Tag : notre PAL / Partie 1

Plouf nous a taguées il y a presque 6 mois maintenant, mais on va vous faire une confidence : on attendait exprès l’été, parce qu’on raconte trop de conneries dans les tags, on préfère donc attendre que tout le monde soit parti en vacances et que personne ne lise. Donc si vous êtes en train de lire ces lignes, c’est que notre astuce n’était pas infaillible, zut alors !

Et du coup, on va devoir être à la hauteur et raconter vraiment n’importe quoi dans ce tag, sinon vous allez être déçus … (ou rassurés…)

Note : nous avons écrit cet article sur Skype, nos réponses sont celles qu'on s'est échangées à l'oral.

Bon, première question sur notre Pile A Lire …

1. Combien de livres comporte ta PAL ?

Morgana : bon là déjà ça va être compliqué …
– Luciole : ah bon pourquoi ?
– M : Parce que dans ma chambre, j’ai bien un quart de mes livres que j’ai pas lus mais c’est juste que je les ai récupérés à droite à gauche, et je ne sais même pas ce qu’il y a dedans, je peux pas avoir prévu de les lire … je farfouille et je me dis « oh tiens, j’avais ça … ». Mais ma PAL que j’ai choisie, avec ceux que j’ai prévu de lire, il doit y avoir 3 livres. Mais si on compte tout ceux que j’ai chez moi et que je n”ai pas lus il doit y avoir 800 livres !
– L : donc si on fait une moyenne entre 3 et 800. Ca fait genre 402 livres dans ta PAL.
– M : Mais je compte pas les lire !!! enfin si, je tape bien dedans de temps en temps effectivement … Et toi ?
– L  : Bah moi, avant d’être sur le blog je savais même pas ce que c’était une PAL (Pile à lire). Ça me semble trop bizarre de prévoir à l’avance ce qu’on va lire sur plusieurs mois … C’est un peu comme si tu prévoyais ce que tu allais manger pour les 3 mois à venir, “alors mon objectif, tomates mozza, courges marrons, patates frites puis… patates frites et ensuite… patates frites” enfin tu m’as compris ! Quand t’as envie de manger, tu manges, et tu vas faire les courses si tu n’as plus rien !
* Mais pourquoi tu écris ça j’ai pas dis trois fois « patates frites ». *
Bon non en vrai, je n’en ai aucune idée… Mais pas 800 ! Je n’en ai même pas 800 dans toute ma maison. Dans ma PAL je n’ai rien. Mais des livres que j’ai achetés dans l’optique de les lire… je ne sais toujours pas. 10, peut-être. Bon en vrai, je crois qu’il y en a plus et que je me leurre. J’ai essayé de les compter une fois dans ma bibliothèque et j’ai renoncé.

2. Quel classique de ta PAL as-tu le plus envie de lire ?

– M : Le nœud de vipères de Mauriac. Ma mère et ma sœur sont en train de le lire, et elles en parlent tout le temps et moi je vis mal le fait qu’elles aient lu un livre que j’ai pas lu alors que c’est moi la lectrice de la maison ! 😀 Mais bon j’ai aussi envie de le lire parce qu’il a l’air cool. (mais je le vis mal quand même).
– L :  Moi du coup j’y ai déjà réfléchi. Orgueil et Préjugés que tu m’as prêté. Oui parce que j’essaye de lire vite les livres qu’on me prête… non pas pour vite les rendre à leur propriétaire, mais pour que ça ne m’encombre pas, hein.
– M : Oui, sauf que celui-là je te l’ai prêté il y a 3 ans.
– L  : Ah. Mais les autres que tu m’as prêtés en même temps je te les ai rendus !!
– M : Certes…

 

3. Le premier tome d’une série/saga/duologie/trilogie, etc.

– M : *pleine de désespoir* : je crois que j’en n’ai paaaaas :(((((( J’ai que des deuxièmes tomes. Ou des troisièmes, ceux là ils traînent ! Tu vas mettre que j’ai claqué des doigts en même temps ?
– L : Oui. Enfin, non, je n’allais pas le faire mais du coup oui !
– M : Pff faut que j’apprenne à fermer ma gueule. Aaah. Siii ! J’ai le premier tome de Guerre et Paix ! Mais comme c’est un classique, et que je ne l’ai pas cité dans le classique que j’ai le plus envie de lire, tu te doute qu’il va y rester longtemps ! Et toi du coup ?
– L :  * très embêtée * Alors moi je suis embêtée du coup. Parce que j’ai un premier tome, mais c’est pas vraiment un premier tome.
– M : Mais encore ?
– L : Le tome 1 de la Trilogie de la Poussière. C’est un premier tome, mais à la fois c’est le 4ème des Royaumes du Nord. ça compte ou pas ? (une pause puis continue toute seule). Oui, ça compte. C’est le début d’une trilogie. Donc : La Belle Sauvage !

4. Le dernier tome d’une série/saga/duologie/trilogie, etc.

– M : Bah moi, c’est simple, le dernier tome de Guerre et Paix
– L : Ben noooon
– M : Ben si ça marche.
– L :  Mais t’as même pas lu le premier tu vas ptete jamais lire la suite !
– M : oui, mais j’envisage de le lire …. !
– L :  ah ce rythme la je mets le dernier tome d’A La Recherche du Temps perdu, alors que je n’ai lu que la moitié du premier ! * là ya débat, mais la Luciole capitule  *Bon ok… Moi c’est plus conventionnel. Attends ! Faut que la série soit finie-finie ou c’est le dernier tome sortie ? Si c’est le dernier tome sorti, j’ai La Passe-miroir tome 3. Parce qu’actuellement c’est le dernier, mais… à la fois, c’est pas le dernier. Comme la question précédente ou c’était le premier mais pas le premier. Rhôô, c’est pour ça que je ne lis pas de série, j’y comprends rien en fait !

5. Un livre de ta PAL que l’on t’a offert

– M : Je saiiis ! Et ça c’est une réponse normale ! C’est Cal-puuur-niiiia, offert par la Luciiiole. :3
– L :  Quelle lèche botte ! Et moi… moi on m’offre pas de livre :'( Enfin si … Je vais citer le tome 3 illustré de Harry Potter. *portant sa main à son cœur et prenant une voix émue et ravie* : on me l’a offert 🙂

 

 

6. Un livre de ta PAL dont la couverture est majoritairement de ta couleur préférée.

– M : Alors déjà ça va compliqué de définir notre couleur préférée …
– L : C’est la que je pars dans mon laïus sur mes couleurs préférées, si c’est pour un vêtement, ou dans l’absolu, si c’est près du visage, ou pas … Question galère quoi …
– M : prfff. Moi j’ai pas de réponse, j’aime pas cette question.
– L : faudrait un livre multicolore comme ça t’es sûre que ya ta couleur préférée.
– M : mais c’est moche les livres multicolores, ils font des associations horribles.
– L :  tu es trop aigrie… Bon sinon, moi, j’aime bien le vert. C’est le bon compromis entre la couleur que j’aime en matière de vêtement et de non-vêtement, tu vois ? Y en a un que j’ai repéré, c’est La Tombe des lucioles. Ok, il est majoritairement noir, mais le vert ressort bien. (une pause) Attends, je viens de regarder, en fait c’est jaune. Bon, c’est joli quand même. C’est bien, aussi, jaune. D’ailleurs, ce livre, c’est mon frère qui me l’a offert… même si je l’ai un peu forcé. (se lève) je vais vérifier la couleur sur mon exemplaire quand même ! (revient) Ah non, non, ce n’est pas vert.

7. Dans ta PAL, y a-t-il un livre que tu as déjà lu ?

– M : Oooh mais oui yen 1500 !
– L :  Ben non, tu as dis qu’il n’y en avait que 800 dans ta PAL.
– M : Oui mais, tous les livres que j’ai lus quoi … J’ai très facilement envie de relire un livre mais je le fait pratiquement jamais. Bon un livre que je compte vraiment relire … * réflexion * * intense * Bah mes livres préférés. Les livres de maaaaa vie… Du genre, je pourrai relire Rebecca pour la 14ème fois … par exemple. Et toi ?
– L :  Alors… oui, mais… je l’ai déjà cité. C’est HP 3 illustré. J’ai déjà lu HP 3 mais pas illustré… est-ce que c’est vraiment une relecture ? Je m’étais déjà posée la question toute seule sauf que je n’avais pas réussi à finir le débat dans ma tête. Sinon y a le tome 1 des Royaumes du Nord. Ca fait plusieurs fois que je veux le relire, sauf que comme je déteste le premier chapitre, je n’arrive jamais à le dépasser. D’ailleurs, niveau relecture, le chapitre 1 de ce livre doit vraiment être le bout de texte que j’ai le plus relu de ma vie, du coup.

 

8. Un roman d’un genre que tu n’as pas l’habitude de lire.

– M : Oooooh j’ai un bouquin du Marquis de Sade, et c’est vrai que les bouquins sadomasochistes, c’est pas ma tasse de thé.
– L :  mais tu veux vraiment le lire ?
– M : Non !!
– L :  Ben alors il est pas dans ta PAL.
– M : baaah je l’ai quoi, je veux y jeter un œil, mais c’est pas sûr que je le lise en entier quoi. Mais, si c’est un genre que j’aime pas je vois pas pourquoi je le mettrai dans ma PAL.
– L :  Ben pour te challenger quoi. Mais c’est vrai que tu lis déjà presque tous les genres … *en intense réflexionù D’un genre que j’ai pas l’habitude de lire… J’avais pensé à… bon je suis en train de le lire, mais chuuuut, c’est Le Pacte de la mer. C’est un manga dans un sens de lecture japonais, et j’ai tellement pas l’habitude que je ne comprends rien à l’ordre de lecture. Du coup, je tente des ordres différents pour les cases, je me trompe, du coup je relis plusieurs fois la page en entier pour voir ce qui fonctionne le mieux. C’est fascinant, même les dessins sont construits à l’envers du coup.

9. Un livre d’un auteur dont tu as lu au moins deux livres.

– L :  Ben yen a plein jcrois.
– M :: Moi ça va être une réponse chiante. C’est euuuh comment elle s’appelle … Euh ….
– L :  Ah oui si tu te souviens pas du nom de l’auteure ça va être chiant …
– M : Françoise Sagan !! Château en Suède. Voilà …
– L : Ah !! J’ai pas encore parlé de Xavier Mauméjean dans ce tag, du coup c’est le bon moment ! Alors voilà, dans ma PAL j’ai… hé… je sais jamais le titre exact. La société des sans visages. Non La Société des faux visages ? Ouais. C’est ça. (puis part sur Wikipédia et s’extasie sur le fait que la société des faux visages existe vraiment notamment chez les Iroquois)

 

10. Un livre d’un auteur dont tu n’as lu aucun livre

– M : Attends. Cunnin … Les Heures. Voilà, Les Heures, de Michael Cunningham ! (par contre on a parlé de l’adaptation cinéma The Hours)
– L :  euh… je ne sais plus, j’ai besoin de consulter mes notes ! (regarde son carnet) eh bah justement, j’avais pas trouvé ! (part fouiller sa bibliothèque) En fait, yen a plein ! Mais je crois que je vais dire Un regard par-dessus l’épaule de Tony Sandoval.

 

 

Questions 11 à 20 …

Vu que ce tag est super long, on a décidé de le faire en deux parties. (En plus comme ça, ça utilise plus de créneaux dans notre planning et ça nous laisse le temps de partir en vacances, malin non ? 😀 Deuxième partie, dimanche donc … 😉 On parlera de mammouths, de taoïsme, et du fait que ce tag est décidément trop long 😀

Grisha T2 – Leigh Bardugo

Ma lecture du tome 1 de Grisha pourrait être résumée ainsi : “Grishaaaaaa <33333”. On est donc sur un avis digne et construit. La qualité à l’état pur. Mais rassurez-vous, cet avis sur le tome 2 sera plus mesuré. Promis.

Mon avis sur le tome 1 ICI

Ce tome 2 m’a fait passer un très bon moment. J’ai retrouvé avec plaisir l’univers de Leigh Bardugo. Entre Six of crows et le premier tome de Grisha, on commence à maîtriser un petit peu les codes de tout ce petit monde ! Résultat, c’est assez… “confortable” d’ouvrir l’un de ses bouquins. C’est un peu le combo plaid + thé + chat sur les genoux, mais version livre, vous voyez l’idée ? 😀 Bon, comme c’est actuellement la canicule, l’exemple ne vend pas du rêve, je le reconnais, mais le fait est que commencer Grisha T2 m’a un peu fait l’effet d’un doudou.

J’avais lu plusieurs avis qui disaient que ce T2 était moins punchy que le 1er. Certains déploraient une baisse de régime au milieu, d’autres étaient globalement déçus. Pour ma part, j’ai clairement moins apprécié que le premier tome de la trilogie : on ne retrouve pas l’adrénaline et les montagnes russes émotionnelles qu’il m’avait fait vivre. Mais il n’en reste que j’ai tout de même passé un très bon moment de lecture.

Au niveau des personnages, le trio principal du tome 1 – Alina, Mal, la Darkling – n’est pas ce qui m’aura le plus plu ici. Le Darkling est beaucoup moins présent, quant à la relation Alina-Mal, on n’est pas du tout sur quelque chose de lovey-dovey avec supplément guimauve. Jalousie et incompréhension au programme. Alors, on ne va pas se mentir, parfois c’est assez plaisant dans les livres, ces passages où les héros se déchirent pour mieux se retrouver… sauf que là, c’était souvent juste agaçant. Dommage, car le début était assez prometteur, mais les 2 héros finissent par s’embourber dans des disputes stériles et puériles. Cela ne m’a pas gâché la lecture, mais ce n’était pas non plus un plus.

Par contre ! Moi qui ne suis normalement pas fan des livres où l’héroïne a trop de prétendants, Leigh Bardugo invite dans ce tome-là un nouveau personnage masculin fort, fort plaisant. Les dialogues les plus savoureux et certains de mes retournements de situations sont de son fait, du coup, je l’aime un petit-peu-beaucoup, ce nouveau personnage.

J’ai beau avoir critiqué la relation Alina-Mal, indépendamment les 2 personnages restent assez intéressants – surtout Alina. On peut comprendre ses tourments de jeune femme qui n’a rien d’une femme de pouvoir et se voit obligée d’occuper une place qui ne lui correspond absolument pas à la base… ou pas. Sa dualité entre la lumière et les ténèbres se poursuit, et elle se questionne plus que jamais sur qui elle est. Bon, on ne va pas se mentir, ce n’est pas non plus de la grande psychologie, ça ne révolutionne pas les problématiques des héros de série Young Adult, mais ça reste très sympa à suivre. Même si j’ai moins apprécié Alina que dans le tome 1, elle reste une héroïne que j’apprécie.

L’intrigue est assez sympa, même si elle connaît une sérieuse baisse de régime au milieu. La fin annonce un tome 3 prometteur, qui sera, je l’espère, au niveau du tome 1.

Mais je fais confiance à Leigh Bardugo pour nous offrir une fin en apothéose. On verra ça à la fin de l’année !

Imprudence – Gail Carriger

Gail Carriger est de retour sur le blog ! J’ai beau mettre de plus en plus de temps entre la lecture de deux de ses livres, il semblerait que je ne puisse résister à l’appel de son humour et de ses personnages déjantés. Bref, le Protocole de la Crème anglaise tome 2, c’était très chouette, et je vais vous expliquer pourquoi !

Chronique sur le tome 1 ICI

Rue et l’équipage du dirigeable La Coccinelle à la crème sont de retour d’Inde avec des révélations propres à secouer les fondements de la communauté scientifique britannique. La Reine Victoria a de quoi être agacée : les vampires sont à fleur de peau, et quelque chose ne va pas du côté de la meute de loups-garous locale. Pour couronner le tout, la meilleure amie de Rue, Primrose, persiste à se fiancer à un militaire peu recommandable.
Mais Rue a également des problèmes personnels. Son père vampire est en colère, son père loup-garou est fou, et sa tapageuse mère est tout à la fois. Mais, le pire, c’est que Rue commence à comprendre ce qui se passe vraiment… ils ont peur.

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Commençons par l’essentiel : est-ce que ce tome 2 est en-dessous du premier, comme c’est souvent le cas dans les séries ? J’aurais tendance à vous répondre par un grand “non”. Ce tome 2 a réussi à éviter la plupart des écueils que j’avais rencontrés lors de ma lecture du tome 1.
Ici, les pages se sont tournées toutes seules, sans les petites baisses de régime notées dans le premier tome.

Imprudence a su m’embarquer de la première à la dernière page !

Les personnages s’affirment et s’affinent : leur complémentarité que je trouvais parfois un peu superficielle (oh, tiens, tous possèdent exactement les capacités nécessaires au bon vol du dirigeable de Rue !), se fait plus subtile. Les relations se développent et on apprend à mieux découvrir chacun. J’ai particulièrement aimé voir Gail Carriger développer les problématiques de Rue : fille d’une sans-âme et d’un loup-garou, élevée par un vampire, voilà qui n’est pas évident pour se faire une place dans la société. Tolérée mais jamais vraiment acceptée, objet de convoitise, de curiosité ou de peur, Rue n’a pour autant pas le détachement de sa mère sans-âme. Alexia aussi était mise en marge, sauf qu’elle le vivait bien différemment de Rue. L’auteure évite dont de nous refaire un Protectorat de L’ombrelle bis, qui n’aurait manqué d’être moins bon, et propose bel et bien une toute nouvelle histoire, portée par des personnalités hautes en couleurs et bien distinctes des précédentes.

Pour autant, elle n’en oublie pas de faire le lien avec ses anciens personnages : il est l’heure du passage à l’âge adulte pour Prudence, qui comprend que les choses ne seront pas toujours comme elles ont été jusqu’à présent. Par la même occasion, c’est à nous aussi, lecteurs des aventures d’Alexia, de faire des deuils (m’en fous, j’ai juste à rouvrir Le Protectorat de l’Ombrelle pour que tout redevienne comme avant, d’abord). Pas de doute, on assiste à l’envol (dans tous les sens du terme)(oui, bon, tout le monde n’a pas l’humour de Gail Carriger) de notre Capitaine préféré !

Niveau intrigue, j’ai trouvé celle-ci plutôt sympathique. Elle nous tient plutôt bien en haleine, mais n’a rien d’exceptionnel non plus. Je crois, qu’au final, c’était plus les relations entre les personnages qui m’intéressaient. J’étais un peu en mode “yeah, où vous irez, j’irai !”, même si leurs décisions me semblaient parfois un peu confuses et basées sur des indices un peu minces. D’ailleurs, la résolution, quoique inattendue, n’a pas produit grand effet sur moi.

Toutes ces histoires avec les lions-garous et les attaques surprises m’ont laissée un peu froide. Notamment ces dernières, qui étaient pourtant écrites de manière à constituer un running gag sympathique, ont fini par me lasser. J’étais plus occupée à pester contre Rue et Quesnel, qui souffraient visiblement d’un très sérieux manque de communication verbale. Parfois un poil trop d’ailleurs, tellement tout était évident. Mais leur histoire aura eu le mérite de beaucoup me faire rire – quoique on tombe parfois un peu trop dans l’exagération (même pour moi, oui :p).

Que dire de plus ? Cette fois encore, cette lecture a été un concentré de fous-rires et d’idées aussi bonnes que délirantes, mais aussi de moments émouvants.
Je signe volontiers pour la lecture du tome 3 ! Mais comme il n’est même pas encore sorti en vo, autant vous dire que le prochain article consacré à un livre de Carriger risque de prendre une fois de plus son temps pour arriver ! 😀

En beauté – Kim Hoon

90 petites pages et un bon gros coup de poing pour moi, voilà qui pourrait résumer ma lecture de En beauté.

Le héros, un homme de 55 ans, vient de perdre sa femme. Alors qu’il doit organiser les funérailles, le héros va vite être rattrapé par son travail de directeur commercial d’une entreprise de cosmétique – qui ne peut décemment pas attendre 2 jours, hé, il y a quand même mieux à faire de d’enterrer sa femme.

Le titre original est Hwajang et j’ai beaucoup aimé la note des traducteurs, qui expliquait la nature polysémique du mot : celui-ci peut aussi bien exprimer la crémation que les cosmétiques (oui, moi aussi je me suis demandée comment c’était possible. Improbable à nos yeux de francophone, mais assez génial non ? :D). Bam, dès le titre, on connaissait les deux thèmes qui allaient s’entremêler dans le roman. On peut donc imaginer la difficulté de trouver quelque chose qui fonctionne aussi bien en français – pour ma part, j’aime beaucoup le choix adopté.

Les chapitres alternent entre le présent et les flashbacks sur les derniers mois, avec l’évolution de la maladie de sa femme. Rien n’est épargné au lecteur. C’est quelque chose que l’on comprend très vite (environ… page 3 ou 4, donc je vous garantis 0 spoiler dans cette phrase :D). L’épouse du héros a souffert le martyr, a vu son corps être détruit par la maladie, et tout ça nous est balancé en pleine face, de manière assez crue. L’auteur n’en rajoute pas, il adopte un ton très réaliste tout en étant teinté d’un humour grinçant.

D’où ma surprise lorsque, au début d’un chapitre qui s’annonçait comme les autres, le ton change soudain… On est toujours à la première personne, mais le narrateur ne semble plus le même. Il n’a plus cette froideur ironique qui caractérise le personnage principal. Au contraire, on bascule dans quelque chose plein d’émotions, presque passionné… Un instant, j’ai même eu un doute : ce n’était quand même pas un recueil de nouvelles ? Je m’étais déjà fait avoir par le passé.
Sauf que ce n’est pas le cas : il s’agit bien du même homme. Je ne vous dirai pas ce qui le transforme ainsi, mais ces passages, aussi perturbant qu’ils aient été au premier abord, apporte énormément au récit. Il donne un autre souffle au roman, qui sort de cette ironie crue qui caractérise le reste des chapitres.

Ce roman m’a perturbée. Il a quelque chose d’extrêmement dérangeant. Beaucoup de scènes peuvent susciter une sensation de gêne tant on pénètre dans l’intimité du héros. Comme si la dureté du livre ne suffisait pas, il fallait en plus que l’auteur nous mette dans la tête du personnage, au point de ne nous éviter aucune de ses pensées les plus déstabilisantes. 😀 Ces choses, ces moments que l’on garde normalement pour soi sont ici racontés.

Cela dit, ça aura été un pari gagnant me concernant : alors que j’ai terminé En beauté depuis deux jours, j’ai encore cette sensation de ne pas l’avoir vraiment fini, que son ambiance ne m’a pas tout à fait quittée. Je repense au personnage, à la réalité qu’il dénonce, et je retrouve la même sensation que durant ma lecture.
D’ailleurs, alors que j’étais censée écrire sur des livres lus avant celui-ci, je me retrouve ce matin à vous parler d’En beauté, car c’était le seul sur lequel je trouvais (plus ou moins :D) les choses à dire.