Bibliothèque des gens #30 : la bibliothèque de Daniel

Parce qu’une bibliothèque ce n’est pas simplement des livres posés sur une planche de bois, parce qu’il existe autant de sortes de bibliothèques qu’il y a de lecteurs, nous avons eu envie d’une rubrique dans laquelle on pourra présenter ces bibliothèques.

Qu’elle soit parfaitement classée ou dans le bazar le plus ultime, pleine de classiques ou de Marc Levy, belle ou insolite, chaque bibliothèque est unique, propre à son lecteur ! Voyez plutôt !

(et envoyez nous une photo de la vôtre à deedr.ml@gmail.com pour apparaître dans la rubrique !
La Bibliothèque de Daniel

Qui n’a jamais rêvé de profiter de ses vacances pour se couper du monde, au fin fond des bois, avec pour seule compagnie ses livres préférés ?

Si c’est votre cas, la bibliothèque de Daniel est faite pour vous !
Quelques livres qui attendent sagement dans une cabane en bois suspendue dans les arbres, une porte de hobbit, une grande fenêtre à l’intérieur depuis laquelle on peut observer les oiseaux directement à hauteur des branches … La combinaison ultime pour se reposer ! :p Et d’ailleurs le dessin de Bouddha est là pour le rappeler : c’est le moment d’être zeeeen 😉

Par contre, autre pièce maîtresse de cette bibliothèque : la lanterne, parce que la cabane n’a pas l’électricité. Alors à part si vous êtes un chat ou une chauve-souris, il faudra oublier les séances de lectures sous la couette avant de dormir…

Dividing Eden, T1 – Joelle Charbonneau

Le titre accrocheur, la couverture on ne peut plus sublime (en toute objectivité bien sûr), un univers fantasy dans lequel je me voyais volontiers plonger, une intrigue basée sur les liens fraternels… Il ne m’en fallait pas plus pour avoir envie de découvrir cette duologie !

Malheureusement, j’ai vite déchanté. En premier lieu, je que crois la faute en revient au résumé et à la phrase d’accroche sur la couverture, qui spoilent tout simplement une grosse partie du livre et ont mal placé mes attentes concernant Dividing Eden. Les événements annoncés n’arrivent que passé les 100 premières pages. Sur un livre qui en contient 300, ça transforme le premier tiers en une grosse introduction, que j’ai passée à attendre ce qui était annoncé sur la quatrième de couverture. Ce que je regrette…

Je critique, je critique… mais comment vous parler du livre sans trop spoiler à mon tour ? (La critique est aisée l’art est difficile, tout ça, tout ça… :D)

Carys et Andreus sont jumeaux. Ils sont les plus jeunes enfants du roi d’Eden, et ont toujours été proches, mais des événements inattendus vont mettre à l’épreuve le lien qui les a toujours unis. Bien qu’écrit à la troisième personne, un chapitre sur deux adopte le point de vue de la soeur ou du frère. Très vite, j’ai trouvé que l’amour inconditionnel annoncé n’était en réalité qu’à sens unique. Que Carys soit prête à tout pour protéger son frère, c’est certain. L’inverse, par contre… Andreus aime Carys, mais j’aurais bien envie de dire qu’il s’aime encore plus lui-même. 😀
Autant j’ai trouvé la construction de Carys habile (on a affaire à un personnage courageux, mais dont les faiblesses sont bien exploitées), autant celle d’Andreus m’a déçue, car il m’a été impossible de m’attacher à lui. Le seul argument que j’avais en sa faveur au début du livre (sa capacité à s’intéresser au bien-être du peuple de manière désintéressée) se voit réduit à néant avant même la fin de ce tome 1. Carys a beau m’avoir semblée un peu clichée dans son rôle de “jeune femme forte qui souffre en silence et ne veut s’attacher à personne #tragédiegrecque”, j’ai malgré tout pris beaucoup de plaisir à la suivre.

Toutefois, Dividing Eden se lit très vite, malgré tous les reproches que j’ai à lui faire, il m’a fait l’effet d’un véritable page-turner. Ce qui est d’autant plus fort que je n’ai pour ainsi dire jamais été surprise par l’intrigue. Avant même la moitié, j’avais déjà deviné l’exacte situation finale. Mais cette grande prévisibilité ne m’a pas empêchée de dévorer les 300 pages. En ronchonnant beaucoup, en hallucinant devant le personnage d’Andreus (qui gagne sa place dans le panthéon des personnages que j’ai le plus méprisés au cours de ma vie de lectrice), en ayant envie de prendre Carys par les épaules pour essayer de la convaincre qu’il est vraiment temps qu’elle pense à elle, en regrettant que Larkin (#meilleurpersonnage) ne soit pas plus présente… et oui, rien de tout ça ne m’a empêchée de dévorer le bouquin et d’avoir envie de connaître le fin mot de l’histoire. Ça aurait été une série plus longue, j’aurais probablement laissé tomber, mais la fin de ce premier tome suggère que la team Carys pourrait réserver de jolies surprises dans le tome 2.

Vous aussi, vous ne savez plus si cette chronique est positive ou négative au finale ? Eh bien je suis désolée, mais je ne saurais pas vous éclairer plus que ça. Voyez les points que je souligne, ce qui m’a dérangée, laissez vous tenter ou non par la couverture en vous disant “on verra bien, de toute façon, Morgana c’est juste une grosse relou qui aime râler pour rien“, bref, suivez votre instinct de lecteur. Moi, ce livre a trop mis sens dessus-dessous ma capacité à vous conseiller ou non un livre. 😀

DesSeins – Olivier Pont

DesSeins m’avait interpelée à sa sortie, mais je n’avais pas donné suite à ma curiosité.

J’appréciais les dessins, mais moins l’idée des histoires courtes. J’avais peur que le propos féministe soit un peu « plaqué » au récit de manière artificielle et je n’avais pas forcément envie à ce moment là de lire un livre un peu militant, quel que soit le sujet. Puis une amie me l’a offert car « Tout le monde devrait avoir lu cette BD !!! ».

Maintenant que je me suis fait mon avis, je ne serai pas aussi enjouée (ou devrais-je dire hystérique) qu’elle, mais j’ai vraiment adoré cet ouvrage, et aucune de mes craintes à son sujet ne s’est révélée exacte ! Et j’en suis absolument réjouie :p

Olivier Pont dresse sept portraits de femmes d’une finesse et d’une subtilité incroyables.

Je dois avouer avoir été surprise que l’auteur soit un homme tant ces sujets sont généralement traités par des autrices. Ici, les personnages féminins semblent vrais, sensibles, avec des questionnements sur la féminité et des ressentis qui m’ont semblé très justes.

Parenthèse faite, je me suis laissée transportée entre ces différentes histoires. Sans pour autant trouver la BD inégale, certaines histoires m’ont forcément plus touchée que d’autres … Je n’ai pas été très réceptive à celle d’Elikya par exemple. En revanche, celle de Mathilde qui, en mai 68 quitte un mari qu’elle n’aime pas, et surtout, celle de Fanny, qui décide de poser nue gratuitement à un cours de dessin (je ne vous révèle pas la raison, elle fait partie de la chute, que j’ai trouvée magnifique…) m’ont bouleversée.

Je n’exagère pas : parfois je devais faire une pause entre deux portraits pour « digérer » celui que je venais de lire

Les dessins servent bien le propos ; les couleurs un peu différentes à chaque histoire créent une ambiance singulière pour chacun de ces portraits : jaune et bleu pour Alison, les cheveux roux de Fanny qui ressortent bien sur les décors bruns et bleutés… C’est très beau, d’une grande tendresse et cela aide vraiment à se plonger dans l’univers de ces sept femmes.

Franchement, je ne vois pas ce que je pourrais dire de plus, je pense que les paragraphes précédents suffisent à comprendre que j’ai vraiment adoré ! C’est une lecture qui m’a émue, touchée … et dire que j’ai faillit passer à côté ! Je découvre Olivier Pont avec ce roman graphique, si ses autres parutions sont aussi belles et sensibles, je vais m’empresser de m’y intéresser !

Léo, T2 : Mon destin sera la liberté ! – Gwenaële Barussaud

En janvier, je vous avais partagé mon enthousiasme pour le tome 1 de cette duologie qui nous plonge dans la France de 1870. J’avais fini en souhaitant avoir directement la fin sous la main. Bon. Mon souhait n’a pas été exaucé, j’ai sagement attendu. 😀 Mais ça y est : j’ai lu la fin des aventures de Léo, et c’était tout aussi bien que le tome 1 !

1870. La France déclare la guerre à la Prusse. Les défaites militaires s’enchaînent et l’ennemi arrive aux portes de Paris. Napoléon III et sa famille s’enfuient tandis que la jeune ouvrière Léo Desilles, sa cousine Hortense et Margot s’entraident pendant le terrible siège de la capitale auquel succède l’insurrection de la Commune, porteuse de nouveaux idéaux.

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Dans ce tome 2, Léo poursuit son chemin vers la liberté. La jeune femme de 19 ans continue de mûrir, et c’est un plaisir de suivre ses aventures et ses réflexions. On la retrouve sur Guernesey, où elle est en sécurité. Sauf que la sécurité n’est pas ce que cherche Léo : elle a trop pris goût au fait de se sentir au cœur de l’histoire. Léo veut être actrice de ce qui se passe en France, cette démocratie qu’elle espère voir naître, l’égalité entre tous à laquelle elle aspire… Qu’à cela ne tienne, la voilà qui fait l’exacte inverse de tout le monde : elle repart sur Paris et se retrouve prise au piège de la ville assiégée.

J’ai une fois de plus adoré la manière dont Histoire de France est racontée du point de vue d’une jeune femme de cette époque. On n’est pas là pour un vrai cours d’Histoire – même si c’est l’occasion de réviser un peu ! 😀 -, mais plutôt pour découvrir les répercussions et l’état d’esprit des différentes couches de la société de cette époque. J’ai véritablement eu la sensation que l’autrice nous offrait un joli panorama des divers points de vue sur la situation.

Le résultat, c’est que ce petit livre a réussi à me transporter.

En peu de pages, l’histoire défile à toute vitesse. Je crois que Léo m’a encore plus été sympathique dans ce tome : c’est comme si la jeune héroïne avait réussi à trouver sa place. Plus de jalousie parfois injuste comme je l’avais relevé dans le premier tome. Elle forme avec Hortense et Margot un trio improbable de jeunes femmes, appartenant à des milieux très, très différents, et c’est une équipe qui fonctionne à merveille. Elles ne se comprennent pas toujours, mais se respectent tellement qu’il en résulte une jolie dynamique de groupe qui fait chaud au coeur.

Les aventures de Léo sont déjà finies, mais elles auront été très chouettes jusqu’à la fin ! Cette duologie se lit à toute vitesse, et j’aime son côté inspirant, où faits historiques et histoires humaines se mêlent si bien.