Les albums filmés de l’École des Loisirs (DVD 10)

Je vous ai parlé sur le blog de plusieurs albums de l’École des Loisirs récents, mais quoi de mieux pour un retour en enfance que de replonger dans les histoires mythiques, celles de notre enfance ?
Je partais dans ce visionnage surtout poussée par la curiosité : comment ces albums allaient être adaptés en DVD ? Finalement, mes questionnements techniques ont vite été oubliés au profit d’une vraie émotion et d’une grande nostalgie ^^
Ce DVD n’est pas unique dans le catalogue de L’Ecole des loisirs, j’ai choisi le numéro 10 car il proposait a la fois des albums que j’avais lus petite (Une soupe au caillou, Le géant de Zéralda , Ma Vallée) et que ceux que je ne connaissais pas me tentaient bien.
J’ai gardé Ma Vallée de Claude Ponti pour la toute fin… Et la badaboum je n’avais jamais eu un retour imminent en enfance aussi puissant 😀 j’ai faillit en pleurer je vous jure. Avec la voix-off et la musique en prime j’aurai bien pris mon doudou, un BN et zou ! à la sieste la Luciole !

Ma Vallée, Claude Ponti

Je pourrai regretter en revanche, surtout sur Ma Vallée justement, de ne pas pouvoir regarder les images a son rythme. Je me souviens qu’enfant, j’adorais regarder toutes les petits détails, et la page qui présente la maison en particulier me faisait vraiment rêver ! Je pouvais passer des heures a regarder toutes les pièces, la chambre avec tous les oreillers, le terrier bibliothèque pour lire tranquillou … J’ai pu revoir certaines de ces pièces mais le DVD est passé un peu vite là dessus, zoomant aussi sur l’image, mais pas aux endroits que j’aurai voulu :p et c’est bien normal, il ne faut pas casser le rythme de la lecture, mais c’est peut être la la limite de l’album filmé.

Ma Vallée, Claude Ponti

Pour continuer un tout petit peu sur la technique, sur mon écran, les images n’étaient pas toujours de très bonne qualité, surtout sur les plans en mouvement. Ce sont les images même des albums, sur lesquels sont faits des zooms et autres mouvements. Il n’y a que dans La Retraite de Nénette que certaines parties mêmes du dessin bougent indépendamment du reste. Je m’attendais a plus de choses de cette ordre-là, mais comme vous avez pu le voir dans mon éloge un peu plus haut, cela ne m’a pas du tout empêcher d’être pleinement immergée dans les histoires !

La retraite de Nénette, Claire Lebourg

Et petit bonus : à la base je me disais : “c’est dommage a partir d’un certain âge lire les albums avec ses parents, le texte sous les yeux, me paraît quand même vraiment aider à l’apprentissage et au goût de la lecture”. C’était sans compter les karaokés proposés dans le DVD : le narrateur se tait, le texte apparaît et il n’y a plus qu’à rejouer l’album comme une petite pièce de théâtre. J’ai beaucoup aimé l’idée ! Et même si ce n’est proposé que sur deux albums ça ajoute un petit côté interactif au DVD.

La princesse, le dragon et le chevalier intrépide, Geoffroy de Pennart

Ah ! Et en plus, le boîtier du DVD est complètement en carton, aucun plastique, et ça, ce n’est pas négligeable non plus quand on pense a la planète.

En gros, je suis super enthousiaste 😀 j’ai trouvé que ce DVD proposant 8 albums cultes et plus récents était un formidable outil pour découvrir et faire découvrir aux plus jeunes les histoires d’une autre manière. Bon, il ne faut pas non plus que ça se substitue aux parents qui lisent eux même les histoires, ni aux livres papier qui permettent de plonger a son rythme dans les images. Mais de temps en temps ça permet aux enfants d’être un peu plus autonomes et de libérer les parents qui en ont marre de lire en boucle les mêmes histoires 😀

Dans ce DVD, vous trouverez :
Cornebidouille contre Cornebidouille de M. Bonniol et P. Bertrand
Dragon de feu de Chen Jiang Hong
La retraite de Nénette de Claire Lebourg
Capitaine Maman de Magali Arnal
Ma vallée de Claude Ponti
La princesse, le dragon et le chevalier intrépide de G. de Pennart
Une soupe au caillou d’Anaïs Vaugelade
Le géant de Zéralda de Tomi Ungerer

Gabrielle (Le Goût du Bonheur, tome 1) – Marie Laberge

Cette série est l’une des toutes premières dont j’ai entendu parler lorsque j’ai découvert la blogosphère littéraire (en particulier grâce à Mon Coin Lecture). J’avais surtout retenu l’enthousiasme assez général pour cette trilogie, le côté saga familiale qui me parlait particulièrement et… les couvertures. Allez savoir pourquoi, j’ai toujours aimé leur sobriété et leur classe. Cela aura pris pas mal d’années avant que je me lance dans cette lecture mais ça y est, j’ai enfin rencontré la famille Miller ! (le coup de pouce final aura été l’enthousiasme de Plouf)(à qui cet article est carrément dédié, ouais ouais :D).

Le Goût du bonheur c’est… excusez-moi, j’ai interrompu la rédaction de cet article pour aller commander le tome 2 (véridique, il y avait une super occasion sur un site, d’abord 0:) ).
Où en étais-je ? Le Goût du bonheur, c’est une saga familiale qui se déroule à Québec après la crise de 1929. La famille Miller a eu de la chance et a réussi à échapper à la misère qui s’est abattue sur nombre de foyers. Même s’ils ne font pas partie de ceux qui ont tout perdu, ce n’est pas pour autant que la difficulté de l’époque les laisse indifférents.

C’est ainsi que nous plongeons dans cette époque, aux côtés de Gabrielle, l’héroïne de ce premier tome, femme heureuse en mariage (et croyez-moi, ce n’était pas gagné à l’époque apparemment) et mère de cinq enfants. J’ai énormément aimé Gabrielle. Elle pourrait paraître trop parfaite pour être vraie, tout comme sa vie, au sujet de laquelle elle s’estime extrêmement chanceuse. C’est d’ailleurs peut-être cela qui a joué en la faveur de Gabrielle : le fait qu’elle souligne régulièrement le fait qu’elle est privilégiée et qu’elle le sait. Sa vie de couple est assez exceptionnelle : le duo qu’elle forme avec Edward, son mari, est aussi touchant que passionnant à suivre. Terriblement “moderne” pour l’époque, ils passent beaucoup de temps à (accrochez-vous bien, c’est un peu choquant)… communiquer et débattre de leurs opinions respectives, afin de prendre les décisions ensemble concernant ce qu’il faut faire pour la vie de leur famille.
On sait combien on adôôre les histoires d’amour impossibles avec moult rebondissements, “c’est impossible entre nous tu le sais bien”, “comment as-tu pu me faire ça Stephen ?”… mais est-ce qu’on sait à quel point une histoire centrée sur un couple équilibré et fonctionnel peut être passionnante ? Moi, je ne m’en étais pas forcément rendue compte jusqu’à ce jour. C’est vrai, quoi, on n’a pas l’habitude, et ça me choque un peu en réalisant ça 😀
Bref, Gabrielle et Edward, c’est un vrai plaisir de les suivre dans leur vie de couple marié depuis des années et qui a déjà 5 enfants à s’occuper. Genre la vie de famille et l’espère de routine et les obligations associées peuvent être ultra accrocheuses ? Oui, oui. En tout cas, je peux vous dire que j’ai tourné les pages à toutes vitesse pour ma part.

Le livre nous plonge dans un contexte que je ne connaissais absolument pas, et j’ai adoré découvrir cette ambiance, les problématiques de l’époque. Au travers de Gabrielle, c’est toute la condition féminine de l’époque qui est questionnée, mais également celle des différences entre les classes sociales. C’est le genre de livre aussi divertissant qu’intéressant au niveau des thèmes abordés. Il dresse des portraits de personnages extrêmement réussis et vivants, des personnages beaux mais imparfaits, qui craquent parfois, font des erreurs… alors on les déteste quelques pages, on est triste, énervé, on a le cœur un peu (beaucoup) brisé, et puis on les aime de nouveau, parce que c’est la magie des bonnes saga familiales, je trouve.

J’avoue cependant avoir eu du mal avec certains éléments : le personnage de Nic n’a pas réussi à me toucher. Je l’ai beaucoup aimé au début, et plus ça allait, moins j’aimais la place qu’il prenait dans le récit, au détriment d’Edward. On perdait la présence de la relation entre Gabrielle et son mari, au profit de l’amour impossible de Nic pour l’héroïne. J’ai très peu été sensible à tout cet amour impossible et caché, “je me sacrifie car je sais où est mon devoir” (blablabla)(oui, j’ai vraiment été saoulée :D).
Du coup, même si la dernière centaine de pages s’est lue aussi vite que les précédentes, j’étais tout de même assez frustrée par ce qui s’y déroulait car j’avais perdu ce qui me plaisait le plus au début. Je comprenais que l’autrice emmenait le récit vers son tome 2 et la transition vers Adélaïde (la fille aînée de Gabrielle, héroïne du tome 2), mais je regrettais un peu le changement de narration et les axes vers lesquels cela s’orientait.

Malgré tout, je reste très enthousiaste à l’idée de lire le tome 2 (la preuve, j’ai arrêté d’écrire mon article pour l’acheter car j’ai réalisé que j’allais vraiment avoir besoin de connaître la suite soon soon soon). J’avoue avoir un peu peur de ne pas être autant séduite par ce qui s’y déroule : déjà, l’ambiance seconde guerre mondiale risque d’être très peu meugnonne (et j’ai un coeur de fragile, je vous rappelle), mais en plus, je crains que l’impétueuse Adélaïde puisse un peu trop partir en freestyle au niveau des décisions qu’elle va prendre pour sa vie. Mais bon, j’ai beaucoup aimé la fougue du personnage jusque-là, même si elle s’annonce comme un personnage un peu plus “romanesque” que sa mère. J’aimais bien le côté “mère de famille lambda en apparence mais qui a des idées et des manières singulières de faire au fond” de Gabrielle. Bref, une héroïne plus dans la demi-mesure, forte et qui raisonne beaucoup. Adélaïde s’annonce plus… volcanique et carrément atypique, de manière bien plus ouverte et publique que sa mère. Ce qui peut être très intéressant à suivre (mais je sens arriver les “nooooon, mais kestufé ? Ça va mal tourner !” outrés que je vais pousser durant ma lecture). Rendez-vous bientôt pour savoir si j’aurai eu raison, du coup ! 😉

Bref, une lecture dans laquelle j’aurai mis très longtemps à me lancer, mais qui s’est avérée être assez impossible à lâcher. Je vous jure, j’en aurais laissé cramé mon repas juste pour pouvoir savoir ce qui allait arriver à un Miller en difficulté… et je peux vous dire que je suis rarement prête à laisser cramer mon repas 😀

Acid Summer, Woodstock 1969 – Christophe Lambert

L’histoire commence sur la route menant à Woodstock, où John essaye de se frayer un passage jusqu’au lieu du festival. Spoiler : c’est compliqué. Le nombre de personnes intéressées par l’événement ayant dépassé de loin l’organisation prévue initialement (50 000 personnes de prévues –> 500 000 qui se ramènent, hey guys). Rien qu’à ce stade-là, alors qu’on est coincés dans les bouchons avec le héros, je me suis sentie plongée dans l’ambiance de cet événement aujourd’hui mythique… et dont je ne connaissais finalement pas grand-chose.

“Trois jours de paix et de musique” annonce la quatrième de couverture du roman. Mais aussi “une épopée amoureuse et musicale dans l’Amérique de toutes les utopies”. Effectivement, Acid Summer, c’est un peu tout ça : sur la route, John rencontre la belle Pénélope ; coup de foudre. Mais ils vont vite se perdre et il n’aura de cesse de la chercher durant tout le festival. Avec cette fameuse question en fond, (John va-t-il retrouver sa belle ?) je me suis dit que les pages allaient se tourner toutes seules. Le tout porté par la musique des années 60, que j’aime beaucoup, voilà qui allait exactement donner le roman annoncé par la quatrième de couverture.

Seulement, il s’avère que le roman propose quelque chose d’encore plus intéressant que ce que j’aurais pu imaginer avec ces seules infos. A ce propos, la partie making of du roman, proposée par l’auteur à la fin, est très intéressante. J’ai particulièrement aimé le moment où il explique comment L’Odyssée l’avait inspiré pour la construction de son récit. En effet, à la manière d’Ulysse cherchant sa Pénélope, John va devoir traverser bien des épreuves et faire bien des rencontres. Je laisserai les futurs lecteurs découvrir plus en détails les éléments dont il s’est inspiré, que ce soit des inspirations venues de L’Odyssée ou de films emblématiques de l’époque (tel que Jules et Jim ou American Graffiti). Cette richesse au niveau des références, sources d’inspiration ou hommages se retrouve de manière assez subtile au fur et à mesure du roman : je n’ai pas énormément des références de l’auteur et cela ne m’a pas gênée. Par contre, j’ai reconnu avec plaisir celles que j’avais. J’ai simplement ressenti la manière dont l’auteur est passionné par la période concernée et avait énormément travaillé sur la construction de son roman (ce que j’admire énormément, vu ma propension à partir en freestyle dès qu’il faut écrire un truc… :D).
J’ai beaucoup aimé la manière dont le récit s’est construit en “épisodes”. Grâce à des récits enchâssés, l’auteur propose une sorte de tableau de l’Amérique de cette époque, qui vient nuancer cette ambiance “paix et musique”. Woodstock est ainsi mis en perspective et on comprend mieux dans quel contexte il prend place, même si cela reste fait d’une manière très romancée. Par contre, ces histoires auront réussi à me démontrer que j’avais tort : je n’ai finalement pas lu le livre d’une traite, des pauses ont été nécessaires pour offrir à mon petit cœur de fragile des moments de récupération après les histoires assez dures des personnages croisés par John. 😀

John est un héros que j’ai trouvé très attendrissant. Âgé de 18 ans, il doit choisir entre faire des études d’économie comme le voudrait son père, ou tenter sa chance en école de cinéma comme il le souhaiterait. Déjà fiancé à une amie d’enfance, son coup de foudre pour Pénélope va également le questionner à ce sujet. La question des choix concernant son avenir, la raison ou le cœur, les attentes de la famille ou ses rêves, tout cela a été traité bien des fois et pourtant, bien exploité, ces thèmes marchent toujours aussi bien sur moi. Et il s’avère qu’ils ont été très bien traités ici. ^^

Je ne sais qu’ajouter, si ce n’est que je recommande le livre. Si le thème de Woodstock vous intrigue comme c’était mon cas, si vous aimez les romans avec des récits habilement enchâssés et les histoires de passage à l’âge adulte, Acid Summer pourrait bien vous plaire autant qu’à moi !

Hé Gégé, j’ai vu qu’ils organisaient un petit festival, ça te dit qu’on y aille ? En mode petit concert en plein air, on se retrouve au stand de hot dog ? Ouais ? Cool.

Le Bouc Émissaire – Daphné Du Maurier

Daphné du Maurier : l’une de mes autrices favorites de tous les temps. Rebecca et Ma Cousine Rachel figurent parmi mes livres préférés, mais j’avais été cruellement déçue l’année dernière par La Maison sur le Rivage. Qu’à cela ne tienne : je n’allais pas me laisser décourager ainsi et ai le mois dernier jeté mon dévolu sur Le Bouc Émissaire, l’un de ses ouvrages qui semblaient globalement appréciés.
Vieille demeure, histoires de famille et substitution d’identité au programme !

John est anglais. Il est professeur d’Histoire française à Londres et traverse comme qui dirait une période de crise existentielle. Sans famille (je m’appelle Rémi, je suis sans famiiiiille)(mais non, on a dit qu’il s’appelait John), John cherche un but à sa vie et a décidé de venir passer des vacances en France, au cours desquelles il compte faire une retraite à l’Abbaye de La Trappe. Lors d’une pause faite dans le ville du Mans, il entre dans un café et se retrouve… face à lui-même. (Et non, ce n’est pas car il est saoul et s’est vu dans un miroir) Jean de Gué, comte de son état, est en tout point son sosie.
A la fin d’une soirée bien arrosée, John s’endort dans la chambre d’hôtel de Jean. Quand il se réveille, toutes ses affaires ont disparu. Le chauffeur qui vient le chercher le prend pour son double français et, après avoir tenté de faire comprendre la méprise, il finit par se résigner à rejoindre la maison des De Gué.

Passé les dix premières pages où je me suis dit que je n’allais pas réussir à lire dans son entièreté un livre où le héros passe son temps à se lamenter sur son sort et à expliquer en long, en large et en travers pourquoi il est un raté (mec, t’es probablement en dépression en fait, va voir un docteur), j’ai commencé à entrer dans l’histoire. La rencontre avec son double constitue une scène assez fascinante, qui m’a aussitôt happée. Puis une fois John arrivé dans la vieille demeure, Du Maurier commence à tisser une ambiance et une intrigue comme elle sait si bien les faire.

Voyez plutôt : John, que tout le monde prend pour Jean, arrive au beau milieu d’une famille dont il ne connaît rien. Ces femmes, qui sont-elles ? Sœur, femme, tante, belle-sœur ? Cette femme, là, doit être sa mère. Cette homme-ci ? On lui dit rapidement qu’il est son frère. Son double a-t-il des enfants ? Pourquoi ces deux femmes semblent-elles se détester ? Que veut dire sa mère, lorsqu’elle lui a demandé s’il lui avait ramené “son petit cadeau” avec des yeux presque déments ?
On se faufile avec le héros dans les couloirs, dans l’espoir de découvrir où il est censé dormir, manger, travailler. On essaye de comprendre les animosités (nombreuses) et les marques d’affections (rares), de découvrir qui est celui qu’il est censé incarner.

Si je devais faire un reproche au roman, ce serait le temps que le héros met à comprendre certains éléments que je trouvais assez évidents. Le rythme de l’intrigue en pâtit un peu et me donnait l’impression qu’elle était parfois un peu lente. Durant une bonne partie du roman, j’avais envie que John avance un peu plus vite dans ses conclusions, afin d’en apprendre plus sur les fameuses révélations en question. A noter tout de même que cela s’arrange, voire disparaît vers la fin.

Le sujet de la substitution d’identité est assez casse-gueule : je trouve que c’est assez difficile d’y croire, souvent. Que deux personnes se ressemblent au point de pouvoir se jouer de sa propre famille peut paraître assez peu crédible. Pourtant, ici, l’autrice m’y a immédiatement fait croire, probablement grâce à la scène de la rencontre entre les deux. Il y a quelque chose d’un peu fantastique qui plane dans l’atmosphère, un peu comme dans tous ses romans que j’ai lus, d’ailleurs. De la même manière que l’ombre de Rebecca flotte sur tout le roman éponyme, alors que le personnage est mort avant le début de l’intrigue, la substitution ici réussit à merveille grâce à cette ambiance un poil magique que l’autrice excelle à créer.

Une nouvelle fois, j’ai aimé l’aspect très psychologique du roman. Cette idée d’offrir exactement au personnage principal ce qu’il souhaitait au début et de voir comment il vit vraiment avec ses souhaits réalisés est assez intéressante : lui qui se rêvait français et doté d’un but dans la vie, le voilà ironiquement devenu un comte à charge d’une famille qui repose entièrement sur lui. J’ai adoré ce petit jeu qui visait à découvrir qui est le véritable comte de Gué, mais aussi à voir le héros se découvrir lui-même dans cet étrange jeu d’acteur… Enfin, est-ce pour se découvrir ou se perdre, seule la fin le dira (peut-être) !

J’ai énormément aimé Le Bouc émissaire. S’il n’est pas pour moi du niveau de mes deux œuvres préférées de l’autrice, il n’en reste pas moins un roman captivant dont j’ai absolument adoré l’idée de départ et été globalement très convaincue par la manière dont elle est traitée. Passé un certain stade de l’histoire, je n’ai plus réussi à lâcher le livre. Je voulais absolument connaître le fin mot de cette histoire sombre et captivante.
La fin en question est une fin “à la Du Maurier”, aurais-je envie de dire : pas vraiment celle qu’on souhaite, mais à la fois je n’aurais plus en imaginer une meilleure. Je ne sais pas si ce ne serait pas un léger masochisme de lectrice, mais j’ai toujours beaucoup admiré les fins un poil rageante et presque trop floues (juste ce qu’il faut pour faire cogiter ad vitam aeternam) que Du Maurier écrit. 😀

Si vous êtes également amateurs des livres de cette autrice et que vous avez des titres à me conseiller, je suis preneuse : je cherche déjà le prochain titre sur lequel jeter mon dévolu !