Spécial Bac #7: Tous les matins du monde – Pascal Quignard & Alain Corneau

Spécial Bac #7: Tous les matins du monde - Pascal Quignard & Alain Corneau

J'avais vu Tous les Matins du Monde quelques années auparavant. En arrivant en terminale, lorsqu'on nous a annoncé le programme de littérature, j'avais déjà donc un petit peu d'avance sur mes conbacheliers.:D

Note : cette phrase a été élaborée par mes soins dans la seule optique d'écrire le mot « conbachelier »

 

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A la fin de sa vie, Marin Marais, prestigieux violiste de Louis XIV, se souvient de son apprentissage avec Monsieur de Sainte Colombe, grand maître de la viole de gambe. Professeur austère et intransigeant, ce dernier ne va pas de main morte avec son jeune élève ainsi que ses deux filles. Suite au décès de sa femme, le virtuose a recherché en vain une perfection absolue dans son art, possède son apprenti. (résumé Allociné)

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Spécial Bac #7: Tous les matins du monde - Pascal Quignard & Alain Corneau

J'avais donc vu le film, mes cours de littérature m'ont permis de le redécouvrir, et de le comparer au livre que je ne connaissais pas. J'ai beaucoup apprécié les deux œuvres. Je trouve que le film est non seulement une très bonne adaptation : autant au niveau de l'ambiance, du casting et du respect de l'oeuvre, mais en plus complète parfaitement le livre : il apporte forcément ce petit plus qu'est la musique. Sur des œuvres qui parlent d'un musicien, c'est quand même un gros atout avouez … 😀 Bien que la musique ne manque selon moi absolument pas au livre et que celui-ci parvient parfaitement à la faire ressentir malgré tout.

 

Tous les Matins du Monde, c'est une ode à la musique mais pas seulement : c'est aussi une ode à l'art en général : la musique, la littérature par sa forme même, la peinture qui tient une place dominante dans l'histoire. Le film a ainsi su continuer cet hommage à l'art, en permettant au spectateur d'entendre réellement la musique de M de Sainte Colombe et de Marin Marais (Guillaume Depardieu), en reproduisant dans sa composition et dans sa lumière le clair-obscur et les tableaux de Delatour notamment, et évidemment en invitant le 7ème art à cette belle histoire pleine de poésie.

 

 

Le film nous emporte dans la mélancolie de M de Sainte Colombe et on la partage assez rapidement. On s'attache d'ailleurs très vite aux personnages, notamment grâce aux acteurs qui apportent une certaine profondeur aux personnages de Quignard.

 

Le tout pour un résultat très sensible et sans fioriture qui me touche réellement.

 

A lire, à écouter, à regarder … Bon, toujours pas à toucher et à sentir, mais la technologie y travaille jvous l'assure ! 😀

 

 

 

Cela faisait bien longtemps que La Luciole radotait me parlait de Tous les matins du mondes : c'était le meilleur livre de tous les meilleurs livres à étudier en littérature, tu vas mourir étouffée dans ton inculture si tu ne le lis pas, blablabla.. . Je lui disais que j'allais bien finir par tomber dessus au détour d'un rayon. Au final, je suis bel et bien tombée dessus au détour d'un rayon. Celui de ma bibliothèque. Ma propre bibliothèque. Dans ma chambre (non, je n'ai pas trop de livres, j'en ai juste beaucoup ET je ne connais pas ma fortune). Je l'avais hérité de mon père et complètement oublié.

Du coup, lorsqu'elle est venue passer q
uelques jours de vacances chez moi, au cours desquels nous avons préparé cette semaine, on a réalisé que ce serait peut-être le moment que je le lise afin de pouvoir en parler à cette occasion. Donc l'idée était de lire un livre entier avant le départ de La Luciole. Sachant que le seul moment de la journée où nous étions VRAIMENT concentrées sur quelque chose de serieux était… le moment du repas (c'est du sérieux ça, oui). Mouais.

 

Et pourtant, j'ai vaincu. J'ai lu Tous les matins du monde avant son départ.

 

Déjà, le livre est vraiment tout petit, je le reconnais. Mais, aussi, il a une ambiance particulière qui faisait que j'avais particulièrement envie de le continuer, sans me sentir frustrée si j'avais à le reposer pour entamer une conversation – particulièrement intelligente, bien sûr – avec La Luciole (je sais qu'elle va lire ces lignes, voyez-vous…:D).

 

Ce livre, pour moi, c'est une espèce d'éloge de la musique, de ce qu'elle peut apporter à la vie.

 

Je me suis souvent demandée comment l'art pouvait être aussi inutile en apparence, et pourtant essentielle puisqu'il a plus ou moins "toujours" (toujours ne veut pas dire grand-chose, mais l'idée est là : très, très longtemps :D) fait partie de la vie humaine.

Monsieur de Sainte-Colombe et sa relation à la musique m'ont beaucoup touchée car il fait vraiment de la musique pour faire de la musique. Car c'est comme ça. Car c'est sa vie. Pas pour la gloire, qu'il refuse justement, malgré qu'on souhaite la lui offrir. Juste car son monde est celui de la musique, celui où il semble le mieux communiquer avec ses filles et avec son épouse décédée.

C'est assez étrange car ce livre est un roman, et, pourtant, j'avais la sensation que tous les personnages, tout ce qui leur arrivait était réel. Ceci est très paradoxal car le thème de la musique, cette musique qui porte tous ces personnages, transporte l'histoire dans une sorte de "dimension parallèle", dans le "monde de la musique". Ce décalage entre une histoire qui fait très réaliste et est à la fois très onirique donne une couleur particulière au livre.

J'ai été très marquée par la description de Monsieur de Sainte Colombe, qui ouvre le livre : dès le début, on voit que l'écriture va droit au but. Les phrases sont très courtes, mais percutantes : elles disent exactement ce qu'il faut dire, et ce avec un nombre de mots bien plus restreint que je ne l'aurais cru possible. C'est direct et, pourtant, reflète la poésie, la magie du livre.

La fameuse phrase, que je connaissais avant même de connaître l'existence du livre "Tous les matins du monde sont sans retour", m'a profondément émue lorsque je l'ai lue. Sans savoir pourquoi, je me suis arrêtée sur ce début de chapitre, j'ai relu plusieurs fois la phrase, et elle provoquait à chaque fois en moi une émotion profonde et que je ne saurais expliquer. Cela me semblait juste vrai et beau, ce qui est une association que je ne croise pas si souvent que ça je crois, on a souvent tendance à faire soit vrai, soit beau, il me semble. ^^

 

En bref, une belle lecture, qui m'a étrangement touchée. J'aurais aimé l'étudier comme l'a fait La Luciole, mais, à la fois, je me contente de mon interprétation tout à fait arbitraire et pas vraiment analytique.

Spécial Bac #7: Tous les matins du monde - Pascal Quignard & Alain Corneau

Tous les articles de l'édition:

#0: Sommaire

#1: Les mains libres – Man Ray & Paul Eluard

#2: L'Etoile de Mer – Man Ray

#3: Lorenzaccio – Alfred de Musset

#4: Les enfants du siècle – Diane Kurys

#5: Lorenzaccio porté à la scène

#6: Les Mémoires de De Gaulle (faux article)

 

#8: Samuel Beckett

#9: O'Brother – Joel & Ethan Coen

 

 

 

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2 Comments on “Spécial Bac #7: Tous les matins du monde – Pascal Quignard & Alain Corneau

  1. Ca c’est du commentaire constructif, merci pour ta participation 😀

  2. j’ai vu le flim, j’ai lu le livre, mais y’a pas d’zouef!

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