Une maison de poupée – Ibsen

Une maison de poupée - Ibsen

Je réalise au moment même où j’écris ce billet que je lis vraiment rarement du théâtre. Depuis Lorenzaccio, pour être exacte. Je dois donc être en moyenne à une, voire deux (les années où je suis particulièrement en forme… ou que je tombe par hasard sur une pièce qui m’inspire bien, ok.) pièces par an.

De Ibsen, je ne connaissais que… eh bien, je ne connaissais rien du tout. Même pas son nom, en fait. On aurait pu me dire « Mais siiiiii Morgana, Ibsen, cette super marque de machine-à-laver », je vous aurais cru sans soucis. Bonjour la culture, je sais.

Pourtant, « Une maison de poupée » semble être une pièce très connue (et son auteur aussi, du coup). Je ne vis pourtant pas dans une grotte, je vous assure.

 

L’histoire se déroule dans le foyer de Nora et Helmer. Nora est jeune, jolie, la parfaite épouse et mère aimante qui fait tout pour plaire à son mari, une parfaite jolie poupée. Seulement, la jolie poupée est loin d’être aussi irréfléchie et obéissante que son « propriétaire » pourrait le croire, et ses secrets risqueraient bien d’être révélés

 

La pièce est en trois actes, et j’ai de suite aimé le style assez direct de l’auteur. Les dialogues sont assez vifs. Il n’y a pas énormément de répliques longues, si ce n’est lorsque Nora parle avec Mme Linde, puis, surtout, vers la fin (Pour montrer l’évolution entre les relations des personnages, qui prennent le temps de parler avec plus de « profondeur » ?).

Il y a finalement très peu de personnages importants : Nora, Helmer, Mme Linde, Krogstad et le Dr Rank. Les trois derniers personnages paraissent surtout être là pour faire avancer les relations du couple : Krogstad apporte la discorde car il connaît le secret de Nora, Mme Linde force la révélation dudit secret, et Rank… Rank ? Je ne sais pas vraiment finalement. Il est présent quotidiennement dans la vie du couple, il est le confident de Nora… Peut-être est-il la figure masculine de la pièce qui la comprend le mieux ? Il est celui qui occupait la place de Mme Linde, l’ancienne amie et confidente de Nora qui revient et va reprendre sa place.

Helmer est antipathique bien sûr. Mais, quand on y pense, il fait ce qui lui paraît le mieux : il pense faire tout ce qui est bon pour sa femme et ses enfants. J’ai été bien agacée par nombre de ses réactions et répliques, mais il ne fait qu’appliquer ce qu’il pense être le propre d’un père de famille dans sa vision des choses, et c’est pourquoi la seule qui peut faire changer les choses, c’est Nora. Je l’ai trouvé assez pathétique, Helmer, avec ses idées figées et sa peur du « qu’en dira-t-on ? » ; il est prisonnier du regard des autres et des idées reçues, et il a aussi enfermé Nora avec lui dans la « maison de poupée ».

La fin est extrêmement moderne pour une pièce de la fin du XIXème. Il est vrai que le retournement de situation final est très brusque, comparé à l’évolution progressive des choses durant les deux premiers actes, la cassure est très, très nette. J’ai trouvé cela curieux sur le coup, mais cela est finalement assez logique vu que la déception de Nora doit être assez violente en elle.

Pour l’anecdote, j’ai réalisé en lisant les dernières pages que je connaissais déjà la fin : il y a longtemps, j’avais trouvé des photocopies de ces dernières répliques glissées en guise de marque-page dans un livre appartenant à ma mère, et je m’étais longtemps demandé d’où pouvaient venir « Nora et Helmer ». Même si c’est une douzaine d’années plus tard, j’ai maintenant la réponse à ma question. J’en suis bien contente, car cette pièce est décidément une jolie découverte.

Note : Nous ne sommes pas responsables de l’apparition de publicités sur le blog. Vous pouvez télécharger AdBlock Plus pour ne plus voir les plus gênantes ! (logiciel gratuit et bien utile partout sur internet !)

 

____________________

 

Et retrouvez-nous sur Facebook et Twitter

Facebook
Facebook
YOUTUBE
Google+

One Comment on “Une maison de poupée – Ibsen

  1. Sympa l’anecdote du marque page 😉 Entre celui-ci et le mien: la carte postale kitsch, certains tickets de caisse : un grand classique, même une fois j’ai retrouvé une lettre d’amour dans un bouquin acheté d’occas’, j’ai trouvé ça très émouvant, mais je me suis demandé comment elle avait pu atterir là et si elle ne manquait pas à son propriétaire !
    on va bientôt pouvoir créer une nouvelle rubrique. Après la bibliothèque des gens, les marques pages des gens ! on aurait de jolies surprises je crois 😀 (Ou alors j’en ferai un article du dimanche. oui voilà, ce sera un article du dimanche, merci Morgana de me donner encore plus de boulot :'( )
    Bon sinon, pour pas te vexer et ne parler que du marque-page, sache que ton article me donne envie de lire le livre, chouette non ? :p

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.