Spécial Bac #2 : L'Etoile de Mer – Man Ray

Spécial Bac #2 : L'Etoile de Mer - Man Ray

Si Paul Eluard a illustré par ses poèmes les dessins de Man Ray dans Les Mains Libres, comme vous pouvez le lire dans l’article de Morgana, le cas inverse existe aussi, et Man Ray a lui-même « illustré » des poèmes. Nous avons regardé avec Morgana L’Etoile de Mer (1928), court-métrage de Man Ray donc, adapté du poème du même nom de Robert Desnos.

 

Les dents des femmes sont des objets si charmants
qu’ on ne devrait les voir qu’ en rêve ou à l’instant de l’amour.
Si belle! Cybèle?
Nous sommes à jamais perdus dans le désert de l’éternèbre.
Qu’elle est belle.
"Après tout"
Si les fleurs étaient en verre
Belle, belle comme une fleur de verre.
Belle comme une fleur de chair.
Il faut battre les morts quand ils sont froids.
Les murs de la Santé
Et si tu trouves sur cette terre une femme à l’amour sincère…
Belle comme une fleur de feu
Le soleil, un pied à l’étrier, niche un rossignol dans un voile de crêpe.

Vous ne rêvez pas

Qu’elle était belle

Qu’elle est belle.

L'Etoile de Mer, Robert Desnos

C‘est ambitieux me direz vous de s’attaquer à un tel film, d’autant plus que le surréalisme est relativement compliqué à comprendre et à cerner lorsqu’on n’est que modeste amateur comme moi…

 

J‘ai eu l’année dernière des cours sur les avant-garde au cinéma, dont une partie sur le surréalisme. Je savais donc un peu à quoi m’attendre sur ce court-métrage, ayant déjà vu par exemple Un chien andalou de Buñuel et Dalì… Les surréalistes s’inspirent du rêve et de l’inconscient, dans L’Etoile de Mer comme dans Un Chien Andalou, les différentes scènes n’ont donc pas forcément de lien les unes avec les autres (exactement à la manière d’un rêve qui répond à sa logique propre). C’est ce qui déstabilise le spectateur, habitué à un schéma et à un montage plus classique. Ici on a également l’impression de tout voir à travers une vitre, qui déforme l’image. Le tout devient donc bien étrange et on s’arrache vite les cheveux si on cherche à comprendre tout ce qu’il se passe et à tout interpréter.

 

Et si j’ai bien retenu UNE chose de mes quelques cours sur le surréalisme, c’est, je cite mon prof : « on n’est pas obligé de toujours tout chercher à comprendre. »

 

OK il ne faut pas me le dire deux fois ! En abordant L’Etoile de Mer de cette façon-là, c’est plus simple. Certes il y a des interprétations possibles, certes Man Ray cherchait sans doute à dire quelque chose. Mais pour moi, les œuvres surréalistes, c’est surtout du ressenti. J’ai quelques interprétations ici qui me sont propres, mais au final, ce n’est pas ce qui compte et elles ne seront pas plus ni moins vrai que les vôtre ! (et en revanche bien moins vraies que les spécialistes du surréalisme donc je ne me risquerai pas dans cette aventure ! :D) Et ça fait du bien parfois de se laisser porter uniquement par les émotions et le ressenti…

 

 

Qu’en est-il de mon ressenti donc, et qu’est ce que j’ai pensé de L’Etoile de Mer ? Eh bien, j’ai bien aimé !

Le film était tout d’abord muet, la musique a été rajoutée par la suite, mais ça ne l’empêche pas de jouer un grand rôle dans ce film. Je l’ai trouvé très doux, apaisant, presque comme une balade en bateau (oui ça y est, moi aussi je fais de la poésie du coup !) Je trouve l’ensemble vraiment harmonieux, avec tous ces mouvements : les journaux qui s’envolent, le paysage qu’on voit défiler à travers la fenêtre du trains, les roues qui tournent (j’avais écrit « les roux qui tournent » sans m’en rendre compte, histoire de rester dans la veine surréaliste :D), la fumée qui s’échappe des cheminées d’usine … Tout cela est très hypnotisant et au final très agréable.

 

Comme quoi, c’est pas mal en effet d’accepter de ne pas comprendre et de réussir à apprécier quand même… ça donne une certaine liberté quoi !

 

Le film m’a plus parlé que le poème, mais je ne sais pas si c’est pour le film en lui-même ou si c’est parce que je suis naturellement plus réceptive aux images. En tout cas, je trouve qu’il aide à comprendre le poème.

 

A vous de vous faire votre propre opinion à présent !

film complet (15 minutes)

Tous les articles de l’édition:

#0: Sommaire

#1: Les mains libres – Man Ray & Paul Eluard

 

#3: Lorenzaccio – Alfred de Musset

#4: Les enfants du siècle – Diane Kurys

#5: Lorenzaccio porté à la scène

#6: Les Mémoires de De Gaulle (faux article)

#7: Tous les matins du monde – Pascal Quignard & Alain Corneau

#8: Samuel Beckett

#9: O’Brother – Joel & Ethan Coen

 

 

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