Si le rôle de la mer est de faire des vagues – Kim Yeon-Su

Un jour, Camilla reçoit six cartons de vingt-cinq kilos qui contiennent toute son enfance. Entre un ours en peluche et un globe terrestre, la photo d’une jeune fille, petite et menue : celle de sa vraie mère avec un bébé dans les bras. Camilla a été adoptée peu après sa naissance par un couple d’Américains. Aujourd’hui elle a vingt et un ans et décide de partir en Corée à la recherche de sa mère. Au fil d’une enquête aux multiples bifurcations, chacun livre sa version de l’histoire bouleversante de cette lycéenne de seize ans devenue mère, les rumeurs, les secrets, les tragédies, le mystère de l’identité du père. Peu à peu Camilla remplit les blancs de son passé, qui se confond avec celui de cette petite ville portuaire où elle est née, et toute sa vie s’en trouve changée. Un roman riche en harmoniques, à l’imaginaire poétique et émouvant, enraciné dans la réalité sociale de la Corée d’aujourd’hui.

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L’honnêteté, c’est important. C’est pourquoi il faut que je vous l’avoue : j’ai acheté ce livre essentiellement à cause de sa couverture et de son titre, que je trouvais sublimes. Notez bien que l’histoire ne me déplaisait pas, mais il faut reconnaître que mon intérêt pour ce livre avait des bases on ne peut plus superficielles.

J’ai dévoré la première moitié du livre. L’histoire éveillait ma curiosité : on suit la naissance de la quête identitaire de Camilla et l’évolution de la jeune femme.
Je trouvais l’écriture assez banale. Jolie mais… il manquait un je-ne-sais-quoi, une plus grande force, ou une plus grande délicatesse. Bref, je la trouvais un peu coincée dans un entre-deux qui l’empêchait de trouver une vraie personnalité. Pas grave, cela se lisait quand même très bien. Et puis, il y avait quelques passages vraiment jolis malgré tout ; la rencontre entre Camilla et Yuichi reste sans doute l’une de mes préférées : sous le séquoia, à réciter le poème Fog, de Carl Sanburg. Ça a du style, comme rencontre, non ? 😉

Malgré tout, j’ai rapidement eu des soucis avec le déroulement de l’intrigue, et notamment avec la temporalité du récit. J’ai particulièrement eu du mal avec certaines transitions : un exemple parlant me paraît être la transition entre le moment où Camilla commence à écrire et celui où elle est devenue connue. Très étrange comme passage, selon moi 😀
Si ça s’en était tenu à ça, le récit ne m’aurait sans doute pas perdue. Mais ça n’a fait qu’empirer au fil des pages, et je le regrette, car le flou et l’incertitude dans laquelle cela plonge le lecteur auraient pu être géniaux. Cette narration particulière donnait la sensation d’être Camilla, perdue entre ces différentes histoires et les différentes identités qui s’y raccrochent. Sauf que c’était trop, ou du moins mis en œuvre d’une manière qui m’a tout simplement larguée en route. Et c’est tellement dommage, car je trouve que c’est justement dans ces moments que le style de l’auteure prenait une véritable dimension ! En vérité, je garde un sentiment assez fort de l’ambiance que cela créait.

Au fond, mon sentiment d’avoir été perdue en route vient peut-être de tout autre chose, qui est la raison de cette petite déception : ce roman est tellement pessimiste ! C’est une histoire malheureuse, qui devient de plus en plus sombre au fur et à mesure. Son personnage principal est à son image. Camilla m’a parue si difficile à apprécier !
Au début, c’était supportable. Puis, plus on avance, plus on a droit à des messages du type « à 30 ans, le meilleur de ta vie est derrière toi ». Euh, pas d’accord. (Enfin, j’espère, sinon il ne me reste que quelques années de vie qui en valent la peine :D). Ce n’est qu’un exemple, mais il dénote bien de mon principal problème avec ce livre : les messages véhiculés ne sont pas de ceux auxquels j’ai envie de croire et des valeurs sur lesquelles j’ai envie de fonder ma vie.

J’aurais voulu aimer ce roman. La quête de Camilla a su éveiller mon intérêt, je voulais comprendre le passé avec elle. Mais trop d’éléments m’ont gênée, j’ai trop souvent été en désaccord avec les choix de Camilla, les valeurs du roman en général, au encore perdue par sa narration qui se faisait de plus en plus déstabilisante. Malgré tout, le roman a su me toucher régulièrement, et je ne regrette pas ma lecture.

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« Si le rôle de la mer est de faire des vagues, mon rôle à moi est de penser à toi. Depuis que nous avons été séparées, je ne t’ai jamais oubliée, pas même un seul jour. »

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3 Comments on “Si le rôle de la mer est de faire des vagues – Kim Yeon-Su

  1. Un peu compliqué du coup… je ne connaissais pas mais je ne pense pas m’y arrêter..

  2. Le résumé (et la couverture et le titre, soyons honnête^^) me tentait beaucoup aussi, mais du coup j’ai un peu peur ^^
    Pourquoi pas quand même ! =)

    • Ce titre et cette couverture remportent tous les suffrages ! 😀
      Peut-être l’apprécierais-tu plus que moi en plus, oui 🙂

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