Le fou des fleurs – Anne Romby & Yveline Féray

Le Fou des fleurs raconte l’histoire d’un vieil homme qui vénère les fleurs de son jardin. Elles sont tout pour lui, il consacre tout son temps à ces fleurs, veille sur elles, les bichonne… Tout le village connaît sa passion pour ses fleurs, et le respecte pour cela. Jusqu’au jour où de nouveaux arrivants débarquent … Tadadam, suspens de malade !

Ces nouveaux arrivants se croient tout permis, mais ils sont un peu sympas avec le vieil homme (non.) Il a le choix entre leur céder son jardin ou de le voir saccagé. Sauf que le vieux ne tient pas à laisser son jardin et ses fleurs à ces vils personnages, nan mais oh !

Et je m’arrête la pour ne pas tout vous raconter ! Je dirai quand même que j’ai été surprise de voir arriver un petit côté fantastique dans le récit. Je ne m’attendais qu’à un personnage de jardinier tout à fait banal mais ce vieil homme a en fin de compte un petit quelque chose de magique 😉 Mais encore une fois, je ne vous dis pas comment cela prend forme pour ne pas vous spoiler votre éventuelle lecture !

J’étais un peu perturbée à la fin de ma lecture : je n’arrivais pas a voir quel était l’âge du public visé… Le texte est un peu long et fourni, le dessin mature, mais l’histoire est quand même très manichéenne. Pas de doute sur qui est “gentil” qui est “méchant”, les bons sont félicités, et mauvais sont punis.
C’est en fait une sorte de fable de La Fontaine si il était chinois :p Certains personnages sont même présentés avec des têtes d’animaux pour accentuer le message et la métaphore. Plus précisément, il s’agit de l’adaptation d’un conte traditionnel chinois (edit), et avec ce côte fable, le récit me semble adapté à un large public.

Adulte, on apprécie les beaux albums pour enfants, mais j’ai l’impression que les enfants qui viennent d’apprendre a lire a une certaine fierté a préserver, et lire des livres avec des images leur paraît trop “bébé”! ^^ En tout cas à partir du CP-CE1 j’avais pour ma part cultivé un certain snobisme pour les livres avec des images ou avec un texte écrit trop gros. Genre “pfff je vaut mieux que ça ” 😀 mais bon j’espère que tous les gamins ne sont pas comme la minis Luciole que j’étais, ça donne un truc pas Jojo en grandissant 😀 enfin depuis j’expie mes pêchés de snobismes puisque je surkiffe les livres avec des zoulis zimages 😀
C’était le 36-15 my life (qui ne doit d’ailleurs avoir aucun sens pour les plus jeunes aujourd’hui… Je vais me mettre au goût du jour, c’était le #maviecesttropdlaboule (on va croire que j’ai 80 balais … Déjà qu’ IRL on me prend pour la mère de mon frère qui n’a que deux ans de moins que moi ..)

Bref ! Tout ce #3615mylife #supercombodetechnologie pour dire qu’à mon sens cet album-là peut être lu aussi bien par des enfants un peu plus âgés et déjà lecteurs. Le texte  fourni, intéressant, les illustrations m’ont évoqué les peintures traditionnelles chinoises. C’est ça pas de la gnognotte hein !

Même si les autrices ne sont pas elle-même asiatiques (Yveline Feray a quand même vécu et enseigné en Asie), avec le style des illustrations, la mythologie évoquée, Le Fou des Fleurs le fait que l’histoire soit la transcription d’un conte oral, nous plonge immédiatement dans la Chine traditionnelle.

Ce ne sera pas pas ma meilleure lecture de ces derniers temps, j’ai été moins touchée que je l’espérais mais le dépaysement est garanti !

Le Chant des Ronces – Leigh Bardugo

Souvent, lorsqu’on vous parle de recueil de nouvelles, de contes, ou autre, on en vient toujours à dire « certains récit m’ont plu, d’autres moins ». Et ça tombe sous le sens. Du coup je suis absolument ravie de commencer cette fois ma chronique en disant que TOUS les contes m’ont plu.

Certains plus que d’autres sur le coup, mais si on me demande maintenant quel est mon conte préféré du recueil, ça change toutes les heures, en fonction de mon état d’esprit du moment et comment le souvenir de l’histoire résonne en moi sur l’instant. J’ai vraiment aimé tous ces contes, y compris celui avec des animaux personnifiés et humanisés, alors que j’ai tendance à avoir du mal avec ce type de conte en général. Un succès !

Le Chant des ronces a été écrit par Leigh Bardugo comme un recueil des contes lus aux enfants de l’univers de Grisha. Si Morgana vous a parlé des trois tomes sur le blog (tome 1 ici, tome 2 ici, tome 3 ici), pour ma part, je ne sais même pas de quoi parle la série 😀 Ca paraît absurde du coup que ce soit moi qui en parle, et le fait que ce soit illustré ne serait peut-être pas une excuse suffisante pour que je lise un livre que je risquerais de ne pas comprendre, mais du coup, je peux vous affirmer sans hésitation qu’il n’y a pas besoin d’avoir lu Grisha pour suivre et apprécier ce recueil !

Certes, certains mots de vocabulaire m’ont échappé, mais ils restent relativement peu utilisés et n’empêche pas de tout comprendre. J’ai beau ne pas savoir ce qu’est de « l’acier grisha », ou ne pas connaître les villes évoquées, cela n’a pas gêné ma lecture.

Les contes reprennent des bases connues : l’un m’a fait penser à Hansel et Gretel, un autre à la Petite Sirène ou encore au Stoïque Soldat de plomb etc. Ainsi, on n’est pas dépaysé, et on sait immédiatement qu’on est dans un conte, et pourquoi pas un conte traditionnel dans l’univers de Grisha.

La lecture se passe donc en terrain connu, mais l’autrice a souhaité leur apporter une petite chose en plus. Elle l’explique dans la note à la fin du livre : la fin des contes la mettait souvent mal à l’aise : pourquoi Hansel et Gretel sont-ils aussi heureux à la fin du conte de retrouver ce père qui les a abandonnés, sans aucune rancœur ou peur … ?

Dans Le Chant des Ronces, difficile de savoir au départ qui sera le « méchant » de l’histoire, et d’ailleurs aucune certitude de qui est « gentil » ou « méchant » contrairement à nos contes traditionnels, car l’ambiguïté est omniprésente dans chacune des histoires ! Il n’y a donc pas de morale claire à déceler dans ces contes, même si chacun peuvent nous parler de manières différentes et très personnelles.

En revanche, dans nos contes traditionnels se sont certains événements qui sont un peu ambigus, sous-jacent et qui peuvent créer le malaise : les parents qui abandonnent leurs enfants, le loup du petit chaperon rouge qui serait une sorte de prédateur sexuel selon certaines analyses etc …
Bon ben dans Le Chant des ronces, pas de doute, certains passages sont un peu trash et racontent sans détour ce qu’on imagine tout bas !
C’est pourquoi, à mon avis, le recueil n’est pas adapté aux plus jeunes ! Il vaut mieux le lire pour soi plutôt qu’en faire la lecture à notre petite sœur de 8 ans … ^^ Chez moi on en a fait la lecture à voix haute de deux des contes, mais ma sœur est plus âgée, et ma mère aussi … enfin je crois 😀 (et l’évocation de bébés en pousse de pissenlit l’a amusée ^^).

Je vais finir par parler des illustrations. Chaque conte se termine par un dessin tout en nuances de bleus et de roses. Ils apportent parfois un petit élément de compréhension supplémentaire, ou en tout cas appuient la chute du conte et ont vraiment ajouté quelque chose à ma lecture (l’image que j’ai choisi en est une qui ne spoile pas trop la fin) ! J’ai encore plus adoré le fait qu’ils ne sortent pas de rien : à chaque page de chaque histoire, un nouvel élément de l’illustration vient s’ajouter aux précédents selon le cours de l’histoire. Ils sont parfois flagrants, mais sont parfois si ténus et arrivant si progressivement qu’on ne s’en rend pas compte tout de suite !

En quelques mots, j’ai adoré ce recueil. L’objet-livre est splendide, et les contes géniaux. Cela doit bien être mon coup de cœur de cette fin d’année ! Je vous le recommande vivement !

 

Le Château des Brumes – Kerstin Gier

Un vieil hôtel charmant perdu au beau milieu des montagnes enneigées, une jeune stagiaire qui a tendance à un peu trop facilement se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment… le nouveau roman de l’auteure de Rouge Rubis a de sacrés arguments. Prêts pour un petit séjour au château des brumes ? 😉

Fanny Funke a 17 ans et est en décrochage scolaire. Au grand désarroi de ses parents, elle a décidé de ne pas retourner au lycée cette année et d’aller plutôt travailler dans l’hôtellerie.
On est immédiatement plongés dans le quotidien de la jeune fille, qui se retrouve à occuper divers emplois au cours de ses journées, tels que la garde des turbulents enfants des clients de l’hôtel ou assister l’extravagant M. Heffelfinger à l’espace bien-être.

Dès les premières pages, l’ambiance est là. Le château des brumes s’impose immédiatement comme un personnage à part entière, vieux bâtiment plein de caractère et d’histoire(s). Avec une narratrice telle que Fanny, dont l’affection pour la bâtisse est immédiatement palpable, je suis moi aussi très vite tombée sous le charme de ce bon vieil hôtel plein de recoins secrets et de mystères. D’ailleurs, l’ambiance un poil Downton Abbey est tellement réussie que, arrivée à une quarantaine de pages, j’ai soudain été très choquée de voir Fanny sortir un smartphone de sa poche ! J’aurais limite hurlé à l’anachronisme le plus scandaleux que l’histoire de la littérature ait connu ! 😀 (ma sœur qui faisait la lecture avec moi a d’ailleurs bien ri de ma tête scandalisée… elle avait compris depuis le début, apparemment les neurones n’ont pas été répartis également dans la fratrie :D). Sauf que non, l’histoire se déroule bien à notre époque, le château des brumes est juste resté un peu bloqué à une autre époque et c’est ce qui fait que ses employés l’aiment tant… ou que certains voudraient bien s’en débarrasser.

Le château des brumes est une histoire qui sent bon Noël. D’ailleurs, elle se déroule à cette époque-là, mais en plus de cela, on est vraiment plongés dans une ambiance digne des contes de notre enfance, qui aurait été adaptés à un public plus âgé. C’est sans doute cet aspect-là que j’ai le plus adoré dans l’histoire, avec l’humour omniprésent. Car, oui, j’ai quelques reproches à faire au livre : d’abord, son intrigue aurait tendance à avoir une ligne directrice un peu trop flou durant la majorité du livre. Cela ne m’a pas énormément dérangée durant la plus grande partie du livre, mais arrivée à la moitié, je me suis tout de même demandée où l’auteure voulait en venir et quel type d’intrigue elle souhaitait réellement développer. J’aimais tellement suivre le quotidien de l’hôtel que cela n’était pas une énorme gêne, mais je sentais que le livre pouvait facilement retomber comme un soufflé si l’auteure ne nous réservait pas un final assez surprenant pour donner un peu de panache au livre… vous voyez ce que je veux dire ou je délire toute seule ? 😀
Heureusement, le final plein d’adrénaline a largement rattrapé ce point-là.

Par contre, s’il y a une chose que je n’approuverai jamais, c’est les goûts de Fanny en matière de garçon. Ouais ouais, on est sur de la critique de qualitay, mais il fallait faire éclater la vérité au grand jour : Fanny Funke fait des choix amoureux aussi incompréhensibles que désastreux. Voilà. 😀 Entre Ben et Tristan, il n’y a pas photo pour moi (ni pour ma sœur et ma mère. Ouaip, c’était lecture familiale et on était trois à être absolument scan-da-li-sées :D). Si vous voulez savoir qui, du fils du propriétaire de l’hôtel ou du rat d’hôtel j’ai préféré, il vous suffira donc… de lire le livre, et de pleurer avec moi pour celui qui se fait honteusement jeter par notre héroïne. 0:)

Le château des brumes, c’est toute une galerie de personnages ultra-attachants, (M. Rocher, Pavel, et tant d’autres…), une ambiance extrêmement bien plantée et parfaitement adaptée à la saison, beaucoup d’humour, une intrigue qui commence doucement et finit en apothéose… C’est frais, un poil naïf et plein de bons sentiments par moment, je ne sais pas si c’est la “magie de Noël” qui commence à me tourner la tête, mais en tout cas, c’était une lecture que j’ai beaucoup aimée ! 😉

Dans le même genre, j’avais adoré (à la folie, passionnément) : L’étrange hôtel de Secret’s Hill, de Kate Milford.

Mô et le maître du temps – Catherine Louis & Marie Sellier

Mô est une petite fille curieuse de ce qui l’entoure et qui se pose plein de questions sur le temps qui passe.

Pourquoi est-ce que le temps passe si vite pour les adultes qui sont toujours pressés, et si lentement pour elle qui s’ennuie ?

Et comme personne n’a le temps, personne ne lui répond. Il n’y a que sa Tante Lala, qui lui dit d’aller poser la question à Albert Einstein, qu’il lui explique un peu la relativité, touça touça … Enfin presque … Elle lui dit d’aller poser la question au Maître du temps qui habite à l’autre bout du monde. Tadam !

Morgana parlait dans son dernier article d’une ado de 14 ans qui va des Pays-Bas à New-York, Mô et le Maître du temps fait encore mieux 😀 (ouais, c’est une compèt’).

La petite Mô part donc pour un long périple durant lequel elle rencontre plusieurs personnages qu’elle prend pour le Maître du temps et à qui elle pose sa fameuse question. Ils n’ont pas la réponse, mais ils en ont d’autres : comment la vie est une succession de bons et de mauvais moments, comment les secondes mises bout à bout font des minutes, des heures, … des siècles ! Jusqu’à rencontrer enfin ce Maître du temps.

Le livre aborde vraiment avec simplicité et pourtant de manière plutôt complète toutes ces petites questions sur le temps qui passe qu’on commence à se poser enfant. Il trouve les mots pour expliquer tout ça en sous-texte d’un conte très poétique qui nous emmène tout au bout du monde, au plus profond d’une spirale noire.

Avant de recevoir le livre, je pensais naturellement que ce grand rond noir sur la couverture n’était qu’un rond. Logique la meuf, en même temps elle voulait que ce soit un carré ou quoi ? – -‘

Et en fait … il s’agit de trous de plus en plus petits à chaque page et parfaitement intégrés aux illustrations. Le fait qu’ils ne soient pas concentriques créent vraiment un effet de spirale et de profondeur des plus réussis. J’ai vraiment eu l’impression de m’enfoncer de plus en plus dans le livre, littéralement, à chaque page. Une idée très sympa qui ajoute un côté ludique à ce livre. Les illustrations en elles-mêmes, tout en bleu et noir sont très graphiques et participent à l’ambiance conte, imaginaire, et mécanique des engrenages d’horloges.

Je n’aurai pas grand chose de plus à vous dire, même pas un petit point négatif à relever pour contrebalancer les premiers paragraphes (et rallonger ni vu ni connu ma chronique :D). Quoique, je n’aurais pas dit non à quelques pages de plus, un personnage de plus à rencontrer pour prolonger le plaisir !

J’ai trouvé que c’était un très bel album, plein de belles idées, et dont les différents niveaux de lectures le rendent accessibles à différents âges. Même aux adultes ! Le livre nous rappelle de vivre dans le présent. A force de se dépêcher, de ne pas avoir le temps, on ne vit que dans l’angoisse du futur et la nostalgie du passé. Alors le Maître du Temps gronde un peu aussi l’adulte-lecteur pour lui rappeler de se poser et de vivre dans l’instant présent 😉

Plusieurs niveaux de lectures donc, et un univers graphique prenant et recherché. Franchement, on n’est pas loin du coup de cœur !

“Le temps c’est  un grand sablier, petite Mô. Il ne retient pas les jours. C’est à nous de sauver les bons moments en les vivant de tout notre cœur.”