Saba Ange de la Mort, Les chemins de poussière tome 1 – Moïra Young


 

 

 

Saba-ange-de-la-mort.jpeg

 

Selon ce que j’ai vu, ceci est le premier tome d’une trilogie *

 

 


J’ai lu ce livre il y a environ 5 mois maintenant et, en principe, passé un délai d’un ou deux mois où je n’ai pas pris le temps de venir écrire ici mon avis, j’abandonne l’idée de le faire car j’aime avoir encore suffisamment de détails et de sentiments au sujet de ma lecture vraiment frais en tête. Cependant, et j’en suis la première surprise, j’ai tellement accroché à l’histoire de Saba que j’ai toujours plus ou moins gardé l’envie d’écrire cet article à son sujet.

 

La dystopie, voilà un genre pour lequel j’ai vraiment eu un coup de foudre (et en cela je manque cruellement d’originalité) après ma lecture d’Hunger Games. Par la suite, ce type d’histoire offrant une réflexion sur notre monde en poussant jusqu’à son paroxysme l’un de ses défauts a officiellement compté au nombre de mes genres littéraires chouchous. Et puis… et puis… au final, la dystopie, c’est comme tout : ça marche bien, alors on reprend fréquemment la même recette en changeant simplement plus ou moins le contexte, la plume de l’auteur qui est plus ou moins bonne, et… ça lasse. Alors, maintenant, je suis plus attentive envers celles que je choisis de lire, de manière à en trouver qui, en respectant les codes du genre, sachent les utiliser pour se créer sa propre identité.

 

 

Pour moi, Saba a cette identité.

 

 

Honnêtement, sur ce livre, j’avais lu en gros 2 choses : l’auteur avait un style particulier qui avait déplu à beaucoup et Saba était antipathique à beaucoup également… Comment dire ? Pas forcément très engageant, vous en conviendrez. Surtout que lorsqu’on me parle d’absence de négation notamment… je suis très un petit peu frileuse. Et si en plus l’héroïne est à baffer…

 

Seulement, il se trouve que, ce livre; ce sont deux copines d’école de ma soeur qui me l’ont mis entre les mains : « on te le prête, si tu veux, il est vraiment bien ! ». Je les ai trouvées trop mignonnes, et j’ai devant tant d’enthousiasme j’ai accepté le livre. Je reconnais que, vu les autres échos que j’avais eu de Saba, mon sentiment tenait plus du « pourquoi pas ? » que du « ouais ! tous ensemble ! tous ensemble ! j’ai un nouveau livre à lire les gars hé ! hé ! hé ! tout le monde ! » yep, ça ressemble malheureusement fréquemment à ça lorsque je me retrouve avec un nouvel ouvrage entre les mains… sans commentaire.  Mais elles étaient vraiment trop enthousiastes donc j’ai eu envie de voir ça de plus près tout de même 😀

 

Bref, je me suis lancée avec de sérieux a priori. C’est mal, je sais.

 

 

Pour l’histoire, c’est, assez logiquement au vu du titre, celle de Saba, 17 ans, qui vit dans un monde post-apocalyptique, détruit depuis bien longtemps par les erreurs des Destructeurs. Nous. Tout n’est plus que désert et cimetière de notre civilisation. Saba vit avec son père qu’elle méprise, son frères jumeau bien-aimé, Lugh, et sa petite soeur, Emmi, qu’elle n’arrive pas à aimer car c’est en lui donnant naissance que sa mère est décédée.

Elle est l’ombre, son frère est la lumière (tatatataaaaaaaam *musique dramatique*).

Le jour où celui-ci est mystérieusement enlevé et son père tué par les ravisseurs, elle se lance sur les traces de ces derniers dans l’espoir de retrouver la seule personne au monde qu’elle aime véritablement. Seulement, Emmi est là également, et il lui faudra bien composer avec ce fardeau particulièrement… collant.

 

 

Tout d’abord, le fameux style de l’auteure. Effectivement, il semble que la particule « ne » ne (moi je sais l’utiliser, la plupart du temps du moins, et oui, la grande classe) figure pas à son vocabulaire. Cependant, la narration à la première personne m’a semblée n’en avoir que plus de force. Je m’explique : j’ai véritablement eu la sensation de lire, d’entendre même, Saba parler. Saba qui n’est pas allée à l’école, évidemment, qui ne sait pas lire, et qui nous raconte son histoire dans son langage fort et direct, sans fioritures, qui la représente si bien.

 

Cette absence de négation complète, pour moi, c’est Saba elle-même.

 

Le contexte même de l’histoire ne m’en a paru que plus réaliste, le personnage ne m’a paru que mieux y coller. Cela n’a pas empêché de plus l’auteure de placer quelques scènes très fortes… et également poétique. Ayant été sceptique durant une bonne partie de l’histoire, je ressors vraiment enchantée du choix de Moira Young d’affirmer même dans son écriture le caractère de son personnage (même si ce choix peut tout à fait avoir été inconscient, cela dit… Par contre, si c’est son style usuel, honnêtement, cela me décevrait je l’avoue. Mais n’ayant pas lu d’autres livre de celle-ci, je peux encore considérer cela comme un véritable choix d’écri
ture à l’heure actuelle).

 

Le contexte en lui-même est un élément crucial de la dystopie. Ici, pas d’explications détaillée de ce qui a amené la Terre à être dans cet état-là. La narration se concentre sur la désolation actuelle de l’endroit où se déroule l’histoire de Saba, et cela ne m’a pas gênée, alors que je l’ai reprochée à d’autres dystopie. Cela me parait assez évident que, si l’on n’est pas prudent avec toutes les inventions technologiques que nous avons aujourd’hui, une telle issue est possible : le réalisme est là, et l’histoire me captivait suffisamment pour me glacer simplement à l’idée qu’un jour, un monde semblable à celui-ci de Saba pourrait succéder à celui dans lequel je vis. Pour moi, le résultat recherché, il me semble, par toute dystopie est ici atteint.

 

Venons-en aux personnages : Saba n’est pas une enfant de coeur, effectivement. Il m’est arrivée d’être légèrement agacée par elle. Son dédain envers sa petite soeur m’a parfois peinée, mais, en me mettant à sa place, sa réaction est crédible. En plus, Emmi et sa fâcheuse habitude de ne jamais écouter mériterait une bonne fessée de temps en temps. 😀 Cependant, j’ai fini par m’attacher à Saba, à sa fichue habitude de vouloir tout faire toute seule et de ne vouloir aimer que Lugh. Elle a au fond une fragilité qui contrebalance la force (et l’obstination qui en devient stupidité, parfois, je le répète) que dégage le personnage la plupart du temps. J’ai cru à Saba et à sa psychologie étrange. Emmi et Lugh m’ont moins enchantée. La première car, comme dit plus haut, une bonne fessée lui aurait fait du bien malgré le fait que l’obligation de grandir très vite en raison de la dureté des évènements la rende touchante au final, et le deuxième car on le voit très peu. Ok, l’adoration de Saba pour lui m’a aussi quelque peu agacée et il en a pâti, mais il peut tout à fait gagner mon affection par la suite, c’est simplement que, dans ce tome-là, il joue surtout le rôle de déclencheur.

Beaucoup de personnages hauts en couleurs vont croiser la route de Saba, et globalement tous ont une identité que j’ai trouvée bien définie,

Le dernier dont je parlerai est… Jack, bien sûr. Cet adorable et irrésistible voleur de grand chemin qui joue le rôle de futur grand amour de Saba (il en faut bien un à toute héroïne digne de ce nom, non ? :p), même si celle-ci va mettre longtemps à s’en apercevoir je pense, m’a totalement captivée… C’est étrange car j’ai trouvé quelque chose de très fort à leur relation à tous les deux pour un livre jeunesse. Leurs dialogues, leurs échanges, sont pleins d’émotions fortes. Cela fait longtemps qu’un couple dans ce genre de littérature ne m’avait pas autant plu. 😉

 


 

En gros, voilà une lecture qui m’a permis de renouer avec la dystopie, pour mon plus grand bonheur car ce fut une lecture que j’ai savourée. J’avais presque oublié la dureté du genre si l’on prend en compte que c’est de la lecture jeunesse, mais j’ai aimé retrouver les questionnements que cela m’amène à avoir.

Saba est une héroïne différente, que je pense classer dans la catégorie « on l’aime ou on l’a déteste » ; je me place dans la première à ma grande surprise. De plus, son histoire avec Jack m’a complètement faite fondre, je l’avoue. :p

En dernier lieu, l’écriture, quoique très particulière, est selon moi à prendre dans l’idée du contexte de l’histoire même : et dans ce cas, celle-ci colle parfaitement et je ne saurais en imaginer une plus… euh… « littéraire » ? à la place.

 

Que dire… mesdemoiselleslescopinesdeptitesoeur, où est le tome 2 ? 😀


Facebook
Facebook
YOUTUBE
Google+

2 Comments on “Saba Ange de la Mort, Les chemins de poussière tome 1 – Moïra Young

  1. HG reste en quelque sorte LA référence actuelle en manière de dystopie ; en même temps, c’est lui qui a lancé le véritable engouement vis à vis du genre, donc c’est logique. J’espère que Saba
    saura t’offrir de jolies heures de lecture, c’est très différent d’HG je trouve, tout en ayant les caractéristiques de la dystopie 🙂 Merci d’être passée par là et de t’être manifestée ^^

  2. Je n’ai plus rien lu en dystopie depuis les HG. Ce roman peut-être une bonne idée pour renouer avec le genre! Merci!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.