Sara – Anapurna

Sara - Anapurna

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Une jeune artiste, Sara, quitte l’Espagne pour suivre une formation dans un atelier de gravure à Karlsruhe, en Allemagne, alors que son père vient tout juste de décéder. Elle débarque dans ce pays inconnu, maîtrisant très mal la langue.

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Comme pour beaucoup de bande-dessinées et romans graphiques, c’est la couverture de Sara qui m’a donné envie de le lire. Et les illustrations à l’intérieur répondaient à mes attentes, et c’est tant mieux, car il n’y a rien de plus frustrant qu’une belle couverture trompeuse :p

J‘ai été intriguée par ces dessins, noir et blanc avec une touche de orange, et composés en grande partie de petits traits plus ou moins espacés.

Quand Sara est arrivée à son atelier de gravure (ce qui a été une surprise pour moi, puisque comme d’hab’ je n’avais fait que peu attention au résumé o:)), du coup ça m’a fait écho. Je ne sais pas si c’est volontaire mais j’ai trouvé que ces dessins reprenaient plutôt bien l’esthétique de la gravure, pratiquée par Sara dans le livre et par l’auteur dans la vraie vie … J’ai trouvé le concept de pousser cette idée dans l’esthétique était vraiment intéressante, et qu’elle permettait d’apprécier le dessin d’une autre manière, qu’on aime ou pas ce style.

Tant qu’on est dans les illustrations et la couverture, je précise quand même que je ne remarque qu’à peine l’importance de cette vieille dame sur la couverture … A ma décharge, j’ai lu Sara en numérique, et n’avait donc vu la couverture qu’en petit sur internet, et mon esprit avait tout simplement occulté cette vieille dame chelou (assise sur une chaise au milieu de la rue).

Sara - Anapurna

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Aux mêmes éditions, je vous avais parlé de Retour à Bandung. De nouveau, avec Sara, on suit l’adaptation d’un personnage (de Sara donc :p) dans un pays qu’il ne connaît pas.

Par contre, le sujet n’est pas du tout traité de la même manière. Autant dans Retour à Bandung, c’était léger, amusant, ici l’ambiance est un peu pesante, on se demande ce qu’il se passe, et ça, je ne m’y attendais pas ! Si j’avais vu le regard de la mémé sur la couverture, ça m’aurait peut-être mis la puce à l’oreille, mais là j’étais tout ce qu’il y a de plus innocente et confiante dans mon pays de petits poneys mignons :p

 

Pour que ce soit plus clair, je vais vous dresser un petit tableau de la situation : Sara, fragilisée par la mort de son père, et son arrivée dans un pays qu’elle ne connaît pas, et dont elle ne parle pas la langue, est de plus en plus inquiète du comportement de cette vieille dame qui l’héberge et qui passe ces journées dans sa cave. Il faut avouer que c’est troublant n’est-ce pas ? Surtout quand un corps disparaît ! Un vrai épisode des Experts à Miami (avec un Horatio Caine à chignon) !

Sara - Anapurna

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On entre petit à petit dans la tête de Sara et je me suis vraiment laissée prendre à ma lecture, je partageais ses craintes et ses angoisses. J’ai vraiment beaucoup aimé les quelques passages complètement fantasmés, tout d’abord de simples rêves et cauchemars, on tombe ensuite presque dans le fantastique, ce sont des planches que j’ai trouvé très belles.

Il n’y en a pas beaucoup, c’est loin de prendre le pas sur les aspects plus réalistes du livre mais elles m’ont suffisamment marquée. Elles montraient très bien comment on peu psychoter facilement et au moindre détail quand on est dans un environnement dans lequel on n’est pas à l’aise. (Et ça psychoter, je sais faire, alors ça me parle :D) Pour moi, c’était un peu la peur de l’inconnu personnifiée, comme si les angoisses de Sara prenaient le dessus par moment. Parce que ça m’étonnerai que la vieille dame ait les yeux exorbités et une langue de serpent entre midi et midi 10 le lundi … Enfin, moi j’aimerai bien, mais on change de registre ! (Je vous parlerai sans doute d’un roman graphique comme ça prochainement d’ailleurs :p)

Sara - Anapurna

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Ces passages ajoutent un côté un peu étrange qui m’a vraiment plu, je ne sais pas si j’aurai été autant prise par le reste de l’histoire sans ça.

La situation de base reste plutôt banale et moins développée en dehors de ce côté « paranoïa ». J’aurais notamment bien aimé que la situation avec Max aille un peu plus loin, je suis restée sur ma faim ! La fin globalement m’a un peu frustrée, je n’ai pas été forcément saisie alors qu’il y avait matière à faire quelque chose de vraiment fort.

Sans doute parce que j’avais vraiment aimé les autres passages, ceux-ci m’ont paru un peu en dessous.

 

En somme, Sara est un roman graphique bien intrigant et qui m’a surprise à plusieurs reprises. J’ai trouvé que les états d’âme du personnage étaient vraiment bien rendu, j’ai eu beaucoup de plaisir à suivre ce personnage, même si certaines situations n’étaient pas assez développées à mon goût.

Je ne m’attendais pas du tout à une telle tournure des événements, j’ai d’autant plus apprécié me laisser porter dans l’univers d’Anapurna !

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