnage

  • et celle d’une troisième femme, en 2001, dont la vie est une sorte de transposition moderne de celle de Mrs Dalloway.

C’est un peu laborieux à décrire à l’écrit, mais ces trois portraits s’entremêlent parfaitement dans le film, et permettent à eux trois de cerner bon nombre d’aspects de l’histoire de Mrs Dalloway, ainsi que celle de son auteur.

Au-delà de l’histoire elle-même, les références à Mrs Dalloway sont nombreuses, et j’ai adoré les rechercher pendant le film !

L’histoire se déroulant en 2001 par exemple, reprend non seulement la vie de Clarissa, qui organise une soirée, achète des fleurs, rencontre de vieilles connaissances … à la manière de Mrs Dalloway. Mais en plus les personnages secondaires sont chacun des transpositions des personnages du roman de Virginia Woolf, comme si le film nous en proposait une vie parallèle, un destin bis qui aurait très bien pu se réaliser : la Clarissa de 2001 est alors en couple avec Sally, son amie dans la version originale qui l’embrasse devant la fontaine. Richard quant à lui semble être son ex-petit ami, également bisexuel.

Ces grands thèmes de Mrs Dalloway, véhiculés dans l’oeuvre de Virginia Woolf sont ainsi adaptés ici : bisexualité donc, place de la femme dans la société et dans son foyer, féminisme … mais le film va plus loin en en abordant certains, plus modernes, mais totalement dans l’esprit du reste : on apprend par exemple assez vite que Richard est atteint du sida et que cela semble atteindre énormément moralement.

Je me rends compte que je n’ai quasiment parlé que de l’histoire se déroulant en 2001… il est vrai que c’est sans doute celle que je trouve la plus intéressante avec toutes ces transpositions, et si je parlais en profondeur des trois, j’aurai de quoi faire 3 chroniques tellement, ces trois histoires sont comme 3 films à la fois indépendants et à la fois entièrement entrelacés.

Alors je vais faire un effort pour parler du reste du film :D. La partie biopic de Virginia Woolf est tout aussi intéressante, et permet de découvrir, avec une certaine exactitude, me semble-t-il, quelques pans de sa vie : sa vie avec son mari Leonard Woolf, la création de la maison d’édition Bloomsbury (qui n’est pas nommée dans le film, mais qui doit être celle-ci), sa maladie, sa relation avec sa sœur Vanessa Bell … Et la partie se déroulant dans les années 50, même si c’est celle que j’ai le moins aimée en tant que tel, prend tout son sens vers la fin.

Décrit ainsi, de manière indépendante, ces trois aspects du film doivent vous paraître complétement décousu, mais ils sont en réalité très liés, et chaque scène fait échos à la suivante, même si elle ne se passe pas à la même époque. Cela crée un ensemble très intéressant, une dynamique et une ambiance très prenantes et souvent très émouvantes. Ouaip, j’ai même versé ma larmichette à la fin !

En gros si vous vous intéressez à Virginia Woolf, son œuvre, ou simplement au lien qu’il peut y avoir entre un écrivain et son œuvre, ou aux films au montage riche, ou aux jolies histoires émouvantes … ou … en fait, quoi qu’il en soit, je vous recommande ce film qui m’a su me toucher. 😉

Facebook
Facebook
YOUTUBE
Google+

Mrs Dalloway, Virginia Woolf – & l’adaptation de Marleen Gorris

(Binôme : Morgana sur le livre, en turquoise, et La Luciole sur le film, en orange)

Pour cette spéciale Londres, quoi de mieux que de parler de Mrs Dalloway ? Virginia Woolf était anglaise, le roman se déroule à Londres. Nickel, non ? Avouez que pour une fois, pas l’ombre d’une triche, on joue le jeu à fond et on vous propose quelque chose complètement dans le thème 😀

Le récit décrit une journée de Clarissa Dalloway, dans l’Angleterre d’après la Première Guerre mondiale. Elle se rend d’abord chez le fleuriste, mais loin de se centrer sur ce seul personnage, Virginia Woolf offre une fresque de la ville de Londres et de ses habitants, vie rythmée pour tous par Big Ben. Peu après, Mrs Dalloway revient chez elle, et alors qu’elle fait le point sur le choix qu’elle a fait des années plus tôt d’épouser Richard Dalloway au lieu de Peter Walsh, elle reçoit la visite impromptue de ce dernier soupirant. La conversation avec ce dernier est émaillée par le ressac d’anciens souvenirs qui jaillissent dans l’esprit de Clarissa.


Parlons d’abord du livre :
Mrs Dalloway, de Virginia Woolf, 1925.

J’aurais voulu vous proposer un article un peu documenté, en mode « oui, bonjour, je suis kultivée et je vais chercher un peu plus loin que le bout de mon nez (qui n’est pas très long en plus, du coup, je n’irais vraiment pas très loin) ». Mais non, je ne vais pas pouvoir me la péter pour cet article, ne vous attendez pas à quelque chose d’analysé 😀 Je suis restée dans le ressenti tout le long de ma lecture, et je n’ai eu ni le temps ni l’envie de me repencher de manière analytique sur Mrs Dalloway. De plus, je n’ai jamais étudié Virginia Woolf contrairement à la Luciole, donc c’était encore plus risqué. (ouais, enfin, je l’ai un peu abordé en Terminale mais ma prof était mauvaise alors on ne l’a pas vraiment étudié en profondeur … :p mais on voit tout ça plus bas, je laisse Morgana finir !) Et je suis actuellement trop fatiguée pour risquer quoi que ce soit (paaauvre Morgana, ça va, tu veux pas un cookie aussi ?)(oui, je me parle à moi-même :D).

Mrs Dalloway est un court roman de moins de 200 pages. Heureusement, ai-je envie de dire. Le style de Virginia Woolf est si particulier, je ne suis pas certaine que je serais arrivée au bout d’un pavé de 600 pages comme ça. Par contre, ce format assez court a complètement su me séduire. Malgré tout, je pense qu’il faut vraiment être disposé à lire cette œuvre, car elle n’est pas forcément de celle que je placerais dans les classiques les plus accessibles au premier abord. Seulement au premier abord, oui, car si l’on choisit de simplement se laisser porter par les mots de Virginia Woolf, laissant courir nos yeux sur les mots pour ne saisir que ceux qui sauront nous interpeller, cela peut devenir une lecture des plus fluides. Pour ma part, c’est ce que j’ai fait. Certains passages sont restés assez nébuleux, je n’ai pas forcément cherché à m’attarder dessus, tandis que d’autres m’ont tellement appelées que je les ai relus plusieurs fois, parfois même à voix haute.

Résolument introspectif, le roman nous balade des pensées d’un personnage à un autre, avec une fluidité que je n’ai pu qu’admirer.

J’ai trouvé les transitions follement réussies : pas de coupure vraiment nette (si vous cherchez des chapitres, abandonnez de suite cette quête : il n’y en a pas :p), on se retrouve simplement projeté dans la tête d’un autre protagoniste. Souvent, cela a quelque chose de très méditatif. Les personnages repensent à leur passé, réalisent ce qu’ils sont devenus…
Mes passages préférés, ceux qui savaient le plus me captiver, étaient indéniablement ceux de Mrs Dalloway. Femme d’âge mûr, qui se retrouve replongé dans son passé à cause du retour de son amour de jeunesse qu’elle a choisi de ne pas épouser, à cause de cette ancienne amie par laquelle elle était également attirée… Que sont-ils tous devenus ? Pourquoi ont-ils fait les choix qui les ont menés où ils sont aujourd’hui ? Parfois, cela reste un mystère. Je n’ai rien en commun avec Mrs Dalloway, pourtant je me suis sentie terriblement en empathie avec elle.
Les passages qui ont le moins su me parler sont sans doute ceux de Septimus, ce que je ne m’explique pas vraiment. Sans doute car je n’ai pas assez compris son rôle et le parallèle avec l’histoire de Clarissa.

On découvre l’ambiance londonienne de l’époque, où les personnages se promènent et se retrouvent. Les autres lieux sont ceux du passé. Londres est l’endroit où va se dérouler la fête que Clarissa prépare toute la journée et où les participants sont rassemblés.

___

C’est mélancolique, et c’est tellement beau. Cela dit, je n’en suis pas ressortie particulièrement « plombée », mais plutôt émue. J’ai déjà envie de lire d’autres œuvres de Virginia Woolf !


Passons au film tiré de cette oeuvre :
Mrs Dalloway, de Marleen Gorris 1997

De Virginia Woolf, comme l’a évoqué Morgana, j’ai lu bon nombre de ses nouvelles il y a quelques années, dont Mrs Dalloway’s Party. Je rejoins Morgana sur ce qu’elle a pensé du livre : je garde un souvenir d’une écriture très douce, un peu surréaliste et presque hypnotisante. C’est ce que j’espérais retrouver dans cette adaptation.

Le film reprend une journée de Mrs Dalloway, précédant la fête qu’elle organise chez elle. En parallèle, on découvre en voix off ses un peu ses pensées (moins que dans le livre, et uniquement les siennes) et ses souvenirs, lorsqu’elle était « encore » Clarissa : cette jeune femme insouciante et pleine de vie qui devait se marier avec Peter.

On comprend rapidement que ces événements lui reviennent en mémoire alors qu’elle termine l’organisation de la soirée. Elle ne semble pas forcément se poser la question de a-t-elle fait les bons choix dans la vie, mais en tant que spectatrice, je me la suis posée …
Le film nous incite d’ailleurs à nous la poser et à prendre parti : lorsque Richard Dalloway fait son apparition dans la vie de Clarissa, il a bien plus de classe et est bien plus séduisant que Peter, avec qui elle doit alors se marier et qui m’a semblé un peu lourdau et benet … Une fois adulte, et marié à Clarissa, Richard est devenu bedonnant, on le devine absent, gentil mais qui ne fait pas chavirer le petit cœur de Mrs Dalloway, en gros. Alors que Peter … par une magie quelconque est tout d’un coup devenu un homme bien mis de sa personne, le teint hâlé …
Pour résumé, si j’étais cette Clarissa, j’aurai peut-être choisi Richard jeune et Peter plus âgé, et c’est ce qu’elle semble se dire … je crois que le film, par son choix d’acteurs, nous incite à penser ainsi. Pas très subtil mais efficace 😀

C’est un peu ce que je pourrai reprocher au film : son manque de subtilité. Autant dans le fond que dans la mise en scène. Je trouve que le film fait très « daté » sur certains effets : le fondu enchaîné pour signifier qu’on entre dans un fash-back, les surimpressions pour faire comprendre qu’elle pense à tel événements … c’était pas obligé. Non,non, non… Mais le film date de 1997 c’était la mode … on peut (un peu) lui pardonner.

Et est-ce qu’il y a vraiment besoin que les actrices qui jouent Clarissa jeune et plus âgée aient systématiquement un sourire énorme, jusqu’aux oreilles et qui dévoilent toutes leurs dents pour montrer qu’elles sont contentes ? Franchement, sur tout le début du film, autant les faire se balader avec une pancarte « I am so happy ! », ça aurait limite été moins ostensible !

Par moment, il devient presque une comédie romantique comme il y en a tant et les questionnements de Mrs Dalloway passent un peu au second plan, comparé à l’œuvre originale … Ceci dit, j’admets que ça ne doit vraiment pas être simple d’adapter Virginia Woolf, et ce n’est pas pour rien à mon avis qu’il y a si peu d’adaptations … ! Pour la difficulté de l’exercice donc, ce n’est peut-être pas si mal, même si ça n’excuse pas tout.

J’ai trouvé le film un peu inégal, ces passages-là, vous vous en doutez, ne m’ont pas vraiment plu, alors que j’ai trouvé que dans d’autres l’alternance réalité-pensées, et présent-passé étaient vraiment bien géré. Certaines scènes m’ont beaucoup émue, j’ai trouvé celle de la soirée notamment très réussie et la relation Mrs Dalloway-Peter très jolie.

Le film prend également la peine (et heureusement), de s’attarder sur les thèmes qui font tout ce que Mrs Dalloway représente. Des questionnements qui semblent très modernes pour l’époque de l’écriture du roman, et tellement d’actualité aujourd’hui, 20 ans après la réalisation du film. Les questions du mariage, des LGBT, sont bien abordées, on évoque rapidement aussi celle de la religion, du fanatisme dans la religion … Virginia Woolf était féministe, elle-même bisexuelle, et résolument moderne, et le film, s’il aurait pu en faire plus, ne l’a malgré tout pas oublié.

Bien que j’ai quelques reproches à lui faire, il se nourrit de l’œuvre entière de Virginia Woolf, ainsi que de sa vie. Il m’a semblé, par exemple, que l’évolution des personnages, notamment de Mrs Dalloway agée, n’était pas bien géré : elle sourit tout le temps, a l’air pleine de vie, et puis tout d’un coup, Paf ! Ça ne va plus ! Je me suis dit qu’une petite transition n’aurait pas été de trop pour amener cet état là … puis je me suis rappelée que Virginia Woolf était ce qu’on appelle aujourd’hui bipolaire, ce qui l’avait d’ailleurs amenée à se suicider. Alors, peut-être que ce renversement sans transition fait référence à cela, que le film a su mettre cela en avant par sa mise en scène ? Ou peut-être pas, mais au lieu de critiquer la gestion des personnages, je préfère y croire, et j’en suis presque sûre 😀

En bref, un film parfois inégal dans l’émotion qu’il m’a procuré et dans la mise en scène, un petit manque de subtilité par rapport à la grande délicatesse de l’écriture de Virginia Woolf, mais je me suis sentie investie par toute cette histoire et j’ai été ravie de la redécouvrir. J’ai passé un bon moment, certaines scènes m’ont un peu chamboulée. Je ne voulais pas le voir au début, j’avais peur que ce soit un nanar, c’est Morgana qui m’a un peu forcée, et elle a bien fait 😀

Il ne faut pas me dire des choses comme ça, parce que je vais me sentir autorisée à te forcer à regarder d’autres films à l’avenir (« tiens, un film serbo-croate de 1935, parfait. Tu le regardes, hein ? » :D).

Avec plaisir 😀

 

Facebook
Facebook
YOUTUBE
Google+

16 ans 2 étés – Aimee Friedman

Alors qu’elle est à l’aéroport, sur le point de quitter l’Amérique pour rejoindre son père en Provence le temps des vacances d’été, Summer reçoit un appel. Répondra ? Répondra pas ? Et si de cette décision dépendait tout son avenir ?
Deux possibilités, deux étés très différents : dans l’un, elle reste chez elle, avec sa mère, aux États-Unis, dans l’autre, elle part rejoindre son père en France. Et pourtant, Summer n’aura qu’une fois seize ans…

_____________

Je suis désolée. Vraiment. Ce livre est censé être une lecture estivale toute fraîche et qui sent bon les vacances, mais je ne peux pas commencer cet article sans un petit paragraphe sur ce qui m’a vraiment intriguée dans ce livre : la théorie sur laquelle il repose. Je sais, c’est moins estival, mais je trouve ça juste kiffant : je parle de la théorie du multivers. De la même manière que la Terre n’est qu’une planète paumée au milieu de toutes les autres que l’on trouve dans l’Univers, l’Univers dans lequel on vit ne serait que l’un des nombreux Univers qui existeraient.
Au début du roman, on trouve une citation de Max Tegmark, un célèbre cosmologiste pour qui ces différents univers se placeraient à des niveaux complétement différents. : « Dans l’espace infini, même les événements les plus improbables doivent se dérouler quelque part… Des gens avec la même apparence, le même nom et les mêmes souvenirs que nous, qui vivent chaque permutation possible de nos choix de vie« . Tegmark définit ainsi 4 niveaux de multivers. Si ça vous intéresse, je vous envoie à ces articles ici et ici. Je n’ai pas étudié vraiment la question, et même si c’était le cas, je ne vous infligerais pas un exposé à ce sujet. Mais cette théorie a tellement été vu dans la littérature ou à la TV (le nombre d’épisode de Stargate SG1 qui y fait référence, par exemple !)(oui, j’ai été fan de Stargate SG1 durant mon adolescence :D), je trouve ça super intéressant de se pencher sur les travaux de scientifiques/philosophes qui développent ladite théorie le plus sérieusement du monde. Ces autres univers se situeraient-ils dans des régions de l’espace régies par d’autres lois physiques que les nôtres ? Ou dans une autre temporalité ? Sérieux, je pourrais réfléchir à ce truc pendant des heures (hé, je n’ai jamais nié que j’étais bizarre).

Bien. Dites-moi que je ne vous ai pas tous perdus ? S’il vous plaît ? 😀

Promis, maintenant je parle du roman 😀

Le roman joue vraiment le jeu et propose les deux étés de Summer. D’où le côté coolissime du jeu de mot permis par le titre en VO « Two Summers« .

En alternance, chaque partie raconte l’été de ces deux Summer : celle qui est restée chez elle et celle qui est partie en France.

Même si elles vivent des choses différentes, ces deux Summer vivent au fond cette adolescente timide et traversent un moment essentiel de leur existence. L’auteure dresse un portrait attachant de cette jeune fille qui est amenée à grandir et à ouvrir les yeux sur bien des choses durant cet été.

L’écriture m’a parfois semblée un poil maladroite – je ne sais pas si cela vient de la traduction, la langue française peut s’être moins prêtée au ton du livre que l’anglais et avoir donné cet accent un peu naïf à l’ensemble. Le bon côté est que cela donne véritablement l’impression de lire les mots de sa jeune héroïne, le mauvais est que cela rend parfois le texte moins joli qu’il aurait pu l’être.

Forcément, je pense que l’on aura tous une préférence pour l’un des deux étés de Summer. Pour ma part, j’avoue avoir eu un très gros faible pour celui où elle reste chez elle. Les ficelles de l’autre version m’ont semblées parfois un peu grosses : le « secret » du père est d’une évidence assez énorme et, étant donné que l’intrigue de l’été en France repose énormément sur ça, il était assez agaçant de voir Summer se voiler la face. Ses aventures aux États-Unis m’ont plus parlées : même si elle se trouve dans son cadre habituel, il est d’autant plus touchant de voir Summer reconstruire son quotidien et changer de regard sur celui-ci. Le secret est également là, mais sa révélation ne fait qu’accompagner l’évolution de Summer.

Au final, j’aime beaucoup la proposition de l’auteure concernant la petite « morale » de toute cette histoire : même si ces deux Summer vivent des étés différents, vont-elles pour autant devenir des personnes différentes ? Qu’elle passe l’été chez sa mère ou son père, cela changera-t-il vraiment quelque chose à celle qu’elle va devenir ? Ces autres « nous », qui pourraient exister dans ces univers parallèles sont-ils si différents des personnes que nous sommes ?
Dans La Part de l’Autre, où il imagine ce qui se serait passé si Hitler avait été accepté aux Beaux-Arts, Eric-Emmanuel Schmitt semble offrir une réponse positive à cette question : les deux Hitler semblent différer du tout au tout. L’un devient artiste, alors que l’autre devient celui que l’on étudie en cours d’histoire aujourd’hui.

Au contraire, Aimee Friedman semble ici soutenir l’idée que, quoi qu’il arrive, Summer ne peut que devenir… Summer, quels que soient les événements extérieurs. Entre vous et moi, je crois que j’aime bien cette idée 😉

Facebook
Facebook
YOUTUBE
Google+

Balade Littéraire #32 : La Fourmi Ailée – Paris

L’avantage des multiples heures de trains et changements pour aller aux Imaginales, c’est que ça m’a donné l’occasion de m’arrêter un peu à Paris, pour y revoir des amis de fac autour d’une tasse de thé (et d’un mojito, pris dans un pub irlandais parce que … c’est comme ça, mais ce n’est pas l’objet de l’article). Parce que depuis que je suis retournée dans le sud au soleil, je n’y fout plus trop les pieds, à Paris, et j’en suis bien contente ! mais de temps en temps c’est bien sympa. Cette fois-ci, je voulais absolument découvrir La Fourmi ailée que m’avait conseillé Vi Prates (auteure de Comme l’Obsidienne), un salon de thé situé dans le quartier St Michel (un des quartiers où j’aime le plus me promener à Paris), à deux pas de Notre-Dame (où j’aime moins me promener :D)

Dans ces quartiers agités, La Fourmi Ailée est comme un petit havre. Peut-être qu’au moment de midi il y a plus de monde, mais à 16h en semaine, c’était parfait 😉
Un coin calme où nous nous sommes posées avec plaisir, au milieu des livres qui occupent la pièce jusqu’au plafond ! Accompagnant les livres : tableaux, jolies petites lampes (je ne vous ai encore jamais dit que j’adore les lampes ? :D), sculpture de monsieur chauve obèse, citations, boîtes de thé, … le tout dans des teintes jaunes-orangées. Il y en a partout, mais toujours avec bon goût (ou presque, j’ai juste un doute sur la sculpture de sumo …). La décoration est vraiment très sympa, et très chaleureuse, à tel point qu’au moment où le serveur est venu pour la première fois demander si on avait fait notre choix, nous n’avions pas encore jeté un œil à la carte !

Serveur très avenant lui aussi, et qui nous a accueillies avec le sourire. Il a fait une ou deux blagues « pince-sans-rire » qu’on est pas sûres d’avoir comprises, avant de nous laisser faire notre choix 😀

Pour moi thé vert jasmin classique, pour mon amie thé aux fruits rouges … et une quiche … Qui parait-il était très bonne, alors qu’elle n’aime pas les quiches – je cite. J’aurai dû la goûter par soucis de perfection pour vous dire si ça vaut le coup ou pas d’aller manger à la Fourmi ailée le midi, mais la quiche à 16h je ne me le sentais pas 😀
Je n’ai pas pris de gâteau non plus … oui je sais, je lis la déception dans vos yeux, mais il faisait une chaleur étouffante, je ne me le sentais pas non plus …
Comment ça cet article est inutile ? o:)
Et pourtant, c’est pour ça que Vi Prates nous l’avait conseillé : « leurs parts de gâteaux sont énooormes, j’ai pensé à vous ! », on ne l’a pas mal pris, on assume 😀

Bref, il faudra que j’y retourne pour goûter leurs gâteaux, mais en attendant, leurs thé sont plutôt pas mal. Le choix n’est pas énorme, mais ils valent le coup.

Petit plus : le serveur nous indique en nous déposant les théières, le temps qu’on est censé laisser infuser. Ça paraît évident, mais je crois que c’est la première fois qu’un salon de thé prenait la peine de me le préciser …
Bon, ceci dit, même quand on m’indique quand je dois retirer le thé, j’oublie de le faire, et j’ai bien dû laisser mon jasmin infuser 8-10 minutes … – heureusement que j’aime le thé fort ^^

Seul petit bémol que je relèverai, c’est sur les tasses et les théières. Avec celles de la vitrine, et le côté brocante de la décoration, je m’attendais avec des tasses avec plus de charme, et moins « je sors tout droit d’Ikea » … je chipote, je chipote, mais le thé c’est sérieux, je veux des jolies tasses pour le boire ! 😀

Autrement, c’est vraiment un endroit que je recommande, et où je retournerai avec plaisir, avec Morgana j’espère, pour goûter leurs fameux gâteaux 😉 La localisation est parfaite : le quartier est animé mais le salon de thé est dans une rue un peu en retrait ce qui élimine bon nombre de touristes.

Parlons un peu du prix, pour une théière (presque deux tasses), j’ai payé 4,90€, ça paraît toujours un peu cher mais c’est le prix des thés à Paris, et dans les grandes villes … En y ajoutant une belle part de quiche et de la salade, mon amie a payé 11 ou 12 euros. Ça vous donne une idée si jamais vous souhaitez y aller. J’avais plusieurs fois eu envie d’y aller avant qu’on nous en parle, mais j’avais toujours cru que c’était cher … en fin de compte pour le quartier, et pour le bon moment qu’on peut y passer, je trouve que c’est raisonnable 🙂

Si vous préférez côté Montmartre, ils ont un autre restaurant : L’Été en Pente douce , mais il n’y a pas de livres à celui-ci donc … pour nous le choix est fait et on retournera plutôt à La Fourmi ailée pour en apprécier les thés, les gâteaux, et la déco livresque ! 😉

Facebook
Facebook
YOUTUBE
Google+