Boo – Neil Smith

Boo, c’est probablement l’un des livres les plus imprévisibles que j’ai lus cette année. Vous savez, ce genre de livre qui vous fait dire “ok, là, j’ai vraiment l’impression de lire un truc unique”, tellement le bouquin ne vous en rappelle aucun autre ? Comme toujours, cela dépend de nos références, je suppose que Boo évoquera d’autres œuvres à certains lecteurs, mais pour ma part, je ressors de cette lecture avec l’impression d’être tombée sur un très bon petit ovni.

Boo, c’est une histoire un peu improbable, narrée par un héros encore plus improbable. Oliver, dit “Boo”, est un adolescent de 13 ans… qui vient tout juste de mourir, assassiné dans les couloirs de son collège. Arrivé au paradis, il décide d’écrire à ses parents une grande lettre, où il leur raconte tout ce qui se passe pour lui dans cette curieuse vie après la mort. D’autant plus qu’il est bientôt rejoint par Johnny, un ancien camarade de classe, également victime du dénommé “Gunboy”. En effet, l’identité de leur assassin demeure encore un mystère, et le plus inquiétant est que, d’après Johnny, celui-ci se trouverait aussi au paradis.

Dès le début, j’ai aimé Boo, cet adolescent passionné des sciences, qui a une manière tellement rationnelle de raconter les choses, sans pour autant que cela ne coupe toute émotion au récit. C’est un peu ça, la magie de ce livre : il traite de sujets dramatiques, pourtant, la narration fait que rien ne tombe dans le mélodrame, jamais. Boo et tous les amis qu’il se fait au paradis sont décédés à l’âge de 13 ans, dans des circonstances terribles pour la plupart. Pourtant, le ton employé par Boo, très factuel et analytique, évite tout pathos. C’est d’ailleurs ce qui fait que les révélations finales s’avèrent si poignantes pour moi, tant on en arrive à ne pas attendre du livre qu’il nous prenne autant à la gorge ainsi.
Petit à petit, on voit Boo évoluer, passer de cet adolescent qui ne vit que pour ses expériences scientifiques, très seul mais ne s’en plaint pas, à un jeune homme qui apprend à se lier aux autres et à communiquer. Il faut le dire : moi qui trouvais que je n’assurais pas toujours niveau sociabilité (ma définition du bonheur quotidien commence plutôt par : “mon plaid, mon chat, mon ordi et mes livres au fin fond de la cambrousse” que par “voir des gens” :D), en comparaison de Boo, je suis championne toutes catégories niveau sociabilité. J’imagine que le personnage peut paraître un peu too much à certains, je pourrais le comprendre, même si je ne l’ai pas du tout senti ainsi. Boo a vite gagné toute mon affection, avec sa manière de raisonner peu commune, ses tentatives de blagues (toujours) ratées, ses réponses qui se veulent bienveillantes mais manquent (toujours) terriblement de tact tellement il réfléchit d’un point de vue logique et semble coupé de ses émotions.

Il faut également parler de l’intrigue. Celle-ci est assez fascinante, car j’ai rarement aussi peu compris où un bouquin jeunesse voulait m’emmener. Certains codes étaient bien présents, notamment au niveau de l’évolution de Boo, mais la construction du livre est si particulière que je ne parvenais jamais à anticiper où le livre allait nous emmener et surtout comment il allait nous y emmener. Au final, Boo traite de sujets que l’on retrouve souvent dans les romans jeunesse, mais il le fait d’une manière tellement particulière que j’ai comme eu l’impression de les voir traités pour la première fois. Le livre a un rythme étonnamment lent, mais qui ne m’a pourtant jamais vraiment laissé le temps de m’ennuyer. On suit la longue lettre de Boo à ses parents, découvrant la famille qu’ils étaient, une famille atypique mais unie ; on apprend également à connaître Boo de son vivant, quelle pouvait être la vie d’un garçon si particulier. J’ai trouvé le livre très subtil dans la manière dont il est construit : que ce soit au niveau des indices disséminés concernant le dénouement, ou par rapport à l’évolution des personnages.

Un dernier mot pour parler de l’univers créé, qui est assez improbable. J’ai été très déstabilisée au début par cette vision assez unique du paradis. L’auteur présente un monde régit par des règles assez inattendues, parfois même un poil loufoques. Le tout a un petit parfum d’absurde, et le personnage de Boo est d’autant plus intéressant à mettre dans un tel univers. Avec son habitude d’essayer de tout expliquer, de découvrir les lois qui régissent le monde, la présentation du fonctionnement de ce paradis passe de manière assez naturelle.

Comme pour tout livre qu’on a énormément aimé, je trouve qu’il est difficile de terminer un article. J’ai encore ce sentiment de ce pas avoir rendu justice au livre, de ne pas avoir parlé d’assez d’éléments (mais d’un autre côté il ne faut pas spoiler)(mais haaaaaa, cette fin est si émouvante)(mais le spoiler c’est mal). Enfin bref, en ce moment, je ne lis pas énormément, mais je ne fais que des bonnes découvertes et Boo ne fait pas partie des moindres – Deedr va devenir Bisounousland “le blog où on aime tout ce qu’on lit” (je vais proposer à la Luciole qu’on prenne ça comme slogan).

One Comment on “Boo – Neil Smith

  1. J’en avais un peu entendu parlé mais je crois pas que c’était dans des termes aussi chouettes (ou alors je me souviens plus, ce qui est tout à fait possible également hein^^), mais je me souvenais du titre et de la couverture et du récit atypique (un point pour Plouf^^) ! Et si Morgana a aimé j’ai forcément un peu envie de me laisser tenter =D

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