Poussière, la petite fille des montagnes – Ludivine Tromel

Cela ne m’arrive pas souvent, mais pour une fois, ce jour-là je traînais sur Internet et …
comment ça, ce n’est pas crédible ?
Bon ok …

Je traînais comme très souvent sur internet quand je suis tombée sur le projet Ulule Poussière, la petite fille des montagnes, un album pour enfants de Ludivine Tromel, qui était en cours de financement participatif.
J’ai tout de suite accroché au titre que j’ai trouvé plein de poésie et très mignon, et j’ai été intriguée par l’originalité des dessins. Alors j’ai décidé de donner un petit coup de pouce au financement, et ça, ça ne m’arrive vraiment pas souvent (jamais en fait). C’est comme ça que j’ai reçu la petite Poussière dans ma boîte aux lettres quelques semaines après, accompagné de « goodies ».

Poussière est une petite fille, seule dans les montagnes, vivant une aventure initiatique à la découverte de sentiments existentiels tels que l’amitié, dans un écrin de verdure.

A travers cette histoire et son personnage, Ludivine Tromel, l’auteure-illustratrice, nous livre un joli conte plein de joie de vivre et très pétillant. Je lui ai trouvé un petit côté printanier (je sais, je suis hors saison ;)) : frais et léger, des illustrations très colorées sans en devenir criardes. Bref, une très belle ambiance et un joli imaginaire.

(Printanier ou pas, je vous mets une image plus hivernale de l’album par plaisir de m’auto-contredire et pour être en accord avec ce mois de janvier glacial :p)

L’histoire est en soi très simple : Poussière se sent un peu seule, et pour cause : ses seuls amis sont les oiseaux et son propre écho … de quoi devenir zinzin … mais loin de se lamenter sur son sort, elle part à la recherche d’un ami et découvre un petit garçon. Poussière est donc un conte sur l’amitié sans pour autant devenir niais. Le tout est très poétique. J’ai notamment adoré le passage où le petit garçon entend à son tour l’écho de la voix de Poussière, un passage qui m’a particulièrement émue (je ne peux pas vous en dire plus pour laisser la surprise aux potentiels futurs lecteurs).

J’ai malgré tout quelques bémols à relever dans ce joli tableau. Je voudrai tout d’abord revenir sur ma première impression du personnage de Poussière, avant de lire l’album. Je ne sais pas quel âge elle est censée avoir, mais je lui trouve un physique plus d’ado que de petite fille, avec ses lèvres pulpeuses, ses courbes et ses grands yeux. Pourtant, cela ne m’a pas gênée dans ma lecture, ses réactions et comportements m’ont semblé crédibles pour une petite fille (mais je ne suis pas pédopsychiatre :D) et j’ai pris plaisir à la suivre dans ses aventures, j’en ai oublié ma première interrogation.

La deuxième chose concerne l’intrigue. Je sais que je me pose trop de questions et que parfois, on s’en moque de la vraisemblance, mais moi je me suis demandé quand même … : que fait-elle toute seule dans la montagne ? J’ai d’abord pensé à une enfant sauvage, mais ça semble se passer à notre époque … Et puis ils sont bien gentils les parents du petit garçon d’accepter de l’accueillir, mais ils ne se posent aucune question, peut-être qu’elle vient de faire une fugue et qu’il faudrait appeler tout de suite la police 😀
Oui, je sais, j’ai le don d’ôter toute poésie à la plus poétique des histoires poétiques 😀 Cela ne m’a pas empêchée d’apprécier ma lecture, l’important étant dans le cheminement de Poussière, dans cette thématique de l’amitié, de la solitude … simplement cet aspect très réaliste du petit garçon m’a un peu sortie du conte et m’a ramenée à des considérations concrètes qui n’avaient pas lieu d’être (avant la rencontre entre ces deux personnages, je ne m’étais pas du tout posé la question de ce qu’elle faisait là toute seule par exemple…).

Au-delà de ces petits détails, je n’ai pas de reproche à faire à cet album, au contraire. Et si j’ai précisé un peu son contexte de fabrication en introduction, c’est parce que je tiens à souligner le travail de l’auteure sur cet album auto-édité. Rien à redire sur la qualité, l’impression est nickel, les illustrations très bien rendues. Tous les détails ont été soignés : la mise en page et la police ont par exemple été réfléchies pour convenir aux enfants dyslexiques, et un petit lexique se trouve à la fin avec les mots qui peuvent être compliqués pour de jeunes enfants. Tout est fait pour faciliter la lecture des plus petits, et optimiser le plaisir de lecture de l’enfant (et des plus grands ;)) Alors pour ceux qui sont un peu frileux quand il s’agit d’auto-édition, pas de crainte à se faire. 😉

Une lecture très agréable donc. Ça m’a donné envie de deux choses : suivre plus souvent les projets Ulule, on peut y faire de très jolies découvertes ! Et suivre le travail de Ludivine Tromel, il me semble qu’elle travaille à un nouveau projet d’album, j’ai hâte d’en savoir plus ! 🙂

(J’avais même participé à son concours de dessin, dont les gagnants apparaissent à la fin de l’album, mais comme je n’ai pas gagné, ça ne peut pas faire un argument de plus pour que vous le lisiez :D)

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4 Comments on “Poussière, la petite fille des montagnes – Ludivine Tromel

  1. En général les situations hors normes ne gênent pas les enfants. En lecture à un groupe d’enfants, c’est rare que des questions du genre : « mais pourquoi elle est toute seule dans la montagne?  » émergent. Peut être parce qu’ils font le parallèle avec leurs propres moments de solitude, sans se poser de questions. Mais je ne suis pas pédopsy non plus! Si la question arrive, on répond « c’est une histoire » et dans les histoires il peut tout arriver et l’auteur a tous les droits.

    • Merci pour tes éclaircissements 🙂
      Je suis d’accord avec ça, je crois que j’ai mal exprimé ce que je voulais dire dans l’article ^^ Le fait qu’elle habite toute seule dans la montagne ne m’a pas du tout dérangée et je ne me posais aucune question, comme tu dis, c’est l’histoire qui veut ça, elle a sa propre logique interne, et ça aurait été très nul qu’on ait des flash back pour comprendre comment elle était arrivée là Aha ^^. Ce que je veux dire c’est que cette histoire de petit garçon, dans une maison très réaliste et actuelle, m’a fait sortir de la logique interne de l’histoire justement : elle me ramenait à un contexte de connu et réaliste qui n’était pas celui du conte et dans lequel une petite fille toute seule dans la montagne est bizarre. Le petit garçon aurait été tout seul aussi par exemple, ça ne m’aurait pas fait le même effet. Je ne sais pas si ça exprime un peu mieux ma pensée ^^

  2. Ahah 😀 Quelle bonne introduction ! J’ai tout de suite accroché à la couverture, on sent déjà la pétillance du dedans. Et comme je n’ai pas lu cet album, tout comme toi, je pensais que Poussière une adolescente.

    • Oui, la couverture est bien révélatrice du contenu (ce n’est pas toujours le cas et je suis souvent déçue alors là c’est à noter ;)). Certaines illustrations m’ont un peu fait penser aux Carnets de Cerise, celle avec la neige par exemple, je trouve qu’il s’en dégage une douceur qui s’en rapproche 🙂

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