Le top spécial confinement

Eh bonjour ! Comme la moitié des terriens, sur Deedr nous sommes confinées. On regarde le beau temps avec nostalgie en repensant aux promenades au soleil et on pleure devant les rayons de farine vides parce qu’on ne pourra pas faire notre gâteau au chocolat préféré pour vaincre le coronavirus ! Mais on ne va pas se laisser démotiver, non non non chats et lectures seront toujours là pour nous sauver la mise et on vous propose aujourd’hui un petit top spécial confinement ! 😉

Confinés, place aux balades virtuelles en forêt !

Ça ne dégourdit pas les jambes mais ça aère un peu la tête ! (ptete même que si vous les lisez sur un tapis de course avec un fond sonore oiseaux derrière, l’illusion sera totale !)

Dans la forêt d’Hokkaido, Eric Pessan


Au coeur de nos forêts, Rachel Burlington : de magnifiques illustrations pour s’évader


La forêt millénaire, Jiro Taniguchi : plongée dans un univers onirique


Le lièvre de Vatanen, binôme livre et film : périple dans la neige accompagné d’un petit lapin pipou !


L’histoire du Géant, Anne Herbauts : Promenade en forêt au fil d’un long poème en prose et d’aquarelles.


La vie secrète de la forêt, Grégoire Solotareff

– Et pour continuer les balades virtuelles, rendez-vous sur la carte des Balades Littéraires, avec tout un choix de randonnées littéraires, café-librairie, musées … pour avoir presque l’impression de sortir en France et en Europe !

Pour faire écho à notre confinement !

Parfois on recherche dans la lecture un moyen de s’évader, mais parfois on a besoin que ça fasse un peu écho à ce qu’on vit, soit pour relativiser, soit pour voir qu’on n’est pas tout seul ! Alors c’est parti pour une série de huis-clos et autres lectures post-apocalyptiques 😀 (mais pas que, on va tous finir en dépression sinon ^^)

– Survivre, Jeanne Boquenet-Carle : le thème n’a rien n’a voir, mais juste pour le titre. Parce que les gars, on va y arriver et on va s’en sortir de ce p**ain de confinement ! 😀


Home sweet home, Alice Zeniter et Antoine Philias : là aussi, le titre n’aura jamais été autant d’actualité (même si on espère que vous êtes confinés dans un endroit un peu plus confort que les personnages du livre :D) !


Esprit d’hiver, Laura Kasischke : huis-clos. A prendre au second degré dans ce top, parce que sérieux, si votre confinement prend ce tournant là, faut appeler les flics hein ! Promis ?


L’étrange hôtel de Secret’s Hill : Un huis-clos jeunesse dans un hôtel mystérieux ; le confinement des personnages est probablement bien plus palpitant que tous les nôtres réunis, mais on appréciera d’autant plus d’enquêter avec le héros sur les mystères de Secret’s Hill, non ? 😀

Des livres de Daphné du Maurier : la forte inspiration gothique de ses livres donne souvent lieu à des histoires se déroulant dans de vieilles maisons mystérieuses, avec peu de personnages au coeur de ses intrigues psychologiques à souhait… Ce ne serait pas le moment idéal pour ouvrir Rebecca ou Ma cousine Rachel ? (En vrai, c’est toujours le bon moment pour découvrir Daphné du Maurier… en toute objectivité bien sûr 0:) ) Et sinon, il y a également les films tirés des ces livres (on vous avait notamment parlé de la dernière adaptation de Ma cousine Rachel, dans notre binôme).


Madame Bovary, binôme Flaubert et le film de Vincente Minelli, film plus récent de Sophie Barthes, l’adaptation libre Gemma Bovery : Si on avait toujours voulu être une héroïne romantique … ça y est, vœu exaucé, on se fait tous autant ch*er que Madame Bovary (même si on va éviter de finir pareil) ! 😀


Les petites contemplations, Yao Ren : Pour beaucoup, le confinement permet de ralentir le rythme effréné de nos vies quotidienne. Prendre le temps de cuisiner, jardiner, observer les oiseaux ou les bourgeons qui poussent sur les arbres. Les petites contemplations c’est ça : une ode à l’observation de son quotidien, et c’est beau ! 🙂


Ici ou ailleurs, Delisle, Echenoz : les rues n’auront jamais été aussi vides, comme dans ce livre !


Presque maintenant, Cyril Bonin : On est un peu tous en train de psychoter pour notre santé et celle de nos proches, mais c’est rien à côté des personnages de cette BD SF^^

Pour s’occuper et occuper les enfants

Manuel du petit jardinier sans jardin : pour allier confinement et beau temps, même si on n’a pas de jardin, juste un bout de balcon, ou même pas.


Les jeux de société de l’Ecole des loisirs pour les plus jeunes, dans les univers de Claude Ponti et Joann Sfar

– D’autres jeux de société littéraires pour un peu plus grands : on en n’a pas encore parlé sur le blog, peut-être feront-ils un jour l’objet d’articles (on le souhaite, quand on trouvera le temps de les écrire :p) en attendant, voici trois autres jeux qui ont un lien avec la littérature et qu’on vous recommande :

“A la manière de …” : chaque joueur doit compléter une citation d’un auteur, puis retrouver la bonne parmi toutes les propositions. Super ludique et créatif (et très très drôle, si les autres joueurs ont tendance à partir en… cacahuète ? On va dire cacahuète :D) ! 🙂

“Sherlock 13” : une sorte de Cluedo mais avec que des suspects dans l’univers de Sherlock Holmes, il faut retrouver l’assassin à partir de déduction, et ce n’est pas forcément Moriarty ! Pour faire travailler les méninges ! :p

“Santorini” : un jeu avec les divinités de la mythologie grecque. On endosse le pouvoir de Zeus, Aphrodite ou Hera, et c’est parti ! :p


The Wolf Among us : quand les réécritures de conte de fée s’invitent jusque dans un jeu vidéo !


(Re) lire tout Proust * ! Parce que c’est le moment, on n’a plus l’excuse du manque de temps ! (sauf si on doit gérer les parties de jeux ou le jardinage des points ci-dessus avant que les enfants bouffent de la terre ou enfoncent les pions dans le nez du petit frère. Là, forcément, on n’a moins le temps, et l’excuse reste valide !) / * fonctionne aussi avec Tolstoï ou Victor Hugo ou n’importe quel pavé, si possible difficile à lire et avec des phrases très longues.

Les albums audio. Comme ça, vous n’avez pas à faire la lecture aux enfants et vous pouvez lire Proust ! 😀
Par exemple sur Deedr : Les Sorcières de la rue de Tempêtes de Marlène Jobert, Les Malheurs de Sophie, ou pour l’audio ET la vidéo : les albums de l’Ecole des Loisirs en DVD de quoi être peinard presque 10 minutes ^^

Couverture Les Malheurs de Sophie


– Faire une soirée Harry Potter, avec recettes et DIY. Ou relire, revoir Harry Potter, en version illustrée ou non, ou même en jeu téléphone. Tout ce qui a un rapport avec Harry Potter fonctionne toujours de toute façon ! :p

Écouter de la musique en dansant 😀
– Et bien sûr vider sa PAL et regarder des films, mais bon, ça c’est comme d’hab’ quoi ! ^^

– ou encore : ne rien faire du tout. Parce qu’après tout, on n’est pas obligé des productif dans les circonstances actuelles non mais oh ! On peut aussi rester en culotte sur le canap’ avec une tasse de thé et voilà ! 😉

Et vous ?

C’est quoi vos p’tites astuces pour occuper votre confinement ? On espère que votre moral va bien, et votre santé aussi ! Soyez prudents ! 🙂

Manuel du petit jardinier, sans jardin

Avec l’arrivée du printemps, beaucoup d’entre nous ont envie de se mettre à jardiner ! Que ce soit pour soi parce qu’on a toujours eu envie de cultiver son persil, parce qu’on a envie de voir son jardin ressembler au parc de Versailles (wink wink mon voisin), ou parce qu’on est parent et qu’on veut occuper les mouflets pendant le confinement … Ce livre s’adresse plutôt à la dernière catégorie, et un peu à la première, mais pas à mon voisin et ses envies de grandeur, sorry.

Le Manuel du Petit Jardinier, sans jardin, propose un bon nombre d’activités autour du jardinage, et je peux vous dire que je l’aurai absolument adoré lorsque j’étais enfant (presqu’autant que mon livre de recettes de salades composées) ! J’étais bien curieuse de voir ce qui était proposé pour jardiner dans un appart, et j’y ai pioché quelques idées.

Au programme donc : faire repousser les patates douces, fabriquer un pot de fleur, un terrarium, et même … un tipi avec des haricots (pour pouvoir s’y cacher et manger des haricots peinards … avec un peu de chance l’un d’eux sera magique et vous emmènera chez les géants). Voilà, là on se dit que papa et maman vont être contents que leur petit jardinier fasse pousser un tipi dans sa chambre.
Si j’ai trouvé toutes les activités vraiment sympas, ce que je peux reprocher au livre, c’est un peu son intitulé, car au final peu d’activités m’ont semblé entièrement faisables en intérieur : il est souvent question de compost, d’observer l’écosystème de son jardin, fabriquer une mangeoire pour les oiseaux … Le titre prête un peu à confusion donc, mais certaines idées restent faisables en intérieur, ou au moins sur un balcon.

Je ne connais pas beaucoup d’enfants par contre qui sont surexcités à l’idée de “manger des haricots à longueur de journée” mais ça m’a bien fait rire :p

Ceci étant dit, j’ai trouvé le livre très agréable, ludique et plutôt clair. Tout est fait pour qu’un enfant en âge de lire puisse réaliser la plupart des étapes en autonomie, un lexique explique les mots plus compliqués (j’ai même appris ce qu’étaient des anthères ou du loam Yeah :D), et certaines pages donnent des explications plus larges sur le jardin : les insectes, les types de terres etc …

Le livre m’a grave donné envie de créer mon terrarium, ou de fabriquer un kokedama : une boule de terre recouverte de mousse qu’on peut suspendre (ou pas, mais je n’imagine pas le carnage avec le chat si je laisse une boule de terre à sa disposition ^^), et qui a l’air super choupi ! J’avais bien envie de me cacher dans mon tipi-haricots aussi mais j’attendrai d’avoir un jardin ^^

En gros, ce livre propose de bonnes petites idées pour occuper petits et grands et apporter un peu de verdure dans votre appart, votre balcon, votre bout de jardin, le tout illustré de dessins colorés. Je ne peux que le recommander à ceux qui comme moi, essayent d’avoir la main verte (de manière plus ou moins efficace) 😉

Ici ou Ailleurs – Guy Delisle & Jean Echenoz

Ces derniers temps sur le blog, nous avons observé les bêbêtes et les champignons, nous nous sommes promenés en forêt, mais que les plus citadins d’entre vous se rassurent, aujourd’hui, c’est direction Paris !

Ici ou ailleurs est une collaboration entre Jean Echenoz, romancier, et Guy Delisle, auteur de bande-dessinée. Plus précisément, le livre est une succession de décors tirés des romans de Jean Echenoz, et se situant majoritairement à Paris, et illustrés par Guy Delisle. On déambule dans Paris au fil des pages et des mots d’Echenoz (que, je l’avoue, je ne connaissais pas du tout avant d’ouvrir ce livre !)

Avant de commencer cette série de « portraits », le livre s’ouvre sur un joli texte de Jean Echenoz sur sa relation aux décors. « Un décor n’est pas seulement une toile de fond, pas qu’une musique de fond, c’est un organisme autonome qui ne demande pas mieux que de devenir le moteur d’une histoire et, dès lors, les lieux de cette histoire peuvent être aussi importants que ses personnages : ils sont eux-mêmes des personnages. »

Si avant ça on s’étonnait de la forme du livre, de ces « portraits » de décors, tout s’éclaire ! 😉

Ce texte me paraît plutôt nécessaire pour apprécier la suite du livre à sa juste valeur. Alors si certains ont pour habitude de sauter les préfaces, je ne peux que vous conseiller de prendre 2 minutes pour lire cette page ! 🙂

En tout cas, ceci étant fait, me voici parée à sauter dans les rues de Paris.

Comme je le disais précédemment, si j’avais déjà lu des BD de Guy Delisle, je n’ai jamais lu de livre de Jean Echenoz, mais cela n’a pas été un obstacle pour moi pour apprécier le livre. Et cela aurait même pu faire l’objet d’un binôme avec Morgana qui aurait lu en parallèle l’un des livres d’Echenoz :p.

J’ai aimé découvrir les extraits de ces romans et les paysages associés. Certains de ces extraits m’ont même donné envie de découvrir les livres.

Ayant vécu à Paris il y a quelques années, j’ai aimé retrouver certains lieux, des petits détails architecturaux qui « font » Paris, une ambiance … (même si ces rues vides accentuent encore plus le côté ville musée – au moins on se concentre pleinement sur le décor. Et j’ai écris cet article avant le confinement, mais le publier maintenant va prendre encore plus de sens, les rues vides c’est devenu familier ! ^^ )

Pour les lieux que je ne connaissais pas, Google Street view était mon meilleur ami qui ne m’a pas quitté de ma lecture ^^ Et pour ceux que je connaissais, j’ai aimé qu’ils soient présentés avec un regard un peu différent de celui qu’on a l’habitude de retrouver partout : un angle différent, des déchets au sol ou des travaux au coin d’un immeuble, qu’on aurait eu tendance à occulter sur une photo de touriste. C’est justement ça : Ici et Ailleurs nous emmène dans les rues comme si on y vivait et non comme un touriste. Et par ces détails, bien que les rues présentées soient entièrement vides, les décors sont incroyablement vivants !

En le lisant, un petit brin de nostalgie s’est emparé de mois, j’ai presque regretté ces quelques années à Paris. Puis je me suis rappelé le métro, le bruit, le ciel gris, et ça m’a guérie 😀

Si j’ai apprécié cette petite balade donc, découvrir les mots de Jean Echenoz et retrouver le trait de Guy Delisle, je ne sais pas si quelqu’un qui ne connaîtrait ni le romancier ni Paris (très majoritaire dans les décors présentés) trouverait son compte dans sa lecture. La plus grande part de mon enthousiasme tient au fait que je me suis vraiment « sentie à Paris » et que j’ai aimé retrouver des lieux, qui me rappelait parfois des souvenirs. Je ne sais pas si la balade aurait été aussi immersive si je n’avais pas connu la ville …

Quoi qu’il en soit, le principe du livre en lui-même : « une galerie de portraits » « autant qu’une série de paysage » est assez intéressant et vraiment réussi. On sent les paysages vivre, et c’est vraiment ce que je retiendrai pour cette lecture agréable !

Miss Charity t1 – Loïc Clément et Anne Montel

Amis des p’tites bêtes et des beaux dessins, aujourd’hui je vous parle de Miss Charity (en BD) !

De Marie-Aude Murail, qui a écrit le roman dont cette BD est adaptée, j’ai lu L’Espionne fonde son club, et d’autres « L’Espionne » je pense, et Il était trois fois, quand j’étais bien petite. Je crois même que c’était dans des J’aime Lire :p Rien depuis : j’ai laissé Sauveur et fils à Morgana ! Du coup, c’est tout comme si je découvrais complètement son univers.

Pour Loïc Clément et Anne Montel, qui ont adapté le roman, mes souvenirs sont un peu plus récents puisque j’avais eu un coup de cœur en … janvier 2018 (le temps passe un peu vite 😮 ) pour Nos jours sucrés ! Et je pensais en avoir fait une chronique, vous mettre un petit lien interne, touça touça, mais non ! Je l’avais juste rapidement évoqué dans un « C’est le 1er je balance tout »… Aaah la déception !

Bon bref, je vais essayer de me rattraper sur Miss Charity !

Charity est une petite fille qui vit en Angleterre dans les années 1880 dans une bonne famille. Quand on dit « bonne famille » ça veut rarement dire « famille funky » et le moins qu’on puisse dire c’est que Charity se fait ch*** toute la journée ! Sa mère veut bien lui parler une fois par semaine, pour l’interroger sur la Bible avant d’aller à la messe, et son père veut bien lui parler … jamais et elle n’ose pas le regarder dans les yeux. Ambiance à la maison ! Charity se réfugie dans sa chambre, auprès de sa bonne, sa gouvernante, Julius son rat, Darling son crapaud, Jack son hérisson. (et puis son oiseau éclopé, ses têtards, ses escargots … !). Et elle préfère mille fois dessiner des champignons à l’aquarelle qu’apprendre le piano.

J’ai été très touchée par toute ma lecture, j’ai suivi Charity de 5 à 15 ans avec grand plaisir. J’ai trouvé que toutes ses émotions de petite fille, son ennui, sa soif de découverte, étaient dépeintes de manière très sensible.

Très discrètement sont glissés des détails sur la place de la religion ou encore la condition des femmes de cette époque : « J’aurais fait un petit garçon très acceptable mais j’étais une fillette désespérante ».

Les pages mêlent aussi réalité et fantasmes, subjectivité de la petite fille qu’est Charity : elle est « accompagnée » par l’image de ses deux sœurs décédées très jeunes, par les histoires terrifiantes de sa bonne, son cousin qui se transforme en renard héroïque … Le tout ajoute une vraie touche d’onirisme à cette BD déjà très poétique avec ses dessins doux à l’aquarelle !

En quelques cases parfois, la BD en dit beaucoup. Comme je l’ai dit, je n’ai pas lu le roman d’origine, mais il me semble que, quelque soit le livre, l’adaptation en images n’est pas toujours aisée. Loïc Clément et Anne Montel ont su trouver un bel équilibre image-texte, et un bon rythme pour nous raconter cette histoire. J’ai vraiment été immergée dans cette lecture vers laquelle je m’étais tournée plus par curiosité qu’avec une réelle attente.

La seule chose que je peux dire c’est que j’ai été un peu frustrée par la fin tellement je voulais lire la suite ! Comment ça ce n’est pas un point négatif ? Bon, alors je n’ai aucun point négatif ! 😀 Vivement le tome 2 !