The grass is singing (Vaincue par la brousse) – Doris Lessing

The grass is singing (Vaincue par la brousse) - Doris Lessing

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Lors de ma visite à The Bookshop, je ne suis pas repartie les mains vides. Je connaissais Doris Lessing de nom, mais où en avais-je entendu parler ? Voilà un mystère vraiment très mystérieux (rien de moins). Lorsque j’ai vu que la dame avait été prix nobel de littérature 2007, le mystère n’était plus vraiment mystérieux : c’était juste une auteure super connue et reconnue. Au temps pour ma carrière de Sherlock.

Qu’est-ce qui m’a poussé à acheter The grass is singing ? J’ai hésité avec Le diable s’habille en prada. Pas vraiment la même ambiance, on en conviendra. Le deuxième correspondait plus au genre de lecture qui me fait envie, l’été approchant. Pourtant, c’est l’autre que j’ai choisi. Je crois que c’est à cause de la couverture, ainsi que le titre. Puis j’ai lu les premières lignes, le ton m’a immédiatement accrochée. C’était dit, je repartais avec ce livre.

 

L’histoire prend place dans les années 1940, en “Rhodésie”, (qui est actuellement le Zimbabwe). Mary Turner vient d’être assassinée. Qui était cette femme, mariée à un fermier raté ? C’est le portrait de cette fille de la ville, perdue au milieu de nulle part, dans la brousse africaine qu’elle déteste et craint.

 

C’est un ouvrage très psychologique.

Mary n’est pas sympathique. Comme pour tous les personnages du livre, on peut sentir l’omniprésence des valeurs colonialistes, avec la suprémacie des blancs bien ancrée, qui donne lieu à des actes et des réflexions tout simplement révoltants. L’auteure a vécu là-bas, et, quoique je ne m’y connaisse pas en histoire de ce pays, le tout m’a semblé empreint d’un réalisme assez frappant.

Toutefois, au-delà de cela, le personnage de Mary a encore d’autres aspects qui l’a rendent antipathique. Elle est prisonnière de son passé : que ce soit de celui de son enfance, car tous ses actes semblent la mener à une reproduction de ce que sa mère a vécu, ou celui de sa vie d’adulte à la ville, qui est comme un paradis perdu pour elle. Soit, elle est dans une situation difficile, avec un mari qui n’est décidément pas fait pour réussir, mais on la voit s’enfoncer dans une situation désespérante, au point de se demander si elle ne s’y complait pas aussi.

Son caractère si enjoué et dénué de préoccupations au début du livre, se teinte d’une amertume grandissante et d’une certaine méchanceté, parfois glaçante. On la voit provoquer sa propre descente aux enfers, au rythme de son moral fluctuant. C’est cela qui est fascinant aussi : on suit ses vagues essais pour s’en sortir, suivis de période de creux, puis d’un autre essais… Cela créé un sentiment d’ennui assez particulier : même si je ne me suis pas ennuyée à proprement parler, on ressent vraiment l’ennui du personnage, perdue dans sa brousse. Au début, ses essais pour s’en sortir étaient encourageants mais, plus l’histoire avancait, je devenais presque agacée que le personnage essaye de s’en sortir car cela semblait de toute façon vain… (et de fait, ça l’était un peu, vu qu’on sait dés le début qu’elle est morte). J’ai donc pas mal été “baladée” par l’auteure sur le plan psychologique.  

 

Mary est prisonnière du bush, de sa condition de femme mariée, de sa condition de femme tout court ;

 

j’avais juste envie de secouer le personnage tout en sachant très bien que cela n’aurait rien changé : tout ce qui se passait était inévitable. Je ne peux donc pas dire qu’il y ait des rebondissements inattendus, au contraire. L’ambiance en devient étouffante, mais le ton ironique avec lequel Doris Lessing dépeint ses personnages m’a immédiatement accrochée, et j’avais parfois du mal à savoir si je devais rire ou pleurer. Un certain malaise a imprégné ma lecture.

J’ai fini le livre un soir, et je me souviendrai longtemps combien les dernières pages m’ont glacée. ^^

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