Le petit livre oublié sur un banc T1&2 – Jim & Mig

Certaines lectures, on les fait complétement par hasard … un coup de cœur qu’un proche nous a conseillé, un livre que quelqu’un a oublié sur un banc, un livre choisi « au pif » à la médiathèque …

Pour moi, dans le cas de ce livre, il s’agit de la troisième proposition «  un livre choisi au pif à la médiathèque ». Si il avait été oublié sur un banc, ça aurait vraiment été une coïncidence improbable avec un tel titre mais ça m’aurait fait rire :D. Non là, je venais à la base choisir quelques DVD quand un employé de la bibliothèque est venu me dire qu’ils fermaient dans 5 minutes (au passage il m’a fait sursauter parce que je ne m’attendais pas à ce qu’il vienne me parler :D). Quand on lui dit ça ferme dans 10 minutes, quelqu’un de normalement équilibré finit sa recherche et va emprunter les DVD trouvés point. Pourtant je me suis dis que j’étais laaaaarge pour trouver en plus une BD absolument géniale du genre de celles qui me font de l’œil depuis toujours. Mais je ne trouvais rien, le temps avançait, j’ai paniqué, j’ai vu un joli banc et un joli titre, j’ai attrapé ces deux tomes …

Voilà 😀 (est-ce que ça vous passionne la façon dont j’ai emprunté ces livres ? :D). Bon, si je raconte tout ça c’est que ça m’a amusé que la façon dont ces deux tomes ont atterri entre mes mains a quelque chose de pas si éloigné de ce dont ils parlent eux-même 😀

Le petit livre oublié sur un banc parle d’un petit livre. oublié. sur un banc. Call me Sherlock Holmes please. Ce petit livre trouvé ne paye pas de mine, il est d’auteur inconnu, autoédité, introuvable, mais il intrigue l’héroïne qui, pourtant peu habituée à lire visiblement, prend plaisir à découvrir celui-ci.

Surtout quand elle découvre qu’il y a un message caché à l’intérieur !

Et ça, forcément, j’ai adoré ! J’en parlais dans ma dernière chronique sur Le Monde d’Lo, ou dans celles sur Les Orphelins Baudelaire, j’adore chercher des indices dans des livres, alors si je trouvais un livre avec un message à décoder, je me prendrais vraiment pour un agent du FBI je crois 😀 Ou du moins, il y aurait fort à parier que je me comporterai comme Camélia, personnage principal, qui veut découvrir l’auteur de ce message et à échanger d’autres messages avec lui via ce livre.

L’auteur indique que pour lui l’idée de cette histoire était de voir les liens qu’un livre « abandonné » sur un banc pourrait lier entre les gens, et c’est ce que j’ai préféré lors de ma lecture : les relations entre les personnages, les rencontres inattendues, belles et parfois un peu cruelles mais qui dans tous les cas font avancer le personnage principal et l’aident à découvrir des choses sur elle-même.

Je ne me serai peut-être pas attardée sur cette duologie si j’avais pris le temps de trouver autre chose : au premier abord, les dessins me plaisaient bien, mais sans plus. Finalement, l’histoire m’a interpellée et m’a fait passer un bon moment de lecture. Ça ne rentrera pas dans mes coups de cœur à mon avis, ceci dit, heureusement que toutes les lectures ne sont pas des coups de cœur ce serait fatigant 😀 Mais j’ai trouvé que l’auteur et l’illustrateur avaient réussi à capturer des petits morceaux de vie. Le tout m’a paru sonner très vrai, très tendre et m’a presque créé des petits papillons au ventre, je ne sais pas si je me reconnais réellement dans ce personnage mais je crois que j’aurai aimé vivre une partie de son aventure :p

Bref, Le petit livre oublié sur un banc est une lecture toute simple et qui fait du bien. Un hommage à la lecture, au livre papier, le tout en BD – trop souvent catégorisée hors littérature.

C’est beau et humain, tout simplement 😉

Ma chère soeur – Alf Kjetil Walgermo

Qu’on ait un compte ou pas dessus, on sait plus ou moins comment fonctionne Facebook et quel est son but : comme pour tous les réseaux sociaux, ce qu’on veut, c’est communiquer, avec des gens qu’on connaît plus ou moins (ou acheter du pain, mais ça marche moins bien en général). Sauf qu’Eli Anne va l’utiliser d’une manière quelque peu inhabituelle : celle à qui elle écrit, Amalie, elle la connaît bien – et pour cause, c’est sa soeur. Sauf que voilà, Amalie est morte, et Eli Anne va pourtant lui parler chaque jour. Chaque jour, un message, pour lui dire toutes ces choses qu’elle aurait voulu pouvoir lui dire avant qu’elles soient séparées pour toujours.

Ma chère soeur est un livre court et qui se lit dans un souffle. La forme du texte (les fameux messages Facebook) donne un rythme rapide, où se succèdent les anecdotes, états d’esprits et émotions d’Eli Anne. Souvent, les pages ne sont remplies qu’à moitié et le ton correspond bien à celui des messages que l’on peut envoyer via internet. Le pari est réussi de ce côté-là : on ne tombe pas dans la parodie de lettre manuscrite, qui aurait sonné assez artificielle vu le contexte instauré, mais sans pour autant se laisser aller à un langage trop “jeune” voire sms, que j’aurais trouvé très peu agréable à lire personnellement. ^^ L’auteur a su donner juste ce qu’il fallait de poésie à ses mots, tout en laissant s’exprimer la voix d’une adolescente en deuil.

Mais il me faut bien reconnaître que concernant la manière dont le texte touche le lecteur, je lui reproche un gros manque de puissance. Le texte m’a touchée, mais n’est pas parvenu à m’émouvoir. Pourtant, je suis très sensible à ces thèmes-là, et j’aurais cru qu’en tant que grande soeur, je serais même d’autant plus entrée en empathie avec Eli Anne et la terrible perte qu’elle a subi. Je ne suis pas restée insensible, certains passages ont touché du doigt quelque chose, mais toutes ces émotions n’étaient que trop passagères pour que le livre laisse vraiment chez moi une empreinte.

J’ai apprécié le lien entre soeur qui était montré là, avec ses nuances : entre Eli Anne et Amalie, malgré leur proximité, tout n’a pas toujours été parfait en raison de leurs caractères si différents, de ce qu’elles n’ont pas pu se dire et dont Eli Anne a besoin de se défaire aujourd’hui…

J’ai lu Ma chère soeur juste après L’autre fille d’Annie Ernaux, et j’ai trouvé très intéressant de voir les deux manières dont le lien fraternel peut être traité et vécu. Dans les deux cas, on parle de perte d’une soeur, mais là où le personnage d’Eli Anne vit le décès de sa soeur comme la perte de toute une partie de son existence, de ce qui la constitue elle, Annie Ernaux évoque la perte de sa soeur d’une manière plus surprenante et dérangeante : comme la condition de sa propre existence, de ce qui a fait qu’elle-même allait pouvoir exister. L’une est détruite par l’absence et essaye de se reconstruire malgré ça, l’autre s’en fortifie et conçoit même sa construction comme fondée là-dessus.
Alors, oui, tout est histoire de contexte : dans les deux livres, ils sont extrêmement différents, mais j’ai beaucoup aimé voir comment une même situation peut donner deux romans différents à l’extrême, et dont on ressort avec des sentiments tout aussi différents, alors que l’on parle dans les deux cas de la perte d’une soeur.

Ma chère soeur est une jolie lecture, bien écrite, avec des personnages plutôt attachants, même si je garde un goût d’inachevé, de “pas assez poussé”.

Au bout du conte – Agnès Jaoui, JP Bacri

Est ce qu il y a une seule bonne raison pour que je n’aie jamais parlé sur le blog de comédie dramatique franchouillarde? Mmh non je crois pas. Si ce n’est que je n’étais tombée sur aucune qui parlait de littérature. Mais aujourd’hui je vais vous parler de Au bout du conte.

Et la je suis bien embêtée parce que le dernier film de ce genre que j’ai vu ce n’est pas Au bout du conte, mais Le Pari, dans lequel Didier bourdon et Bernard Campan essaient d’arrêter de fumer. Et du coup j’ai faillit commencer par vous raconter le pitch du Pari Et on peut dire ce qu’on veut les contes de fée n’ont pas beaucoup de rapport avec les patch à la nicotine. Vous sentez à quel point il est mal barré cet article ?

Allez concentration !
Au bout du conte, c’est l’histoire des membres de deux familles, qui se rencontrent, se croisent, se revoient … Là-dessus, c’est le film choral classique (film dans lequel on suit plusieurs personnages avec autant d’importance et dont les histoires sont liés). Ce qui m’a le plus intéressée ce sont les petites (ou grosses) références aux contes de fées.
Les contes entrent dans le scénario de diverses manières.

  • Tout d’abord de manière très concrète et très directe : l’un des personnages (joué par Agnès Jaoui, également réalisatrice) tente de monter une pièce de théâtre adaptée des contes avec des enfants. Bon au-delà du fait que c’est pas si simple de monter une pièce de théâtre avec des enfants, qu’ils veulent tous jouer un chien et un champignon et que le prince et la princesse refusent de s’embrasser, ça plante le décor du film immédiatement !

  • Puis viennent des références qui demandent au spectateur de déjà connaître les contes en question. Je vous rassure il ne s’agit pas de les connaître dans mes moindre détails. Si vous savez que le petit chaperon rouge est habillé en rouge et que Cendrillon perd sa chaussure à un bal, vous avez déjà saisit une bonne partie de ce qui est nécessaire ! Ça devrait le faire non ? 😛

  • Et enfin, et ça je remercie ma sœur because elle est plus observatrice que moi (ou alors elle aime le street art :p) : d’autres petits indices sont cachés  tout au long du film sur les enseignes des magasins ou les tags sur les murs où on voit apparaître de gros “Aladdin”.

Les contes s’immiscent de diverses manières donc dans la vie des personnages : un certain M. Wolf vient parler à une jeune fille en rouge dans les bois, on donne des bals, on prend ses leçons de conduite à l’auto-école Leconte … La pièce de théâtre des enfants elle-même devient comme une métaphore de la vie des personnages et le tout s’entremêle.
Sur ce plan là c’est assez plaisant à regarder même si ça ne restera pas un film inoubliable. D’ailleurs je l’avais déjà vu je crois et j’avais oublié … ^^

Comme d’habitude Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri tiennent parfaitement leur rôle même si je ne comprenais parfois pas ce qu’ils marmonnaient (surtout Bacri). Mais ça ça doit être moi, je dois commencer à devenir sourde 😀
Ceci dit Jaoui avec un chapeau de fée et Bacri en moniteur d’auto-école, ça vaut le coup. (Et franchement s’il avait été mon moniteur je n’aurai jamais eu mon permis x) ).
Je trouve que les autres acteurs de défendent aussi. Mais il faut dire que j’ai un faible pour Agathe Bonitzer et surtout pour Arthur Dupont dont j’étais fan – entre autre – dans Nos 18 ans 😀 bon en vrai j’aimais tous les mecs de ce film o:) (cet article est plein de références passionnantes n’est-ce pas ? : D)

Bref, je pense que si le film vaut un peu le coup c’est quand même en grande partie grâce aux acteurs. Parce que sinon ce serait peut-être un film assez anecdotique. Disons que ça ne révolutionne pas le genre mais ça reste un petit film agréable à regarder. Pas incontournable quoi … Et j’ai surtout aimé chercher les références aux contes :p

Bibliothèque des gens#29 : La bibliothèque d’Ari

Parce qu’une bibliothèque ce n’est pas simplement des livres posés sur une planche de bois, parce qu’il existe autant de sortes de bibliothèques qu’il y a de lecteurs, nous avons eu envie d’une rubrique dans laquelle on pourra présenter ces bibliothèques.

Qu’elle soit parfaitement classée ou dans le bazar le plus ultime, pleine de classiques ou de Marc Levy, belle ou insolite, chaque bibliothèque est unique, propre à son lecteur ! Voyez plutôt !

(et envoyez nous une photo de la vôtre à deedr.ml@gmail.com pour apparaître dans la rubrique !
La Bibliothèque d’Ari

Non, désolée, il n’y a pas de fautes de frappe, je ne vais pas présenter la bibliothèque de Harry Potter. Je lui ai demandé pourtant, promis, pour le bien de Deedr. Mais il a refusé. Il dit que ça serait une preuve de l’existence des sorciers et patati, patata. Bref, j’ai dû renoncer, à mon grand regret.
Mais Ari n’est pas mal non plus, c’est un jeune homme qui bosse dans le design. Alors on est un peu loin des Alohomora, mais sa bibliothèque est chouette quand même, bien que peu fournie.

Ari a décoré tout son appartement bruxellois avec un grand soucis des détails : une sorte de mélange de déco des années 50 et actuelle. Forcément, sa bibliothèque ne fait pas exception. Et même si c’est surtout l’énorme plante qui en ressort on remarque quand même que même les livres sont dans des éditions vintage. Voyage dans le passé garanti ! 😉