Tu comprendras quand tu seras plus grande – Virginie Grimaldi

Des feel-good books, on n’en parle pas souvent sur Deedr. C’est un genre de bouquin qui m’attire, mais qui me déçoit 9 fois sur 10 environ. La déception n’est pas terrrrrrible, hein. C’est juste que ce sont des livres qui peinent à susciter des émotions fortes en moi et que je sais que j’aurai oublié le livre aussitôt qu’il ne sera plus dans mon champ de vision. Bref, c’est le genre de livre qui peine à me marquer (mais peut-être n’est-ce pas là son principal but me ferez-vous remarquer).

Tu comprendras quand tu seras plus grande, c’est le « dixième livre », celui que j’ai quitté à regret et que j’ai entrepris de « vendre » à toutes les personnes de mon entourage à qui il est susceptible de plaire, et même les autres ont droit à un petit discours (on ne sait jamais, hein, sur un malentendu ils peuvent aussi le lire et aimer :D).

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Quand Julia débarque comme psychologue à la maison de retraite Les Tamaris, à Biarritz, elle ne croit pas plus au bonheur qu’à la petite souris. Pire, une fois sur place, elle se souvient qu’elle ne déborde pas d’affection pour les personnes âgées. Et dire qu’elle a tout plaqué pour se sauver, dans tous les sens du terme. […] C’est l’histoire de chemins qui se croisent : les chemins de ceux qui ont une vie à raconter et de ceux qui ont une vie à construire.

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Le pitch de départ ne me remplissait pas d’un enthousiasme débordant façon « j’ai-besoin-de-ce-livre-right-now-ou-je-tape-un-scandale ». C’est plutôt les bonnes critiques que j’ai lues à son sujet qui m’ont poussée à ouvrir Tu comprendras quand tu seras plus grande. J’avais lu que cette histoire faisait passer du rire aux larmes en l’espace de quelques paragraphes. Ok, livre, fais-moi rêver. 😀

Si le moral n’est pas au beau fixe, les premières pages risquent d’être difficile à passer : on est ramené au moment où Julia a appris le décès brutal de son père, puis on assiste à son arrivée aux Tamaris, qui l’amène à se demander si accepter un emploi dans une maison de retraite quand on vient de faire face à plusieurs pertes est vraiment une excellente idée. Comment vous dire ? Les personnes âgées qui sont là n’attendent plus vraiment que leur état de santé s’améliore.

Et puis la magie opère. Ça reste pas toujours joyeux, mais ce n’est pas grave. Je me suis attachée à Julia, qui est loin d’être parfaite mais ne m’a jamais été antipathique. Je trouve que l’auteure arrive à présenter ses faiblesses de telle manière qu’on se dit juste « ouaip. Bah elle est humaine, quoi. Pas sûre que j’aurais fait mieux à sa place« , plutôt que juste comme une psychologue qui aurait elle-même besoin d’une sacrée thérapie et qui est complètement paumée dans sa vie. Julia, j’aurais bien eu envie de devenir son amie et de me joindre aux soirées coloc qu’elle fait avec ses nouveaux collègues (oui, je suis comme ça, je me tape l’incruste).

Quant aux personnages secondaires, même topo : que ce soit Marine, Greg, ou toute la team des papy-mamies des Tamaris, j’ai eu l’impression d’entrer dans une grande famille. J’ai aimé les personnalités diverses de ces résidents qui sont en fin de vie mais qui ne s’arrêtent pas pour autant de vivre en attendant la mort. C’est souvent émouvant, ça m’a amenée à me poser plein de questions sur la vieillesse. Sauf que mes glandes lacrymales avaient à peine le temps de lancer l’offensive que, déjà, Virginie Grimaldi balançait l’une de ses scènes qui avaient le chic pour me faire mourir de rire. Sérieux : j’ai laissé tomber l’idée de compter le nombre d’éclat de rire que m’a tiré ce livre (parfois ça pouvait s’avérer gênant lorsque je n’étais pas seule, mais j’ai également renoncé à ma dignité, donc tout va bien…).

Le livre fait tout de même 500 pages. Quand je l’ai commencé, je me suis dit qu’il était peu probable que l’intrigue me tienne en haleine tout du long (quelle éternelle optimiste je fais dites-donc). Sauf que lorsque j’ai eu tourné la dernière page, j’ai surtout été triste de tous les quitter, et j’en aurais même volontiers repris quelques pages supplémentaires. La construction de l’intrigue m’a beaucoup plu : on suit la reconstruction de Julia et j’ai aimé la voir franchir chaque étape. J’ai cru à la manière dont elle évoluait.

Ce livre est arrivé à un moment où je ne savais plus quoi lire et où j’enchaînais les lectures moyennes ou même abandonnées. Merci livre, tu m’as rappelé que j’adorais lire, et ça c’est pas rien 😀 J’ai été sensible aux thèmes traités, aux personnages, à l’écriture dont j’ai beaucoup apprécié le ton. J’ai eu les yeux qui piquent et j’ai eu (un peu) honte parce que je venais de rire à gorge déployée en public. Bref, je crois que je peux dire que c’était vraiment bien 😉

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4 Comments on “Tu comprendras quand tu seras plus grande – Virginie Grimaldi

  1. Et moi je cherchais une idée de livre pour les heures de trains de décembre… mais je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée, s’il fait éclater de rire dans le TGV…
    Moi on ne me disait pas « tu comprendras quand tu seras PLUS grande » (ce qui sous entend qu’on l’est déjà un peu), mais « tu comprendras quand tu seras grande »; résultat… j’attends encore, c’est quand, que je serai grande ?
    c’est quoi un feel good book?

    • Moi aussi on me disait plutôt cette phrase-là ! 😀
      En fait, il ne faut pas aller chercher beaucoup plus loin que la traduction française du terme (je crois, du moins :D) : c’est tout simplement un livre qui est censé « faire du bien » au moral !

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