Défi n.o.e.L. : Le lièvre de Vatanen – Arto Paasilinna et l’adaptation de Marc Rivière

C’est la fin du défi N.O.E.L (4 binômes dont le titre commence par une lettre du mot noël)(toujours plus lumineuses nos idées, n’est-ce pas :D) ! Après nos binômes sur Nocturne Indien, Ondine et L’étrange histoire de Benjamin Button, on termine avec Le Lièvre de Vatanen !

 

Le lièvre de Vatanen, Arto Paasilinna, 1975

Le lièvre de Vatanen a été le premier binôme du défi pour lequel on s’est mises d’accord, la Luciole et moi. On a vu la couverture, on a lu le titre, on a lu la quatr… non, on n’a pas lu correctement la quatrième de couverture. A croire qu’on a toutes les deux la même technique : on retourne vite fait le livre (parfois), on chope quelques mots d’un coup d’œil, et ça nous suffit pour décider du sort du bouquin (technique optimale pour évaluer l’intérêt de l’histoire, ouais ouais). Là, on a vu les mots « lapin » (yeaaaaah un animal mignon et doux) et « roman d’humour écologique » (là on s’est dit « meuf, toi et moi on fait chacune notre compost chez nous, on mange des légumes de saison et on aime les blagues… c’est fait pour nous, non ?) et c’est un classique de la littérature finlandaise… C’était parti.

Je laisserai la Luciole vous vendre du rêve avec son explication sur le pourquoi-du-comment elle n’avait pas compris le titre (dans sa partie en-dessous 😉 ), mais sachez que pour ma part, ce n’était pas très clair non plus dans ma tête.

Vatanen (déjà, on a mis 12 ans à écrire correctement son nom. J’ai une demi-douzaine de sms de la Luciole où elle l’appelle Vatianan) est un journaliste. Un jour, alors qu’il est en voiture avec un collègue, ils percutent quelque chose et s’arrêtent pour voir ce qui est entré en collision avec leur véhicule. Surprise, c’est un lapereau à la patte cassée. Vatanen le regarde, le lièvre le regard, ils se regardent… et Vatanen craque. Quand je dis il craque, ça veut dire qu‘il se casse dans les bois avec le lapinou et décide de larguer son boulot, sa femme et toute sa vie en général.

Ce début qui frôle l’absurde m’a énormément plu. C’était décalé, un poil cynique car on sent immédiatement la critique de la société qui s’amorce sans que ça fasse moralisateur… bref, on a dès le début affaire à un roman qui présente une identité aussi forte qu’originale. Alors, je suis partie avec plaisir sur les traces de l’ex-journaliste et de son nouvel ami. J’aimais ce mélange de surréalisme ambiant qui contrastait avec la critique assez cinglante, et la première moitié du livre s’est lue toute seule.

Mais… mais j’ai fini par être larguée en cours de route. Je n’ai jamais vraiment réussi à m’attacher à Vatanen. Non pas que ce soit indispensable pour aimer un roman, mais ses actions et décisions s’orientaient de plus en plus sur des épisodes qui ne m’amusaient plus vraiment, pas plus qu’ils ne m’intéressaient. Je ne pense pas que le roman devienne vraiment moins bon au fur et à mesure, c’est simplement que cela n’a plus vraiment fonctionné sur moi. L’ambiance et ce qui se déroulait finissait par me mettre presque mal à l’aise et le personnage m’était de plus en plus antipathique.

J’ai pourtant apprécié jusqu’au bout le côté dépaysant : moi qui n’ai quasiment jamais de neige chez moi, en 230 pages j’en ai eu ma dose pour tout l’hiver ! La nature tient une place essentielle dans le roman, la forêt devenant presque un personnage à part entière. Le roman est une ode à la liberté, qui passe pour le héros par le retour à la nature.

Le lièvre de Vatanen était la lecture idéale pour un défi : il a su me sortir de ma zone de confort et me surprendre, même si la magie n’a pas opéré jusqu’au bout et que j’ai un peu traîné pour le terminer. Le roman est une espèce de mélange de critique bien dosée et de loufoquerie bien gérée, que je ne peux que recommander si vous souhaitez une lecture qui sort des codes !

L’adaptation cinématographique
Le Lièvre de Vatanen, Marc Rivière, 2006

Dernier binôme de notre défi, Le Lièvre de Vatanen et moi, de base, ça part sur une histoire complétement mindfuck

Déjà, je pensais que Vatanen était le nom d’un lieu. Pas forcément une ville, mais un lieu-dit. Dans ma tête c’était très clair : Vatanen était un lieu-dit, dans lequel vivait un lièvre. Du coup, vous imaginez déjà comme j’ai pu être déstabilisée quand j’ai compris que Vatanen était le nom du type.

Alors, certes … c’étaient pourtant les premiers mots du résumé : “Vatanen est journaliste à Helsinki.”
*Note pour moi même : journaliste =/= lieu dit.*

Mais le mal était fait, je n’avais pas intégré que c’était son nom et j’étais partie sur une fausse idée de l’histoire. Ce n’était pas le lièvre qui vivait quelque part, mais le lièvre de quelqu’un … et là je ne sais pas si vous sentez la nuance, mais ça revêt un côté un peu plus absurde dans ma tête, ce type qui se balade avec un lièvre.

Deuxième révélation … Christophe Lambert N’EST PAS Lambert Wilson. Oui, la Luciole, il peut y avoir plusieurs types qui ont “Lambert” en prénom ou patronyme dans le même espace-temps.

En plus... franchement ils se ressemblent, ils font exprès de m'embrouiller !

Je l’attendais moi, Lambert Wilson, mais il n’est pas venu ! 😀 (je ne l’aime même pas particulièrement en plus) A moins qu’il doublait le lièvre … Parce que ce lièvre est particulièrement bruyant … Enfin … je ne m’y connais pas des masses en lièvres remarquez … mais j’ai eu un cochon d’inde once, et il faisait moins de bruit 😀

Limite, le lièvre lui parle ! Et Vatanen le comprend.On est sur une véritable histoire fusionnelle entre ces deux-là. Vatanen lui a sauvé la vie, alors le lièvre lui est redevable ! (J’aurai dû montrer ce film à mon chat, cet ingrat, que je nourris et chéris !).

Il y a quelque chose d’un peu absurde dans ce film, et c’est ce qui m’a déstabilisée au début, puisque je ne m’y attendais pas du tout. Je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus contemplatif, un peu onirique, mais surtout très poétique, presque comme Les Deux Chevaux de Gengis Khan quoi… (Gengis Khan, c’est un lieu dit, ou un journaliste ?).

Finalement, si le film est malgré tout un peu poétique et onirique, il est surtout plutôt comique et absurde … On a quand même droit à une fantastique scène dans laquelle le lièvre se bat comme un ninja pour défendre Vatanen ! Je ne sais pas comment ça rend dans le livre, mais dans le film, ça fait un tantinet cheap quand même ! 😀

Tout ça mis à part, quand mon cerveau a enfin compris qu’il s’était fourvoyé et que j’ai accepté de recevoir le film tel qu’il était, j’ai passé un bon moment. Je crois que j’ai mieux aimé cette partie du Défi que Morgana, pour qui c’est l’œuvre qu’elle a le moins préféré des quatre.

De mon côté, ça ne restera pas un souvenir impérissable non plus, mais j’en retiens de beaux paysages, une amitié touchante entre ce journaliste et ce lièvre. Et puis un tout petit brin de magie qui fait que ce lièvre se bat par exemple. ^^

Pour faire court : c’est pas dingue, mais pourquoi pas … !

 

 

 

 

One Comment on “Défi n.o.e.L. : Le lièvre de Vatanen – Arto Paasilinna et l’adaptation de Marc Rivière

  1. Je ne connaissais pas du tout ce roman/film mais j’applaudis le “à côté de la plaque” collectif ! C’est beau quand même l’amitié, quand on se comprend et on comprend pas les mêmes choses xD
    Je sais pas trop si je suis hypée ou pas du coup, j’ai peur que ça devienne lourd au bout d’un moment :/
    Et puis la neige, ça me donne froid.

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