Stefan Zweig & Klaus Mann : Correspondance

J’ai beaucoup d’admiration pour Zweig, et ce pour une raison très personnelle (et absurde :p) : c’est le seul auteur qui arrive à me faire apprécier le format nouvelle. (Amok, Le voyage dans le passé…) De manière générale, je n’aime pas la construction de ce genre littéraire, ça n’arrive pas à me toucher, j’en ressors frustrée. Sauf avec celles de Zweig. Là, ne me demandez pas pourquoi, je l’ignore, mais je me retrouve à apprécier les nouvelles qu’il a écrites.

Quand j’ai vu ce recueil rassemblant la correspondance entre lui et Klaus Mann, un auteur allemand, mon cerveau a uniquement retenu « Zweig » et « lettres ». Forcément, ça me plaisait déjà. Puis j’ai lu la présentation, qui expliquait comment ces deux auteurs avaient longtemps correspondu et eu des opinions opposées, principalement au sujet de l’engagement (politique par exemple, avec le nazisme) qu’un auteur se doit d’avoir. Ca pouvait être muy muy intéressant tout ça, non ?

stefan-zweig-klaus-mann-correspondance

Au travers de ces lettres, on découvre deux personnalités très différentes, qui adoptent des positions presque opposées face à la montée du nazisme. Zweig et Mann, tous deux juifs, ont donc particulièrement souffert de ce régime. On peut ainsi voir comment ces deux écrivains ont dû se débrouiller pour réussir à publier, comment ils étaient tous obligés à s’exiler et les projets qu’ils formaient (ou non) pour lutter contre le nazisme.

J’ai particulièrement apprécié le travail fait sur cette édition : de nombreuses notes sont là pour combler les vides laissés par ce que les lettres ne disent pas (ou celles qui n’ont pu être retrouvées). D’habitude, c’est quelque chose qui pourrait me rendre frileuse, mais ces notes-ci sont concises et je les lisais avec plaisir puisque sans elles j’avais la sensation de rater beaucoup.

Klaus Mann paraît bien plus fougueux, dans l’action, que ne l’est Zweig. C’est une relation assez étrange à mes yeux : Mann ne cesse jamais d’écrire à Zweig alors que celui-ci le déçoit souvent par son manque de prise de position. Il continue de lui écrire de manière très polie, alors que dans le même temps on découvre des notes bien moins sympathiques qu’il a noté dans son journal personnel. C’est assez troublant… il m’a semblé éprouver un mélange d’admiration et de mépris pour Zweig, aussi bien au niveau de l’homme et de la position qu’il adopte que de son travail d’écrivain. Mais cette dernière phrase reste très réductrice, cette relation devait être bien plus compliquée que cela ^^

Il estime souvent l’écriture de Zweig « de seconde ou troisième classe », mais lui reconnaît également une grande intelligence. Découvrir Zweig par ses yeux m’a vraiment passionnée, et la nécrologie qu’il lui a écrite m’a énormément émue : le portrait qu’il dresse de Zweig est si beau !

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De manière générale, j’ai adoré les deux portraits d’auteurs qui se devinent au travers des ces lettres. Cela m’a donné envie de lire le Méphisto de Mann (qui a d’ailleurs été adapté au cinéma : coucou la Luciole, on fait un binôme ? :p), cela m’a donné envie de lire d’autres œuvres de Zweig, cela m’a fait découvrir tout un pan de l’histoire. Tellement intéressant.

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