Bac L 2018 : La Princesse de Montpensier – Mme de Lafayette et l’adaptation de B.Tavernier

Affiche Princesse de Montpensier Tavernier

Cette année encore on s’est lancé le défi de lire et voir les œuvres étudiées pour le Bac Littéraire. Au programme, notre bon vieux Gide est toujours fidèle au poste : on en a parlé l’année dernière dans notre binôme Les Faux Monnayeurs et le parallèle entre sa vie et le documentaire de Marc Allégret. Pour 2018 il est rejoint par La Princesse de Montpensier et on a eu immédiatement envie de vous parler de ce récit de Mme de Lafayette et de l’adaptation de Bertrand Tavernier ! 🙂 Bon voyage au 16ème siècle !

Binôme : cet article sera composé de :
L’avis de Morgana en turquoise sur La Princesse de Montpensier, Mme de Lafayette, 1662
L’avis de la Luciole en orange sur l’adaptation par Bertrand Tavernier, 2010

(attention, spoilers inside)

Madame de la Fayette devance Racine quand elle montre les ravages de la passion aveugle, celle qui entraîne vers la ruine et la mort.
Au temps des Valois et des guerres de religion, Madame de Montpensier aime ainsi le jeune duc de Guise, bafouant un mari de circonstance ivre de jalousie. Elle ignore les sentiments qu’elle inspire au duc d’Anjou, le futur roi de France. Avec un férocité inconsciente, elle torture la pauvre comte de Chabannes chargé de l’éduquer, follement amoureux d’elle aussi.
Du dépit, de la rage, de la haine, des assassinats, voilà le portrait de l’amour que Madame de La Fayette peint avec du sang.

 

Louis XIV, ça vous dit quelque chose ? Le roi soleil, les perruques, la poudre et les chaussures à talons pour les hommes, tout ça…

Et bien, c’est à cette époque que vécut Mme de La Fayette.

Attention cependant, son héroïne, la fameuse Princesse de Montpensier à laquelle nous allons nous intéresser aujourd’hui, n’a pour sa part pas connu ce bon vieux Louis. Pour sa part, c’est à la cour des Valois que se déroule son histoire.

 

 

Evolution et généalogie des Rois de France entre Charles IX (Roi régnant pendant le récit de la Princesse de Montpensier) et Louis XIV pour resituer la période. 
Légende : texte en orange = nom historique / texte en turquoise = nom dans le film / couronne : Roi de France et période de règne.

Si vous avez déjà de bonnes connaissances en histoire, vous aurez déjà calculé l’affaire, mais je vais tout de même le dire : et oui, on compte quand même un bon siècle de différence entre le moment où Mme de Lafayette a écrit son roman et l’époque où se déroule l’action de celui-ci. Tous les protagonistes étaient donc morts et enterrés depuis un petit bout de temps : youpi, ça allait être l’occasion de vraiment se réapproprier tout ça d’une manière qui allait servir son but : parler de psychologie, de passion, de problématiques très intérieures. Oui, on n’est clairement pas sur du roman historique pur : même si l’intrigue de cette nouvelle se déroule sur 6 ans, de 1566 à 1572 et que cette dernière date correspond à la tristement célèbre Saint Barthélémy, ce dernier événement n’est clairement pas au centre de l’intrigue. Cette Saint Barthélémy, bien connue pour le massacre qui s’y déroula, sert surtout ici pour éliminer ce pauvre De Chabannes, et non pour traiter du conflit entre les Catholiques et Protestants, quoiqu’il me semble que les indications historiques données, aussi peu nombreuses soient-elles, sont exactes. Mme de Lafayette avait l’air de très bien maîtriser l’époque en question.

Mais, comme je vous le disais, en gros, l’histoire de France on s’en tape la quiche n’est pas ce qui constitue le cœur de La Princesse de Montpensier. Celui-ci se situerait plutôt dans la dualité qui semble exister entre devoir et passion pour une femme telle que la princesse (et sans doute Mme de La Fayette, peut-on supposer…). Que ce soit la Princesse de Montpensier ou la Princesse de Clèves, héroïne de son roman éponyme, toute l’intrigue tourne autour de leur vertu et de leur capacité à faire passer leur devoir moral avant leur passion. Montpensier et Clèves connaissent chacune un destin opposé, mais c’est tout simplement car chacune fait aussi le choix opposé concernant sa passion pour un homme : là où Montpensier succombe (même si elle ne concrétise pas sa tromperie, rien que le fait de tout mettre en œuvre pour le faire suffit), Clèves fait preuve d’une vertu à toute épreuve et vit. Bon, elle n’est pas forcément très, très heureuse. On essaye de nous faire croire à la fin que laisser un « exemple de vertu inimitable » comme le laisse Clèves, c’est quand même le top du top, le fait est quand même qu’elle passe sa vie dans un couvent après avoir renoncé à l’amour de sa vie. Chouette. Ça donne envie d’être un exemple de vertu inimitable 😀

Mais mes ambitions de vie idéale mises à part (hum), la différence est là : Montpensier montre les dégâts de la passion. C’est écrit « L’on est bien faible quand on est amoureux » : Montpensier est faible, Chabannes, son pauvre admirateur dont elle se sert, est faible… tous les deux ne finissent pas très bien. Tant pis pour eux, ils n’avaient qu’à être des « exemples de vertu inimitables » et ne pas vouloir tromper leur mari pour Montpensier et convoiter la femme de l’un de ses amis pour Chabannes.:D C’est pourquoi Lafayette conclut ainsi que Montpensier aurait sans doute « été la plus heureuse, si la vertu et la prudence eussent conduit toutes ses actions ».

On pourrait tout de même se demander s’il s’agit uniquement de décision personnelle : d’accord, Montpensier, Chabannes ou même Clèves (pour reparler de l’autre héroïne de Lafayette) prennent chacun leurs décisions. Cependant, ils ne sont pas les seuls décisionnaires : on pourrait presque avoir l’impression que l’amour, de manière générale, n’est pas destiné à être heureux et vécu pleinement dans le monde décrit par l’auteure. Que ce soit pour des raisons politiques ou de devoir moral et religieux, chacun y renonce, ou est forcé d’y renoncer. Quelle ambiance, hein 😀

On le voit donc, la Princesse est devenue ce que l’on pourrait nommer « héroïne historico-littéraire » : elle est effectivement une figure historique, mais le passage du temps et le caractère romanesque de l’œuvre font qu’elle m’a surtout donné l’impression d’être un prétexte pour servir la morale et dépeindre une réalité. Une morale et une vérité valables également – et peut-être même surtout ? – à l’époque de Mme de Lafayette. D’ailleurs, on peut noter le fait que le prénom de la véritable princesse (Renée) n’est jamais mentionné et carrément modifié en Marie dans le film comme le dira la Luciole, accentuant ce détachement avec la figure historique au profit de son rôle de “représentante de la condition féminine de l’époque”, pourrait-on dire. En plus de cela, il semblerait que, contrairement à la Princesse de Mme de Lafayette, notre amie Renée soit décédée bien après la Saint Barthélémy… mais rien n’est certain, décès précoce ou à l’âge vénérable de 47 ans (Ouaip, l’espérance de vie a quand même bien évolué :D), on ne sait pas, d’autant plus que la véritable Mme de Montpensier n’est pas une figure historique des plus connues. Ce mystère n’en aura que mieux servi le personnage de fiction !


C’est à moi, la Luciole, de prendre le relai de cet article à deux voix. Normalement, mon rôle était, comme d’habitude plutôt de parler du film, mais dans ce binôme livre – adaptation, les points dont nous voulions parler sur ces deux œuvres se croisent souvent.
Allez, je vais malgré tout essayer de faire mon boulot et de parler du film et pas juste répéter ce qu’a dit Morgana (quoi que, c’est tentant ….:D « Louis XIV, ça vous dit quelque chose ? [….] »).

Les intrigues amoureuses sont bien au centre de l’histoire de La Princesse de Montpensier qui est tiraillée entre deux mecs. Voire quatre …
Surtout entre De Guise et Montpensier, mais également D’Anjou et Chabannes. C’est presque Le Journal de Bridget Jones façon XVI ème siècle ce bazar-là … Sauf que les duels à l’épée de Montpensier et De Guise ont un peu plus de classe que la bagarre de Daniel et Mark Darcy … !

Bagarre Bridget Jones
(incontestablement)

Mais ce n’est pas parce qu’on parle d’amour que c’est futile et creux. On a déjà vu le rapport à l’Histoire, aux guerres de religion, la condition de la femme, les mœurs de l’époque … Et c’est déjà pas mal ! Mais si on s’intéresse aux relations entre les différents hommes de l’histoire et la Princesse de Montpensier dans le film (et également dans le livre) c’est aussi très intéressant.
Tous ont envie d’être avec la Princesse de Montpensier, ça se voit bien d’ailleurs sur l’affiche du film qui représente vraiment l’attirance qu’ils ont chacun pour elle, et tous leurs regards me semblent illustrer ce que je vais décrire : entre Chabannes, De Guise, Montpensier, D’Anjou, on peut voir en ces quatre hommes la représentation de quatre types d’amour différents.

Affiche Princesse de Montpensier Tavernier

  • Chabannes, c’est l’amour désespéré et romantique. Il voue une admiration sans borne pour Marie (dans le film) de Montpensier, et il est prêt à tout pour elle (y compris l’aider à coucher avec un autre, le brave homme…). Bon faut l’avouer, il est un peu friendzoné, mais c’est probablement l’amour le plus pur et le plus désintéressé de l’histoire. D’ailleurs, c’est le seul qui ne souhaite pas prendre parti du tout dans la guerre entre chrétiens et protestants tant il trouve ça absurde. En gros, quelles que soit les situations, il fait un peu office du sage qui suit son cœur, mais on ne peut pas dire que ça lui réussit…

  • De Guise (Aaah De Guise, moi je l’aime bien, mais le fait qu’il soit interprété par Gaspard Ulliel y est pour beaucoup je pense :D) De Guise c’est l’amour de jeunesse, l’amour fougueux et irréfléchi.Quoi qu’ils fassent, où que la vie les mène, lui et la Princesse de Montpensier ont toujours un attachement particulier et fort l’un pour l’autre, quitte à en souffrir. Malgré tout, il est un peu coureur de jupons et badboy, pour faire honneur à son surnom (autant fictionnel qu’historique) de Balafré :p

  • Le Prince de Montpensier : l’amour marital. Le sentiment qui les lie semble plus se rapprocher de l’affection que de l’amour, mais enfin, aux yeux de la « légalité » et de l’époque, c’est le seul qu’elle est réellement en droit d’aimer, alors autant que ça se passe bien … Heureusement, à la base il est vraiment gentil avec elle, mais il devient rapidement jaloux, pas cool quoi.

  • Le Duc d’Anjou, lui, m’a été plutôt insupportable, futur Roi de France à partir de 1975 à la mort de son frère (donc après la fin de la nouvelle et du film). Il se rapproche plus d’un amour plus physique et basé par l’attirance sexuelle. Il est fier, profite de son pouvoir pour séduire, est très (trop?) entreprenant, et presque libidineux. Mais ça, ya pas que moi qui le dit, Ronsard partage mon avis, alors je suis contente 😀
    « Le roi comme l’on dit, accole, baise et lèche
    De ses poupins mignons le teint frais, nuit et jour ;
    Eux pour avoir argent, lui prêtent tour à tour
    Leurs fessiers rebondis et endurent la brèche. » (au sujet d’Henri III, en 1585)

Bon dans tout ça, et surtout au sujet du Duc d’Anjou, il faut bien garder à l’esprit ce qu’on précisait dans l’article : la fiction n’est pas forcément révélatrice de l’Histoire, elle en est une interprétation. Pour le Duc d’Anjou dans le film notamment, son image reprend les rumeurs qui courraient à l’époque le prétendant homosexuel et pervers, mais certains historiens l’ont démenti depuis.

Morgana l’a dit, Mme de Lafayette se sert de l’Histoire comme une toile de fond, mais s’autorise des divergences par rapport aux événements historiques et aux personnages et leurs relations. Bon et puis comme ils s’appellent tous entre eux « mon cousin », c’est pas simple, simple de comprendre qui est qui pour qui réellement … Alors est-ce qu’ils sont tous cousins et consanguins … ? Bon ptetre un peu, mais ça m’étonnait quand même un peu, alors j’ai cherché. Le lien le plus proche qui uni De Guise et Montpensier dans l’Histoire par exemple, c’est que le premier est le frère de la nouvelle femme du père de Montpensier. En gros 😀

Légende : en orange : nom historique / en turquoise : nom dans le film de Tavernier

Pour ce qui est de Renée d’Anjou-Mézières (la Princesse de Montpensier) et le Duc d’Anjou, il sont cousins au 5ème degré, et d’Anjou et François de Montpensier (Philippe dans le film), sont eux cousins au 2ème degré. C’est une époque où les lignées étaient très importantes, les différentes grandes familles (de Valois, de Bourbon, de Lorraine …) aussi, et à ce titre, ils étaient rapidement cousins, mais pas comme vous et le fils de votre oncle quoi. Je ressentais le besoin de le préciser 😀

Bref, ce film en tant qu’adaptation, il est une réécriture du récit de Mme de Lafayette. Oui je sais, c’est évident, mais promis j’ai des raisons de dire ça 😀 Le film, traite à son tour de la période historique autour de 1560-1570, mais en adaptant la nouvelle qui adapte elle-même déjà l’Histoire. Le film propose donc encore un nouveau regard sur la période. L’Histoire devient un peu plus anecdotique encore dans le film.

J’ai été surprise par exemple de la manière assez édulcorée avec laquelle le film montre la guerre (malgré le très beau plan séquence du tout début du film) et surtout le massacre de la St Barthélémy. Je n’attendais pas du gore et des bains de sang mais enfin, de mon étude (superficielle je l’admets) de la nuit de la St Barthélémy, je me souviens de professeurs disant que les corps avaient été jetés à la Seine et que, le lendemain, le fleuve était rouge de sang empli de cadavres qui flottaient. C’est aussi l’idée que donnent les imageries de l’époque, notamment le tableau le plus connu, celui de François Dubois.

Peut être cette version-là est-elle un peu exagérée – encore que – mais elle a le mérite de montrer la cruauté qui s’est déversée à ce moment-là et le traumatisme que cela a pu être de voir des gens d’une même ville se retourner les uns contre les autres. D’après les historiens le massacre de la Saint-Barthélémy aurait causé entre 5000 et 30000 morts sur toute la France (oui, ça fait une sacrée différence, il faut croire que déjà à l’époque la police et les syndicats n’arrivaient pas à se mettre d’accord sur le compte des manifestants … :D. Et il y a un monde entre les fleuves de sang et les trois péquenots qui se battent dans le film de Bertrand Tavernier…

Si on n'arrive pas à se décider entre 5000 et 30000 morts, il reste les statistiques de Bertrand Tavernier : un mort, et un blessé.

Non donc, de la même manière que ce n’était déjà pas le but de Mme de la Fayette, le but de Bertrand Tavernier n’est pas de nous faire un cours d’histoire. (Je ne vous ferai pas l’affront de faire la blague naze que son but était plutôt de nous servir une pinte et du saucisson, et pourtant ce n’est pas l’envie qui m’en manque 😀 oh allez, tant pis pour ma crédibilité … “Tavernier, un autre petit pichet ! Et que ça saute !”. Ouf voilà je me sens mieux !)
Bon euh … Entre les saucissons, les pintes et les pichets je ne sais plus où j’en suis moi. Oui ! Le cours d’histoire. Bon voilà, non ce n’est pas le but 😀 Même si les évènements narrés ne me semblent pas non plus erronés dans l’ensemble, ici aussi l’Histoire (avec un grand H) est ici surtout au service du scénario. Pas facile de faire la différence lorsqu’on regarde un film en costumes je l’admets. Le film en costumes a tendance à créer un pacte avec le spectateur selon lequel tout ce qu’il voit s’est réellement déroulé, mais pas forcément, c’est pour ça qu’il faut être bien vigilent :p.

Ici, j’ai l’impression que le film cherche à ne pas trop secouer le spectateur avec ces histoires de massacre et de guerre entre chrétiens et protestants qui deviennent plus contextuels pour mettre en exergue le destin de femme de la Princesse de Montpensier comme le disait Morgana et pour qu’on puisse presque s’identifier à elle de manière actuelle. Les préoccupations des femmes de cette époque n’étaient pas forcément les mêmes qu’aujourd’hui, et pourtant dans le film on peut se retrouver dans ce personnage de Marie qui cherche en quelque sorte une certaine indépendance, notamment par l’éducation que lui donne Chabannes et à faire ses propres choix, à mener sa propre vie.

Alors, ça vous donne envie de rejoindre la Princesse de Montpensier tout ça :p ? (si on vous autorise à ne participer à la St Barthélémy évidemment !) A sa place, vous auriez penché pour De Guise, Chabannes, Montpensier ou d’Anjou :p ? De notre côté celui qui nous semble le moins tordu/opportuniste, c’est Chabannes mais on choisirait plutôt Grégoire Leprince-Ringuet (Montpensier) ou Gaspard Uliel (De Guise) (à notre époque pas en 1570). Mais chuuut 😀

3 Comments on “Bac L 2018 : La Princesse de Montpensier – Mme de Lafayette et l’adaptation de B.Tavernier

  1. Bon, à nouveau, je découvre vos formidables articles un peu tard x) et encore une fois: merci ! Vos soulevez de nombreux points dont ma prof n’a pas parlé (j’irai pas jusqu’à dire qu’elle est incompétente, mais bon… ^^’ )
    Vos remarques barrées m’ont fait aussi beaucoup rire 😀 et oui, je plussoie cette remarque sur Gaspard Ulliel !
    Quant à mon personnage masculin préféré… un mix entre Montpensier et Guise serait pas mal ^^’

    • J’avoue qu’un mix serait perfect 😀 Mme de La Fayette aurait pu faire un effort pour créer un tel personnage quand même ! :p

  2. Coucou les filles !
    Un article super intéressant sur le roman et le film, j’ai beaucoup aimé vous lire 🙂 Le roman de Mme de Lafayette est dans ma bibliothèque, et après lecture de ce post, j’ai très envie de me plonger dedans !

    Pour le film, j’en ai parlé sur mon blog l’année dernière, et on a un peu les mêmes idées sur l’adaptation de Bertrand Tavernier. Personnellement, De Guise a beau être opportuniste, c’est lui que je choisirais (ou plutôt Gaspard Ulliel ♥).

    Je vous fais plein de bisous, à très vite !

    Sue-Ricette

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