Spécial Bac #5 : Lorenzaccio porté à la scène

Spécial Bac #5 : Lorenzaccio porté à la scène

Très vite, lorsqu'on étudie Lorenzaccio, on s'aperçoit d'une chose : la pièce n'a pas été écrite pour être jouée, mais beaucoup ont eu l'idée saugrenue de la porter à la scène. Comme si ce n'était pas suffisamment compliqué d'étudier la pièce, il faut en plus s'intéresser à ce que nombreuses personnes ont décidé d'en montrer au théâtre !

Plus sérieusement, c'est un aspect intéressant étant donné que, vu la longueur de la pièce, chaque metteur en scène doit vraiment choisir ce qu'il veut en montrer. Et je peux vous dire que les représentations se suivent et ne se ressemblent pas.

 

Au début, le rôle principal était essentiellement joué par des femmes. Cela avait aussi l'avantage de rendre la relation trouble entre Lorenzo et le Duc moins gênante ; personnellement, je trouve cela compréhensible pour l'époque, mais je pense également que c'est un aspect du roman vraiment intéressant : Lorenzo est proche du duc, et pourtant il veut le tuer (un peu schyzo tout ça, j'en conviens). En mettant une femme à cette place, je crois que je me serais sentie lésée si j'avais assisté à une représentation avec Sarah Bernhardt, car la relation serait devenue une sorte d'histoire d'amour « impossible » somme toute assez banale (ceci n'étant évidemment qu'une supposition : peut-être que le jeu de cette actrice si connue m'aurait tout à fait convaincue).

 

L'acteur ayant le plus marqué le rôle au masculin a beau être Gérard Philippe, je n'ai pu voir qu'une photo de cette mise en scène-là. Il m'a donc fallu me tourner vers la mise en scène de Zeffirelli avec Francis Huster (du moins la première, car je crois qu'il a joué une seconde fois le rôle, avec un autre réalisateur… lui-même ; pas du tout intéressé par le rôle le monsieur, donc).

 

 

Si je disais que j'aimais que la relation trouble des deux personnages soit mis en avant, ici, cela l'a peut-être été un soupçon de trop à mon goût. Le Lorenzaccio de Huster est très maniéré, je dirais même efféminé (le choix de l'acteur interprétant Alexandre ainsi que sa coiffure, ses vêtements, crée un contraste assez saisissant). J'aime assez, et je trouve cette vision intéressante quoique un peu « trop » pour moi : j'aurais aimé plus de « subtilité » dans l'apparence que se donne le personnage, j'aurais voulu ressentir plus de doutes en le voyant. Après, j'ai eu l'impression qu'Huster en donnait vraiment sa vision à lui et, de fait, il le joue vraiment à fond d'un bout à l'autre, selon moi.

 

Quant aux autres personnages, mon principal souci réside en ceci (et je l'ai réalisé seulement tout à l'heure en pensant à ce que j'allais écrire ici) : j'ai du mal à les imaginer interprétés par des acteurs. Je crois qu'au fond je me contente des personnages de papier. Je n'ai pas vraiment été déçue par le choix des acteurs, mais je ne crois pas m'être dit pour un seul « Wahou. C'est vraiment CA, c'est lui/elle ». Seul peut-être ce Cardinal Cibo-là m'a totalement « parlé ».

Ensuite, si le personnage est clairement favorisé par rapport à l'aspect politique, ce dernier n'est pas totalement effacé : le dernier acte est représenté alors qu'il a été de nombreuses fois supprimé, par exemple. Cependant, je dois reconnaître avoir été moins passionnée par celui-ci, étrangement, alors que je l'ai apprécié à la lecture.

 

Dernière chose que j'ai beaucoup appréciée :

les scènes avec le peuple ; j'aime l'ambiance créée avec ce groupe de gens sur scène, j'ai trouvé que cela « relançait » bien le rythme et contrebalançait le côté exclusif de la relation Lorenzo/Alexandre. De plus, j'ai eu un faible pour les couleurs des costumes à ce moment-là ; de manière générale, j'ai d'ailleurs apprécié le choix des costumes, qui contrastaient avec la sobriété des décors.

En effet, vu qu'il faudrait normalement un changement de décor à chaque scène, les metteurs en scène doivent faire un choix tout à fait personnel &agrav
e; leur sujet : ici, une scène assez neutre, grise, en espalier, que l'on peut assez aisément accessoiriser pour les scènes d'intérieur. Choix que je trouve plutôt bien adapté en l’occurrence.

Mise en scène intégrale

Tous les articles de l'édition:

#0: Sommaire

#1: Les mains libres – Man Ray & Paul Eluard

#2: L'Etoile de Mer – Man Ray

#3: Lorenzaccio – Alfred de Musset

#4: Les enfants du siècle – Diane Kurys

 

#6: Les Mémoires de De Gaulle (faux article)

#7: Tous les matins du monde – Pascal Quignard & Alain Corneau

#8: Samuel Beckett

#9: O'Brother – Joel & Ethan Coen

 

 

 

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