Aspirine – Joann Sfar

Il y a des moments comme ça dans la vie où nous avons la preuve ultime de notre sous-douance. Je dois avouer que j’en ai assez souvent, des preuves, mais ça ne m’a pas empêcher de mettre à peu près 15 jours après la réception du livre pour me rendre compte que : « oooh mais ! Elle s’appelle Aspirine parce que c’est un vampire et que du coup, elle est “blanche comme un cachet d’Aspirine” ». Réaction de Morgana : « ben… oui… ».
Ben quoi, moi j’avais pas fait le lien. A la limite, j’étais plus proche de penser que le livre sortait au début de l’été parce que c’était nickel pour les maux de têtes dus à la chaleur. L’aspirine.

En plus non, même pas. Mon intro est doublement (triplement) nulle.

Bon, du coup, j’ai lu Aspirine, le nouveau livre de Joann Sfar. Je n’avais pas trp^op accroché à Fin de la parenthèse alors je voulais donner une nouvelle chance et ne pas rester sur une « mauvaise » impression.

Si j’ai retrouvé dans Aspirine des thématiques, des réflexions, le style de l’auteur, que j’avais rencontré dans Fin de la parenthèse, la façon de les aborder était bien différente ici et m’a plus parlé.

Dans Aspirine, on comprend vite le problème.

D’un côté : l’immortalité (Thème déjà abordé dans Fin de la Parenthèse puisque les personnages cherchent à faire revivre Dali.) Là c’est un peu plus direct, pas besoin d’en parler trois heures, vous connaissez le principe du vampire. L’immortalité donc, avec tout ce que ça peut impliquer d’ennui, de lassitude, de procrastination, tout ça, tout ça.

De l’autre côté : l’adolescence.
Vous savez, ce moment où on déteste tout le monde, où on se sent mal dans sa peau, dans le regard des autres, où on attend qu’une chose, c’est de sortir de cette phase, et que tout aille vite.

En gros, le truc le moins compatible avec l’immortalité.

Alors en terme de vampires adolescents, Aspirine n’est pas la première (coucou Twilight et tous les autres), et comme je ne connais pas cette littérature, je ne pourrai pas comparer, mais j’ai trouvé que cette ambivalence immortalité/adolescence ressortait vraiment pas mal dans Aspirine. On sent la colère d’Aspirine d’être bloquée dans ce corps et dans ce chamboulement émotionnel d’éternel ado. Surtout quand sa grande sœur elle, a des super nibards, des belles hanches, des conquêtes tous les soirs, 23 ans pour l’éternité. Il faut avouer que c’est injuste …

Et on ne peut que comprendre qu’Aspirine ait juste envie de buter la moitié des gens et d’envoyer se faire fou*** la deuxième moitié …

Une question que je me suis très vite posée, c’est comment ça se fait que ces deux sœurs, sans parents, aient été transformées en même temps en vampires, WTF happened .. ? Eh bien vous ne le saurez pas nananère … ! Non pas parce que je ne veux pas spoiler, mais simplement car le livre, … ne le dit pas. Vous ne pouvez pas imaginer ma frustration. OK, peut-être qu’on s’en fout, ce n’est pas le sujet du livre mais … j’aurai quand même aimé savoir qui elles étaient avant d’être vampirisées pour avoir envie d’aller à la fac éternellement. Aspirine étant un personnage de bandes-dessinées précédentes de Sfar : Le Bestiaire Amoureux, et Vampire, peut-être est-ce quelque chose qu’on apprend dans ces livres-ci. Dommage que le lecteur ne soit pas prévenu que c’est une sorte de spin-off, même si l’histoire se comprend très bien indépendamment…

En plus de ce grand mystère qu’est le passé des deux sœurs, il y a deux trois choses comme ça qui m’ont dérangée dans le livre. Je m’explique :p

Au tout début, on découvre Aspirine dans un cimetière en train de réfléchir sur tout un tas de trucs et de râler sur tout un tas de trucs (le tout en maltraitant des oiseaux ). Et notamment elle parle de ses règles, de cup menstruelle, et du fait que les pauvres petites mortelles se plaignent d’avoir leurs règles une fois par mois alors qu’elle « saigne tout le temps ».
C’est cru, il y a de la violence chez le personnage, j’ai trouvé cette scène très forte. Et j’ai trouvé très intéressant ce parallèle qui est fait entre le sang, hypra-important à la fois chez les vampires, et chez l’adolescente.

J’ai commencé en disant que vampire et adolescence c’était un peu incompatible pour moi, là le livre me prouvait le contraire, leur trouvait un point comment, et je me suis dit que si c’était tout le temps comme ça, ça serait vraiment bien. Et puis non … en tout cas, je n’ai pas retrouvé ce que j’avais aimé dans cette scène dans le reste du livre, c’était beaucoup plus dilué, j’ai trouvé les thématiques suivantes un peu répétitives (oui on a compris qu’elle est vénère et jalouse …) et du « cru » il en restait surtout dans ses propos (bon ok, dans le fait qu’elle éviscère les gens aussi), mais ça m’a paru presque trop et gratuit : «Il sait rien. C’est un con. Et tu fais chier, toi aussi, bordel. Merde. ». OK les ados parlent sans doute comme ça, mais des « merdes » et « putain » à chaque phrase ça m’a fatiguée ^^  Quitte à insulter tout le monde, elle pouvait s’inspirer du capitaine Haddock et être un peu créative. Bachibouzouk ça varie un peu :p

Bref ! Je ne parle que d’Aspirine, mais toute la seconde moitié du livre est raconté du point de vue de Yidgor. Comme quoi … le fait que je n’en ai pas encore parlé prouve bien que je n’ai pas bien capté son intérêt :p Enfin si : Yidgor c’est le geek un peu bizarre qui s’attache à Aspirine. Je ne vais pas m’étaler dessus mais on découvre par lui une autre facette d’Aspirine, et surtout qu’on peut se sentir inadapté au reste du monde même sans être immortel (sans blague). Mais bon, pour Yidgor ça devrait passer un jour ou l’autre, pas pour Aspirine :p.

J’ai bien aimé la relation Yidgor-Aspirine, même si elle ne m’a pas transcendée, elle m’a rappelée celle des personnages d’A cause de la vie, eux aussi adolescents et un peu marginaux et paumés qui se retrouvent dans leur singularité. Mais comme le prouve cet article et la longueur que j’ai accordé à Yidgor par rapport au reste : ce n’est pas ce qui m’a le plus marquée dans le livre :p Et la fin m’a laissée un peu sceptique …

Bien ! En vrai j’ai encore plein de choses à dire. Comme le fait que le côté « philosophie » un peu plaquée que j’avais ressenti dans Fin de la parenthèse était ici amené d’une manière qui m’a mieux plu. Surtout que la plupart des propos de ce type étaient placés dans la bouche du professeur de philo, et que le reste amenait à se questionner plus indirectement.

Pour une fille qui ne se sentait pas inspirée avant d’écrire l’article, je trouve qu’en fin de compte, ça va 😀
Je crois que je ressens tellement de choses contradictoires sur cette lecture, que je ne savais pas par quel bout la prendre … Ce qui est sûr, c’est qu’elle ne m’a pas laissée insensible. Qu’on aime ou pas, je trouve qu’il se passe toujours quelque chose de spécial et que je ne m’explique pas à la lecture d’un livre de cet auteur. Alors je continue d’être intriguée :p

2 Comments on “Aspirine – Joann Sfar

  1. Hahaha trop mignooonne ! Pour te dire, je comprenais pas ce que tu voulais dire sur le titre tellement ça me paraissait évident que j’ai dû relire le début deux trois fois (donc on est dans de l’inception de la sous douance ça devient n’importe quoi x) )
    En tous cas j’aime beaucoup Joann Sfar, son style tellement personnel qui m’embarque dans son univers en une seule case. Donc forcément j’ai très envie de découvrir Aspirine moi aussi ! En espérant aimer plus que toi, même si au final ton bilan de lecture n’est pas aussii mitigée que tu ne le laissais paraître ! =)

  2. Oh, c’est un sacré coup de nostalgie :’) Je n’ai pas lu cette BD-là, mais je suivais Vampire dans… euh… je sais plus. Je bouquine, peut-être ? C’était dans un magazine auquel j’étais abonnée, je me souviens en avoir lu plusieurs, et avoir rencontré Aspirine^^

    On voit que la lecture t’a partagée en tous cas ! Et tu es pleine de douance ♥ Tu es la Douance même ♥

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